Cotation du 11/10/2019 à 23h00 Dow Jones Industrial +1,21% 26 816,59
  • DJIND - US2605661048

Wall Street : calme précaire, en attendant la Fed

Wall Street : calme précaire, en attendant la Fed
Wall Street : calme précaire, en attendant la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York évolue près que l'équilibre mardi, digérant des informations encourageantes sur la remise en état des installations pétrolières saoudiennes. Les investisseurs affichent en revanche une grande prudence avant les annonces de la Fed, mercredi, qui pourraient décevoir les attentes des marchés. Le cours du pétrole rechute d'environ 5%, après sa flambée de 15% lundi. Les obligations sont recherchées, faisant reculer les taux d'intérêts des emprunts d'Etat.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cédait 0,07% 27.059 points, tandis que l'indice large S&P 500 était stable (+0,02%) à 2.998 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, grappillait 0,10% à 8.161 pts. En Europe, l'EuroStoxx 50 a fini proche de l'équilibre (+0,08%) et le CAC 40 a repris 0,24%.

Sur le marchés des changes, le dollar rechute mardi, après avoir servi de valeur-refuge lundi. L'indice du dollar cède 0,38% à 98,23 points, tandis que l'euro regagnait 0,65% à 1,1071$ face au billet vert. Le rendement du T-Bond à 10 ans recule de 4 points de base à 1,80% et le Bund allemand de même échéance a fini à -0,48% (+1 pdb).

La production pétrolière saoudienne rétablie dans 2 ou 3 semaines ?

L'attention des investisseurs est divisée entre les marchés pétroliers, après l'attaque de drones contre deux installations pétrolières-clés en Arabie Saoudite, et la Réserve fédérale américaine, qui a entamé mardi une réunion de 2 jours.

Les cours du pétrole ont nettement corrigé, après leur envolée de la veille. Le brut léger américain WTI cédait en séance 4,7% à 59,93$ le baril (contrat à terme d'octobre) sur le Nymex, après +14,7% lundi. Le Brent cédait 5,2% à 65,40$ le baril (contrat de novembre) après une hausse de 14,07% lundi.

Les marchés ont été quelque peu rassurés par des informations en provenance d''Arabie saoudite. Un haut responsable saoudien a ainsi déclaré mardi que le royaume était sur le point de restaurer 70% des 5,7 millions de barils perdus par jour et que la production serait complètement rétablie dans deux ou trois semaines.

Rappelons que l'attaque, samedi, contre deux installations saoudiennes a réduit de moitié la production du Royaume, soit plus de 5% de la production mondiale, ce qui a entraîné lundi la plus forte hausse des cours du pétrole depuis la guerre du Golfe de 1990-1991.

Washington accuse l'Iran et prépare sa riposte

Trois jours après les attaques, les Etats-Unis ont acquis la certitude qu'elles ont été menées non pas depuis le Yémen, mais depuis le sol iranien et que des missiles de croisière ont été utilisés, a indiqué mardi un responsable américain. L'administration américaine prépare un dossier pour apporter les preuves de sa accusations directes contre Téhéran, et convaincre la communauté internationale, notamment les Européens, à l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine. Rappelons que les attaques ont été revendiquées par les rebelles pro-iraniens Houthis basés au Yémen.

Dans le même temps, Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat américain est parti mardi pour l'Arabie saoudite afin d'évoquer avec Riyad la réponse à donner à ces attaques.

Les observateurs redoutent une escalade des tensions politiques, voire un conflit militaire dans la région, qui pourrait gravement nuire à l'approvisionnement mondial. Or, si les cours du pétrole flambaient durablement, cela contribuerait à aggraver le ralentissement économique mondial.

La Fed va-t-elle renoncer à baisser ses taux mercredi ?

L'autre sujet qui préoccupe au plus haut point les marchés est bien sûr la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Alors que Donald Trump ne cesse de harceler la banque centrale pour qu'elle baisse ses taux directeurs, le risque augmente que la Fed n'agisse pas à la hauteur des attentes des marchés, ce mercredi.

Ainsi, selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'une baisse du taux des "fed funds" d'un quart de point mercredi a fortement reculé depuis une semaine : alors qu'elle était proche de 100%, cette probabilité est retombée mardi soir à seulement 47,3% (taux réduit dans une fourchette de 1,75%-2%), alors les chances d'un statu quo (taux entre 2% à 2,25%) sont remontées à 52,7% !

Les dernières statistiques publiées aux Etats-Unis montrent une bonne résistance de la croissance, qui ne semble pas nécessiter d'urgence un nouvel assouplissement monétaire, après la baisse d'un quart de point effectuée cet été par la Fed.

La production industrielle des Etats-Unis, publiée mardi, a ainsi rebondi de 0,6% août sur un mois, un rythme bien plus levé qu'attendu (+0,2%), après un recul de 0,1% en juillet. La production manufacturière du mois d'août a grimpé de 0,5% par rapport au mois précédent, contre +0,1% de consensus. Le taux d'utilisation des capacités de production est ressorti à 77,9%, contre 77,6% de consensus.

Par ailleurs, l'indice du marché immobilier américain de la NAHB est monté à 68 en septembre, contre 66 de consensus et 67 en août, un chiffre révisé en hausse.

Lundi, Donald Trump avait une nouvelle fois étrillé la Fed dans des tweets rageurs. "Les Etats-Unis, à cause de la Réserve Fédérale, payent un Taux d'Intérêt BIEN PLUS élevé que les autres pays concurrents. Ils ne peuvent pas savoir à quel point ils sont chanceux que Jay Powell & la Fed n'y comprennent rien", a tempêté la président américain. "Et maintenant, en plus de tout cela, le coup du Pétrole. Grosse Chute des Taux d'Intérêt. Stimulus!", a réclamé Donald Trump, qui avait été jusqu'à traiter les banquiers centraux américains de "crétins" (Boneheads) la semaine dernière.

VALEURS A SUIVRE

Dans l'actualité des entreprises ce jour à Wall Street, le fournisseur de logiciels Adobe (-0,3%) et le géant des services de transport et fret FedEx (-0,28%) publieront leurs comptes après la clôture des marchés ce soir. Chewy (-2,9%), groupe de e-commerce actif dans la vente en ligne de produits alimentaires pour animaux domestiques, annoncera également après la clôture ses derniers chiffres.

Corning (-7,6%) corrige à Wall Street, le groupe ayant réduit hier soir ses prévisions de revenus. La firme américaine spécialisée dans la fabrication de verre et de céramique table maintenant sur une baisse de plus de 10% sur le seul secteur des télécommunications optiques. Un repli de moins de 5% était auparavant envisagé.

Boeing (+1,2%) a rehaussé ce jour son estimation relative à la demande d'avions en Chine pour les vingt prochaines années. 8.090 unités sont maintenant attendues sur la période !

Apple (stable). La procédure d'appel est en cours, concernant la condamnation antérieure de la firme californienne de Cupertino à payer 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts à l'Irlande. Les avocats du groupe à la pomme, cités par Reuters, ont estimé lors d'une audience au Tribunal de l'Union européenne que cette condamnation "défiait la réalité et le bon sens".

The We Company, propriétaire de WeWork, a reporté son introduction en bourse à Wall Street, alors qu'il préparait cette IPO pour ce mois. La réponse timorée des investisseurs explique ce revirement. La startup américaine de mise à disposition de locaux et de services de coworking devait débuter ses roadshows cette semaine.

Le Japonais Softbank, qui avait accepté un investissement de plus de 10 Mds$ dans The We Company sur une valorisation bien plus élevée que celle que les marchés semblent prêts à accorder, grince des dents. Bloomberg fait état d'une valorisation potentielle de 15 Mds$ pour l'ensemble lorsque le deal sera mené à bien.

Anheuser-Busch InBev (+1%), le colosse brassicole belgo-brésilien, devrait en revanche relancer le processus d'introduction en bourse de ses opérations asiatiques. D'après le bien renseigné Wall Street Journal, cette opération potentielle, qui aurait le mérite de supprimer un foyer de dette, pourrait permettre de lever jusqu'à 4,84 milliards de dollars (pour une valorisation de près de 51 Mds$).

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com