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Pré-ouverture Wall Street : les fusions et acquisitions galvanisent les marchés

Pré-ouverture Wall Street : les fusions et acquisitions galvanisent les marchés
Pré-ouverture Wall Street : les fusions et acquisitions galvanisent les marchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street grimpe avant bourse ce jeudi, stimulé essentiellement par le grand retour des opérations de fusions et acquisitions, avec Comcast et Broadcom. Le DJIA et le S&P500 prennent 0,5% en pré-séance, alors que le Nasdaq avance de 0,6%, malgré les tensions persistantes entre les Etats-Unis et leurs grands partenaires commerciaux.

Le Ministère chinois au commerce a fait savoir ce jour que les tarifs douaniers américains pourraient mener à une récession globale ! Le Ministère a indiqué par ailleurs ce jeudi qu'il n'avait pas eu de contact avec les USA en vue d'une reprise des négociations commerciales. Les autorités chinoises jugent toujours inacceptables les accusations concernant des transferts technologiques et de propriété intellectuelle 'forcés', selon des commentaires rapportés notamment par Reuters ce jour. L'agence cite Gao Feng, porte-parole du Ministère, selon lequel la Chine ne veut pas de guerre commerciale, mais n'en a pas peur et combattrait si nécessaire.

L'annonce faite par Washington de nouveaux droits de douane portant sur 200 milliards de dollars de produits importés de Chine a plombé hier les marchés financiers. Ainsi, le S&P500 a cédé 0,71%, le DJIA 0,88% et le Nasdaq 0,55% en clôture hier.

Les dernières menaces américaines ont d'ailleurs fait également chuter hier les actions chinoises. L'indice hongkongais Hang Seng a baissé de 1,3% hier à 28.312 points, même s'il remonte de 0,6% ce jour. L'indice composite de Shanghai (SSE) a quant à lui reculé de 1,76% hier à 2.778 points, mais rebondit fortement de 2,2% ce jour ! Les investisseurs craignent néanmoins une escalade du conflit, tandis que le Ministère chinois du commerce se dit choqué par les dernières décisions de l'administration US et affirme que ces tarifs douaniers nuiraient au système établi par l'OMC.

Washington a ainsi publié une liste portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires qui seront soumis à des droits de douane. Cette liste de l'administration américaine comprend de nombreux produits alimentaires, le charbon, le tabac, des produits chimiques ou technologiques (...). Les États-Unis appliqueront à cette liste des prélèvements de 10%. "durant plus d'un an, l'administration Trump a démontré sa patience en demandant à la Chine d'arrêter ses pratiques inéquitables, d'ouvrir ses marchés et de s'engager dans une véritable concurrence", a affirmé le délégué US au commerce Robert Lighthizer.

Ce responsable constate qu'au lieu de répondre aux préoccupations américaines, la Chine a décidé de représailles contre les produits américains. En effet, rappelons que les deux pays se sont infligés en fin de semaine dernière des tarifs douaniers réciproques portant sur environ 34 milliards de dollars de produits importés. Les Etats-Unis infligent depuis vendredi 25% de droits de douane à cette série de produits chinois importés. Pékin a réagi avec des taxes du même ordre.

Trump a prévenu qu'à terme, les Etats-Unis pourraient taxer plus de 500 milliards de dollars de produits chinois, ce qui représenterait la quasi-totalité des importations US provenant de Chine. Cette menace avait été proférée peu avant la mise en application des taxes additionnelles sur 34 Mds$ de produits vendredi... Les nouveaux prélèvements sur 200 Mds$ de produits imposés par les Etats-Unis devraient entrer en vigueur après une consultation publique de deux mois. Évidemment, la Chine a sans nul doute encore la capacité de négocier, et les investisseurs demeurent à l'affût de tout indices allant dans ce sens.

Aux Etats-Unis, la chambre du Commerce s'est inquiétée des nouvelles décisions de Trump et de leurs conséquences sur les prix des produits de consommation aux USA, d'autant que la Chine devrait répliquer bien évidemment en cas de mise en application des nouvelles sanctions américaines.

Donald Trump a par ailleurs taclé ce jour ses partenaires de l'OTAN à propos de leurs trop faibles contributions financières en matière de défense. "Les Présidents essaient sans succès depuis des années d'amener l'Allemagne et d'autres pays riches de l'OTAN à payer davantage pour leur protection contre la Russie. Ils ne paient qu'une fraction de leur coût. Les États-Unis paient des dizaines de milliards de dollars de trop pour subventionner l'Europe et perdent gros sur le commerce!", estime Trump, furibond.

"Pour couronner le tout, l'Allemagne vient de commencer à payer à la Russie, le pays dont elle veut se protéger, des milliards de dollars pour subvenir à ses besoins en énergie avec un nouveau pipeline russe. Pas acceptable! Toutes les nations de l'OTAN doivent respecter leur engagement de 2%, et cela doit aller à terme jusqu'à 4%", tranche encore le Président américain.

Le président US place donc le sommet de l'OTAN dans un climat de haute tension, taclant très ouvertement Berlin à propos de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. A Bruxelles, Trump a même jugé que l'Allemagne était "contrôlée par la Russie". L'objectif de Trump est donc de faire passer à 4% du PIB les dépenses de défense des alliés des USA au sein de l'OTAN. Dans un premier temps, Trump leur demande de respecter les engagements pris il y a quatre ans, et portant sur une part de 2% du PIB consacrée à ces dépenses en 2024.

Hier, Donald Trump avait déjà attaqué ses alliés de l'OTAN sur cette même question. "A quoi sert l'OTAN si l'Allemagne paye à la Russie des milliards de dollars pour le gaz et l'énergie? Pourquoi n'y a-t-il que 5 pays sur 29 qui ont respecté leur engagement? Les États-Unis paient pour la protection de l'Europe, puis perdent des milliards sur le commerce. Ils doivent payer IMMEDIATEMENT 2% du PIB, pas d'ici 2025", avait ainsi asséné le Président américain.

Sur le front économique aux États-Unis ce jeudi, l'indice des prix à la consommation pour le mois de juin 2018 est ressorti en hausse de 0,1% en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus de place et +0,2% pour le mois de mai. Le 'CPI' américain grimpe ainsi de 2,9% en glissement annuel, pratiquement en ligne avec les attentes des économistes de la place, contre une progression de 2,8% en glissement annuel au mois de mai. L'indice des prix à la consommation considéré hors éléments volatils, alimentaire et énergie, a augmenté de 0,2% en juin, en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus et la lecture du mois précédent. Le 'CPI' hors alimentation et énergie ressort donc en croissance de 2,3% par rapport à l'année antérieure, ce qui ressort conforme aux attentes.

Excellents chiffres de l'emploi aux Etats-Unis pour la semaine close au 7 juillet 2018 ! D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires sont ainsi ressorties au nombre de 214.000, contre 225.000 de consensus de place et 232.000 pour la lecture révisée du mois antérieur. Les inscriptions ressortent en retrait de 18.000 par rapport à la semaine précédente. Ces derniers chiffres démontrent que le marché américain du travail demeure particulièrement robuste au mois de juillet. Il faut remonter au début du mois de mai pour retrouver des inscriptions au chômage aussi basses.

Notons tout de même que les données de la semaine dernière comprennent la 'pause' de la commémoration de la Journée de l'Indépendance du 4 juillet (qui tombait le mercredi). Les inscriptions de la semaine antérieure ont été révisées de 231.000 à 232.000.

Le pétrole rebondit au lendemain d'une journée noire. Le baril de Brent de la mer du Nord, qui a décroché de près de 7% mercredi, remonte actuellement de 1% à 74 dollars alors que le WTI avance à 71$ sur le Nymex.

La reprise des exportations de brut en Libye suite à la réouverture plus rapide que prévu de terminaux pétroliers fermés il y a quelques jours, la poursuite de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, le léger assouplissement de la position de la Maison Blanche concernant le pétrole iranien et la forte hausse de la production de l'Arabie Saoudite en juin sont à l'origine de ce violent décrochage des cours observé hier. Le baril n'avait plus enregistré une telle chute depuis plus de deux ans... L'annonce d'une chute de 12,63 millions de barils des stocks de brut américains la semaine passée, leur plus forte baisse hebdomadaire depuis septembre 2016, n'avait pas permis d'enrayer le déclin.

L'Agence internationale de l'énergie entretient le rebond technique ce jeudi après avoir déclaré que "la hausse de la production des pays du Golfe et de la Russie, bien que bienvenue, se faisait au détriment du coussin de capacité inutilisée", "Cette vulnérabilité soutient actuellement les prix du pétrole et semble devoir continuer à le faire", ajoute l'AIE dans son rapport mensuel.

Delta Air Lines a dévoilé ses comptes du second trimestre. Les bénéfices sont de 1,03 Md$ (1,47$ par action), contre 1,19 Md$ (1,62$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté ressort à 1,77$, contre 1,59$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 11,78 Mds$, contre 10,75 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,72$, pour des revenus de 11,7 Mds$. Sur 2018, le groupe vise un bénéfice par action compris entre 5,35 et 5,70$ (entre 1,65 et 1,85$ sur le troisième trimestre). Les revenus sont quant à eux attendus en hausse de 7 à 8%. Le groupe rehausse par ailleurs, de 15%, son dividende trimestriel qui passe à 0,35$ par action.

Tesla. James Anderson, associé et gérant de la firme Baillie Gifford, qui détenait 12,8 millions de titres Tesla en fin de 1er trimestre, veut du calme ! Dans une interview accordée à Bloomberg, le dirigeant explique que sa firme maintient son soutien à Tesla, mais "voudrait bien un peu de paix et d'exécution à ce stade". Anderson ajoute qu'il serait bon pour le constructeur californien de véhicules électriques "de se concentrer sur les tâches clés". Avec sa participation d'une valeur voisine de 4 milliards de dollars au capital de Tesla, la firme est le quatrième actionnaire du groupe automobile. James Anderson espère donc qu'Elon Musk et l'équipe dirigeante de Tesla sauront éviter les distractions et les conflits pour se recentrer sur l'essentiel.

En particulier, l'investisseur semble donc espérer un peu plus de discrétion de la part du charismatique CEO Elon Musk, qui intervient fréquemment dans les médias et notamment sur les réseaux sociaux. Le patron de Tesla affiche par ailleurs de nombreuses activités parallèles, par exemple à la tête de SpaceX.

Broadcom, le géant de l'électronique de nouveau basé aux Etats-Unis, a dévoilé son intention de racheter le groupe software CA Inc pour un montant de 18,9 milliards de dollars en cash. Le groupe entend ainsi se diversifier en dehors de l'industrie des semi-conducteurs. Le titre Broadcom est attendu en retrait de 7% en pré-séance à Wall Street ce jour au lendemain de ces annonces, alors que CA prend 15% vers les 43$ ! Broadcom propose de débourser 44,50 dollars par action CA dans le cadre de l'opération, qui a été approuvée par les conseils d'administration. La prime atteint donc environ 20% sur le cours de clôture de mercredi. Le groupe financera l'opération par trésorerie et dette, avec l'aide d'un nouveau financement de 18 Mds$. Broadcom fait donc jouer le levier, puisque sa dette ressortait déjà à pratiquement 18 Mds$.

L'opération est annoncée quatre mois après l'échec de l'offre de Broadcom sur Qualcomm. Le président américain Donald Trump s'était opposé au deal potentiel de 117 milliards de dollars, qui aurait pu nuire selon lui à la sécurité nationale. Broadcom, qui siégeait auparavant à Singapour, s'est depuis redomicilié aux Etats-Unis. Le groupe n'est donc plus soumis au contrôle du CFIUS, Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis, qui ne pourra donc plus gêner ses plans d'expansion.

Comcast. La bataille entre 21st Century Fox et Comcast pour Sky a connu d'importants bouleversements au cours des dernières 24 heures. Après que le groupe de Rupert Murdoch eut amélioré son offre à 14 livres par action, offrant désormais 24,5 milliards de livres pour racheter le groupe britannique de télévision, la firme américaine a répliqué. Elle propose maintenant 14,75$ par titre, soit 26 Mds£. Le câblo-opérateur a déclaré que son offre avait été recommandée par le comité d'administrateurs indépendant de Sky chargé d'évaluer les propositions de reprise.

Fox, qui détient déjà 39% de Sky, avait offert en décembre 2016 d'en acquérir la totalité au prix de 10,75 livres par action, déclenchant une controverse et l'ouverture d'une enquête de l'autorité britannique de la concurrence, qui a traîné en longueur. Sky, reçu par 23 millions de foyers en Europe, est devenu un actif de choix grâce à ses contenus et à sa relation directe avec les clients.

La lutte pour Sky fait partie d'une plus large bataille entre Comcast et Walt Disney Co pour la reprise de la majeure partie de l'empire médiatique de Murdoch. La 21st Century Fox a accepté de vendre une grosse partie de ses activités de divertissement, y compris sa participation dans Sky, à Disney, mais Comcast est passé à l'offensive.

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