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Wall Street consolide, après quatre séances de rebond

Wall Street consolide, après quatre séances de rebond
Wall Street consolide, après quatre séances de rebond
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine subit ce jeudi quelques prises de bénéfices, après quatre jours d'un rebond soutenu par les espoirs économiques. Le DJIA perd 0,06% à 23.865 pts, alors que le Nasdaq fléchit de 0,03% à 6.955 pts. Le S&P500 abandonne 0,27% à 2.578 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar grappille 0,2% à 95,4... Les publications décevantes de certains détaillants américains tels que Macy's et Kohl's devraient peser sur les marchés.

Les opérateurs seront attentifs ce jeudi soir à l'intervention de Jerome Powell, président de la Fed, à Washington, tentant d'y trouver confirmation de la pause potentielle dans le durcissement monétaire (participation aux discussions de l'Economic Club of Washington).

Espoirs commerciaux

Après trois jours de négociations menées à Pékin entre les Etats-Unis et la Chine, cette dernière aurait fait des avancées substantielles pour rééquilibrer la balance commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Selon un communiqué du Bureau du représentant américain au commerce, publié mercredi soir, "les discussions se sont concentrées sur les engagements de Pékin à acheter une quantité substantielle de produits agricoles, pétroliers et manufacturés, ainsi que d'autres produits et services aux Etats-Unis".

L'optimisme concernant les négociations commerciales était déjà monté d'un cran, mardi, lorsque les délégations avaient indiqué que les pourparlers, prévus pour deux jours, se poursuivraient finalement pour un troisième jour. De son côté, Trump avait tweeté que les discussions avec la Chine se passaient "très bien", sans plus de précisions.

Dès lundi, la présence inattendue de Liu He, le vice-premier ministre chinois et principal conseiller économique du président Xi Jinping, durant les négociations, avait été interprétée comme le signe d'une forte implication de la Chine en vue d'un accord. Une rencontre est en outre prévue plus tard ce mois entre M. Liu et Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce.

Pétrole toujours volatil

Les cours du pétrole consolident ce jour après le récent rebond (-0,4% sur le baril de brut WTI et -0,2% sur le baril de Brent de mer du Nord). Hier, les cours grimpaient dans l'espoir d'un accord commercial, qui écarterait le risque d'un coup d'arrêt brutal à la croissance mondiale. En soirée, le prix du baril de brut léger américain WTI flambait de 4,8% à 52,2$ (pour le contrat à terme de février), tandis que l'échéance mars sur le Brent de mer du nord prenait 4,1% à 61,2$.

Shutdown persistant

La situation reste dans l'impasse aux Etats-Unis, au sujet du shutdown, Trump ayant quitté hier de manière abrupte une réunion avec Nancy Pelosi et Chuck Schumer. "Je viens de quitter une réunion avec Chuck et Nancy, une totale perte de temps. J'ai demandé ce qui allait se passer dans 30 jours si je rouvrais rapidement les choses (ndlr : l'administration), allez-vous approuver une Sécurité aux Frontières comprenant un Mur ou une Barrière d'Acier ? Nancy a dit, NON. J'ai dit bye-bye, rien d'autre ne fonctionne!", a indiqué le Président américain sur Twitter.

"Il a demandé à la présidente Pelosi 'allez-vous accepter mon mur ?'. Elle a dit non. Alors, il s'est levé et il a dit 'dans ce cas, nous n'avons plus rien à nous dire' et il est parti", a rapporté de son côté Chuck Schumer. "Une fois de plus, il a piqué sa crise de colère parce que les choses n'allaient pas dans son sens".

Donald Trump avait effectué avant-hier soir son (court) discours 'à la Nation', depuis le bureau ovale de la Maison Blanche. Le Président américain avait promis de s'adresser aux Américains "à propos de la crise Humanitaire et de Sécurité Nationale" à la frontière avec le Mexique. Trump avait comme prévu exhorté une fois de plus le clan démocrate à accepter le financement de son fameux 'Mur' à la frontière avec le Mexique, à l'occasion de cette intervention de moins de dix minutes.

"Les gens ne bâtissent pas des murs parce qu'ils détestent ceux qui sont à l'extérieur, mais parce qu'ils aiment ceux qui se trouvent à l'intérieur", avait lancé Trump, demandant 5,7 milliards de dollars pour le financement de son projet. "C'est une crise humanitaire, une crise du coeur et une crise de l'âme", avait aussi affirmé le Président US à propos de l'immigration illégale, la frontière sud étant selon lui une porte d'entrée pour le trafic de drogue.

C'est rappelons-le sur ce "Mur" (ou... cette "Barrière d'Acier") qu'achoppent pour l'heure les négociations avec le Congrès... Les Démocrates Nancy Pelosi et Chuck Schumer avaient demandé quant à eux un temps de parole équivalent à celui du Président sur ce sujet. Ils ont dénoncé l'attitude de Trump, qui prendrait selon eux les Américains en otage en agitant le spectre de la crise humanitaire et migratoire. Schumer a estimé que les Etats-Unis devaient être symbolisés par la Statue de la liberté, plutôt que par un mur de 9 mètres de haut.

Ce jeudi, Trump se rendra à la frontière avec le Mexique, bien décidé à constater sur le terrain la 'véracité' de ses affirmations récurrentes à propos de l'afflux de migrants et de la fameuse 'crise de sécurité'.

Dimanche, Trump avait semblé plus nuancé sur la question, sans doute pour parvenir enfin à un compromis avec le Congrès afin de mettre un terme au 'shutdown' administratif partiel aux Etats-Unis - qui bloque un quart des administrations depuis le 22 décembre 2018.

Alors que débutait la troisième semaine de shutdown, Trump avait fait état sur Twitter d'une "réunion productive" du vice-président Mike Pence et de son groupe avec des représentants de Chuck Schumer (sénateur démocrate de l'Etat de New York au Congrès et chef du groupe démocrate au Sénat) et de Nancy Pelosi (nouvelle présidente - ou 'house speaker' - de la Chambre des représentants). "De nombreux détails à propos de la Sécurité aux Frontières ont été discutés", assurait alors Trump. "Nous envisageons désormais une Barrière d'Acier plutôt que du béton", avait même indiqué le Président américain.

Chiffres solides de l'emploi

D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 5 janvier 2019 sont ressorties au nombre de 216.000, contre un consensus de 224.000 et un niveau révisé à 233.000 pour la semaine antérieure.

En dehors de Powell, plusieurs autres responsables de la Fed interviennent également aujourd'hui (Tom Barkin, James Bullard, Charles Evans, Neel Kashkari ou Richard Clarida).

Les valeurs

Tesla (stable). Le patron du groupe, Elon Musk, qui vient de lancer la construction de la gigafactory chinoise de Shanghai, a annoncé que Tesla allait stopper la commercialisation des Model S et X les moins chers.

Amazon (-1%), dont le patron Jeff Bezos vient de divorcer à l'amiable, a annoncé un accord lui permettant une montée potentielle au capital de la jeune pousse française Balyo. La start-up française, spécialiste des solutions robotisées innovantes pour les chariots de manutention a conclu un accord commercial et capitalistique de 7 ans avec le géant américain selon les termes duquel Amazon recevra gratuitement des bons de souscription d'actions qui seront exerçables en fonction de l'achat par Amazon de produits embarquant la technologie Balyo.

La totalité des bons de souscription d'actions, représentant jusqu'à 29% du capital et des droits de vote de Balyo, pourrait être exercée au choix d'Amazon, si Amazon commande jusqu'à 300 millions d'euros de produits embarquant la technologie Balyo.

Twitter (+2%) rebondit à Wall Street, profitant d'un conseil de Bank of America Merrill Lynch, qui vient de revoir son conseil à l'achat avec un objectif de 39$. Le broker évoque l'usage accru des jeunes et le niveau plus élevé d'engagement. En outre, le réseau social média a annoncé des mises à jour comprenant des bulles de dialogue.

KB Home (-3%) a publié ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 97 M$ (0,96$ par action), contre 84 M$ (0,84$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 1,35 Md$, contre 1,40 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,93$, pour des ventes de 1,34 Md$. Le groupe a délivré 3.389 logements sur la période (en légère hausse), pour un prix moyen de 395.200$, en baisse de 5% en glissement annuel.

Costco Wholesale (stable) annonce des ventes de 15,42 Mds$ sur le dernier mois de l'année 2018 (période de cinq semaines se terminant le 6 janvier 2019), soit une hausse de 7,8% en glissement annuel. A magasins comparables, les ventes sont en croissance de 6,1% (+7,5% aux Etats-Unis), tandis que les ventes E-commerce grimpent de 13,6%.

Bed Bath & Beyond (+11%) présente ses résultats du troisième trimestre fiscal. Les profits sont de 24,4 M$ (0,18$ par action), contre 61,3 M$ (0,44$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 3,03 Mds$, contre 2,95 Mds$ un an plus tôt (-1,8% à magasins comparables). Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,18$, pour des revenus de 3 Mds$. Le groupe vise un bénéfice par action d'environ 2$ sur l'exercice fiscal 2018 et 2019, contre un consensus, respectivement de 1,99$ et 1,56$.

Target (-4%) annonce que ses ventes de fin d'année (novembre et décembre) sont en hausse de 5,7% à magasins comparables. Le groupe vise toujours une croissance des ventes comparables d'envrion 5% sur le quatrième trimestre, et un bénéfice par action compris entre 5,30 et 5,50$ sur l'exercice. Target annonce en outre le départ programmé de Cathy Smith (CFO). Aucun successeur n'a pour le moment été désigné.

Kohl's (-8%) a enregistré des ventes de fin d'année (novembre et décembre) en hausse de 1,2% à magasins comparables. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bénéfice par action compris entre 5,50 et 5,55$, contre une précédente fourchette de 5,35/5,55$. Les résultats du quatrième trimestre seront dévoilés le 5 mars.

L Brands (-7%) enregistre des ventes de 2,48 Mds$ en fin d'année (période de cinq semaines se terminant le 5 janvier 2019), contre 2,52 Mds$ un an avant. A magasins comparables, les ventes sont stables. Sur le quatrième trimestre, le groupe vise désormais un bénéfice par action proche de la borne haute de la fourchette de prévisions précédemment dévoilée, qui allait de 1,90 à 2,10$.

Macy's (-19%) annonce que ses ventes de fin d'année (novembre et décembre) sont ressorties en hausse de 1,1% à magasins comparables. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bénéfice par action compris entre 3,95 et 4$, contre une précédente fourchette de 4,10/4,30$, et 4,23$ de consensus. Les ventes comparables sont quant à elles attendues en hausse de 2%, contre une précédente fourchette de +2,3/+2,5%.

Ford (-1%) a annoncé son intention de supprimer des milliers de postes en Europe. Le constructeur automobile du Michigan entend ainsi redresser ses activités déficitaires dans la région et y atteindre une marge opérationnelle de 6%. Le groupe emploie 53.000 personnes en Europe. Steven Armstrong, vice-président pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, n'a pas quantifié l'ampleur des suppressions d'emplois, précisant juste qu'il s'agirait de milliers de postes. Le dirigeant n'exclut pas des fermetures de sites.

Nike (+1%). La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le traitement fiscal accordé au groupe par les Pays-Bas.

Fiat Chrysler (+1%) a conclu un accord amiable avec le Département américain de Justice et des propriétaires de véhicules pour plus de 700 M$, dans l'affaire de fraude aux émissions polluantes de ses moteurs diesel. C'est du moins ce qu'affirment des sources de Reuters.

American Airlines (-8%) lance à son tour un avertissement sur ses résultats, une semaine après Delta Air. Un warning qui provoque une chute du titre à Wall Street. La compagnie basée à Fort Worth ne table plus que sur un bénéfice par action annuel compris entre 4,40 et 4,60 dollars, contre une fourchette précédente allant de 4,50 à 5$. Le transporteur, qui évoque des tarifs intérieurs plus faibles que prévu, anticipe par ailleurs une hausse de son revenu unitaire limitée à 1,5% sur le quatrième trimestre, contre une augmentation comprise entre 1,5% et 3,5% auparavant.

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