Cotation du 19/08/2019 à 23h05 Dow Jones Industrial +0,96% 26 135,79
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Les craintes de récession font déraper Wall Street

Les craintes de récession font déraper Wall Street
Les craintes de récession font déraper Wall Street
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York évolue en baisse lundi, dans un climat général d'inquiétudes, avec en premier lieu les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi les manifestations à Hong Kong, et les tensions politiques en Argentine et en Italie. Les valeurs financières souffrent de la baisse des rendements obligataires et signent les plus lourds replis du jour à Wall Street.

A trois heures de la clôture, l'indice Dow Jones perd 1,08%, à 26.004 points et le Standard & Poor's 500, plus large, recule de 0,87% à 2.893 points. Le Nasdaq Composite cède 0,73% à 7.901 points

Le conflit commercial plombe toujours les marchés

Le président Donald Trump a déclaré vendredi qu'il n'était pas prêt à conclure un accord avec la Chine, douchant tout espoir que le différend se termine bientôt. Dimanche, Goldman Sachs a revu à la baisse sa prévision de croissance pour les Etats-Unis en précisant ne pas s'attendre à un accord commercial entre Washington et Pékin avant l'élection présidentielle américaine de novembre 2020. De son côté, l'institut d'études économiques allemand Ifo souligne, dans sa dernière enquête trimestrielle, la dégradation des perspectives économiques mondiales.

Ce pessimisme pèse logiquement sur les valeurs les plus exposées au risque commercial, comme les technologiques et les industrielles, mais le repli sectoriel le plus marqué est pour les financières, qui souffrent aussi de la baisse des rendements obligataires: Bank of America cède 2%, Goldman Sachs 2,2% et Morgan Stanley 2,3%. A 1,68%, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est recul de cinq points de base.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un paner de six devises de référence, recule de 0,1% à 97,44 points. L'euro avance de 0,13% et s'échange contre 1,1212 dollar.

Ca chauffe à Hong Kong, l'Argentine inquiète aussi

Les investisseurs surveillent les événements à Hong Kong, où les autorités ont annulé plus de 100 vols alors que des milliers de manifestants ont envahi l'aéroport de la ville pour protester contre le comportement de la police lors des manifestations de cet été. Dans l'ex-colonie britannique, l'indice Hang Seng a perdu 0,44%, à 25.824,72 points.

En Argentine, la lourde défaite surprise du président libéral Mauricio Macri lors des élections primaires organisées ce week-end provoque un véritable cataclysme sur le marché financier local. Alberto Fernandez, dont la colistière est l'ancienne présidente Cristina Fernandez, a recueilli 47,65% des suffrages, reléguant Macri à plus de 15 points. Au vu des résultats, le ticket péroniste pourrait l'emporter dès le premier tour lors de l'élection présidentielle prévue en octobre prochain, ce qui ne réjouit guère les milieux d'affaires, qui redoutent "le retour à un populisme de gauche", comme le note la firme Capital Economics. Le Merval, le CAC40 local, plonge de 12% à la mi-journée, enregistrant sa plus importante chute depuis 2008.

Le pétrole se stabilise

Le pétrole se stabilise, après avoir perdu du terrain la semaine dernière (le WTI a cédé 2,3% sur cinq séances et le Brent a perdu 5,4%). Lundi soir, le baril de brut léger américain cède 0,1% à 54,42 dollars.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé lundi les Etats-Unis de transformer le Golfe en une "boîte d'allumettes prête à s'enflammer", selon la chaîne de télévision Al Djazira.

Cette région du globe concentre les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Six pétroliers y ont été endommagés par des explosions aux mois de mai et de juin et l'Iran a saisi un pétrolier battant pavillon britannique en juillet en riposte à l'arraisonnement près de Gibraltar d'un tanker iranien accusé de violer les sanctions internationales contre la Syrie. Un cinquième du pétrole mondial transite par le détroit d'Ormuz.

Les valeurs

Sysco grimpe de 4,2%. Le groupe a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal, clos fin juin 2019, un bénéfice net de 536 millions de dollars et 1,03$ par titre, contre 449 millions et 85 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti quant à lui en progression de 17% à 1,10$, contre un consensus de 1,06$. Les revenus se sont appréciés de 1% à 15,5 milliards de dollars, contre 15,6 Mds$ de consensus.

General Electric perd 1,5%. JP Morgan vient de confirmer son avis négatif, à 'sous-pondérer' sur la valeur GE, avec un objectif de cours de 5$ seulement. Le broker évoque essentiellement la fragilité des fondamentaux, malgré une récente révision en hausse des estimations de profits du groupe.

Nio (-2%). Le 'Tesla chinois', récemment introduit à Wall Street, qui a déjà perdu la moitié de sa valeur boursière cette année, devrait encore souffrir ce jour après des chiffres de ventes sans relief. Le groupe n'a livré ainsi que 837 véhicules en juillet, plombé par un rappel volontaire de voitures. Nio prévoit un rebond des ventes mensuelles dès ce mois, entre 2.000 et 2.500 unités.

Les géants technologiques américains Apple (+0,3), Alphabet (-0,6%), Amazon (-0,7%), Facebook (-0,2%) ou Microsoft (-0,6%) restent très surveillés en bourse, dans un contexte de guerre commerciale qui pourrait leur nuire dans des proportions diverses. Notons que la Russie accuse Google (Alphabet) d'avoir toléré la diffusion sur Youtube d'événements de masse qualifiés d'illégaux, après une manifestation d'opposants politiques à Moscou.

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