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Wall Street au sommet, avec la Chine et les "fusacqs"

Wall Street au sommet, avec la Chine et les "fusacqs"
Wall Street au sommet, avec la Chine et les 'fusacqs'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street démarre la semaine sur de nouveaux records, après des engagements de la Chine à durcir sa législation sur la propriété intellectuelle, qui font dire aux observateurs qu'un accord commercial de "Phase 1" serait très proche entre Washington et Pékin. La cote est aussi animée par de grandes opérations de fusion-acquisition, dont l'achat de Tiffany (+6,3%) par LVMH (+2%) pour 16,2 milliards de dollars, et celui de TD Ameritrade (+6%) par Charles Schwab (+1,1%) pour 26 Mds$.

A deux heures de la clôture, les trois principaux indices américains évoluent sur de nouveaux records. Le DJIA gagne 0,49% à 28.011 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,61% à 3.130 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, bondit de 1,19%, à 8.621 pts.

A noter que cette semaine sera écourtée par Thanksgiving, jeudi, un jour férié pour les marchés financiers américains. En outre, Wall Street n'ouvrira vendredi que pour une demi-séance, jusqu'à 13h locales (19h à Paris).

Lundi, Donald Trump n'a une fois de plus pas résisté à la tentation de tweeter sa satisfaction face à la hausse des indices. "Un autre Record sur le Marché Boursier. Profitez !", s'est ainsi réjoui le président américain.

Pékin fait des concessions sur la propriété intellectuelle

En ce début de semaine, l'espoir d'un accord commercial rapide est donc à nouveau d'actualité, après des concessions faites par la Chine sur le dossier de la propriété intellectuelle, qui tient particulièrement à coeur des Etats-Unis. Pékin a ainsi fait savoir dimanche que les autorités chinoises allaient renforcer les sanctions contre les violations de propriété intellectuelle, et abaisser le seuil requis pour entamer des procédures pénales dans les cas de vols présumés de propriété intellectuelle.

Vendredi déjà, des déclarations faites par les présidents américain et chinois avaient donné le sentiment aux marchés que l'accord commercial de "Phase 1" serait conclu assez rapidement, même si les négociations butent encore sur certains sujets importants, comme la question du retrait des barrière douanières élevées depuis 18 mois par les deux leaders de l'économie mondiale.

Donald Trump avait affirmé sur 'Fox Business' que Washington était désormais "très proche" d'un accord commercial avec la Chine, tandis que son homologue chinois Xi Jinping avait déclaré qu'il souhaitait conclure un accord commercial avec les Etats-Unis, "sur la base du respect mutuel et de l'égalité". "Nous ne voulons pas déclencher une guerre commerciale, mais nous n'en avons pas peur" , avait cependant ajouté le président chinois.

Nouvelles sanctions américaines contre Huawei et ZTE

L'effet positif de ces déclarations s'était quelque peu estompé lorsque l'autorité américaine des communications, la FCC, a voté vendredi à l'unanimité (5 voix à 0), pour sanctionner les équipementiers télécoms chinois Huawei et ZTE.

La FCC appelle à exclure Huawei et de ZTE du programme fédéral de subventions (Universal Service Fund, ou USF) de 8,5 milliards de dollars, en jugeant qu'elles présentent un risque pour la sécurité nationale. L'agence américaine va même recommander que les opérateurs retirent et remplacent les équipements Huawei et ZTE dont ils ont déjà équipé leurs réseaux aux Etats-Unis.

Un accord plus détaillé pourrait attendre après l'élection américaine

Alors que l'accord partiel de phase 1 n'est pas encore signé, certains voient déjà plus loin, évoquant un accord plus détaillé entre les deux pays. Le journal chinois 'Global Times' estime que l'accord de Phase 1 est "très proche" et ajoute que la Chine se serait même engagée à poursuivre les discussions lors d'une prochaine phase de pourparlers - phase 2 ou même 3.

De son côté, l'agence 'Reuters' évoque elle aussi la "Phase 2", mais estime que les négociations n'auraient pas lieu avant l'élection présidentielle américaine de 2020. Il s'agit notamment de savoir si Donald Trump restera à la tête du pays. La priorité du président américain serait avant tout la conclusion de la "phase 1", afin qu'il puisse revendiquer cette victoire durant sa campagne. Il existerait par ailleurs des obstacles supplémentaires à la conclusion d'un accord plus fouillé entre les deux superpuissances, selon les sources citées par 'Reuters'.

Début de semaine calme pour les changes, les taux et le pétrole

Sur le marché des changes, le retour de l'optimisme sur le front commercial permet au dollar de maintenir ses gains. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, progresse lundi soir de 0,06% à 98,33 points, tandis que l'euro cède 0,12% à 1,1008$. Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans cède 1 point de base à 1,76%, en attendant une intervention du président de la Fed Jerome Powell, prévue en soirée dans l'Etat de Rhode Island pour un dîner annuel organisé par la Chambre de Commerce.

Le pétrole se stabilise après une semaine hésitante. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) cote lundi 57,87$ (+0,17%) sur le Nymex (contrat à terme de janvier), tandis que le Brent de la mer du Nord gagne 0,11% à 63,46$ pour le contrat à terme de janvier. Les marchés sont prudents à l'approche de la réunion de l'Opep et ses alliés, les 5 et 6 décembre, qui doivent décider s'ils prolongent leur accord de maîtrise de la production afin de soutenir les cours.

L'or cède 0,4% à 1.464,80$ pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex, après avoir fait du surplace la semaine dernière, et subi une chute de 3% début novembre.

VALEURS A SUIVRE

La cote est animée par plusieurs grandes opérations de fusion-acquisition, à commencer par le rachat confirmé du joaillier américain Tiffany & Co (+6,3%) par le géant français du luxe LVMH (+2%) pour 16,2 milliards de dollars en numéraire (14,7 MdsE). Le numéro un mondial du luxe va verser 135$ par action pour s'offrir un groupe fondé en 1837, qui dispose de plus de 300 magasins à travers le monde.

Approuvée par les conseils d'administration des deux sociétés, la transaction, soumise aux conditions de clôture habituelles, devrait être finalisée vers la mi-2020. Cette opération, la plus importante de l'histoire de LVMH après le rachat de Bulgari en 2011 pour 3,7 MdsE, va permettre au groupe de contester un peu plus la position dominante de Richemont, propriétaire de Cartier, sur le marché mondial de la bijouterie.

Dans le secteur financier, le courtier en ligne Charles Schwab (+1,1%) vient d'officialiser le rachat de son concurrent TD Ameritrade (+6%) dans le cadre d'une transaction entièrement en titres de 26 Mds$. Les actionnaires de TD Ameritrade recevront 1,0837 action Charles Schwab pour chaque titre détenu, ce qui représente une prime de 17% sur le cours moyen de la cible des 30 jours précédents l'annonce. Le 'deal' devrait être bouclé au second semestre 2020. L'opération va donner naissance à un colosse du courtage en ligne disposant de plus de 24 millions de comptes avec des actifs clients d'environ 5.000 milliards de dollars.

Le secteur de la santé s'agite également avec une offre du géant suisse Novartis (+1,2% à Zurich) et sur la biotech américaine Medicines Co (+22,3% !) pour 9,7 Mds$, soit 85$ par action en numéraire. Le groupe helvétique cherchait depuis de longs mois à élargir son portefeuille de médicaments contre les maladies cardiovasculaires. Or, le principal médicament (l'inclisiran) de The Medicines Co est un traitement anti-cholestérol destiné aux patients cardiaques.

En revanche le mariage entre HP Inc (+1%) et Xerox (-0,6%) attendra... Le groupe informatique a ainsi rejeté une nouvelle fois l'offre d'acquisition de son petit rival Xerox pour 33,5 Mds$ en cash et actions. HP juge que l'offre sous-évalue significativement ses opérations. Le fabricant de PC et d'imprimantes se dit toutefois ouvert à une éventuelle offre sur le groupe du Connecticut Xerox - ce qui serait en fait bien plus logique compte tenu de la taille des acteurs en présence. Xerox a proposé 22$ par titre aux actionnaires de HP, dont 17$ en numéraire et 0,137 action Xerox pour chaque titre HP Inc. HP, dans une lettre à Xerox rendue publique hier, souligne encore l'incertitude concernant la capacité de ce dernier à lever la portion cash de son offre et s'inquiète du fardeau de dette qui serait nécessaire.

Tesla (+1,3%) tente de rassurer, après l'effondrement du cours de bourse (-6,1%) intervenu vendredi suite à la présentation de son très critiqué Cybertruck, au design déroutant, et dont le test de solidité des vitres s'était soldé par un échec relatif. Sur Twitter, Elon Musk n'en démord pas et vante les qualités de son pick-up, "meilleur qu'un F-150, plus rapide qu'une Porsche 911". Le CEO de Tesla a ainsi annoncé que les précommandes du véhicule ont déjà atteint les 200.000 unités. Attention toutefois, il suffit d'un dépôt de 100$ pour réserver le "bijou" de Musk, et ce dépôt est entièrement remboursable.

Le titre Tesla avait décroché vendredi à Wall Street, terminant à 333$, après la présentation à Los Angeles de son premier pick-up électrique, le 'Cybertruck', aux lignes inspirées de la Lotus amphibie du film de James Bond 'L'Espion qui m'aimait'...

eBay (+2,2%) serait sur le point de céder son entreprise de billetterie StubHub au groupe suisse Viagogo Entertainment. Selon des personnes proches du dossier citées par l'agence Dow Jones, un accord pourrait être annoncé dès aujourd'hui. La transaction atteindrait près de 4 milliards de dollars. Le géant de la vente en ligne avait racheté StubHub en 2007 pour 310 M$. StubHub, l'une des plateformes les plus populaires pour l'achat et la vente de billets de concerts, de sports et d'autres événements, a représenté environ 14% des revenus de la firme californienne au troisième trimestre.

Uber (-1,5%) trébuche à Wall Street. Londres a en effet annoncé lundi qu'elle avait révoqué la licence accordée à l'entreprise américaine. L'autorité des transports londonienne (TfL) a expliqué que la société n'était "pas apte" à exercer dans la capitale. La société américaine compterait un nombre très élevé de chauffeurs non autorisés mais inscrits sur la plateforme, ce qui mettrait en danger les utilisateurs. "TfL a identifié une série de défaillances de la part de la compagnie, qui portent notamment sur plusieurs manquements mettant en péril la sécurité des passagers. (...) Un problème majeur a été identifié : une modification a été réalisée dans les systèmes d'Uber permettant aux chauffeurs non autorisés de télécharger leurs photos vers d'autres comptes de chauffeurs Uber", peut-on lire dans un communiqué.

Intercept Pharmaceuticals grimpe de 7% sur le Nasdaq, la FDA américaine ayant accepté sa demande NDA (New Drug Application) pour l'acide obéticholique (OCA) en vue d'obtenir une approbation accélérée pour le traitement de la fibrose due à la stéatohépatite non alcoolique (NASH). La FDA a accordé une revue prioritaire à Intercept, avantage non négligeable. La FDA accorde une revue prioritaire aux médicaments susceptibles de traiter une maladie grave et qui, s'ils étaient approuvés, amélioreraient considérablement la sécurité ou l'efficacité.

CymaBay Therapeutics s'effondre en revanche littéralement de 76% sur le Nasdaq. CymaBay vient d'annoncer l'abandon de deux études intermédiaires testant son principal traitement dans deux types de maladies du foie. Le groupe californien a observé en effet des résultats 'atypiques' sur l'un des essais. Il a donc choisi de stopper le développement de seladelpar suite à des résultats initiaux de phase 2b dans la NASH (stéatose hépatique non alcoolique). Les données atypiques ont été décelées chez des patients qui avaient montré durant l'essai une amélioration de leur condition ou des signes de stabilisation. Toutes les études relatives au traitement expérimental seladelpar sont aussi suspendues chez les patients atteints de cholangite biliaire primitive. Le groupe a entamé une série d'investigations afin de mieux comprendre les résultats.

Dans l'actualité des entreprises cotées américaines, Palo Alto Networks, Agilent Technologies, Hewlett Packard Enterprise ou PVH, publient après bourse ce lundi leurs derniers comptes trimestriels.

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