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Pré-ouverture Wall Street : solide malgré la guerre commerciale

Pré-ouverture Wall Street : solide malgré la guerre commerciale
Pré-ouverture Wall Street : solide malgré la guerre commerciale
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street ignore pour l'heure les mauvaises nouvelles ce mardi, puisque la cote américaine est attendue en hausse (+0,2% sur le S&P500 et +0,3% sur le Nasdaq), malgré les sanctions commerciales supplémentaires infligées à la Chine. Les publications financières quelque peu décevantes de FedEx ou d'Oracle hier soir, ne pèsent par ailleurs pas outrageusement.

Trump fait ce qu'il dit (hélas ?)

Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Le président américain a annoncé lundi soir, après la clôture de Wall Street la création de taxes de 10% sur 200 milliards de dollars supplémentaires d'importations chinoises. Ces taxes prendront effet dès lundi prochain, le 24 septembre, et il est prévu qu'elles montent à 25% au 1er janvier 2019, selon un communiqué de Donald Trump... "Si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre nos agriculteurs ou autres industries, nous mettrions en oeuvre immédiatement la phase 3, à savoir des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires", a ajouté le locataire de la Maison Blanche. En comptant les 50 Mds$ de bien chinois déjà taxés cet été, cette phase 3 reviendrait à taxer la totalité des importations chinoises, qui ont atteint plus de 500 Mds$ en 2017.

Protéger les intérêts des Américains

"Pendant des mois, nous avons exhorté la Chine à modifier ces pratiques déloyales et à accorder un traitement juste et réciproque aux entreprises américaines. Nous avons été très clairs sur le type de changements à apporter et nous avons donné à la Chine toutes les chances de nous traiter plus équitablement. Mais jusqu'à présent, la Chine n'a pas voulu changer ses pratiques. Pour contrer les pratiques déloyales de la Chine, le 15 juin, j'ai annoncé que les États-Unis imposeraient des droits de douane de 25% sur les importations chinoises d'une valeur de 50 milliards de dollars. La Chine, cependant, refuse toujours de modifier ses pratiques - et a même imposé récemment de nouveaux tarifs dans le but de nuire à l'économie des États-Unis", a expliqué Trump hier soir dans un communiqué.

"En tant que président, il est de mon devoir de protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses, des agriculteurs, des éleveurs, des entreprises et de notre pays. Mon administration ne restera pas inactive lorsque ces intérêts seront attaqués", a insisté Trump. "La Chine a eu de nombreuses occasions de répondre pleinement à nos préoccupations. Une fois encore, j'exhorte les dirigeants chinois à prendre rapidement des mesures pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales de leur pays. J'espère que cette situation commerciale sera finalement résolue par moi-même et le Président chinois Xi, pour qui j'ai beaucoup de respect et d'affection", a conclu le dirigeant américain.

Quelle réplique de Pékin ?

La question est désormais de savoir de quelle manière Pékin et Washington pourrait tenter de négocier dans de telles conditions. La Chine a déjà prévenu ce mardi qu'elle n'avait d'autre choix que de répliquer face à ces nouveaux prélèvements douaniers. Geng Shuang, porte-parole du Ministère chinois aux affaires étrangères, a affirmé peu après la décision de Trump que cette dernière apportait une nouvelle incertitude concernant les discussions entre les deux pays. Le porte-parole chinois a expliqué que la Chine avait toujours favorisé le dialogue et les consultations sur une base d'équité, de sincérité et de respect. "Mais à ce stade, tout ce que font les Etats-Unis ne donne pas une impression de sincérité ou de bienveillance".

Geng Shuang n'a pas précisé pour l'heure quelles mesures pourraient envisager Pékin en dehors des tarifs douaniers sur les importations américaines. Quoi qu'il en soit, Pékin pourrait bien refuser de se rendre aux prochaines négociations prévues en principe entre les deux pays la semaine prochaine, et annoncer de nouvelles mesures de représailles, faisant craindre une véritable guerre commerciale susceptible de peser sur la croissance mondiale.

La Chine veut préserver ses 'droits légitimes'

Le Ministère chinois au commerce n'a pas non plus détaillé sa réponse aux sanctions américaines, mais il affirme ce jour qu'il prendre des contre-mesures face à cette taxation additionnelle de 200 Mds$ de produits importés aux USA. "Nous regrettons profondément cela", a affirmé le Ministère, amer. "La Chine adoptera des contre-mesures afin de préserver ses droits légitimes et ses intérêts, ainsi que l'ordre mondial du libre-échange", a assuré Pékin.

La liste est longue

Une liste d'environ 6.000 produits en provenance de Chine subiront les nouvelles taxes douanières décidées par l'administration Trump, dont les circuits imprimés, les routeurs internet, les appareils de connexion en wi-fi, les récepteurs de voix, données et images ainsi que les transmetteurs. D'autres produits de grande consommation comme des meubles, sacs à main, aspirateurs ou encore des matériaux de construction ou des fruits de mer sont aussi inscrits sur cette liste...

Sur le front économique aux États-Unis ce mardi, l'indice du marché immobilier américain pour le mois de septembre 2018 sera dévoilé à 16 heures (consensus 67).

Les valeurs à suivre

Apple progresse à Wall Street, le groupe à la pomme étant finalement épargné par les nouveaux prélèvements douaniers imposés par l'administration Trump à la Chine, malgré sa forte présence locale. Tim Cook, le patron d'Apple, ne semble pas impressionné par ces nouvelles taxes portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Le directeur général d'Apple se montre assez optimisme quant à l'issue des négociations commerciales. "Je suis optimiste car le commerce fait partie de ces choses où il n'y a pas de jeu à somme nulle", a estimé Cook sur 'Good Morning America', programme d'ABC News. "Nous pouvons échanger quelque chose et nous pouvons tous les deux gagner", a assuré le patron du groupe de Cupertino, qui se dit donc confiant quant au fait que les deux pays puissent s'extirper de cette situation.

En attendant, l'iPhone, mais aussi l'Apple Watch et l'AirPod, ont été épargnés par la nouvelle salve de taxes de Donald Trump infligée à 200 Mds$ d'importations chinoises. Cela explique également en partie l'optimisme serein de Cook, qui échappe finalement aux sanctions. "L'iPhone est assemblé en Chine, mais les composants viennent de partout", résume le CEO du groupe californien. "Je ne veux pas parler à leur place, mais je pense qu'ils ont regardé cela et se sont dit que ça n'était pas vraiment positif pour les États-Unis de mettre une taxe sur ce type de produit". En revanche, les produits d'Apple seraient nécessairement touchés, cette fois, si Trump mettait à exécution ses pires menaces en taxant la totalité des importations provenant de Chine.

Le géant technologique de Cupertino Apple a reversé à l'Irlande les 13,1 milliards d'euros d'arriérés d'impôts qu'il devait, ainsi que des intérêts de 1,2 milliard d'euros, explique aujourd'hui l'agence Reuters, citant le ministre irlandais des finances. Le gouvernement irlandais placera la somme sur un compte bloqué jusqu'à ce que l'appel de la décision de la Commission européenne ait été jugé.

Oracle a publié lundi soir après la clôture les comptes de son premier trimestre fiscal, achevé le 31 août. L'éditeur de logiciels de gestion d'entreprise a annoncé un bénéfice net de 2,27 Mds$, soit 57 cents par action, contre 2,14 Mds$ un an plus tôt. Ajusté des éléments exceptionnels, le bnpa est de 71 cents par action, un peu supérieur aux attente du consensus qui était de 69 cents. Cependant, le chiffre d'affaires a déçu : il s'est établi à 9,19 Mds$ contre 9,14 Mds$ un an plus tôt, mais il était attendu un peu supérieur, à 9,3 Mds$. Les revenus du "cloud" notamment, ont été inférieurs aux attentes du marché, à 6,61 Mds$ contre 6,68 Mds$ de consensus.

FedEx a publié également des résultats mitigés, pour le premier trimestre fiscal 2019. Les bénéfices sont de 835 M$ (3,10$ par action), contre 596 M$ (2,19$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 3,46$, contre 2,51$ un an plus tôt. Les revenus s'élèvent à 17,1 Mds$, contre 15,3 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 3,82$, pour des revenus de 16,9 Mds$. Sur l'exercice fiscal 2019, le groupe vise désormais un bpa logé entre 15,85 et 16,45$, contre une précédente fourchette de 15,65/16,25$. Les revenus sont attendus en hausse de 9%.

General Mills a publié ses résultats du premier trimestre fiscal. Les profits sont de 392,3 M$ (0,65$ par action), contre 404,7 M$ (0,69$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,71$. Les ventes s'élèvent à 4,09 Mds$, contre 3,77 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,64$, pour des revenus de 4,12 Mds$.

AutoZone a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 400 M$ (15,02$ par action), contre 434 M$ (15,27$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 18,54$, en hausse de 21,4%. Les ventes s'élèvent à 3,56 Mds$, contre 3,51 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 17,99$, pour des ventes de 3,60 Mds$. A magasins comparables, les ventes progressent de 2,2%, contre 2,5% de consensus.

Marsh & McLennan s'offre le courtier en assurances coté à Londres, JLT (Jardine Lloyd Thompson). Marsh a ainsi accepté de racheter le groupe britannique JLT pour environ £4,3 milliards en numéraire. Par cette opération, le fournisseur américain de services financiers renforce également ses activités mondiales de réassurance. La prime ressort assez généreuse, à 34% sur les cours de clôture d'hier de JLT. Le montant du deal correspond à une valeur d'entreprise de £4,9 milliards. Des investisseurs représentant 40,5% des parts de JLT, comprenant son principal actionnaire, le Jardine Matheson Group, soutiennent cette opération. Les administrateurs indépendants de JLT entendent recommander la transaction. Une fois l'opération bouclée, les revenus annuels de MMC devraient atteindre 17 milliards de dollars.

Amazon a fait partie hier des plus fortes baisses parmi les grandes valeurs à Wall Street. Le titre du géant américain du commerce en ligne a reculé à la clôture de 3,1%. Sa capitalisation est désormais retombée sous la barre symbolique des 1.000 Mds$ qu'elle avait franchie pour la première fois au début du mois. Le titre a été plombé par un flux d'informations négatives, notamment les tension commerciales entre Washington et Pékin, ainsi que des révélations du 'Wall Street Journal' affirmant dimanche que des salariés d'Amazon auraient été corrompus et amenés à vendre des données clients. Par ailleurs, la banque Citi Research s'est inquiétée d'une possible enquête antitrust pilotée par Trump et a conseillé à Amazon de se scinder en deux entités.

Selon le "WSJ', des salariés d'Amazon auraient proposé des données internes et d'autres informations classifiées, via des intermédiaires, à des marchands indépendants qui commercialisent leurs produits sur le site d'Amazon afin de doper leurs ventes en contrepartie d'un paiement. Cette pratique a lieu en particulier en Chine, a précisé le quotidien, citant le cas de salariés basés à Shenzhen qui, en échange de 80 à plus de 2.000$, communiquaient à des intermédiaires des informations internes sur les volumes de ventes et les adresses électroniques des internautes ayant déposé un avis sur un produit. Ils offraient aussi la possibilité de supprimer des avis négatifs et de restaurer des comptes Amazon fermés. Amazon enquête sur ces cas, ainsi que sur d'autres impliquant des salariés, dont certains travaillant aux Etats-Unis.

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