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Wall Street consolide, avant l'offensive d'Apple contre Netflix

Wall Street consolide, avant l'offensive d'Apple contre Netflix
Wall Street consolide, avant l'offensive d'Apple contre Netflix
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche en légère baisse ce lundi, toujours prudent après la purge de fin de semaine dernière (-1,9% sur le S&P500 et -2,5% sur le Nasdaq vendredi soir). Les craintes de ralentissement économique prononcé persistent, malgré quelques indicateurs favorables ce jour comme l'indice de confiance des milieux d'affaires allemands compilé par l'Institut Ifo (99,6 points en mars contre 98,7 pour le consensus). Le DJIA cède actuellement 0,12% à 25.471 pts, alors que le Nasdaq perd 0,29% à 7.620 pts. Le S&P500 recule de 0,28% à 2.793 pts.

Soulagement pour Trump

Les opérateurs avaient pourtant manifesté un relatif soulagement durant le week-end, le procureur spécial Robert Mueller n'ayant pas trouvé de preuve indiquant que Donald Trump se serait rendu coupable de collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016.

Le secrétaire à la Justice William Barr a pour sa part précisé que rien ne permettait d'accuser Trump d'obstruction à la justice.

Dans un autre registre, Trump entend accroître la pression sur la Réserve fédérale américaine, dont il critique régulièrement le président, Jerome Powell, accusé d'avoir relevé les taux directeurs trop rapidement depuis sa nomination début 2018. Alors que la Fed vient de décider de faire une pause prolongée dans son cycle haussier, au moins jusqu'à la fin 2019, Donald Trump s'est réjoui, vendredi, et a annoncé dans la foulée qu'il s'apprêtait à proposer la nomination d'un de ses ex-conseillers, Stephen Moore, pour un siège au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (où deux sièges sont actuellement vacants).

Via Twitter, le président américain a écrit "J'ai le plaisir d'annoncer que @StephenMoore, un économiste très respecté, sera nominé au Conseil de la Fed. Je connais Steve depuis longtemps, et je n'ai aucun doute qu'il sera un choix exceptionnel !" La nomination d'un membre du Conseil de la Fed doit encore être approuvée par le Sénat américain pour être effective.

Stephen Moore, un commentateur économique affilié à un groupe de réflexion conservateur, la Heritage Foundation, faisait partie des conseillers de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle. Il a souvent critiqué la politique de taux très bas de la Fed (comme Trump avant son élection), mais a depuis adopté la même position que le président américain, à savoir que la banque centrale pénalisait l'économie américaine en relevant trop vite ses taux directeurs.

Indicateurs contrastés

Sur le front économique aux Etats-Unis ce lundi, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de février 2019 est ressorti négatif à -0,29, contre +0,1 de consensus et -0,25 pour la lecture révisée du mois antérieur (-0,43 pour la précédente estimation de janvier).

L'indice manufacturier régional de la Fed de Dallas pour le mois de mars 2019 est quant à lui ressorti à 8,3 (indice d'activité générale), contre un consensus de +10 et un niveau de 13,1 un mois avant. L'indicateur traduit donc un ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région, mais il demeure en territoire positif.

Pinterest à l'affiche

Pinterest, application de partage de photos aux 250 millions d'utilisateurs mensuels actifs, a déposé auprès du régulateur américain son dossier d'introduction à Wall Street. L'IPO de Pinterest se précise donc, quelques jours après le retour en bourse particulièrement réussi de Levi Strauss sur la cote américaine, et alors que d'autres firmes à forte croissance telles que Lyft ou Uber doivent également débouler sur le marché. L'année 2019 pourrait donc se révéler particulièrement chargée pour les introductions sur la cote américaine.

Pinterest prévoit une cotation sur le NYSE (New York Stock Exchange) sous le symbole 'PINS'. La taille indicative de l'introduction est de 100 millions de dollars, mais ce montant pourrait évoluer. Le groupe calfornien de San Francisco était valorisé 12 milliards de dollars lors de son dernier tour de table remontant à 2017. En janvier, l'agence Reuters précisait que le réseau social pourrait lever 1,5 milliard de dollars lors de son IPO. Le groupe a été créé en 2008. Deux tiers de ses utilisateurs sont des femmes. Les revenus 2018 s'établissaient à 756 millions de dollars, en croissance de 60%, pour une perte nette réduite à 63 millions de dollars (contre 130 M$ en 2017).

L'introduction se ferait en deux classes d'actions, A et B, les droits de vote étant concentrés sur la catégorie B comprenant le PDG et cofondateur Benjamin Silbermann. Ces actions 'class B' seraient converties en actions ordinaires au bout de sept ans, sauf si les actionnaires de catégorie B continuent de détenir plus de 50% des titres possédés au moment de l'IPO.

Tradeweb Market s'apprête pour sa part à lever jusqu'à 710 millions de dollars sur le Nasdaq. La société spécialisée dans les services financiers va émettre 27,3 millions d'actions à un prix compris entre 24 et 26$. En haut de fourchette, l'entreprise pourrait être valorisée 5,78 milliards de dollars. Les actions seront négociées sur le Nasdaq sous le symbole 'TW'. Refinitiv, l'ancienne activité financière et de gestion des risques de Thomson Reuters (Financial & Risk) codétenue par Blackstone, conservera 62,4% des droits de vote après l'IPO.

Poursuite des discussions commerciales

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent entre Washington et Pékin. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers. Le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril, a précisé Pékin.

Pétrole sous pression

Les cours du pétrole, qui avaient retrouvé ces derniers jours leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois, ont corrigé en fin de semaine dernière sur fond de craintes sur la croissance mondiale, et poursuivent leur baisse ce lundi. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI reperd encore 0,8% à 58,6$ le baril sur le Nymex.

Quid du Brexit ?

La pression redouble sur Theresa May, les appels se multipliant pour que la Première ministre britannique annonce une date de démission. Selon Robert Peston, chef du service politique d'ITV cité par l'agence Reuters, Theresa May aurait indiqué à Boris Johnson, Iain Duncan Smith, Steve Baker, Jacob Rees-Mogg, David Davis et d'autres détracteurs de son plan réunis hier à Chequers, résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, son intention de démissionner s'ils votaient pour son accord 'backstop' compris. Plusieurs ministres ont cependant rejeté ce lundi de telles spéculations, assurant que May tiendrait toujours la barre. Les principaux ministres se sont réunis aujourd'hui autour d'elle pour discuter des prochaines étapes. May a exclu l'hypothèse d'une sortie sans accord. D'autres ministres ont estimé au contraire qu'un 'no deal' valait mieux qu'un abandon du Brexit, relate le numéro deux du service politique du Daily Telegraph, cité par l'agence Reuters. Selon d'autres informations de l'agence, l'hypothèse de législatives anticipées aurait été évoquée.

Rien n'assure donc pour l'heure que May présente une troisième fois son projet aux députés. "Nous ne demanderons un vote que si nous pensons être en position de l'emporter", a expliqué le porte-parole de May, cité par Reuters. Le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn aurait pour sa part rencontré May ce jour à Westminster et lui aurait affirmé son opposition à un troisième vote. La Première ministre aurait également joint la dirigeante du DUP, Arlene Foster. Le parti unioniste resterait opposé au texte.

L'hypothèse d'un Brexit sans accord semblerait donc plausible. Avant-hier, des centaines de milliers de personnes ont d'ailleurs manifesté à Londres pour demander un nouveau référendum sur le Brexit... Pour l'éditorialiste du 'Sun', la seule manière pour May d'obtenir l'adoption de son plan de sortie de l'Union serait d'annoncer sa date de démission. "Nous ne voulons pas d'un 'no deal', mais si cela doit se produire, alors il faut le faire vite", a asséné pour sa part un responsable européen cité par Reuters.

Les dirigeants de l'Union européenne ont rappelons-le accepté la semaine dernière de reporter la sortie du Royaume-Uni du 29 mars au 22 mai ou au 12 avril - selon la ratification ou non de l'accord cette semaine au Parlement britannique. May avait officiellement demandé à l'Union européenne un report de trois mois du Brexit, afin de disposer d'assez de temps pour convaincre le Parlement, qui avait déjà rejeté par deux fois l'accord de sortie. Les dirigeants européens ont finalement approuvé un report au 22 mai, à la condition que le Parlement britannique approuve cette semaine l'accord. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni aurait jusqu'au 12 avril pour proposer un nouveau projet ou quitter l'UE sans accord. Si la Chambre ne ratifie pas l'accord, le Royaume-Uni devra décider au plus tard le 12 avril s'il participe aux élections européennes de la fin mai. S'il décide de participer au scrutin, le gouvernement britannique pourra obtenir un autre report, au maximum au 30 juin...

Les valeurs

L'actualité est relativement calme en ce début de semaine du côté des publications trimestrielles à Wall Street. Red Hat publie tout de même après la clôture... Rappelons qu'IBM a lancé en fin d'année dernière une OPA de 34 milliards de dollars sur le géant des solutions open source.

Apple (-1%) et Netflix seront particulièrement surveillées ce lundi. Le groupe à la pomme a invité la presse à sa réunion annuelle (keynote), prévue ce soir à son siège de Cupertino, en Californie, à partir de 18h heure française. Le clou du spectacle sera très probablement la présentation par la firme à la pomme de son futur service de vidéo à la demande en streaming (SVOD), attendu de pied ferme par les marchés financiers et par les consommateurs, déjà très sollicités par la concurrence, à commencer par le leader du secteur Netflix.

Pour laisser toute la place aux annonces sur les services, Apple a choisi pour la première fois de faire ses annonces produits avant la "keynote". La semaine dernière, le groupe a ainsi dévoilé deux nouveaux iPads, puis des ordinateurs iMac plus puissants et une nouvelle génération d'écouteurs sans fil AirPod. Les analystes attendaient aussi un baladeur iPod touch de 7ème génération, qui pourrait être présenté ce jour ou faire l'objet d'un simple communiqué.

Les spéculations vont bon train sur la future plateforme de vidéos à la demande sur laquelle le groupe de Cupertino a entretenu le mystère. Selon les dernières rumeurs, la plateforme proposerait des séries, films et documentaires exclusifs, mais aussi des contenus d'autres acteurs du secteur télévisé américain, comme HBO ou Showtime.

Le lancement commercial serait prévu pendant l'hiver 2019 aux Etats-Unis, et plus tard en Europe. Le groupe aurait déjà produit des contenus originaux, dont 5 séries et au moins 5 autres séries seraient en post-production. D'après la presse, des vedettes comme les actrices Jennifer Aniston, Reese Witherspoon ou le réalisateur J.J. Abrams, pourraient être présentes lundi à la conférence d'Apple. La plateforme, dont le développement a été supervisé par deux anciens de Sony Pictures, Zack Van Amburg et Jamie Erlicht, devrait réunir un catalogue made in Apple mais aussi des contenus partenaires. Selon l'agence 'Bloomberg', Apple discuterait avec HBO, Showtime ou encore Starz pour obtenir le droit de diffuser certains de leurs contenus sur sa plateforme.

Netflix (+1%) a confirmé le 19 mars qu'il ne ferait pas figurer ses films et séries sur le service d'Apple. Le leader de la vidéo en streaming souhaite poursuivre sa stratégie en tant que fournisseur indépendant. "Nous préférons laisser nos clients regarder nos contenus sur notre service", a indiqué le directeur général de Netflix, Reed Hastings. "Nous avons fait le choix de ne pas être intégrés à leur service", a-t-il ajouté.

Apple arrive tardivement sur ce marché déjà bien encombré... Outre le leader du secteur, Netflix, il lui faudra affronter HBO (AT&T), Hulu, Amazon, YouTube (Alphabet), Facebook, et même Walt Disney, qui va lui aussi lancer en fin d'année son service de SVOD.

Boeing (stable) a convié plus de 200 pilotes, ainsi que des régulateurs et dirigeants, à une réunion d'information programmée mercredi pour détailler son projet de remise en service du 737 MAX. Le meeting aura lieu à Renton (Etat de Washington). Il s'agira pour le groupe américain de rétablir un semblant de confiance dans son appareil, impliqué dans deux crashs de Lion Air et d'Ethiopian Airways.

Boeing dit continuer à travailler "en étroite collaboration" avec ses clients et les autorités sur les logiciels et les mises à jour de formation pour le 737 MAX. Les équipes de trois compagnies aériennes américaines possédant des 737 MAX ont participé samedi à une session pour examiner la mise à jour logicielle annoncée par Boeing, explique de son côté l'agence Reuters. La mise à jour logicielle concerne notamment les systèmes de contrôle de vol et les écrans des pilotes. Le groupe y travaille depuis l'accident d'un appareil de la compagnie indonésienne Lion Air, qui avait fait 189 morts en octobre. Les autorités américaines de la FAA attendent les corrections dans les prochaines semaines.

Les deux catastrophes ayant impliqué un B737 MAX en moins de six mois pèsent logiquement sur le carnet de commandes de Boeing. Les livraisons de 737 MAX sont pour le moment bloquées, alors que l'avion est interdit de voler dans les pays où il opère normalement. Boeing poursuit néanmoins la production de l'appareil.

Nike (stable). Le régulateur européen a infligé à Nike une amende de 12,5 millions d'euros pour avoir interdit aux vendeurs de commercialiser des produits dérivés sous licence dans d'autres pays au sein de l'EEE. La Commission reproche précisément à l'équipementier sportif américain d'avoir restreint les ventes transfrontalières des produits dérivés de cinq clubs de football européens et de fédérations de football. Bruxelles estime que les pratiques illégales de Nike, qui ont duré pendant environ 13 ans (du 1er juillet 2004 au 27 octobre 2017), ont eu une incidence variable sur les produits dérivés sous licence aux couleurs de clubs comme le FC Barcelone, Manchester United, la Juventus, l'Inter Milan et l'AS Rome, ainsi que de fédérations nationales comme la Fédération française de football.

Biogen (stable) pourrait regagner un peu de terrain à Wall Street ce jour, après avoir rendu un tiers de sa valeur la semaine dernière suite à l'abandon des essais du traitement d'Alzheimer Aducanumab. Le géant biotechnologique américain, basé dans le Massachusetts, et son partenaire japonais Eisai, avaient annoncé il y a quelques jours l'arrêt de deux essais cliniques en phase finale de ce traitement. Biogen, tentant sans doute de compenser en partie la chute boursière, a annoncé un nouveau programme de rachat d'actions de 5 Mds$.

Viacom (+4%) est assez recherché à Wall Street ce jour, le groupe ayant finalement renouvelé son contrat avec AT&T, permettant la diffusion de MTV, Nickelodeon ou Comedy Central chez les utilisateurs de DirecTV.

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