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Pré-ouverture Wall Street : rebond tenté, Spotify dans la place

Pré-ouverture Wall Street : rebond tenté, Spotify dans la place
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street tente un rebond avant bourse ce mardi, après sa chute de la veille. Le S&P500 remonte ainsi de 0,8%, alors que le Nasdaq prend 1,1% en pré-séance. Malmenées hier (chutes notables d'Intel, d'Amazon ou de Tesla), les valeurs technologiques de la cote américaine se redressent sur des achats jugés à bon compte.

Hier, la cote américaine avait essentiellement souffert des craintes de guerre commerciale entre États-Unis et Chine. Pékin a annoncé dimanche son intention d'augmenter les tarifs douaniers jusqu'à 25% sur 128 produits américains (porc, vins, fruits, noisettes...). Ces mesures constituent la réplique chinoise aux taxes américaines sur les importations d'acier et d'aluminium.

De son côté, Donald Trump se prépare à sanctionner Pékin par de nouveaux tarifs douaniers portant sur 50 à 60 milliards de dollars de produits (essentiellement technologiques) chinois. La liste détaillée de Trump est attendue cette semaine. Certains groupes américains craignent que la liste ne comprenne également des produits de consommation, ce qui aurait pour impact de faire monter les prix...

L'accord espéré entre USA et Chine sur ces questions commerciales ne semble donc pas se profiler dans l'immédiat. Au contraire, les deux protagonistes en sont encore à la phase d'intimidation. Les autorités américaines dénoncent les pratiques chinoises et le transfert abusif de propriété intellectuelle. La Chine, de son côté, nie de tels agissements. Ses représailles pourraient aussi frapper le soja, les équipements lourds, ou encore les produits aéronautiques provenant des États-Unis.

Une fois encore ce mardi, Donald Trump s'en est par ailleurs pris au Mexique sur la question de l'immigration. Sur le réseau social Twitter, le président américain implore le Congrès de voter sans plus attendre la législation nécessaire.

Après deux indices manufacturiers américains relativement décevants publiés hier lundi, traduisant un léger ralentissement de l'expansion industrielle, l'agenda économique US est vierge ce mardi. Les puristes suivront tout de même les ventes automobiles mensuelles américaines, ainsi que l'intervention du président de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari à Duluth (Minnesota).

LES VALEURS

Spotify, géant suédois de la musique en streaming, débarque ce mardi sur le NYSE ! La firme aux 71 millions d'abonnés avait effectué il y a une quinzaine de jours sa première présentation aux investisseurs. Daniel Ek, fondateur et patron de l'affaire, avait alors tenu à affirmer sa différence. Le dirigeant ne sonnera donc pas la cloche du New York Stock Exchange. Selon lui, le modèle traditionnel d'introduction en bourse ne correspond pas vraiment à Spotify. La firme a opté pour une cotation directe, ce qui permettra à certains salariés ou investisseurs de céder des actions sans attendre sur le marché. Le symbole de cotation est 'SPOT'.

Ek résumait, dans une lettre publiée hier lundi, son sentiment à propos de l'introduction : "Spotify ne lève pas de capitaux, et nos actionnaires et employés sont libres d'acheter et de vendre nos actions depuis des années. Alors que demain nous place sur une plus grande scène, cela ne change pas notre identité, ce que nous sommes, ou comment nous opérons ... Normalement, les entreprises font sonner les cloches (du NYSE). Normalement, les entreprises passent leur journée à donner des interviews sur le parquet en expliquant pourquoi leur titre est un bon investissement. Normalement, les entreprises ne recherchent pas une cotation directe. Bien que j'apprécie que cette voie ait du sens pour la plupart, Spotify n'a jamais été une entreprise normale".

L'introduction pourrait valoriser la société plus de 20 milliards de dollars. Spotify compte donc céder des titres existants pour un montant indicatif de 1 milliard de dollars. Il n'entend pas émettre d'actions nouvelles. En effet, le Suédois estime disposer pour l'heure de fonds suffisants, avec 1,3 milliard de dollars en cash et securities, sans dette. Expliquant cette cotation directe, Spotify évoque également la liquidité, l'accès équitable (pas d'accès préférentiel pour les banquiers), la transparence, et la fixation du prix par le marché... Il n'y aura pas de période de 'lock-up', les actionnaires salariés étant susceptibles de vendre immédiatement...

L'introduction, pilotée par Morgan Stanley, se déroulera donc selon une procédure inhabituelle de cotation directe sans construction d'un livre d'ordres ni fixation d'une fourchette indicative de prix. Le prix de l'action sera par conséquent fonction de l'offre et de la demande au moment de la première cotation ce jour. Ainsi Spotify laisse le public décider de sa valeur ! "Nous pensons que la sagesse des foules l'emporte sur l'intervention des experts", a estimé le groupe. Le New York Stock Exchange a établi ce lundi un cours de référence de 132 dollars pour l'action Spotify. Il ne s'agit évidemment pas d'un cours d'ouverture ou d'un prix de placement. Le prix d'ouverture restera déterminé par l'offre et la demande.

Tesla. Après le poisson d'avril le plus étrange de l'histoire de Wall Street, Elon Musk reprend son sérieux. Le patron de Tesla aurait fait des problèmes de production du Model 3 de Tesla "son travail le plus critique", croit savoir 'TechCrunch', qui se demande tout de même s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle.

Sur Twitter, Musk, interpelant un journaliste de The Information (Amir Efrati), a effectivement précisé qu'il avait bien pris le contrôle direct de la division assurant la production du Model 3 grand public. "Je ne peux même pas croire que vous écriviez à ce sujet. Mon travail en tant que PDG est de se concentrer sur ce qui est le plus critique, à savoir actuellement la production du Model 3. Doug, que je considère comme l'un des ingénieurs les plus talentueux du monde, se concentre sur ingénierie de véhicules". Musk aurait pourtant écarté Doug Field, qui supervisait la production ces derniers mois, d'après 'The Information'...

Il semble que Musk aura beaucoup de travail pour relancer cette production. Le charismatique dirigeant va devoir s'activer, le Model 3 n'ayant cessé de rater ses prévisions. D'après un e-mail interne obtenu par 'Jalopnik', Tesla ne produit actuellement que 2.000 Model 3 par semaine, alors qu'il envisageait d'en fabriquer 2.500 par semaine (500 par jour) d'après les dernières prévisions. Autrement dit, le groupe californien n'a pas atteint ses objectifs de production du premier trimestre. Musk avait fourni par ailleurs, en juillet 2017, un objectif de production de 20.000 Model 3 / mois pour décembre. Cela démontre à quel point Tesla est loin du compte...

Tesla a par ailleurs besoin d'argent frais pour assurer la montée en cadence de sa production de véhicules électriques. Confronté à une dette de 10 milliards de dollars, dont 1,2 Mds$ qui arrivent à échéance au cours des douze prochains mois, le groupe d'Elon Musk va devoir lever plusieurs milliards de dollars pour faire face à ses engagements. Selon les données de Bloomberg, Tesla brûle en effet plus de 6.500 dollars de cash toutes les minutes, et devrait être à court de trésorerie avant la fin de l'année sans nouvel appel au marché. "Il est probable qu'ils vont devoir se tourner vers les marchés financiers dans un avenir pas si lointain", explique à l'agence, Bruce Clark, analyste crédit chez Moody's Investors Service...

Walt Disney. La 21st Century Fox a précisé ce mardi que le géant américain du divertissement, Walt Disney, était prêt à racheter la chaîne d'information de Sky Plc. Une telle opération rendrait un fier service à la Fox, lui permettant ainsi d'apaiser quelque peu les craintes des autorités britanniques de concurrence face à son projet de reprise de la totalité de Sky.

Un tel rachat de Sky News par Disney au Royaume-Uni pourrait donc permettre de convaincre le régulateur britannique, qui s'était précédemment opposé au rachat par Rupert Murdoch de la totalité de Sky, estimant que l'opération n'allait pas dans le sens de l'intérêt général. L'autorité de concurrence pourrait donc bien cette fois assouplir sa position concernant cette transaction d'environ 15 milliards de dollars. La Fox a proposé deux offres aux autorités britanniques, afin d'obtenir gain de cause. D'abord, 21st Century Fox pourrait scinder Sky News en une entité séparée, qui serait ensuite transférée à Disney, quelle que soit l'issue du deal Disney/Fox. La seconde offre ferait de Sky News une entité légale séparée au conseil d'administration indépendant, qui resterait détenue par Sky, avec un financement garanti pendant 15 ans...

CBS envisagerait une offre au rabais sur Viacom. D'après l'agence Reuters, CBS Corp. étudierait ainsi une proposition, entièrement en actions, pour l'acquisition de Viacom Inc. La valorisation de l'opération serait inférieure à la valeur actuelle de marché de Viacom, d'après les sources familières de la question citées par Reuters. Des négociations plutôt tendues seraient donc prévisibles.

Il est très rare, rappelle Reuters, que la négociation d'un 'deal' débute sur des bases valorisant la cible à un prix discounté. Pour l'agence, une telle attitude de CBS montre que le groupe s'estime dans une position très supérieure à celle de Viacom, dans l'espace américain des médias. L'agence précise que dans le cadre de son offre initiale, qui doit être soumise dans les prochains jours, Leslie Moonves, CEO de CBS, devrait proposer de rester à la tête du groupe durant au moins deux ans en cas de succès du rapprochement. Les capitalisations boursières actuelles de CBS et Viacom sont voisines de 19 et 13 Mds$.

Intel a abandonné 6,1% hier en clôture à Wall Street, de retour sous les 49$ avec la rumeur Apple. Selon l'agence Bloomberg, le groupe californien de Cupertino Apple envisagerait de concevoir ses propres 'puces' pour Mac à l'horizon 2020. Il s'agirait d'un coup dur pour Intel, puisque les produits de la firme à la pomme comptent pour environ 5% des revenus annuels du leader des microprocesseurs. Apple pourrait, à moyen terme, se passer d'Intel en remplaçant son fournisseur actuel. Le groupe dirigé par Tim Cook voudrait utiliser ses propres 'puces' sur les ordinateurs Mac. Selon les renseignements de Bloomberg, ce projet, répondant au nom de code 'Kalamata', n'en serait néanmoins qu'à un stade initial de développement.

Apple. Il entrerait dans le cadre d'une stratégie plus vaste du géant technologique de Cupertino, destinée à permettre à tous les produits Apple (Mac, iPhone, iPad) de fonctionner ensemble de manière homogène. La stratégie, approuvée par les dirigeants d'Apple, devrait être mise en place en plusieurs étapes. Intel pourrait donc être la première victime des plans stratégiques du groupe à la pomme. Le titre du leader des processeurs a perdu plus de 9% en séance hier à Wall Street, avant de limiter la casse, clôturant tout de même en retrait de 6%. D'après Bloomberg, Apple pourrait encore "théoriquement" abandonner ou repousser son projet visant à remplacer Intel... Apple pourrait donc devenir le premier fabricant d'ordinateurs à utiliser ses propres 'puces'. De leur côté, Dell, HP ou Lenovo font confiance à Intel. Une telle décision permettrait au groupe californien de se passer de l'un de ses derniers fournisseurs externes de composants dans le domaine des processeurs. Actuellement, l'iPhone, l'iPad, l'Apple TV et l'Apple Watch utilisent des processeurs principaux conçus par Apple et basés sur une technologie Arm Holdings Plc. Une telle transition sur les produits Mac renforcerait donc l'indépendance d'Apple et sa capacité à définir ses délais sans contrainte externe sur les nouveaux modèles.

Toujours dans le cadre de cette nouvelle stratégie, Apple travaillerait sur une nouvelle plateforme software, baptisée 'Marzipan' (nom de code interne), qui pourrait sortir dès cette année. Elle permettrait aux utilisateurs de faire fonctionner des applications pour iPhone et iPad sur Mac, si l'on en croit l'agence Bloomberg.

Facebook. Attaqué de toutes parts suite au scandale Cambridge Analytica, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a répliqué face aux critiques de Tim Cook. Le dirigeant d'Apple s'était montré assez dur, dans une interview accordée à 'Recode' et 'MSNBC', concernant la monétisation de l'information des utilisateurs de Facebook. "La vérité est que nous pourrions faire une tonne d'argent si nous monétisions notre consommateur, si notre consommateur était notre produit", a déclaré Cook. "Nous avons choisi de ne pas le faire", s'est enorgueilli le patron du groupe à la pomme, affirmant ainsi sa différence...

Zuckerberg, dans une interview accordée à Ezra Klein de 'Vox Media', a rétorqué : "La réalité ici est que si vous voulez construire un service qui cherche à connecter toutes les personnes dans le monde, il y a beaucoup de gens qui n'auront pas les moyens de payer". Ainsi, le dirigeant de Facebook juge 'légers' les arguments de Cook. "Vous savez, je trouve cet argument, selon lequel si vous ne payez pas d'une façon ou d'une autre, nous ne pouvons pas nous soucier de vous, extrêmement désinvolte. Et pas du tout aligné avec la vérité...", a tranché le jeune patron du réseau social de Menlo Park.

Amazon. Le président américain Donald Trump n'en finit plus d'attaquer le géant du commerce en ligne Amazon. Sur le réseau social Twitter, Trump insiste ce mardi : "J'ai raison de dire qu'Amazon coûte énormément d'argent au service postal (Post Office) des États-Unis, qui leur sert de livreur". Amazon devrait, selon Trump, payer pour ces coûts supportés par le 'Post Office' et donc le contribuable américain. "Des milliards de dollars" seraient ainsi gaspillés, selon le président Trump, qui s'étonne que les dirigeants du service postal ne réagissent pas...

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