Cotation du 19/01/2021 à 23h06 Dow Jones Industrial +0,38% 30 930,52
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Wall Street au sommet , la transition Trump-Biden en bonne voie

Wall Street au sommet , la transition Trump-Biden en bonne voie
Wall Street au sommet , la transition Trump-Biden en bonne voie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York s'affiche en nette hausse mardi, l'indice Dow Jones franchissant en séance le seuil symbolique des 30.000 points pour la première fois de son histoire. Les investisseurs saluent le début de la transition politique aux Etats-Unis, Donald Trump ayant de facto admis sa défaite lundi soir, en donnant son feu vert au processus de transition, près de trois semaines après l'élection qui a donné la victoire au démocrate Joe Biden. Les marchés ont aussi accueilli avec enthousiasme l'information du 'Wall Street Journal' selon laquelle Janet Yellen, ancienne présidente de la Fed, allait être nommée secrétaire au Trésor par Joe Biden.

A deux heure de la clôture, le Dow Jones gagne 1,47% à 30.026 points (après un plus haut à 30.116 pts), tandis que l'indice large S&P 500 avance de 1,57% à 3.633 pts, s'apprêtant à signer un nouveau record. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, progresse lui aussi, de 1,3%, à 12.037 pts, s'approchant à seulement 0,16% de son dernier record du 2 septembre dernier à 12.056 pts.

Vaccin, Yellen et transition pacifique, un cocktail euphorisant pour la Bourse

La Bourse de New York était déjà portée ces dernières semaines par les bonnes nouvelles sur le front des vaccins contre le coronavirus, avec des indications d'efficacité très forte pour les vaccins de Pfizer allié à BioNTech et de Moderna, et dans une moindre mesure celui d'Astrazeneca. La perspective d'une vaccination des populations en 2021 entretient l'espoir d'une reprise économique durable et d'un retour progressif à la vie normale l'an prochain.

Depuis lundi soir, la perspective d'une transition politique finalement paisible entre Donald Trump et Joe Biden a soulagé les marchés financiers mondiaux. Après l'échec de nombreuses tentatives de contester l'élection présidentielle devant la justice, Donald Trump a finalement donné lundi soir après la clôture des marchés son feu vert au processus de transfert du pouvoir à Joe Biden. Le républicain s'est toutefois encore gardé de reconnaître directement la victoire de son adversaire démocrate.

Le président élu a de son côté commencé sans attendre à former son gouvernement en vue de son investiture à la Maison Blanche le 20 janvier prochain. Selon son entourage, il devrait nommer au poste clé de secrétaire au Trésor l'économiste Janet Yellen, qui deviendrait la 1ère femme à occuper ce poste, après avoir été la première femme présidente de la Fed entre 2014 et 2018.

Des personnalités proches d'Obama dans le cabinet Biden

La nomination de Mme Yellen, une "colombe" en matière politique monétaire, est saluée par les marchés qui espèrent l'adoption d'un nouveau plan de soutien à l'économie américaine, au moment où la 2e vague de coronavirus menace de freiner la reprise.

Ces derniers mois, Mme Yellen avait appelé à davantage de stimulus budgétaire, après l'épuisement des mesures d'aides fédérales adoptées en mars. Un premier volet d'indemnisation du chômage technique a ainsi pris fin en août, et un autre volet s'arrêtera en janvier. Janet Yellen est largement considérée comme un choix politiquement consensuel, susceptible de recueillir le soutien des républicains du Sénat pour un nouveau package budgétaire.

Parmi les autres responsables qui devraient faire leur entrée dans l'équipe Biden figurent plusieurs personnalités chevronnées ayant servi sous Barack Obama, comme Antony Blinken, futur chef de la diplomatie américaine, et John Kerry, ancien secrétaire d'Etat de Barack Obama, qui devrait devenir l'émissaire spécial du président sur le climat.

La confiance des consommateurs US a piqué du nez en novembre

Dans ce contexte quasi-euphorique, les marchés financiers n'ont pas réagi à la publication d'une très forte baisse de la confiance des consommateurs en novembre, selon l'indice du Conference Board... Cet indice est ainsi ressorti à 96,1 contre un consensus de marché de 98, alors qu'il avait atteint 101,4 en octobre.

La chute coïncide bien sûr avec la flambée de cas de Covid-19 aux Etats-Unis, qui a entraîné des nouvelles mesures de restriction dans plusieurs Etats et villes du pays (Californie, New York, Chicago...) L'épidémie a franchi aux Etats-Unis la barre symbolique des 12 millions de cas, et le nombre de morts a désormais dépassé les 257.000.

Par ailleurs, l'indice manufacturier régional de la Fed de Richmond a chuté à 15 seulement en novembre, contre un consensus de 25 et un niveau de 29 un mois plus tôt, ce qui traduit donc un ralentissement assez net de l'expansion dans cette région.

Le marché immobilier américain est en revanche resté dynamique en septembre, avec un bond des prix. L'indice FHFA des prix de l'immobilier a ainsi gagné 1,7% par rapport à août (consensus +0,9%). L'indice S&P Case-Shiller des prix de l'immobilier dans les 20 plus grandes villes a de son côté progressé de 1,3%, bien plus que prévu (consensus +0,5% sur l'indice '20-City' ajusté en comparaison du mois antérieur). Sur un an, cet indice a augmenté de 7% sur un an hors ajustements.

Le pétrole au plus haut depuis mars, l'or trébuche

Les marchés pétroliers poursuivent leur "rally" dans l'espoir d'un vaccin et d'une reprise de la demande de brut l'an prochain. Le cours du brut léger américain (WTI) bondit mardi de 4,3% à 44,95$ le baril, pour le contrat de décembre sur le Nymex, au plus haut depuis début mars, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en janvier s'apprécie de 3,9% à 47,86$. Depuis début novembre, le WTI pointe désormais à +25% et le Brent a repris 27% depuis le début du mois.

Les marchés tablent aussi sur une prolongation des réductions de production de l'Opep+ au-delà du 31 décembre. Les membres de l'Opep+ se réuniront les 30 novembre et le 1er décembre et pourraient prolonger ces coupes de 3 à 6 mois afin de soutenir les cours.

A l'inverse, l'or continue de souffrir du retour de l'appétit du risque, l'once de métal jaune plongeant mardi de 1,8% à 1.804,60$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex, après avoir déjà perdu environ 2% lundi et reculé de 0,7% la semaine dernière. Le métal jaune gagne encore environ 18% depuis le début de l'année, mais l'environnement boursier moins anxiogène lui a retiré une partie de son brillant.

Sur le marché des emprunts d'Etat américains, les taux remontent dans l'anticipation d'une accélération de la croissance en 2021. Le rendement du T-Bond à 10 ans pointe à 0,87% (+2 points de base). Sur le marché des changes, le dollar recule de 0,26% à 92,26 points pour l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, livre sterling, yen, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise). L'euro gagne 0,34% à 1,1880$.

VALEURS A SUIVRE

Boeing (+3,3%). Le régulateur européen ouvre à son tour la voie à un retour du 737 MAX. L'Agence européenne de la sécurité aérienne a publié, à la mi-journée, une proposition de directive sur la navigabilité, qui énonce les modifications à apporter à l'appareil avant que ce dernier ne puisse être ré-autoriser à voler. Cette proposition déclenche une consultation publique de 28 jours qui devrait déboucher sur une remise en service de l'appareil début 2021.

JD.com (+1,3%). Le groupe chinois de e-commerce a annoncé un projet d'introduction en bourse de Hong Kong de sa division dédiée aux produits de santé, JD Health.

Alphabet (+1,8%). Plusieurs États américains envisagent de déposer plainte le mois prochain contre le moteur de recherche Google, accusé de pratiques anticoncurrentielles. C'est du moins ce qu'a appris l'agence Reuters de deux personnes au fait de la situation.

Tesla Motors (+5,6%), dopé hier par un broker américain, franchit ce jour la barre des 500 milliards de dollars de capitalisation boursière à Wall Street, juste avant son intégration au sein de l'indice large S&P 500 attendue à l'occasion du rééquilibrage trimestriel du 21 décembre. Elon Musk indique que Tesla pourrait développer un modèle compact plus abordable spécifiquement destiné au marché européen. Notons que sur la base des cours du jour, Musk est devenu virtuellement la seconde fortune mondiale.

Best Buy (-6%), le détaillant américain leader de l'électronique grand public, a annoncé pour son troisième trimestre un bénéfice ajusté par action de 2,06$ à comparer à un consensus de 1,73$. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 11,85 milliards de dollars, contre 11 milliards de consensus. La croissance à comparable a été de 23%. Les ventes domestiques en ligne à comparable ont flambé de 174%. Le bénéfice ajusté par action s'est envolé de 82%. Le titre cède toutefois aux prises de bénéfices ce jour à Wall Street, après son récent rallye.

Moderna (-3,8%). La Commission européenne a conclu un accord avec le laboratoire américain pour la fourniture de son vaccin contre le Covid-19, a annoncé un responsable européen interrogé par Reuters. Le laboratoire avait annoncé la semaine dernière que son candidat vaccin était efficace à 94,5%. La Commission avait annoncé en août la conclusion de négociations exploratoires avec Moderna en vue d'un contrat portant sur 80 millions de vaccins, avec une option sur 80 millions supplémentaires.

Abercrombie & Fitch (+0,15%) a affiché au troisième trimestre un bpa dilué de 66 cents, 76 cents sur une base ajustée. Le cash flow est ressorti positif avec la croissance des ventes digitales. Les revenus ont totalisé 820 millions de dollars, en retrait de 5% en glissement annuel, avec l'impact adverse de la crise sanitaire. Les ventes digitales ont augmenté de 43%.

Hormel Foods (-4,3%) a raté le consensus de profit et de ventes sur le trimestre clos. Le groupe actif dans l'alimentaire emballé a annoncé pour le quatrième trimestre fiscal un déclin inattendu des ventes avec les services alimentaires, pour un bénéfice net de 234 millions de dollars et 43 cents par titre (255 M$ un an plus tôt).

J.M. Smucker (+1,7%), le géant américain des confiseries et du café, connu notamment pour sa marque Folgers, a dépassé les attentes sur le trimestre clos et rehaussé ses prévisions financières. Le groupe a réalisé un bénéfice net de 231 millions de dollars et 2,02$ par titre, contre 211 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 2,39$ contre 2,23$ de consensus. Les revenus ont progressé de 4% à 2,03 milliards. Sur l'exercice 2021, le groupe table maintenant sur une croissance de 1 à 2% des revenus, pour un bpa ajusté allant de 8,55 à 8,85$.

Tiffany (stable), le joaillier new-yorkais qui doit se rapprocher de LVMH, a largement dépassé les attentes sur son troisième trimestre, dopé par une très forte expansion de 70% en Chine continentale. Le joaillier a réalisé sur le trimestre un bénéfice net de 119 millions de dollars soit 98 cents par titre, contre un profit de 78 millions de dollars un an avant, à la même époque. Le bénéfice trimestriel ajusté par action a été de 1,11$, ce qui ressort bien au-dessus du consensus FactSet, situé à 66 cents. Les revenus ont décliné de 1% seulement à 1,01 milliard de dollars, contre 973 millions de consensus. Le e-commerce a aussi soutenu les comptes.

Chico's FAS (-2,8%) a annoncé au titre du troisième trimestre des revenus en vive hausse de 14,8% et une marge brute en expansion de 740 points de base en comparaison du trimestre antérieur. La croissance digitale a été de 67% en glissement annuel.

Dollar Tree (+12%), le détaillant discount américain, a publié pour son troisième trimestre un bpa dilué en augmentation de 29% à 1,39$, pour des revenus en progression de 7,5% à 6,18 milliards. A comparable, l'activité s'est améliorée de 5,1%, dont 6,4% pour Family Dollar et 4% chez Dollar Tree.

Medtronic (+2,8%) a annoncé pour son second trimestre fiscal des revenus de 7,6 milliards en repli de 0,8% en données consolidées et de 1,5% en organique. Le bpa dilué GAAP a représenté 36 cents et le bénéfice ajusté par action 1,02$. Le bénéfice ajusté a été de 1,38 milliard.

Analog Devices (-0,2%) a publié des revenus de 1,53 milliard de dollars pour son quatrième trimestre fiscal (+6%) et de 5,6 milliards pour l'exercice. Les revenus B2B trimestriels se sont appréciés de 4% séquentiellement et 10% en glissement annuel. Pour l'exercice, le cash flow opérationnel totalise 2 milliards et le free cash flow 1,8 milliard. Le bpa dilué trimestriel a grimpé de 41% à 1,04$. Le bénéfice ajusté par action a augmenté de 21% à 1,44$.

HP Inc, Autodesk, Dell Technologies et American Eagle Outfitters, annoncent leurs derniers comptes trimestriels après bourse ce soir à Wall Street, tout comme Nordstrom et Vmware.

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