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Pré-ouverture Wall Street : la guerre commerciale plombe les indices

Pré-ouverture Wall Street : la guerre commerciale plombe les indices

Pré-ouverture Wall Street : la guerre commerciale plombe les indices
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street fléchit prudemment avant bourse ce vendredi, au lendemain de nouveaux sommets du Nasdaq à 7.761 pts. Les opérateurs redoublent de prudence, craignant l'affrontement commercial entre États-Unis et Chine. Le S&P500 est attendu en baisse de 0,5% en pré-séance, alors que le Nasdaq perd 0,4% désormais.

Par ailleurs, les sorcières sont de sortie aujourd'hui à Wall Street. Quatre fois par an, les troisièmes vendredi de mars, juin, septembre et décembre, les options et les contrats à terme sur indices et actions arrivent à échéance. Traditionnellement, volumes et volatilité sont accentués...

Pékin pourrait dévoiler rapidement ses représailles, après l'annonce de nouveaux prélèvements sur les importations chinoises par l'administration Trump. Geng Shuang, porte-parole du Ministère chinois aux affaires étrangères, a ainsi assuré que la Chine "répondrait rapidement et prendrait les mesures adaptées pour protéger ses droits justes et légitimes", en cas de décisions jugées unilatérales et protectionnistes des USA...

La Maison Blanche vient justement de livrer le communiqué officiel du président Donald Trump concernant le commerce avec la Chine. Trump y souligne tout d'abord sa "grande amitié" avec le président chinois Xi Jinping, ainsi que la relation des Etats-Unis et de la Chine, "très importante" pour lui. Néanmoins, affirme le leader américain "la situation n'est plus tenable".

"La Chine, par exemple, s'est engagée depuis longtemps dans plusieurs pratiques déloyales liées à l'acquisition de la propriété intellectuelle et de la technologie américaine. Ces pratiques, documentées dans un rapport exhaustif publié par l'United States Trade Representative (USTR) le 22 mars 2018, nuisent à notre sécurité économique et nationale et aggravent notre déséquilibre commercial déjà massif avec la Chine", ajoute Trump.

Au regard du vol de propriété intellectuelle et de technologie de la Chine et de ses autres pratiques commerciales déloyales, les États-Unis de Trump appliqueront donc "un droit de douane de 25% sur des marchandises chinoises de 50 milliards de dollars contenant des technologies d'importance industrielle. Cela comprend les biens liés au plan stratégique chinois 'Made in China 2025' visant à dominer les industries émergentes de haute technologie qui stimuleront la croissance économique future de la Chine, mais qui nuisent à la croissance économique des États-Unis et de nombreux autres pays", détaille le président américain.

"Les États-Unis ne peuvent plus tolérer de perdre leur technologie et leur propriété intellectuelle du fait de pratiques économiques injustes", insiste Trump.

"Ces tarifs sont essentiels pour empêcher de nouveaux transferts injustes de technologies et de propriété intellectuelle américaines à la Chine, ce qui protégera les emplois américains. En outre, ils constitueront un premier pas vers l'équilibre des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine", dit encore le président Trump.

"Les États-Unis appliqueront des droits additionnels si la Chine prend des mesures de rétorsion, par exemple en imposant de nouveaux droits sur les marchandises, les services ou les produits agricoles des États-Unis; relever les obstacles non-tarifaires; ou prendre des mesures punitives contre les exportateurs américains ou les entreprises américaines opérant en Chine", menace encore la Maison Blanche.

Washington aurait par ailleurs élaboré une liste additionnelle de prélèvements sur des produits représentant quant à eux... 100 Mds$, dans le cas où Pékin répliquerait aux premières annonces.

Les négociations au plus haut niveau entre États-Unis et Chine depuis plus d'un mois ne semblent donc guère avoir apaisé la situation, pas plus d'ailleurs que l'engagement antérieur de Pékin d'acheter 70 Mds$ de produits agricoles ou énergétiques américains additionnels.

L'indice Empire State d'activité manufacturière régionale de la Fed de New York pour le mois de juin 2018 est ressorti à très haut niveau ce jour. Il s'établit ainsi à 25, contre un consensus de place de 19,1 et un niveau de 20,1 pour le mois de mai 2018. Ainsi, cet indicateur démontre la solidité de l'activité manufacturière dans la région considérée. Il traduit même une forte accélération.

La production industrielle du mois de mai sera dévoilée à 15h15 (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur ; +0,1% pour la production manufacturière ; 78% de taux d'utilisation des capacités).

Enfin, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour le mois de juin, mesuré par l'Université du Michigan, sera connu à 16 heures (consensus 98,5).

LES VALEURS

AT&T a enfin finalisé l'acquisition du colosse des médias Time Warner. L'opération se chiffre tout de même à 85 milliards de dollars, et même plus de 108 milliards de dollars en tenant compte de la dette assumée. L'opération avait été initialement annoncée en octobre 2016. Elle avait franchi en début de semaine une étape cruciale, en obtenant l'autorisation inconditionnelle d'un juge fédéral. AT&T, qui entendait boucler la fusion d'ici au 20 juin, a donc cette fois un peu d'avance ce jour.

Le juge Richard Leon avait plusieurs options dans cette affaire. Il pouvait bloquer la fusion comme le demandait le département de la justice, l'autoriser sans conditions ou encore l'autoriser avec des conditions (cessions...) Il a donc choisi mardi l'option la plus favorable aux entreprises concernées, en prenant le contrepied du gouvernement et de Donald Trump. Le Département américain de Justice ne s'est pas opposé toutefois à la décision du juge, permettant la finalisation du 'deal'. Notons que le gouvernement américain peut encore faire appel, y compris après consommation de la transaction. Donald Trump n'étant pas homme a baisser si facilement les bras, rien n'est donc encore totalement assuré.

AT&T, le premier câblo-opérateur américain et le deuxième opérateur mobile, avait lancé en octobre 2016 une offre de rachat de plus de 85 Mds$ sur Time Warner, propriétaire notamment de la chaîne 'HBO', des studios de cinéma Warner ou encore de la chaîne d'informations 'CNN'. L'objectif affiché de cette opération défensive est de contrer l'ascension rapide des nouveaux médias en streaming (Netflix, Google, Amazon...), qui laminent les marges des acteurs traditionnels de la TV par câble. Le nouvel ensemble devra par ailleurs gérer un endettement massif de plus de 180 milliards de dollars.

Qualcomm. Les régulateurs chinois auraient approuvé l'acquisition programmée du Néerlandais NXP Semiconductors par l'Américain Qualcomm pour 44 milliards de dollars. C'est du moins ce qu'affirme le 'South China Morning Post', citant deux sources ayant connaissance de la question. Les régulateurs mondiaux auraient donc désormais tous approuvé le rapprochement... Notons que certaines sources de 'Reuters' démentent ces informations. Enfin, Qualcomm a annoncé ce jour qu'il prolongeait d'une semaine son offre sur NXP.

Adobe Systems a dévoilé ses résultats du second trimestre fiscal 2018. Les revenus s'élèvent à 2,195 Mds$, en croissance de 24% en glissement annuel. Le bénéfice par action s'affiche à 1,33$, contre 0,75$ un an plus tôt. En non-GAAP, le bpa ressort à 1,66$, contre 1,02$ il y a un an. Le résultat net est ainsi de 663 M$, contre 374 M$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,54$, pour des revenus de 2,16 Mds$.

Jabil a présenté ses comptes du troisième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 42,5 M$ (0,25$ par action), contre une perte de 25,3 M$ (0,14$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,46$, contre 0,31$ un an plus tôt. Les revenus s'élèvent à 5,44 Mds$, contre 4,49 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,45$, pour des ventes de 4,9 Mds$. Sur le quatrième trimestre fiscal, le groupe vise des revenus situés entre 5,2 et 5,6 Mds$, pour un bpa logé entre 0,56 et 0,80$.

Facebook. Elliot Schrage, stratège et communicant clé du réseau social de Menlo Park, a annoncé sa décision de quitter le groupe après plus d'une décennie de bons et loyaux services. Elliot Schrage avait été grandement sollicité ces derniers mois, en particulier après l'affaire Cambridge Analytica.

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