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Wall Street consolide, alors que Powell tente de rassurer

Wall Street consolide, alors que Powell tente de rassurer
Wall Street consolide, alors que Powell tente de rassurer
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, qui avait terminé hier soir en ordre dispersé, effaçant l'essentiel de ses pertes de séance, pointe en repli ce mardi, en pleine intervention de Jerome Powell pour la confirmation de son deuxième mandat. Le DJIA cède 0,50% à 35.887 pts, alors que le S&P 500 perd 0,42% à 4.651 pts. Le Nasdaq fléchit de 0,27% à 14.903 pts. Le baril de brut WTI remonte de 1,8% sur le Nymex à 79,7$. L'once d'or avance de 0,5% à 1.808$. L'indice dollar abandonne 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin remonte de 1,6% sur 24 heures à 41.655$.

Il n'y aura pas de statistique notable outre-Atlantique ce mardi. Les opérateurs suivent tout de même avec attention les interventions d'Esther George et de Jerome Powell de la Fed. L'actualité des entreprises demeure limitée, alors qu'approche le début de la vague des publications financières du quatrième trimestre, qui commencera en douceur en fin de semaine avec quelques établissements bancaires et financiers.

La semaine boursière est notamment marquée, à Wall Street, par les auditions de nomination de Jerome Powell (reconduit à la tête de la Fed) et Lael Brainard (future vice-présidente), respectivement ce mardi et jeudi. Le témoignage de Powell ne fournit pas d'élément notable supplémentaire concernant l'inflexion de politique monétaire de la Fed.

Rien d'extraordinaire, donc, dans ce témoignage préparé par le président de la Fed pour son audience de nomination ce mardi. Powell note que l'économie se développe à son rythme le plus rapide depuis de nombreuses années et que le marché du travail demeure solide. Cette solidité économique persiste malgré la pandémie, bien que ces dynamiques aient conduit à des déséquilibres persistants de l'offre et de la demande et à des goulots d'étranglement, et donc à une inflation élevée. Powell constate les inquiétudes concernant les retombées de cette inflation élevée. Il souligne que la Fed utilisera ses outils pour maintenir une économie forte et un marché du travail solide, et pour empêcher une inflation plus élevée de s'enraciner.

L'inflation domine comme prévu l'audition du jour, à la veille de la publication de l'IPC de décembre. "Si nous devons relever plus encore les taux, nous le ferons", a indiqué aujourd'hui Powell, évoquant le risque d'une inflation élevée durable pesant sur les ménages. Evoquant la persistance des contraintes d'approvisionnement, le dirigeant justifie l'abandon relativement récent du terme transitoire, appliqué à cette poussée des prix. "C'est une combinaison unique de circonstances", justifie Powell, détaillant l'exemple d'un secteur automobile privé de 'puces', mais faisant l'objet d'une très forte demande. "Nous devons atteindre la stabilité des prix", juge ce jour Powell, qui pense que la Fed y parviendra par la normalisation monétaire.

A l'opposé, en cas de crise économique inattendue, compte tenu de la faiblesse des taux, le timonier de la Fed explique que la banque aurait à utiliser de nouveau les achats d'actifs pour assouplir éventuellement sa politique.

Quoi qu'il en soit, avec un marché de l'emploi en forte amélioration, une solide économie et une inflation plus élevée que prévu, l'année 2022 devrait selon Powell être celle de la normalisation monétaire. Le nombre des hausses de taux dépendra des données nouvelles.

Powell note également la reprise extrêmement rapide du marché de l'emploi, avec un taux de chômage de retour sous les 4%. Il estime qu'il s'agit d'un signe que la politique monétaire n'a plus à être aussi fortement accommodante. Il constate le niveau très élevé, historique même, des ouvertures de postes. En revanche, l'offre, à savoir le taux de participation, ne se reprend pas de la même manière, "un problème d'offre d'emploi" à en croire Powell. L'atteinte du plein emploi va donc demander selon lui une stabilité des prix, en utilisant les outils de la Fed.

A propos du niveau record des cas de coronavirus, d'Omicron et de la persistance de la pandémie, Powell assure que la Fed suit cela avec grande attention, sans se substituer aux experts. L'hypothèse d'un impact de court terme et d'un pic rapide est toutefois privilégiée.

Un rapport sur les devises digitales sera par ailleurs rendu dans quelques semaines, indique Powell, qui précise bien qu'il ne s'agira pas de prendre des positions fermes sur la question.

Goldman Sachs s'attend désormais à ce que la Fed relève ses taux quatre fois cette année, une de plus qu'auparavant attendu. L'estimation intervient dans un contexte de hausse de l'inflation et de tensions sur le marché de l'emploi. Parallèlement aux hausses de taux, GS prévoit que la Fed réduira bientôt ses avoirs obligataires. Une inflation élevée persistante combinée à un marché du travail proche du plein emploi pousserait donc la Fed à augmenter ses taux d'intérêt plus que prévu cette année, selon les dernières prévisions de la banque d'affaires. L'économiste en chef de la firme de Wall Street, Jan Hatzius, a déclaré qu'il prévoyait désormais que la Fed procède à quatre hausses de taux d'un quart de point de pourcentage en 2022, ce qui représente une voie encore plus agressive que les indications fournies il y a à peine un mois. Les taux sont actuellement dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25%.

"Nous continuons de voir des hausses (de taux) en mars, juin et septembre, et avons maintenant ajouté une hausse en décembre pour un total de quatre en 2022", indique la banque d'affaires. Goldman avait précédemment prévu trois hausses, en ligne avec le niveau que les responsables de la Fed avaient indiqué après leur réunion de décembre.

Les perspectives se durcissent donc, alors que les prix aux USA progressent au rythme le plus rapide en près de 40 ans (7,1% de croissance attendue de l'indice des prix à la consommation qui sera révélé demain - gain le plus important depuis juin 1982).

Dans le même temps, Hatzius et d'autres économistes ne s'attendent pas à ce que la Fed soit découragée par la baisse de la croissance de l'emploi. Les États-Unis n'auraient généré que 199 000 emplois non-agricoles en décembre, selon la publication de vendredi, bien en deçà de l'estimation de 400 000 environ du consensus. Cependant, le taux de chômage est tombé à 3,9% à un moment où les ouvertures d'emploi dépassent de loin les recherches, reflétant un marché de l'emploi qui se resserre rapidement.

Hatzius pense que ces facteurs amèneront la Fed non seulement à augmenter ses taux d'un point de pourcentage complet, ou 100 points de base, cette année, mais aussi à commencer à réduire la taille de son bilan qui atteint le niveau vertigineux de 8 800 milliards de dollars. Il a spécifiquement souligné une déclaration de la semaine dernière de la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, qui a asséné qu'elle pouvait voir la Fed commencer à se débarrasser de certains actifs après la première ou la deuxième hausse de taux.

Jusqu'à il y a quelques mois, la Fed rachetait pour 120 milliards de dollars par mois de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires. À partir de janvier, ces achats seront divisés en deux. Ils devraient être complètement supprimés en mars. Les achats d'actifs ont contribué à maintenir les taux d'intérêt bas et à maintenir le bon fonctionnement des marchés financiers. La Fed autorisera probablement un écoulement passif du bilan, permettant à une partie du produit des obligations arrivant à échéance de s'écouler chaque mois tout en réinvestissant le reste. Le processus a été surnommé 'resserrement quantitatif', par opposition à l'assouplissement quantitatif des dernières années.

Les prévisions de Goldman sont conformes aux anticipations de marché, qui prévoient une probabilité de près de 80% d'une première hausse des taux en mars et une probabilité supérieure à 50% d'une quatrième augmentation d'ici décembre, selon l'outil FedWatch du CME. Certains voient même une probabilité non négligeable de plus de 24% d'une cinquième hausse en 2022.

Raphael Bostic, patron de la Fed d'Atlanta, a quant à lui estimé dans un entretien accordé au Wall Street Journal, que les perspectives de relèvement de taux pourraient être révisées en hausse. Le niveau élevé de l'inflation et la solidité de la reprise obligeront la Fed à relever ses taux au moins trois fois cette année et justifieront une réduction rapide de son bilan, a jugé Bostic. Il estime probable que la hausse des prix s'intensifie, ce qui justifierait alors une quatrième hausse de taux en 2022.

Bostic, membre non votant de la Fed, juge que la banque devrait être plus agressive dans la gestion de son bilan, en réduisant sa taille au rythme d'au moins 100 milliards de dollars par mois. La Fed a acquis pour plus de 4 000 milliards de dollars d'emprunts d'Etat et de prêts immobiliers titrisés depuis le début de la pandémie, ce qui a plus que doublé la taille de son bilan.

Marko Kolanovic, qui dirige la stratégie mondiale de JP Morgan, s'est mouillé hier en pleine panique boursière sur la cote américaine. En résumé, le spécialiste juge que la récente correction est excessive, et estime qu'il est donc temps "d'acheter le creux". Des catalyseurs positifs sont en effet toujours possibles pour les actions, au milieu des liquidations actuelles, et les secteurs "bêta" se porteront bien avec des rendements plus élevés, a déclaré le responsable de JP Morgan. Cela justifie selon lui de rester "haussier" sur les actions.

"Nous pensons qu'il y a encore un potentiel de hausse pour les actions et que la baisse provoquée par la peur d'Omicron devrait être 'achetée'", indiquent le stratège en chef mondial de JP Morgan, Marko Kolanovic, et son équipe. "Le recul des actifs à risque en réaction aux minutes de la Fed est sans doute exagéré. Le resserrement des politiques sera probablement progressif et à un rythme que les actifs à risque devraient être en mesure de gérer, et se produit dans un environnement de forte reprise cyclique", ajoute Kolanovic.

"Il y a des signes que les contraintes d'approvisionnement dépassent potentiellement leur pire point et que les prix de l'électricité s'atténuent. Les stocks sont très bas et le marché du travail reste solide", détaille le stratège. JP Morgan s'attend à de meilleures performances des marchés émergents et de la Chine, du Royaume-Uni et de l'Europe. D'un point de vue sectoriel, il devrait y avoir un leadership plus cyclique avec des rendements plus élevés.

Bien que la vague d'Omicron présente un risque à la baisse pour la croissance du premier trimestre, Kolanovic anticipe ensuite une forte reprise et un "coup de fouet" dès le deuxième trimestre. "Alors que cette vague s'estompera, elle marquera probablement la fin de la pandémie, car la gravité plus faible et la transmissibilité élevée d'Omicron évincent des variants plus graves et conduisent à une large immunité naturelle", croit savoir le spécialiste.

"Fondamentalement, le contexte de croissance devrait rester favorable, la décélération de l'activité en Chine étant désormais largement derrière nous et les surprises économiques dans les régions clés étant de retour en territoire positif", a-t-il encore déclaré.

Les valeurs

American Eagle Outfitters (+2%). Le groupe table sur une croissance plus faible que prévu sur le trimestre des fêtes. En revanche, il relève ses objectifs financiers 2023, avec un bénéfice opérationnel attendu à 800 millions de dollars. Le profit opérationnel 2021 est anticipé quant à lui à 600 millions de dollars, pour 5,8 milliards de revenus et 13,5% de marge.

Abercrombie & Fitch (+5%) prévoit des revenus du quatrième trimestre en expansion de 4 à 6%. Les problèmes de supply chain et le variant Omicron affectent la croissance à court terme, mais le détaillant en vêtements résiste bien. Le groupe signale une reprise après la saison des fêtes.

Big Lots (-5%). Le bénéfice par action du quatrième trimestre est anticipé entre 1,80 et 1,95$, inférieur au consensus de Wall Street. Le groupe observe un ralentissement du trafic et des ventes depuis le début du mois de janvier, avec Omicron et les conditions météo.

CVS Health (+1%) rehausse sa guidance de bénéfice opérationnel ajusté 2021 avec les ventes de détail et la demande en vaccins Covid-19 et en tests. La chaîne pharmaceutique américaine a ainsi relevé ses estimations annuelles de profits.

KKR & Co (stable) solliciterait le fonds souverain d'Arabie saoudite pour soutenir son offre sur Telecom Italia, indique Bloomberg. Citant des personnes connaissant le sujet, l'article rapporte que KKR a approché le fonds d'investissement public saoudien pour évaluer son intérêt à fournir des capitaux pour l'offre, bien que le fonds jouerait un rôle passif dans tout accord. Les sources ajoutent que KKR a également engagé des pourparlers avec d'autres fonds souverains et investisseurs en infrastructures pour soutenir son offre d'acquisition de Telecom Italia. Par ailleurs, le président de TI va réunir le 21 janvier le conseil d'administration du groupe pour nommer un nouvel administrateur délégué, selon une source de Reuters.

Enfin, Qonto, spécialiste de la gestion financière des entreprises, a procédé à une levée de fonds dans laquelle intervient KKR, qui porte sa valorisation à 4,4 milliards d'euros.

Tesla (stable) aurait écoulé 70 847 véhicules produits en Chine en décembre, rythme mensuel le plus élevé depuis l'ouverture de son usine à Shanghai en 2019, selon l'Association chinoise des voitures particulières (CPCA).

Apple (stable). Le régulateur télécom sud-coréen indique qu'Apple lui a soumis un projet permettant d'autoriser des paiements tiers sur l'App Store, conformément à une nouvelle loi qui interdit aux grandes plateformes d'imposer leurs systèmes de paiement.

Illumina (+9%), spécialiste US des sciences de la vie, a dévoilé quatre partenariats dans la santé. Le groupe table sur des revenus annuels supérieurs aux attentes de marché, avec la forte demande en produits de séquençage génétique.

Twitter (stable), le réseau social média américain, a pris une participation minoritaire dans la startup de publicité digitale Aleph Group.

Rivian (+3%). Le directeur des opérations du fabricant américain de véhicules électriques, Rod Copes, aurait quitté le constructeur à la fin du mois dernier, alors que la compagnie faisait monter en puissance sa production. Une porte-parole du groupe a indiqué au Wall Street Journal que ce départ était prévu depuis des mois. Le groupe aurait d'ailleurs produit plus de 1 000 véhicules avant la fin de l'année 2021.

Merck (-1%) précise que son traitement par voie orale contre le covid devrait être efficace contre le variant Omicron et d'autres souches.

Intel (stable), qui avait interdit le mois dernier à ses fournisseurs de s'approvisionner dans le Xinjiang, a supprimé dans sa lettre annuelle aux partenaires toute mention de la région chinoise où Pékin est accusée de mener une politique de répression contre la minorité musulmane des Ouïghours. Par ailleurs, Intel a choisi David Zinsner, actuel directeur financier de Micron, en tant que nouveau directeur financier. Il prendra ses fonctions le 17 janvier.

Vir Biotechnology (stable). Les USA ont accepté d'acquérir 600 000 doses de plus de son traitement par anticorps contre le covid produit avec le britannique GlaxoSmithKline.

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