Cotation du 25/10/2021 à 23h26 Dow Jones Industrial +0,18% 35 741,15
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Wall Street accélère avec Powell

Wall Street accélère avec Powell
Wall Street accélère avec Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, qui terminait en vive hausse hier soir (+1% environ sur le DJIA et le Nasdaq), poursuit sur sa lancée ce jeudi. Le Dow Jones bondit encore de 1,35% à 34.720 pts, alors que le Nasdaq grimpe de 0,93% à 15.035 pts. Le S&P 500 s'accorde 1,19% à 4.448 pts. Le baril de brut WTI gagne 1,2% à 73$. L'once d'or rend 1,5% à 1.751$. L'indice dollar régresse de 0,5% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin remonte de 4% environ sur 24 heures, autour des 44.000$.

Le dossier Evergrande ne semble plus guère préoccuper Wall Street, alors que Pékin paraît pourtant préparer la potentielle défaillance du géant immobilier. La Chine demande aux gouvernements locaux de se préparer à l'effondrement possible de China Evergrande, selon le Wall Street Journal. Evergrande affiche un paiement de coupon de 83,5 millions de dollars dû ce jeudi sur ses obligations en dollars américains, et la société n'a pas indiqué si elle effectuerait ce paiement ou non...

Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a indiqué mercredi soir que la Fed pourrait commencer à réduire le montant de ses achats d'actifs dès le mois de novembre, et que le processus de 'tapering' pourrait être achevé "vers le milieu de l'année prochaine". Lors de sa traditionnelle conférence de presse suivant la réunion de politique monétaire de la Fed, M. Powell a dit que le "tapering pourrait commencer aussi tôt que la prochaine réunion", qui se tiendra les 2 et 3 novembre prochains. Powell a cependant ajouté que le calendrier de la Fed ne serait "pas un signal direct concernant le début du relèvement des taux directeurs de la Fed", qui dépendra d'autres facteurs.

Les nouvelles projections macro-économiques de la Fed, publiées mercredi soir, ont montré qu'elle pourrait procéder à une première hausse de ses taux directeurs dès 2022, et non en 2023 comme attendu jusqu'ici par les marchés financiers. Le taux des 'fed funds', actuellement proche de zéro, est désormais attendu à 0,3% fin 2022, 1% fin 2023 et 1,8% fin 2024.

La Fed a laissé sa politique monétaire inchangée, mais a signalé qu'une réduction du montant de son programme d'achat d'actifs (le "tapering") "pourrait bientôt être nécessaire", si les progrès observés vers les objectifs de la Fed en matière d'inflation et d'emploi se poursuivent globalement comme attendu. Rappelons que pour faire face à la crise provoquée par la pandémie de coronavirus, la Fed achète chaque mois 120 milliards de dollars d'actifs, dont 80 Mds$ de bons du Trésor et 40 Mds$ de créances adossées à des prêts immobiliers.

Le calendrier évoqué par M. Powell semble correspondre à peu près aux attentes des marchés, qui tablaient sur une réduction des achats, plutôt à partir de décembre, au rythme de 15 milliards de dollars par mois. A ce rythme, il faudrait 8 mois à la Fed pour ramener ses achats à zéro

Le patron de la Fed, qui a par ailleurs refusé de commenter les rumeurs selon lesquelles Joe Biden le reconduirait pour un 2e mandat de 4 ans, a ajouté que "de nombreux membres de la Fed pensent que l'objectif des "progrès substantiels" a d'ores et déjà été atteint sur le front de l'emploi. Pour sa part, il a estimé que cet objectif était "en grande partie atteint". Powell a ajouté qu'il y avait "un large soutien pour le calendrier du tapering" au sein du comité FOMC de politique monétaire de la Fed.

Powell a appelé le Congrès américain a voter aussi vite que possible pour relever le plafond de la dette fédérale et éviter le risque d'un défaut des Etats-Unis sur sa dette, un événement aussi inédit qu'inimaginable pour les marchés financiers. "Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que les Etats-Unis ne devraient faire défaut sur aucune de leurs obligations... et que personne ne devrait penser que la Fed ou qui que ce soit d'autre serait capable de protéger les marchés ou l'économie si un tel défaut se produisait", a prévenu M. Powell.

Ces dernières semaines, les tensions politiques à Washington autour du budget et des vastes projets d'investissement de Joe Biden ont fait craindre que les élus ne jouent avec le feu en retardant l'échéance concernant le plafond de la dette... La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a prévenu ces derniers jours que les fonds spéciaux alloués fin août à l'Etat pourraient être épuisés dès la mi-octobre, jugeant urgent que le Congrès agisse pour permettre à l'Etat fédéral de continuer à payer ses factures, son personnel et a refinancer sa dette.

Le consensus de marché semble être que le Congrès américain évitera une fermeture du gouvernement et parviendra à un accord pour augmenter ou suspendre le plafond de la dette. Cependant, les économistes et les stratèges mettent de plus en plus en garde contre l'incertitude élevée et le risque global associé - ainsi que le risque de relance budgétaire supplémentaire. En ce qui concerne l'impact potentiel sur le marché, Goldman Sachs a déclaré que les fermetures du gouvernement américain n'avaient généralement pas eu d'impact significatif sur les performances des actions. Les données historiques ne montrent aucun impact important sur le S&P des fermetures ou des récentes confrontations sur la question du plafond de la dette.

L'agence de notation Moody's a averti néanmoins que le 'non-relèvement' de la limite d'endettement pourrait plomber les actions... de près d'un tiers, anéantissant près de 15 000 milliards de dollars de richesse et coûtant jusqu'à 6 millions d'emplois à l'économie, ce qui entraînerait une augmentation du taux de chômage à environ 9%...

D'après le Département américain au Travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 18 septembre sont ressorties au nombre de 351.000, contre un consensus voisin de 325.000 et un niveau de 335.000 une semaine auparavant.

L'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois d'août 2021, qui vient lui aussi d'être révélé, s'est établi à 0,29, contre 0,5 de consensus et 0,75 pour la lecture révisée du mois antérieur.

L'indice flash PMI composite américain du mois de septembre 2021 s'est établi à 54,5, contre 55,5 de consensus de marché. L'indice manufacturier se monte à 60,5, contre environ 61 de consensus. L'indicateur des services déçoit lui aussi, à 54,4 contre 55 de consensus.

L'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board pour le mois d'août 2021 est ressorti en augmentation de 0,9% en comparaison du mois antérieur, contre +0,6% de consensus de marché et +0,8% pour la lecture révisée du mois antérieur.

Les indicateurs PMI européens publiés ce jour sont ressortis globalement décevants. Ils s'affichent ainsi majoritairement inférieurs aux attentes du consensus, même s'ils restent logés sur la barre des 50 traduisant une expansion. L'indice PMI flash français manufacturier pour le mois de septembre a été de 55,2, inférieur aux attentes (57), alors que l'indice des services s'est établi proche du consensus à 56. En Allemagne, l'indice flash manufacturier a été de 58,5, contre 61 de consensus, tandis que l'indicateur des services est ressorti à 56 contre 60 de consensus. Sans surprise, les indices européens sont donc nettement moins élevés que prévu, avec un indicateur flash manufacturier de 58,7 (consensus 60) et un indice des services de 56,3 (consensus d'environ 58).

Au Royaume-Uni, les deux indices manquent aussi le consensus. L'indice flash manufacturier britannique de septembre se monte à 56,3, contre 59 de consensus, tandis que l'indice des services ressort à 54,6, contre 55 de consensus.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street ce jeudi, Accenture, Darden Restaurants et Rite Aid annoncent avant bourse, alors que Nike et Costco Wholesale publieront après la clôture.

Les valeurs

BlackBerry (+15% !), star déchue des assistants personnels, qui conçoit désormais des solutions de cybersécurité et IoT, a dépassé les attentes de marché sur le trimestre clos. Le Canadien de Waterloo a annoncé pour son deuxième trimestre fiscal, clos fin août, des revenus de 175 millions de dollars, contre 259 millions un an avant et 164 millions de consensus. La perte nette s'est creusée à 144 millions de dollars et 25 cents par titre, contre 23 millions de dollars un an avant. Hors éléments, toutefois, la perte par action s'établit moins lourde que prévu, à 6 cents contre 7 cents de consensus.

Le groupe prévient qu'une baisse des volumes de production automobile en raison des fermetures 'covid' et des pénuries de semi-conducteurs continuera d'affecter négativement la société au cours des deux prochains trimestres de cet exercice. BlackBerry a enfin nommé John Giamatteo, ancien de la firme McAfee, à la direction de son activité de cybersécurité.

Le titre avait bénéficié en janvier du phénomène des 'meme stocks' à Wall Street, quadruplant de valeur en quelques jours. Il s'est depuis sensiblement apaisé, mais affiche de bonnes dispositions ce jeudi.

KB Home (+3%), le promoteur immobilier américain, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,64$, contre un consensus de marché de 1,6$ et un niveau de 0,83$ sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus trimestriels se sont établis quant à eux à 1,47 milliard de dollars sur cette période close en août, contre 999 millions de dollars un an avant. Néanmoins, les revenus s'établissent à un niveau inférieur aux attentes. KB Home estime, malgré sa belle rentabilité, que les perturbations de supply chain et les contraintes de personnels affectent son activité.

Netflix (+1%), le géant américain du streaming vidéo, a accepté de débourser plus de 500 M£, ou plus de 680 millions de dollars, pour s'offrir la Roald Dahl Story Company. C'est du moins ce qu'affirme Sky News, citant des sources, alors que le montant du deal n'avait pas été révélé. Netflix va s'offrir les droits de toutes les oeuvres de l'écrivain britannique Roald Dahl, en rachetant la compagnie dédiée à la gestion de ce catalogue. The Roald Dahl Story Company et Netflix unissent ainsi leurs forces pour présenter certaines des histoires les plus appréciées au monde aux fans actuels et futurs "de manière créative".

Pfizer (+1%). La Food and Drug Administration américaine a autorisé hier une dose de rappel du vaccin Covid-19 de Pfizer et BioNTech (+4%) pour les 65 ans et plus, toutes les personnes à haut risque de maladie grave et les autres personnes régulièrement exposées au virus. La décision ouvre la voie à un déploiement rapide des injections de rappel dès cette semaine pour des millions de personnes qui ont reçu leur deuxième dose du vaccin il y a au moins six mois.

Pfizer avait demandé à la FDA d'étendre son approbation de vaccin pour inclure des rappels pour toutes les personnes âgées de 16 ans et plus et a présenté des données la semaine dernière à un groupe de conseillers externes de la FDA qui, selon lui, montraient une immunité décroissante au fil du temps. Le panel a voté contre la proposition selon laquelle les rappels étaient nécessaires pour tout le monde, mais a déclaré que les preuves montraient qu'ils étaient utiles aux personnes âgées et aux personnes à haut risque.

Salesforce (+5%) grimpe à Wall Street, au sommet, alors que le groupe software vient de rehausser sa guidance annuelle de revenus et de fournir des prévisions optimistes pour 2023. La montée en puissance des modes de travail hybrides profite au colosse du cloud, qui table désormais, pour l'exercice 2022, sur des revenus allant de 26,25 à 26,35 milliards de dollars. La guidance antérieure allait de 26,2 à 26,3 milliards. Pour l'exercice 2023, les revenus sont même attendus entre 31,65 et 31,8 milliards, contre un consensus d'environ 31,5 milliards de dollars.

Accenture (+1%), le géant du consulting et de l'outsourcing, a dépassé les attentes de profits sur le trimestre clos et fourni une guidance solide. Pour son quatrième trimestre fiscal décalé, clos fin août 2021, le groupe a réalisé un bénéfice net de 1,42 milliard de dollars soit 2,20$ par titre, contre 1,29 milliard de dollars et 1,99$ par action un an avant. Le consensus FactSet était de 2,19$ de bpa. Les revenus trimestriels se sont améliorés de 24% à 13,42 milliard de dollars, en ligne avec le consensus de marché. Le groupe a par ailleurs révisé en hausse sa guidance et déclaré un programme de rachat d'actions de 3 milliards de dollars.

Rite Aid (-8%), la chaîne américaine de pharmacies, corrige avant bourse à Wall Street, après une perte trimestrielle moins lourde que prévu mais des revenus inférieurs aux attentes. Les perspectives annuelles sont lourdement déficitaires. Sur le second trimestre fiscal, le groupe fait état d'une perte de 100 millions de dollars et 1,86$ par titre, contre 13 millions de dollars un an avant. Néanmoins, le déficit a été creusé par des coûts accrus de litiges, sans quoi il serait ressorti moins conséquent que prévu. Le groupe évoque une forte exécution dans l'administration de vaccins Covid-19. Pourtant, ses revenus sont inférieurs au consensus, en hausse timide de 2% sur les opérations poursuivies à 6,11 Mds$.

Darden Restaurants (+6%), le groupe américain de restauration, maison-mère d'Olive Garden, a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2022 un bénéfice net de 231 millions de dollars soit 1,75$ par titre, contre 36 millions de dollars et 28 cents par action sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 2,31 milliards de dollars, contre 1,53 milliard un an avant. Le consensus FactSet était de 1,64$ de bénéfice par titre et 2,24 milliards de dollars de facturations. Mieux encore, les ventes à comparable se sont améliorées de 47,5% en glissement annuel.

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