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Pré-ouverture Wall Street : la crise turque déjà digérée ?

Pré-ouverture Wall Street : la crise turque déjà digérée ?
Pré-ouverture Wall Street : la crise turque déjà digérée ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street se stabilise désormais avant bourse ce lundi, le S&P500 étant attendu pratiquement inchangé. Le Nasdaq affiche maintenant une hausse indicative de 0,2%, alors qu'il corrigeait de 0,3% il y a quelques instants en pré-séance. Vendredi soir, le DJIA avait perdu 0,77% et le Nasdaq s'était tassé de 0,67% en clôture, sur un marché prudent. L'aversion au risque domine, sur fond de crise économique turque et de guerre commerciale. Néanmoins, la cote américaine semble vouloir offrir une belle résistance ce jour.

Sanctions confirmées contre la Turquie

Les places européennes avaient passé la matinée dans le rouge ce lundi, plombées par les tensions entre les USA et la Turquie. Les sanctions américaines contre la Turquie sont tombées vendredi. Le Président américain Donald Trump, dans son style inimitable, l'avait alors confirmé, sur le réseau social Twitter : "Je viens d'autoriser un doublement des tarifs sur l'acier et l'aluminium concernant la Turquie, car leur devise, la Livre Turque, chute rapidement face à notre Dollar très fort! L'aluminium sera désormais taxé à 20% et l'acier à 50%. Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment!"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé quant à lui vendredi aux Turcs de convertir leurs dollars ou leur or éventuel en livre turque. La livre turque s'est littéralement effondrée vendredi face au dollar, après ces sanctions américaines consécutives à l'échec de négociations pour la libération du pasteur américain Andrew Brunson, soupçonné de terrorisme par la Turquie. Donald Trump avait promis de "larges sanctions" en cas d'échec des discussions, et en l'absence de libération de Brunson. C'est donc chose faite.

Crise sérieuse

Même la Banque centrale européenne se montre préoccupée par la possible exposition des établissements financiers européens à la Turquie... Erdogan estime de son côté que la Turquie faire face à une "guerre économique". Il demande aux citoyens de convertir leurs dollars et leurs autres devises éventuelles, ou bien encore leur or, en livre turque. "Changez les euros, les dollars et l'or que vous gardez sous vos oreillers en livres en vous rendant dans nos banques", avait lancé Erdogan en fin de semaine dernière, évoquant une "lutte nationale" et des "attaques économiques". "Nous devons défendre notre pays", avait ajouté le Président turc.

Loin de rassurer, ces commentaires d'Erdogan ont plutôt provoqué des retraits bancaires massifs. La Banque centrale de Turquie a précisé de son côté qu'elle allait fournir toute la liquidité nécessaire aux banques locales, et qu'elle allait réduire les coefficients de réserves obligatoires en livres et en devises. Un plan économique est également attendu en ce début de semaine. Il a été promis par le ministre des finances Berat Albayrak.

Sur le marché des changes ce jour, l'euro recule de 0,1% à 1,14$. De son côté, le dollar flambe encore de 7% contre la livre turque, à 6,87...

Production de brut en légère hausse pour l'OPEP

Sur le Nymex américain ce lundi, le baril de brut WTI (contrat de septembre) se replie de 0,4% à 67,4$, alors que le Brent de la Mer du Nord se stabilise à 72,8$. L'OPEP vient de dévoiler son dernier rapport mensuel. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a fait état d'une production de brut en légère croissance en juillet, avec une augmentation de 41 milliers de barils / jour à 32,32 millions de barils par jour.

Cette croissance est soutenue notamment par les Émirats Arabes Unis, le Nigeria ou encore le Koweït. Le cartel fait tout de même état, par ailleurs, de baisses de production au Venezuela, en Arabie saoudite, en Iran et en Libye. L'offre mondiale se situerait par ailleurs à 98,5 millions de barils / jour en juillet, évalue l'organisation.

Le rapport fait aussi ressortir une révision en baisse de l'anticipation de croissance de la demande pétrolière mondiale pour l'année 2018. La progression est désormais attendue à +1,64 millions de barils / jour, ce qui ferait ressortir un total de 98,8 millions de barils / jour. Le cartel explique cette révision par une demande moins dynamique que prévu au Moyen-Orient et en Amérique Latine. L'OPEP anticipe toujours une croissance économique mondiale de 3,8% cette année, puis une progression de 3,6% en 2019.

Sur le front économique aux États-Unis ce lundi, aucune statistique notable n'est attendue...

Valeurs à suivre à Wall Street

Sysco a publié ses trimestriels avant bourse sur la cote américaine. Le titre est attendu en vive hausse, alors que les profits et les revenus trimestriels dévoilés ont dépassé les attentes de marché. Le géant de la distribution alimentaire a réalisé au quatrième trimestre fiscal un bénéfice net de 449 M$ soit 85 cents par titre, contre 305 M$ un an avant. Sur ce trimestre clos fin juin, le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 94 cents, contre 93 cents de consensus. Les revenus se sont appréciés de 6% à 15,3 Mds$.

Harley-Davidson pourrait encore souffrir à Wall Street ce lundi, après un tweet du Président américain Donald Trump, qui poursuit sa campagne contre le fabricant de motos désireux de délocaliser. "De nombreux propriétaires de Harley Davidson prévoient de boycotter la compagnie si la production passe à l'étranger. Parfait! La plupart des autres compagnies reviennent vers nous, y compris les concurrents de Harley". D'après Trump, une délocalisation de production serait "un très mauvais coup" de la part de la marque américaine, alors que les États-Unis auront bientôt "des règles du jeu égales ou meilleures".

Le Président américain Donald Trump s'en était déjà pris sans ménagement à Harley il y a quelques semaines sur Twitter. "Maintenant que Harley-Davidson déménage une partie de ses activités en dehors des États-Unis, mon Administration travaille avec d'autres fabricants de Motos qui veulent déménager aux États-Unis. Les clients de Harley ne sont pas satisfaits de leur déménagement - les ventes sont en baisse de 7% en 2017. Les États-Unis sont l'endroit où l'action se déroule!", avait lancé Trump, début juillet.

Trump avait auparavant attaqué le groupe de manière virulente fin juin, estimant que la guerre commerciale actuelle avec l'Europe constituait une excuse facile... Harley avait un peu plus tôt dévoilé son intention de délocaliser sa production destinée à cette région européenne afin de contourner les barrières douanières. Le fabricant de motos avait prévenu ainsi que les prélèvements douaniers de l'Union européenne sur les produits importés des États-Unis allaient en moyenne ajouter 2.200$ au coût d'un de ses véhicules. Harley ne modifiera pas ses prix 'retail' suggérés ou ses prix de gros en Europe. Le groupe juge en effet que de telles hausses des prix auraient des conséquences adverses immédiates et durables sur son activité dans la région.

Tesla. Elon Musk a communiqué ce lundi, après la vive polémique née des interventions du patron du groupe en début de semaine dernière. Musk avait alors fait état de plans de sortie de la cote à 420$ par titre, afin de s'affranchir des contraintes d'un marché trop concentré sur le court terme. Le dirigeant de Tesla précisait également que le financement d'une telle opération était déjà sécurisé, ce que certains investisseurs ont rapidement mis en doute. Dans une nouvelle mise au point postée sur le blog Tesla, Musk confirme bien qu'il considère une sortie de la cote, qu'il pense être une bonne solution pour les actionnaires. Le dirigeant du groupe juge qu'une telle transaction permettrait à Tesla d'opérer au mieux et de progresser dans sa mission d'accélération de la transition vers une énergie soutenable. '"Alors que je continue de considérer cela, je voudrais répondre à quelques questions qui m'ont été posées depuis mardi".

Musk explique pourquoi il a utilisé l'expression "financement sécurisé" à propos de l'opération, dans un tweet annonçant son intention de sortir le groupe de la bourse. Sur ce point, le patron de Tesla patauge un peu plus. "Il y a près de deux ans, le fonds souverain d'Arabie saoudite m'avait approché à de nombreuses reprises à propos d'une sortie de la cote de Tesla. Ils m'avaient d'abord rencontré en début d'année 2017 afin d'exprimer leur intérêt, du fait du besoin important de diversification en dehors du pétrole. Ils ont ensuite tenu plusieurs réunions additionnelles avec moi durant l'année suivante, afin de confirmer leur intérêt et de tenter d'avancer vers une transaction de sortie de la cote", justifie Musk, qui relève qu'évidemment, le fonds souverain saoudien dispose du capital nécessaire pour exécuter une telle opération.

Récemment, le fonds saoudien a acquis près de 5% de Tesla sur les marchés, confirme Musk, reprenant une information qui avait déjà filtré. Le fonds aurait alors à nouveau contacté le patron de Tesla en vue d'une nouvelle rencontre. Le meeting a eu lieu le 31 juillet. "Durant la réunion, le directeur général du fonds souverain a regretté de n'avoir pas progressé auparavant vers une transaction privée avec moi, et il a fortement exprimé son soutien au financement d'une transaction de sortie de la cote pour Tesla. Il m'a fait comprendre qu'aucun autre décideur n'était nécessaire et qu'ils étaient impatients de procéder", justifie donc Musk. "J'ai quitté la réunion du 31 juillet, sans aucun doute, en concluant qu'un accord avec le fonds souverain saoudien pourrait être conclu et qu'il s'agissait simplement de faire avancer le processus. C'est pourquoi j'ai parlé de 'financement garanti' lors de l'annonce du 7 août", dit Elon Musk.

"Suite à l'annonce du 7 août, j'ai continué à communiquer avec le directeur général du fonds saoudien. Il a exprimé son soutien à une procédure de vérification financière et due diligence et à leur processus d'examen interne, afin d'obtenir des approbations. Il a également demandé des détails supplémentaires sur la manière dont l'entreprise serait sortie de la cote, y compris les pourcentages requis et les exigences réglementaires", insiste le dirigeant de Tesla.

"Un autre point critique à souligner est que, avant que quiconque ne soit invité à décider d'une sortie de la cote, tous les détails du plan seront fournis, y compris la nature proposée et la source de financement à utiliser. Cependant, il serait prématuré de le faire maintenant. Je continue à discuter avec le fonds saoudien et je discute également avec un certain nombre d'autres investisseurs, ce que j'ai toujours prévu de faire, puisque j'aimerais que Tesla continue à avoir une large base d'investisseurs. Il convient d'achever ces discussions avant de présenter une proposition détaillée à un comité indépendant du conseil", estime Musk.

Le patron de Tesla ajoute que "la plus grande partie du capital requis pour permettre une sortie de la cote serait financée par fonds propres plutôt que par dette, ce qui ne correspondrait pas à une structure standard de 'leveraged buyout' communément utilisée". En effet, Musk ne pense pas qu'il serait sage de soumettre Tesla à une dette significativement accrue.

"Par conséquent, des rapports indiquant que plus de 70 milliards de dollars seraient nécessaires pour que Tesla devienne une entreprise privée surévaluent considérablement l'augmentation de capital réellement nécessaire", juge Musk. "Le prix de rachat de 420 dollars ne serait utilisé que pour les actionnaires de Tesla qui ne restent pas avec notre société si celle-ci sort de la cote. Ma meilleure estimation à l'heure actuelle est qu'environ deux tiers des actions détenues par tous les investisseurs actuels seraient transférées dans un Tesla hors-cote", conclut Elon Musk.

AT&T. La superproduction américano-chinoise 'The Meg' ('En eaux troubles') a fait des débuts fracassants au box-office. Pour son premier week-end d'exploitation, le film de requin au budget de mastodonte (estimé à 130 millions de dollars), qui sortira le 22 août en France, a généré 44,5 millions de dollars de recettes dans les salles nord-américaines. En Chine, le film réalisé par Jon Turteltaub avec l'acteur Jason Statham, un habitué du cinéma d'action américain, et l'actrice et chanteuse chinoise Li Bingbing, a amassé 50 millions de dollars. 'En eaux troubles', coproduit par Warner Bros et le studio chinois Gravity Pictures, met en scène la lutte contre un Mégalodon, requin préhistorique d'une vingtaine de mètres de long déjà entrevu dans les 'Jurassic World'.

Netflix, le géant de la vidéo en streaming, demeure sous pression à Wall Street ce jour. David Wells, le directeur financier du groupe, va en effet quitter ses fonctions pour se concentrer sur des activités philanthropiques. Le 'CFO' de Netflix était un élément très important du groupe. Il avait officié huit années durant à ces fonctions. Il restera au sein du groupe le temps de la désignation de son successeur, afin d'assurer une transition douce. Des candidats internes et externes seront considérés, affirme Netflix. Wells avait rejoint le groupe en 2004, peu de temps après son entrée en bourse à Wall Street. Il était alors responsable des opérations de contenu et du planning stratégique, avant d'être nommé vice-président du planning et de l'analyse financière en 2008, puis de devenir directeur financier.

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