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Pré-ouverture Wall Street : sous pression avec les missiles de Trump

Pré-ouverture Wall Street : sous pression avec les missiles de Trump
Pré-ouverture Wall Street : sous pression avec les missiles de Trump
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est attendu en assez forte baisse avant bourse ce mercredi, malgré la réconciliation apparente des États-Unis et de la Chine sur les questions commerciales. Le S&P500 abandonne 0,8% avant bourse, tandis que le Nasdaq perd 0,7%. Les marchés s'inquiètent désormais du dossier syrien, les États-Unis, la France ou la Grande-Bretagne suggérant que des frappes visant le régime de Damas pourraient avoir lieu dans les prochains jours, après l'attaque chimique présumée de Douma, et en dépit de l'opposition de la Russie, soutien de Bachar el-Assad.

Donald Trump ne laisse d'ailleurs pas passer l'occasion et livre un tweet menaçant : "La Russie promet d'abattre tous les missiles lancés contre la Syrie. Préparez-vous la Russie, parce qu'ils arriveront, beaux et nouveaux et 'intelligents!' Vous ne devriez pas être les partenaires d'un Animal Tuant par le Gaz qui tue son peuple et y prend plaisir!", a ainsi lancé Trump de bon matin.

Trump ajoute : "Notre relation avec la Russie est désormais pire qu'elle ne l'a jamais été, et cela inclut la Guerre froide. Il n'y a pas de raison à cela. La Russie a besoin de nous pour l'aider avec son économie, ce qui serait très facile à faire, et nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Arrêtez la course aux armements?"

Les tensions semblent à l'inverse s'apaiser entre les États-Unis et la Chine sur les questions commerciales, après une escalade des menaces qui avait fait craindre le pire ces derniers jours. Sur le réseau social Twitter, hier soir, le président américain Donald Trump a adressé ses remerciements à son homologue chinois. "Très reconnaissant envers le président chinois Xi pour ses paroles aimables sur les tarifs et les barrières automobiles ... ainsi que pour ses éclaircissements concernant la propriété intellectuelle et les transferts de technologie. Nous allons faire de grands progrès ensemble!"

Trump répondait hier au discours du président chinois Xi Jinping, qui s'est montré diplomate et conciliant lors du Forum de Boao, considéré comme le 'Davos de l'Asie'. Xi a réaffirmé sa volonté d'ouvrir l'économie chinoise et de réduire les taxes sur les importations sur certains produits. Les marchés ont apprécié hier, cette intervention accréditant la thèse de l'ouverture prochaine de négociations commerciales avec les États-Unis de Trump. Le DJIA se redressait ainsi de 1,79% en clôture et le Nasdaq de 2,07% !

Ce mercredi, Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois aux affaires étrangères, a tenu à préciser que les annonces de la Chine concernant de nouvelles mesures d'ouverture n'avaient... rien à voir avec les récentes tensions Chine/USA sur les questions économiques et commerciales...

Xi Jinping a essentiellement confirmé, hier mardi, des engagements antérieurs de la Chine. Le dirigeant affirme que la Chine va donc faciliter l'accès à son marché pour les investisseurs étrangers. Le président s'engage en particulier à relever le seuil de détention des entreprises étrangères dans les secteurs de l'automobile, de la construction navale ou de l'aéronautique. Concernant l'automobile, le seuil est actuellement fixé à 50% des 'joint ventures' sectorielles. Les groupes étrangers ne peuvent pas non plus établir d'usine contrôlée en propre sur le territoire chinois... Xi manifeste aussi son intention d'ouvrir le secteur financier aux investissements externes. En outre, le président chinois affirme que son pays prendra des mesures afin de protéger les propriétés intellectuelles des firmes étrangères...

Sans évoquer de zone géographique précise, Xi Jinping affirme que "cette année, nous allons considérablement réduire les taxes sur les importations automobiles, et en même temps réduire les tarifs à l'importation sur certains autres produits". Le dirigeant chinois a fustigé les 'mentalités de guerre froide' et d'isolationnisme... Ces prises de positions sont donc assez fortes, même si le vice-premier ministre chinois Liu He avait déjà pris des engagements comparables en janvier au forum économique mondial de Davos.

Le président américain Donald Trump avait déjà quelque peu rassuré ce week-end, sur le réseau social Twitter, se disant en effet convaincu qu'un accord allait être trouvé entre États-Unis et Chine sur les questions commerciales. "Le président Xi et moi serons toujours amis, quoi qu'il advienne de notre différend sur le commerce. La Chine va supprimer ses Barrières Commerciales, parce que c'est la bonne chose à faire. Les taxes deviendront Réciproques et un accord sera conclu sur la Propriété Intellectuelle. Un grand avenir pour les deux pays!", prédisait Trump.

En fin de semaine dernière, Trump avait annoncé avoir demandé au bureau du représentant américain au commerce d'étudier la mise en place de droits de douane sur 100 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires ! Il s'agissait de la réponse aux représailles de Pékin, jugées 'injustes', et consécutives à une première série de tarifs douaniers sur environ 50 Mds$ de produits chinois essentiellement technologiques.

Rappelons que la Chine avait répliqué aux plans initiaux de l'administration Trump visant 50 à 60 milliards de dollars d'importations chinoises. Pékin avait ainsi livré une liste comparable de produits importés des États-Unis, comprenant des avions, voitures, boissons, produits chimiques ou denrées agricoles. Les tarifs douaniers additionnels de 25% avancés par la Chine concernaient ainsi 106 catégories de produits américains, d'une valeur sensiblement équivalente à celle des produits chinois visés par Washington...

Trump avait ensuite attaqué les tarifs chinois sur l'automobile : "Lorsqu'une voiture en provenance de Chine est envoyée aux États-Unis, il y a une Taxe à payer de 2,5%. Quand une voiture est envoyée des États-Unis vers la Chine, il y a une Taxe à payer de 25%. Cela ressemble-t-il à un commerce libre ou équitable? Non, ça ressemble à du COMMERCE STUPIDE - ça dure depuis des années!", avait asséné Trump sur Twitter, avant que Xi Jinping ne livre son discours d'apaisement.

Les dernières interventions de Trump et de son homologue chinois permettent donc d'espérer l'ouverture de négociations. En effet, Xi Jinping vient d'évoquer tous les problèmes précédemment soulevés par les USA. Il est donc logique que Trump oublie un instant les menaces et opte également pour le dialogue.

Sur le front économique aux USA ce mercredi, les opérateurs prennent connaissance de la dernière évolution des prix à la consommation... D'après le Département américain au travail ce mercredi, l'indice des prix à la consommation a décliné de 0,1%, de manière inattendue, pour le mois de mars 2018 (en comparaison du mois antérieur). Le consensus était celui d'un niveau de prix stable en mars, après un gain de +0,2% en février. Hors alimentaire et énergie cette fois, le 'CPI' de mars a tout de même progressé de 0,2% en mars, en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus des économistes.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta sera révélé à 16 heures. Le rapport hebdomadaire du Département à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques sera annoncé à 16h30. Les Minutes de la dernière réunion monétaire (FOMC) de la Fed seront dévoilées à 20 heures. La balance budgétaire américaine sera connue à la même heure.

LES VALEURS

Sprint gagnait 17% hier soir sur le Nyse, sur les 6$, alors que T-Mobile grimpait de 5,7% à plus de 63$ sur le Nasdaq. D'après les sources de l'agence Reuters, l'opérateur télécom Sprint, contrôlé par SoftBank, aurait repris ses discussions avec T-Mobile US Inc. en vue d'une fusion. Reuters cite à ce sujet des sources familières de la question. Les opérateurs avaient interrompu leurs négociations en novembre. La principale pierre d'achoppement était alors la question de la valorisation de l'opération.

Rappelons que Sprint et T-Mobile sont les numéros trois et quatre de la téléphonie sans fil aux USA. Un rapprochement des deux groupes donnerait naissance à une entité disposant de près de 130 millions de clients, qui constituerait un rival crédible pour les deux géants américains du compartiment, Verizon et AT&T.

Facebook s'est redressé hier soir de 4,5% sur le Nasdaq à 165$. En un mois, et suite au scandale Cambridge Analytica, le titre perd encore environ 11% à Wall Street. Mark Zuckerberg, fondateur et dirigeant du plus important réseau social au monde, se livre à un exercice délicat cette semaine. Il tente ainsi de défendre son groupe devant des législateurs américains particulièrement remontés. Pour l'heure, l'exercice semble avoir été passé avec succès, du moins du point de vue des investisseurs.

Hier mardi, le témoignage de Zuckerberg devant un panel du Sénat a duré plusieurs heures. Le jeune dirigeant a débuté évidemment son intervention en exprimant ses regrets et en formulant des excuses pour 'son erreur'. Zuckerberg a également reconnu la responsabilité de Facebook concernant le contenu, même si le groupe n'en produit pas réellement. Le patron de Facebook a admis que les 87 millions d'utilisateurs du réseau dont les données ont pu être compromises lors de l'affaire Cambridge Analytica étaient bien des "victimes" qui ne voulaient pas que leurs informations personnelles soient revendues par un développeur. Certains sénateurs se sont montrés particulièrement féroces, attaquant Zuckerberg sur tous les fronts. A propos des contenus abusifs, le dirigeant de Facebook a affirmé sa volonté de développer des outils d'intelligence artificielle afin de faire face.

De manière générale, Zuckerberg, qui aurait été coaché très intensivement avant son audition, a répondu de manière adaptée aux diverses attaques. Il ne s'est d'ailleurs pas montré hostile à une éventuelle régulation des grandes compagnies technologiques. Il s'est montré un peu plus hésitant sur les questions relatives à la vie privée. Par exemple, le patron du réseau social de Menlo Park n'a pas été en mesure de dire combien de temps Facebook conservait les informations des utilisateurs après une décision de résiliation de compte. Les marchés ont toutefois été rassurés par ces excuses et ces engagements très généraux du jeune milliardaire, qui est encore entendu ce jour par la Chambre des représentants à propos de l'usage des données personnelles 'en ligne' des Américains...

Monsanto. La Commission européenne a accepté les requêtes de l'Allemand Bayer, qui désirait deux modifications concernant les engagements pris pour obtenir l'approbation de son projet d'acquisition de l'Américain Monsanto. Bayer a demandé de vendre à BASF ses actifs et produits de traitement des semences, ainsi que ses actifs agricoles 'numériques' mondiaux. La Commission estime que la nouvelle proposition de Bayer est au moins aussi pertinente que la précédente.

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