Cotation du 17/07/2019 à 23h04 Dow Jones Industrial -0,42% 27 219,85
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Wall Street approche des sommets grâce à la Fed

Wall Street approche des sommets grâce à la Fed
Wall Street approche des sommets grâce à la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street continue de saluer jeudi les annonces de la Réserve fédérale américaine, qui a laissé entendre la veille qu'elle se tenait prête à entamer un nouveau cycle de détente monétaire si la conjoncture économique se dégradait davantage. Le taux de l'emprunt américain à 10 ans est tombé sous 2% pour la première fois depuis octobre 2016, et l'indice S&P 500 a atteint un nouveau record historique en séance. La Banque du Japon a elle aussi signalé qu'elle pourrait soutenir son économie, comme l'avait déjà fait mardi le patron de la BCE Mario Draghi. Cette nouvelle donne monétaire a fait grimper l'or à son plus haut niveau depuis près de 5 ans, tandis que le dollar chutait. Le pétrole WTI flambait de plus de 5% après une nouvelle escalade des tensions dans le Golfe.

A 20h heure de Paris, le Dow Jones gagnait 0,66% à 26.678 points, tandis que le S&P 500 avançait de 0,66% à 2.945 pts et que le Nasdaq Composite progressait de 0,56% à 8.031 pts. Plus tôt en Europe, l'indice EuroStoxx 50 a pris 0,39% à la clôture tandis qu'à Paris,le CAC 40 a avancé de 0,31% à 5.535 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) reculait nettement de 0,48% à 96,65 points, après les annonces accommodantes de la Fed. L'euro a regagné 0,6% à 1,1293$ après être tombé mardi sous le seuil de 1,12$ en réaction aux propos très "colombes" de Mario Draghi le patron de la BCE, qui envisage lui aussi de nouveaux assouplissements monétaires.

Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'emprunt d'Etat de référence, le T-Bond à 10 ans, a encore chuté de 4 points de base pour revenir à 1,99%, sous le seuil de 2% pour la première fois depuis octobre 2016. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans, a fini jeudi à -0,32% (-3 pdb), très proche de son plancher historique de mardi à -0,35%...

Les trois plus grandes banques centrales à l'unisson pour soutenir la croissance

Au Japon , le rendement à 10 ans est tombé à -0,18% (-3 pdb) après le maintien par la Banque du Japon de ses taux directeurs à -0,1%. La BoJ a signalé qu'elle pourrait mener de nouveaux assouplissements en soulignant que les risques extérieurs sont en hausse sur fond de tensions commerciales.

Les trois plus grandes banques centrales sont donc désormais à l'unisson pour envisager de nouveaux assouplissements monétaires face au ralentissement de l'économie mondiale. Mardi, le patron de la BCE, Mario Draghi, avait affirmé être prêt à agir pour soutenir la croissance économique, puis mercredi, la Réserve Fédérale américaine a donc elle aussi clairement indiqué qu'elle se tenait prête à reprendre les baisses des taux.

La Fed a maintenu pour l'instant l'objectif du taux des fed funds à 2,25-2,50%, par 9 voix contre une, celle de James Bullard, le patron de la Fed de St-Louis, qui était favorable à une baisse d'un quart de point du taux des fed funds dès mercredi. Mais la banque centrale s'est clairement déclarée prête à agir face à la montée des incertitudes sur l'économie.

"Incertitudes croissantes"

La Fed a ainsi retiré de son communiqué le terme de "patience" dans sa future politique monétaire, ce qui a été interprété comme une porte ouverte à une prochaine baisse des taux directeurs. Elle s'est dit prête à agir de façon "appropriée" face aux "incertitudes croissantes" sur l'économie américaine, ajoutant qu'elle "surveillerait de près" les données macro-économiques à la lumière de ces incertitudes. Malgré une expansion modérée de l'activité économique, un marché de l'emploi solide et une inflation proche de son objectif de 2%, la Fed indique que "les incertitudes sur les perspectives économiques se sont accrues".

Au passage, le président de la Fed, Jerome Powell, a affirmé qu'il comptait achever son mandat de 4 ans, qui court jusqu'en février 2022, malgré les critiques à répétition de Donald Trump, qui voudrait voir les taux baisser plus vite.

Les marchés financiers parient désormais sur 2 ou 3 assouplissements d'un quart de point d'ici à la fin de l'année, avec un premier geste à la prochain réunion, fin juillet. D'ici à la réunion de décembre, le taux des "fed funds" pourrait revenir entre 1,5% et 1,75%. Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme, la probabilité d'une baisse le 31 juillet est désormais de 100%.

L'Iran abat un drone US, le pétrole flambe

Les cours du pétrole ont bondi jeudi en cours de séance après l'annonce que l'Iran avait abattu mercredi un drone américain... Un tweet de Donald Trump a encore accentué la hausse du brut, le président américain affirmant que l'Iran avait "fait une énorme erreur".

En soirée, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI flambait de 5,4% à 56,67$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août bondissait de 4,06% à 64,33$.

Les Etats-Unis ont confirmé que les forces iraniennes avaient abattu un drone de surveillance de l'US Navy mais assuré qu'il se trouvait "dans l'espace aérien international" et a dénoncé une "attaque injustifiée". L'Iran assure de son côté que le drone se trouvait dans son espace aérien. Une réunion sur le sujet se tient actuellement à la Maison Blanche, selon des médias américains.

L'or profite des turbulences

L'or a bondi à son plus haut niveau depuis près de 5 ans, profitant à la fois des tensions dans le Golfe, de la baisse du dollar et de la chute des taux d'intérêts, qui renforce l'attrait du métal jaune. Sur le Comex, l'once d'or bondissait jeudi soir de 3,38% à 1.394,40$ pour le contrat à terme d'août.

L'or n'offre pas de rendement, mais actuellement, un part croissante des placements obligataires n'en offre pas non plus... Dans le monde, plus de 12.500 milliards de dollars d'obligations sont même désormais tombées dans la spirale des taux d'intérêts négatifs.

VALEURS A SUIVRE

Oracle bondit de 7,5% en séance, franchissant un nouveau sommet historique, à 56,67$, après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes pour son 4ème trimestre fiscal achevé le 31 mai. L'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises a annoncé un bénéfice net par action, hors éléments exceptionnels, de 1,16$, supérieur au consensus de 1,07$. Les ventes du groupe californien ont de leur côté progressé de 1% à 11,14 Mds$, alors que le consensus IBES de Refinitiv était logé un peu plus bas à 10,93 Mds$.

Carnival (-8,7%) plonge à Wall Street, alors que le groupe de croisières vient de réviser en baisse sa guidance de bénéfice annuel. Le groupe évoque à ce sujet les restrictions américaines frappant le tourisme à Cuba, ou encore les soucis techniques et le report de mise en service d'un bateau. La croisière ne devrait donc pas s'amuser ce jour à Wall Street, le titre entraînant en baisse ses comparables cotés. Carnival dit maintenant s'attendre à un bénéfice ajusté par action 2019 dans une fourchette allant de 4,25 à 4,35$, alors que la guidance antérieure allait de 4,35 à 4,55$.

Boeing (+1,4%) serait en discussion avec d'autres compagnies aériennes sur d'éventuelles commandes de 737 MAX, après avoir reçu une lettre d'intention pour 200 exemplaires de cet appareil de la part d'IAG au salon aéronautique du Bourget. C'est du moins ce qu'affirme le directeur commercial de l'avionneur américain, cité par l'agence Reuters.

Slack bondit de 60% à 41,47$ par action pour sa première cotation. C'est l'une des principales IPO de l'année à Wall Street, après celles d'Uber, Pinterest, Zoom Video Communications ou encore Beyond Meat. Cette plateforme de communication collaborative a choisi de s'introduire via une cotation directe (à l'image de Spotify) et non via une levée de fonds. Ce sont les actionnaires actuels de la société californienne ont vendu des titres sur le marché. 194 millions de titres de classe A (sous le ticker WORK) ont été cédées au prix unitaire de 26$. Une référence qui se base sur les derniers échanges privés d'actions.

En concurrence avec Teams de Microsoft, Google Hangouts, Webex Teams de Cisco Systems, Workplace de Facebook et d'autres applications professionnelles collaboratives, Slack table sur un bond de 47% à 50% de son chiffre d'affaires sur l'exercice en cours, à l'issue duquel il s'attend néanmoins à rester déficitaire. La perte opérationnelle ajustée devrait ainsi être comprise entre 192 et 182 M$... Atlantic Equities estime que l'adoption de la technologie de messagerie de Slack au sein des entreprises s'avère aussi virale que WhatsApp l'a été pour les consommateurs. Le nombre d'utilisateurs de Slack pourrait ainsi atteindre plus de 50 millions d'ici 2025, contre environ dix millions à la fin janvier.

HP Inc (+0,8%) ou Dell (+1,1%), ainsi que le colosse des microprocesseurs Intel (stable) refusent la proposition du président Trump d'intégrer PC et tablettes parmi les produits chinois visés par les tarifs douaniers. Selon les groupes technologiques américains, ces droits de douane majoreraient en effet le prix des portables et tablettes d'au moins 19% sur le marché US.

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