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Wall Street accélère avec les espoirs commerciaux, mais Tesla replonge

Wall Street accélère avec les espoirs commerciaux, mais Tesla replonge
Wall Street accélère avec les espoirs commerciaux, mais Tesla replonge
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street continue de fluctuer au gré des rumeurs relatives aux relations et négociations commerciales entre Washington et Pékin. Ainsi, la cote américaine s'était reprise hier (+0,67% sur le DJIA et +0,71% pour le Nasdaq), après une information du 'Wall Street Journal', selon lequel Steven Mnuchin, secrétaire US au Trésor, serait favorable à une levée des 'tarifs' douaniers imposés aux importations chinoises... Le 'rally' s'intensifie ce vendredi, avec un DJIA en hausse de 1,72% désormais à 24.622 pts et un Nasdaq en progression de 1,21% à 7.171 pts. Le S&P500 prend lui aussi 0,93% à 2.660 pts.

Gestes commerciaux ?

Mnuchin serait donc disposé à de bons gestes. Il s'agirait là de débloquer le conflit commercial et de sortir de l'impasse. Cette stratégie permettrait également d'obtenir peut-être des concessions plus importantes de la Chine.

Le Wall Street Journal ajoute que l'initiative de Mnuchin ne serait pas du goût du représentant fédéral au Commerce Robert Lighthizer. Enfin, l'idée n'aurait pas encore été soumise à Donald Trump. L'information en question a été démentie par le département américain au Trésor, mais l'impact boursier positif reste tangible depuis hier soir. Les opérateurs spéculent également quelque peu sur la venue du vice-Premier ministre chinois Liu He, attendu aux USA à la fin du mois (les 30 et 31 janvier) pour participer à un nouveau volet de négociations sur les questions commerciales.

Vers un vaste accord ?

La Chine aurait même offert de se lancer dans une phase d'achats de six ans pour soutenir les importations en provenance des États-Unis, afin de reconfigurer la relation entre les deux pays. C'est du moins ce que rapporte Bloomberg ce vendredi, citant des personnes proches du dossier. En augmentant fortement les importations annuelles de biens en provenance des États-Unis, la Chine chercherait à réduire son excédent commercial, qui s'élevait à 323 milliards de dollars l'année dernière, à zéro d'ici 2024, a dit l'une des sources de Bloomberg... En pleine trêve de la guerre commerciale, ces rumeurs relancent donc d'autant plus les spéculations...

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se stabilise aujourd'hui à 96,3 (+0,2%)... Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour février remonte de 3,4% à 53,8$, avec l'ajustement de production de l'OPEP et de ses alliés, mais aussi du fait des espoirs commerciaux. Le baril de Brent se rapproche des 63$, sur un gain de 2,8%.

Un mois de shutdown

Le 'shutdown', qui paralyse partiellement l'administration américaine depuis le 22 décembre, se poursuit depuis désormais près d'un mois. Donald Trump ne parvient toujours pas à s'accorder avec le Congrès, et critique assez vivement les Démocrates, en particulier Chuck Schumer, responsable du groupe démocrate au Sénat, et dans une moindre mesure Nancy Pelosi, nouvelle présidente (House speaker) de la Chambre des représentants. Les négociations achoppent toujours sur le financement du fameux "mur" voulu par Trump à la frontière avec le Mexique. "Arrêtez les Criminels et les Drogues maintenant!", lance encore Trump sur Twitter ce vendredi.

Prudence concernant les taux

John Williams, le président de la Fed de New York, estime que la Banque centrale américaine doit rester prudente et patiente en termes de politique monétaire. Selon lui, les actions futures de la Fed doivent être 'dépendantes des données'. Ces quelques commentaires confirment la probable souplesse future de la Fed. Jerome Powell, le président de la Banque centrale US, avait déjà nuancé le propos ces dernières semaines, laissant entendre que la Fed pouvait adapter sa politique aux 'développements' inattendus. La Fed pourrait donc opter pour une pause plus ou moins longue en cas de détérioration supplémentaire de l'économie, stoppant les hausses de taux ou ajustant le rythme de normalisation de son bilan.

Production manufacturière solide, indice de confiance très décevant

La production industrielle américaine est ressortie conforme aux attentes de marché en décembre 2018, en croissance de 0,3% en comparaison du mois antérieur selon la Fed, après une progression de 0,4% en novembre.

La production manufacturière a grimpé quant à elle de 1,1%, contre +0,1% de consensus et +0,1% pour la lecture révisée du mois antérieur. Il s'agit de la plus forte progression en 10 mois pour l'industrie manufacturière aux États-Unis, avec les véhicules à moteurs et d'autres biens. Ces chiffres devraient donc apaiser encore un peu plus les craintes d'un fort ralentissement économique outre-Atlantique, d'autant que les données du mois de novembre ont été revues quant à elles en légère hausse.

Le taux d'utilisation des capacités de production s'est élevé à 78,7%, contre 78,4% de consensus et 78,6% un mois plus tôt.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour le mois de janvier 2019 est ressorti à 90,7 seulement, contre un consensus de place de 97 et un niveau antérieur de 98,3. Pour ce mois de janvier 2019, la composante des anticipations s'est effondrée de près de 9 points à 78,3, alors que l'indice des conditions actuelles a régressé d'environ 6 points, à 110. Les anticipations d'inflation sont demeurées stables à 2,7% sur l'année à venir, alors que l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta publié plus tôt cette semaine était lui ressorti à 2%... La panne de confiance au mois de janvier s'explique par différents facteurs, dont le shutdown administratif partiel, l'impact des prélèvements douaniers et l'instabilité des marchés financiers...

Les publications financières trimestrielles se poursuivent à Wall Street. American Express et Netflix ont communiqué hier soir des chiffres quelque peu décevants. VF Corp, SunTrust, State Street, Schlumberger, Regions Financial, First Horizon et Citizens Financial, étaient de la partie avant bourse ce vendredi.

Tesla décroche, AmEx et Netflix sans relief, Schlumberger bondit

Tesla trébuche de 9% désormais à Wall Street, alors que le groupe d'Elon Musk vient d'annoncer son intention de supprimer environ 7% de ses effectifs. "Tesla va avoir besoin d'effectuer ces coupes tout en augmentant le rythme de production du Model 3 et en apportant de nombreuses améliorations à l'ingénierie de fabrication dans les mois à venir", a déclaré Musk dans un courriel aux employés, par ailleurs publié sur le blog de la firme. D'après le CEO de Tesla, il n'y aurait hélas "pas d'autre manière" de procéder.

Ainsi, le groupe réduira ses effectifs de plusieurs milliers de postes, afin de réduire ses dépenses et de maintenir sa rentabilité durant la phase de montée en puissance de la production du Model 3. Tesla réduira ses effectifs à temps plein de 7% environ, et ne conservera que les emplois temporaires et contractants les plus essentiels. Plus tôt ce mois, Tesla avait décidé de réduire ses prix américains afin de compenser la baisse des crédits fiscaux. Le groupe avait également publié des chiffres légèrement inférieurs aux attentes de marché concernant les ventes et livraisons trimestrielles du Model 3 'grand public'.

Le patron de Tesla confirme tout de même ce jour que la compagnie devrait dégager un bénéfice sur le quatrième trimestre. Ce profit GAAP, positif, sera néanmoins inférieur à celui du troisième trimestre. "Sur ce trimestre, comme pour le troisième trimestre, les livraisons des variantes aux prix les plus élevés du Model 3 (cette fois-ci en Europe et en Asie) nous permettront espérons-le, avec beaucoup de difficulté, d'efforts et un peu de chance, de cibler un profit minime", a ainsi ajouté Musk.

Netflix (-3%) a publié jeudi soir après la clôture de Wall Street ses résultats du 4ème trimestre 2018. Ses profits ont dépassé les attentes, tout comme le nombre de nouveaux abonnés, mais le chiffre d'affaires a en revanche un peu déçu. Le géant américain de la vidéo en streaming a ainsi fait état d'un chiffre d'affaires en hausse de 27,4% à 4,19 milliards de dollars au 4ème trimestre, alors que les analystes prévoyaient en moyenne 4,21 Mds$. Le bénéfice net a chuté de 28%, à 133,9 millions de dollars, soit 30 cents par action, contre 185,5 M$ un an plus tôt. Les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice par action inférieur, de l'ordre de 24 cents.

Le groupe a comptabilisé 8,8 millions de nouveaux abonnés payants dans le monde au T4 pour atteindre 139 millions. Le consensus attendait une hausse de 7,6 millions. Pour le 1er trimestre 2019, le groupe attend encore 8,90 millions de nouveaux abonnés, alors que les analystes anticipaient en moyenne 8,2 millions. Ces prévisions optimistes interviennent alors que le groupe a annoncé mardi une augmentation de ses prix de 13 à 18% pour ses quelque 58 millions de clients aux Etats-Unis. L'annonce a été accueillie mardi par une flambée du titre Netflix. Il s'agissait des plus fortes hausses de tarifs décidées par le groupe californien depuis le lancement de son service de streaming il y a douze ans.

American Express (-1%) corrige, suite à des résultats financiers trimestriels inférieurs aux estimations des analystes de la place. Pour le quatrième trimestre 2018, l'émetteur américain de cartes de crédit a dégagé un bénéfice ajusté par action de 1,74$, à comparer à un consensus de place de 1,80$. Le bénéfice net consolidé s'est élevé à 2,01 milliards de dollars, 2,32$ par action, contre une perte de 1,21 milliard de dollars et 1,42$ par titre un an auparavant. Au quatrième trimestre 2017, les résultats avaient souffert des charges relatives aux évolutions des lois fiscales américaines. Les revenus trimestriels d'AmEx après dépenses d'intérêt ont grimpé quant à eux de 7,9% en glissement annuel pour atteindre près de 10,5 milliards de dollars. Le consensus était néanmoins encore plus élevé, à 10,56 Mds$.

La déception sur les comptes trimestriels provient essentiellement d'un léger ralentissement des dépenses en cartes AmEx aux Etats-Unis, à 9% environ sur la période close, contre un rythme antérieur plutôt logé à 10%.

Schlumberger (+7%) a annoncé, pour son quatrième trimestre fiscal, des revenus supérieurs aux attentes de marché et un bénéfice par action en ligne avec le consensus. Le bénéfice net trimestriel du groupe est ainsi ressorti à 538 millions de dollars et 39 cents par action, contre 644 millions de dollars et 46 cents par titre un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 36 cents. Les revenus se sont tassés à 8,18 milliards de dollars, contre 8,5 milliards un an plus tôt et 8,04 milliards de consensus de place. Paal Kibsgaard, directeur général du groupe, dit anticiper en 2019 un meilleur équilibre entre offre et demande, qui devrait se traduire par une reprise graduelle des cours du pétrole à mesure que les coupes de production de l'OPEP et de la Russie feront effet.

SunTrust (+5%) grimpe à Wall Street après les comptes. Pour son quatrième trimestre 2018, l'établissement bancaire américain a affiché un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 632 millions de dollars et 1,40$ par titre. Pour l'ensemble de l'exercice 2018, le bénéfice dilué par action est ressorti à 5,74$, en croissance de 28% en comparaison de l'année 2017 (+40% sur une base ajustée). Le management évoque "une bonne conclusion d'une solide année".

State Street (stable) affiche peu d'évolution sur la cote américaine ce jour. Le groupe a dévoilé pour le quatrième trimestre 2018 un bénéfice par action de 1,04$, ainsi qu'un bénéfice ajusté de 1,68$ par titre 'hors éléments notables'. Les revenus totaux ont représenté 2,99 Mds$ sur le trimestre clos, contre 2,95 Mds$ pour la période antérieure et 2,85 Mds$ un an auparavant.

VF Corp (+11%) flambe sur la cote américaine ce jour. Le groupe, qui profite de la forte demande pour sa marque de baskets Vans, a rehaussé ses estimations annuelles de revenus et de profits. Sur le trimestre clos, les revenus de Vans ont grimpé de 25%. Le chiffre d'affaires total du groupe a augmenté de 8% à 3,94 Mds$, contre 3,87 Mds$ de consensus. Le bénéfice net s'est élevé à 464 M$ et 1,16$ par titre, contre une perte de 90 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté annuel par action est désormais attendu à 3,73$, contre 3,65$ auparavant. Les revenus sont anticipés à 13,8 Mds$ pour l'exercice.

Tiffany (+4%). Le joaillier new-yorkais se montre prudent ce jour concernant ses prévisions de bénéfices, après une baisse inattendue des ventes durant les fêtes, du fait notamment d'un recul des dépenses des touristes chinois et d'une moindre demande en Europe et aux USA. Sur la période de novembre et décembre, les ventes à comparable ont décliné de 2% et les ventes nettes de 1%. Tiffany envisage désormais un bénéfice annuel dans le bas de sa guidance allant de 4,65 à 4,8$ par action.

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