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Wall Street consolide après le 'rally', en attendant les trimestriels

Wall Street consolide après le 'rally', en attendant les trimestriels
Wall Street consolide après le 'rally', en attendant les trimestriels
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide ce vendredi. Le DJIA abandonne actuellement 0,59% à 23.861 pts, alors que le Nasdaq cède 0,55% à 6.947 pts. Le S&P500 perd 0,53% à 2.583 pts. Des prises de profits légitimes interviennent après cinq séances d'une hausse portée par les espoirs commerciaux et monétaires, et alors qu'approche la vague des publications financières trimestrielles des entreprises. La séquence de rebond observée depuis vendredi dernier était la plus importante depuis septembre...

Wall Street alignait ainsi hier soir une cinquième séance de 'rally', après des commentaires plutôt rassurants du président de la Fed Jerome Powell à l'Economic Club de Washington, à propos de la politique monétaire. Ainsi, Powell a confirmé ses commentaires de la semaine dernière à propos de la patience de la Fed, susceptible de faire évoluer rapidement sa politique en fonction des futurs développements. Cela laisse entendre aux marchés que la Banque centrale américaine saura s'adapter promptement en cas de ralentissement économique trop prononcé.

Souplesse de la Fed sur les taux

Le président de la Réserve fédérale a donc affirmé que la banque pouvait se permettre d'être patiente en matière de politique monétaire, compte tenu notamment d'une inflation "faible et maîtrisée". Ainsi, la Fed a la capacité d'être patiente et "d'observer soigneusement", afin de déterminer les perspectives 2019. Pour l'heure, les indicateurs économiques américains restent relativement solides, mais les marchés financiers semblent donner une vision plus alarmiste.

Powell a estimé que rien ne permettait de croire pour l'heure à un risque plus élevé de récession aux Etats-Unis, ce qui laisse encore la porte ouverte à deux potentielles hausses de taux cette année. Néanmoins, le président de la Fed confirme la souplesse de la banque et sa capacité d'adaptation, affirmant qu'il n'y a "pas de voie prédéterminée pour les taux"... Powell assure que la Fed fera évoluer sa politique si la croissance mondiale ralentit encore, et ce "de manière importante si cela est approprié".

Mais le bilan de la Banque centrale va se réduire

Il s'est montré toutefois plus timoré au sujet du bilan de la Fed, qui totalise environ 4.000 milliards de dollars. Powell estime qu'il va devenir "bien plus petit qu'il ne l'est actuellement", tout en restant "loin de son niveau antérieur". La Fed avait entamé fin 2017 la réduction de son bilan, précédemment gonflé par des achats massifs d'obligations. Avant la crise financière de 2007-2009, le bilan de la Fed ne représentait qu'environ 900 Mds$.

Enfin, à propos du shutdown, fermeture administrative partielle des services fédéraux américains, Powell a précisé qu'une fermeture durable et étendue impacterait rapidement les données économiques.

L'intervention du Président de la Fed en début de mois à Atlanta, à l'occasion d'un événement de l'American Economic Association réunissant également les anciens dirigeants de la Banque centrale américaine, avait déjà été bien reçue par les marchés. Powell, confirmant son optimisme économique, avait nuancé le propos concernant l'évolution future des taux. Il expliquait alors que la Fed écoutait attentivement les inquiétudes concernant les risques de marché. Il soulignait déjà la patience et la réactivité potentielle de la Banque centrale, prête à mener une politique flexible. "Nous sommes toujours prêts à changer de posture de politique (monétaire)", affirmait Powell...

Cette patience réjouira sans doute le président américain Donald Trump, qui n'a cessé ces derniers mois de réclamer une pause dans le durcissement monétaire de la Fed. Trump juge en effet que les hausses successives de taux ont freiné l'économie américaine, compliquant son action... et ses ambitions électorales.

Une nouvelle rencontre sino-américaine au sommet ?

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a laissé entendre qu'il était probable que le vice-Premier ministre chinois Liu He se rende à Washington ce mois. Ainsi, les discussions commerciales pourraient se poursuivre à un plus haut niveau. Il s'agit d'une bonne nouvelle, alors que les trois jours de négociations (de lundi à mercredi) entre représentants américains et chinois à Pékin ont laissé les investisseurs dubitatifs.

A l'issue des négociations qui se sont tenues à Pékin cette semaine, la Chine aurait accepté des concessions substantielles pour rééquilibrer la balance commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Selon un communiqué du Bureau du représentant américain au commerce publié mercredi soir, "les discussions se sont concentrées sur les engagements de Pékin à acheter une quantité substantielle de produits agricoles, pétroliers et manufacturés, ainsi que d'autres produits et services aux Etats-Unis".

Shutdown, 21ème jour

La situation reste dans l'impasse aux Etats-Unis, au sujet du shutdown, Trump ayant quitté avant-hier de manière abrupte une réunion avec Nancy Pelosi et Chuck Schumer. "Je viens de quitter une réunion avec Chuck et Nancy, une totale perte de temps. J'ai demandé ce qui allait se passer dans 30 jours si je rouvrais rapidement les choses (ndlr : l'administration), allez-vous approuver une Sécurité aux Frontières comprenant un Mur ou une Barrière d'Acier ? Nancy a dit, NON. J'ai dit bye-bye, rien d'autre ne fonctionne!", avait indiqué le Président américain sur Twitter.

"Il a demandé à la présidente Pelosi 'allez-vous accepter mon mur ?'. Elle a dit non. Alors, il s'est levé et il a dit 'dans ce cas, nous n'avons plus rien à nous dire' et il est parti", avait rapporté de son côté Chuck Schumer. "Une fois de plus, il a piqué sa crise de colère parce que les choses n'allaient pas dans son sens".

Ce 21ème jour de shutdown sera le premier affectant réellement financièrement les travailleurs fédéraux, dont un quart environ ne seront pas payés. Ainsi, les salaires, qui devaient être payés normalement ce vendredi, sont suspendus pour environ 800.000 employés fédéraux. Ces salariés avaient pour la plupart été payés le 28 décembre, même si le shutdown a débuté le 22 décembre 2018.

Donald Trump avait effectué en début de semaine son (court) discours 'à la Nation', depuis le bureau ovale de la Maison Blanche. Le Président américain avait promis de s'adresser aux Américains "à propos de la crise Humanitaire et de Sécurité Nationale" à la frontière avec le Mexique. Trump avait comme prévu exhorté une fois de plus le clan démocrate à accepter le financement de son fameux 'Mur' à la frontière avec le Mexique, à l'occasion de cette intervention de moins de dix minutes.

"Les gens ne bâtissent pas des murs parce qu'ils détestent ceux qui sont à l'extérieur, mais parce qu'ils aiment ceux qui se trouvent à l'intérieur", avait lancé Trump, demandant 5,7 milliards de dollars pour le financement de son projet. "C'est une crise humanitaire, une crise du coeur et une crise de l'âme", avait aussi affirmé le Président US à propos de l'immigration illégale, la frontière sud étant selon lui une porte d'entrée pour le trafic de drogue.

C'est rappelons-le sur ce "Mur" (ou... cette "Barrière d'Acier") qu'achoppent pour l'heure les négociations avec le Congrès... Les Démocrates Nancy Pelosi et Chuck Schumer avaient demandé quant à eux un temps de parole équivalent à celui du Président sur ce sujet. Ils ont dénoncé l'attitude de Trump, qui prendrait selon eux les Américains en otage en agitant le spectre de la crise humanitaire et migratoire. Schumer a estimé que les Etats-Unis devaient être symbolisés par la Statue de la liberté, plutôt que par un mur de 9 mètres de haut. Les démocrates jugent le mur coûteux et contestent la moralité du projet.

Dans un tweet du jour, Trump explique encore que le Mexique payera bien pour le 'Mur' par l'intermédiaire du nouvel accord commercial conclu avec les USA. Selon le président américain, l'accord renégocié rapportera des milliards de plus chaque année et "remboursera plusieurs fois le Mur".

Les prix du pétrole consolident (enfin)

Les cours du brut consolident ce vendredi. Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour février se tasse de 0,9% à 52,1$. Le baril de Brent de la mer du Nord perd pour sa part 0,8% à 61,2$. Ce repli marginal fait suite à une dizaine de jours de 'rally'. Sur un marché extrêmement volatil, le WTI pourrait tout de même reprendre plus de 9% sur la semaine. 'En même temps', les cours restent en fort recul de 30% environ depuis les sommets d'octobre 2018, ce qui permet de relativiser le puissant rebond technique des derniers jours, alimenté aussi par de moindres craintes de ralentissement économique.

Inflation 'en ligne'

Les chiffres de l'inflation aux Etats-Unis pour le mois de décembre 2018 n'ont pas surpris, et sont même ressortis conformes sur toute la ligne au consensus des économistes de la place. Ainsi, le CPI a reculé de 0,1% en décembre, en comparaison du mois antérieur (+1,9% en glissement annuel), mais il a progressé de 0,2% hors alimentaire et énergie (+2,2% en comparaison de l'an dernier).

Le risque de récession subsiste

Le risque de récession aux USA serait le plus élevé en six ans, sur fond de shutdown et de guerre commerciale. C'est du moins ce qu'affirme Bloomberg. Les spécialistes interrogés par l'agence durant la semaine passée voient une probabilité médiane de 25% de récession dans les 12 prochains mois, contre 20% selon l'étude de décembre. Dans le même temps, les experts questionnés par l'agence tablent sur une pause monétaire de la Fed au premier trimestre, avant deux relèvements de taux, au total, cette année. L'anticipation médiane de croissance économique pour 2019 se situe à 2,5%, contre 2,9% en 2018.

General Motors en vedette

General Motors (+8%) grimpe à Wall Street, le constructeur automobile américain ayant relevé son anticipation de bénéfice 2018 après une guidance prudente fournie en octobre. Le groupe précise donc que son profit 2018 sera supérieur à l'évaluation antérieure. Les estimations 2019 sont également supérieures aux attentes. La génération de trésorerie pour l'année passée sera supérieure aux attentes. GM anticipe pour 2019 un bénéfice ajusté par action compris entre 6,50 et 7$, alors que le consensus se situait à 5,9$... Le constructeur table pour 2019 sur un marché résilient. A propos de la Chine, le groupe évoque un marché attendu stable l'an prochain. Enfin, GM entend rester agile face aux évolutions du marché.

Rappelons que le groupe avait subi en fin d'année dernière les attaques du Président américain Donald Trump sur le réseau social Twitter, suite à l'annonce d'un vaste plan de réduction d'effectifs.

Apple (-1%) n'est pas parvenu ces derniers jours à se remettre de sa récente alerte sur les revenus trimestriels du 2 janvier 2019. Le titre est retombé à 153$ environ pour une capitalisation boursière de 720 milliards de dollars, alors que le dossier 'pesait' 1.100 milliards de dollars environ au plus haut l'an dernier... Le groupe californien à la pomme envisagerait désormais de lancer trois nouveaux modèles d'iPhone cette année, dont un avec un écran LCD, pour succéder au modèle XR en difficulté, a indiqué ce vendredi le 'Wall Street Journal'.

Le groupe de Cupertino a également l'intention d'introduire de nouvelles fonctionnalités d'appareil photo, a précisé le WSJ, citant des personnes proches de la question. Selon le journal, Apple a décidé de s'en tenir à l'écran à cristaux liquides, alors que les performances de l'iPhone XR ont tout récemment plombé ses prévisions de revenus... Pour l'année 2020, toutefois, Apple basculerait totalement vers l'affichage à diodes électroluminescentes organiques (OLED) pour l'iPhone, abandonnant complètement le modèle LCD.

Apple. Le titre pourrait néanmoins souffrir encore ce jour, alors que selon les informations de l'agence Reuters, plusieurs détaillants chinois en électronique viennent de réduire leurs prix sur les iPhone.

Starbucks (-2%) risque également une séance difficile. Goldman Sachs vient de prévenir que la chaîne de cafés pourrait avertir, tout comme Apple, concernant ses activités chinoises. GS a revu par conséquent d''achat' à 'neutre' sa recommandation sur la valeur à Wall Street.

PG&E (-1%). Les agences Moody's et S&P ont toutes deux dégradé la note du groupe utilities en territoire spéculatif ('junk'). Le groupe californien fait face à des charges potentielles de plusieurs milliards de dollars suite aux incendies locaux.

Netflix (+4%), le géant de la vidéo en streaming, qui publiera dès la semaine prochaine ses derniers résultats financiers trimestriels, profite ce jour d'une note de la firme Credit Suisse, qui vient de rehausser son estimation trimestrielle concernant les additions de nouveaux abonnés. UBS se risque pour sa part à passer acheteur sur la valeur, à quelques jours des comptes.

Johnson & Johnson (-1%), le géant pharmaceutique et médical américain, vient de relever ses prix sur une vingtaine de traitements sur ordonnances.

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