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Wall Street : consolide après le chômage US

Wall Street : consolide après le chômage US
Wall Street : consolide après le chômage US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide ce vendredi, après des chiffres solides de l'emploi US mais globalement attendus... Le DJIA fléchit de 0,20% à 27.335 pts, alors que le S&P500 est stable à 3.350 pts. Le Nasdaq abandonne 0,44% à 11.060 pts, après ses sommets historiques de la veille. La résistance est donc notable, malgré les tensions sino-américaines croissantes et l'absence de progrès sur le plan de relance à Washington... Le baril de brut WTI cède 0,9% à 41,65$ sur le Nymex. L'once d'or perd 1% à 2.035$.

ECO ET DEVISES

Selon le Département américain au Travail ce vendredi, les Etats-Unis ont créé 1,8 million de postes non-agricoles au mois de juillet 2020. Le taux de chômage américain du mois de juillet s'est établi à 10,2%, en forte baisse en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de 10,5%.
L'amélioration du marché du travail a reflété la reprise continue de l'économie, qui avait été plombée en raison de la pandémie de coronavirus (Covid-19) et des efforts pour la contenir. En juillet, des gains d'emplois notables ont été enregistrés dans les loisirs et l'hôtellerie, le secteur gouvernemental, le commerce de détail, les services professionnels et commerciaux, ou encore les soins de santé.
Les créations de postes sont ressorties au nombre de 1,462 million dans le secteur privé en juillet, contre 4,737 millions pour la lecture révisée du mois de juin. Au total, en juin, les USA avaient créé 4,791 millions de postes non-agricoles.
En juillet, le taux de participation à la force de travail s'est élevé à 61,4%. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,2% en comparaison du mois antérieur et de 4,8% en glissement annuel. Les chiffres de mai 2020 ont par ailleurs été révisés, avec 2,725 millions de créations de postes, contre 2,699 millions précédemment estimé.

Les leaders démocrates du Congrès américain et les conseillers de l'administration Trump n'auraient fait que de bien faibles progrès en vue du tant attendu nouveau plan de relance de l'économie. Les pourparlers devraient se poursuivre, en dépit des menaces de Trump de se retirer en l'absence de compromis rapide et d'user de décrets qui ne porteraient que sur un soutien limité, relate Reuters. Républicains et démocrates tentent depuis deux semaines de parvenir à un accord sur ce plan de soutien aux entreprises et aux ménages touchés par l'impact de l'épidémie de coronavirus. Les divergences entre les deux clans concernent les aides aux Etats et aux collectivités, ainsi que les allocations chômages fédérales, portées temporairement à 600 dollars par semaine jusqu'à la semaine dernière, mais que le Sénat républicain ne veut pas prolonger.
Le Congrès américain a voté depuis le début de la crise des mesures de plus de 3.000 milliards de dollars. L'administration Trump rejette l'enveloppe de 3.400 milliards de dollars désirée par les démocrates. Le groupe républicain du Sénat a avancé un projet de 1.000 milliards. "Si nous concluons qu'il n'y aucune position de compromis sur les principaux sujets, le président a la possibilité de recourir à des décrets exécutifs", a indiqué pour sa part le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, admettant que les négociateurs seraient encore "très loin les uns des autres".
La présidente démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a reconnu également ces divergences et reproché au secrétaire général de la Maison blanche, Mark Meadows, d'avoir quitté la salle de réunion. Bref, l'ambiance est au beau fixe (!).

Donald Trump a quant à lui publié hier deux décrets interdisant aux entreprises américaines toute transaction avec les Chinois ByteDance (propriétaire de TikTok) et Tencent (qui détient WeChat). L'interdiction entrerait en vigueur dans 45 jours. Le président américain avait déjà laissé jusqu'à mi-septembre à TikTok pour céder ses activités américaines à Microsoft.
L'administration américaine a précisé cette semaine qu'elle renforçait ses efforts pour purger les applications chinoises jugées non fiables des réseaux numériques américains. Elle a estimé que les applications TikTok et WeChat constituaient des menaces importantes pour la sécurité nationale. Trump affirme que TikTok peut servir par exemple à des campagnes de désinformation qui profiteraient au Parti communiste chinois. WeChat capturerait pour sa part automatiquement "de vastes pans d'informations de ses utilisateurs" et permettrait ainsi d'accéder aux informations personnelles des Américains, s'est ému Trump.
Sur les devises, l'euro campe sur les 1,18/$ entre banques.

Les valeurs

Uber (-5%) a publié, pour son second trimestre, une perte massive de 1,8 milliard de dollars. Le groupe a subi de plein fouet la crise du coronavirus, mais, point positif, les livraisons de repas ont vu leur activité flamber. Les revenus totaux du second trimestre ont chuté de 29% à 2,24 milliards de dollars, mais le consensus était encore plus faible à 2,18 milliards. Uber Eats, en revanche, a réalisé des ventes de 1,2 milliard de dollars, le double de l'an dernier avec l'effet confinement. Uber va pour mémoire étendre ses services de livraison en rachetant Postmates pour 2,65 Mds$. Uber Eats a affiché une perte ajustée d'Ebitda de 232 M$ sur le trimestre clos, et devrait afficher une perte comparable au troisième trimestre. Le management reste confiant dans la capacité de cette activité à devenir rentable.
Dara Khosrowshahi, le directeur général du groupe, estime que la reprise de l'activité de mise en contact d'utilisateurs avec des conducteurs dépendra de la capacité de différents pays à contenir le nouveau coronavirus. Pour l'heure, la reprise est menée par l'Asie - hors Inde. Le dirigeant estime que l'étendue géographique du groupe demeure un énorme avantage actuellement. Néanmoins, le nombre d'utilisateurs actifs de la plateforme sur les 69 pays où opère le groupe a pratiquement été divisé par deux à 55 millions.

T-Mobile US (+8%) a publié des comptes du second trimestre supérieurs aux attentes de marché. Le groupe, pour ce premier trimestre intégrant Sprint, a par ailleurs récupéré 1,1 million d'abonnés, ce qui dépasse les prévisions les plus optimistes de Wall Street. Le groupe revendique désormais la place de numéro deux aux Etats-Unis dans la téléphonie mobile, estimant dépasser AT&T. Sur le trimestre clos, le groupe a réalisé un bpa de 61 cents, battant largement le consensus. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 17,7 milliards de dollars, en ligne avec les attentes, contre 11 milliards de dollars sans Sprint, un an avant.

Booking Holdings (+1%) a souffert au second trimestre, sans surprise, mais fournit une guidance plutôt optimiste. Le voyagiste en ligne du Connecticut a affiché pour le trimestre clos une chute record de 84% de son activité à 630 millions de dollars, avec bien évidemment l'impact du covid, qui ramène les revenus au plus bas d'une décennie. Le consensus était toutefois encore plus bas à 569 millions de dollars. Glenn Fogel, directeur général du groupe, admet que Booking fait encore face à l'impact du virus, mais constate par ailleurs une amélioration des tendances depuis avril, "ce qui est encourageant".
Pour le trimestre clos, le groupe aux marques Booking.com, Kayak ou Priceline, a dégagé un léger bénéfice net de 122 millions de dollars, 2,97$ par titre, en recul de 80% en glissement annuel. Néanmoins, hors éléments non récurrents, le trimestre serait ressorti dans le rouge à hauteur de 10,81$ par titre, contre -11,8$ de consensus. Rappelons que Booking entend se séparer d'un quart de ses effectifs, face aux conséquences économiques du nouveau coronavirus.

Motorola Solutions (-1%) a annoncé pour son second trimestre des revenus de 1,6 milliard de dollars, en retrait de 13% en glissement annuel, un bpa GAAP de 78 cents et un bénéfice ajusté par action de 1,39$. Le bénéfice a reculé de 17% à 766 millions de dollars. Le consensus de revenus était de 1,57 milliard de dollars, contre 1,86 milliard un an avant. Le bénéfice ajusté par action était anticipé pour sa part à 1,20$. Le management disait auparavant viser un bpa ajusté de 1,18 à 1,27$, et dépasse donc également ses propres ambitions, y compris en termes de revenus.

Goldman Sachs (stable) a réduit ce vendredi son bénéfice trimestriel précédemment annoncé à 197 million de dollars, contre 2,25 milliards de dollars auparavant, du fait de l'intégration de provisions pour coûts juridiques et réglementaires. Les coûts légaux se chiffrent à près de 3 milliards de dollars sur le scandale malaisien 1MDB.

Dropbox (-9%) a dégagé au deuxième trimestre un chiffre d'affaires supérieur aux attentes, mais le titre est chahuté aujourd'hui du fait de la démission du directeur financier Ajay Vashee, qui sera remplacé le 15 septembre par le directeur de la comptabilité Tim Regan. Pour le trimestre clos, le groupe de San Francisco a annoncé des revenus en croissance de 16% à 467 millions de dollars, ainsi qu'un bénéfice net de 17,5 millions de dollars soit 4 cents par titre. Le consensus était de 2 cents de bpa pour 465 millions de revenus.

AMC (stable), l'une des plus grandes chaînes de salles de cinémas des États-Unis, anticipe la réouverture de tous ses cinémas à l'étranger dans les deux à trois prochaines semaines. Plus des deux tiers de ses cinémas américains vont rouvrir avant la fin du mois.

Enfin, en réaction aux menaces de Trump, les titres des sociétés chinoises cotées à Wall Street corrigent... Alibaba perd 3%, Baidu 2%, JD.com 3% et Nio 2%.

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