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Clôture Wall Street : les "technos" retombent brutalement sur terre

Clôture Wall Street : les "technos" retombent brutalement sur terre
Clôture Wall Street : les 'technos' retombent brutalement sur terre
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a été emporté jeudi par de fortes prises de bénéfices sur les valeurs technologiques, qui avaient flambé cet été, au point d'atteindre ces derniers jours des valorisations jugées excessives par de nombreux experts. Parmi les plus fortes corrections du jour figurent notamment Apple (-8%), Tesla (-9%), Microsoft (-6,2%), Amazon (-4,6%) ou encore Facebook (-3,7%) et Salesforce (-4,2%). Les cours du pétrole ont aussi reculé, sur fond de doutes sur le rythme de la reprise économique. Le nombre de demandeurs d'emplois a progressé moins que prévu aux Etats-Unis la semaine dernière, mais les marchés attendent les données mensuelles d'août, vendredi, pour mieux analyser l'évolution du marché de l'emploi.

A la clôture, les indices boursiers américains ont affiché leurs plus fortes baisses quotidiennes depuis le mois de juin, voire mars pour le Nasdaq. L'indice Dow Jones a perdu 2,78% à 28.292 points, tandis que l'indice large S&P 500 a plongé de 3,51% à 3.455 pts après son record de la veille, et que le Nasdaq Composite a abandonné 4,96% à 11.458 pts, après avoir enchaîné 4 séances de records qui l'ont porté mercredi au-dessus du seuil des 12.000 pts.

Des valorisations difficiles à justifier dans un contexte économique toujours fragile

Ces indices, qui ont regagné environ 60% par rapport à leurs plus bas de mars, en pleine crise du coronavirus, ont été propulsés ces dernières semaines vers des sommets par les valeurs technologiques et internet, qui ont été moins pénalisées (voire favorisées pour certaines) par la crise sanitaire, que d'autres secteurs sinistrés (transports, tourisme...) Cependant, les niveaux de valorisations actuels sont désormais jugés difficilement soutenables, au moment où le rythme de la reprise économique donne des signes d'essoufflement, et que le coronavirus continue de faire des victimes et de perturber le fonctionnement de l'économie américaine et mondiale.

Les marchés ont aussi été soutenus par l'espoir de la mise au point d'un vaccin anti-Covid-19 avant la fin de l'année, ainsi que par la quasi-certitude de nouvelles mesures de soutien à venir de la part de la Réserve fédérale dans les prochains mois. Ils tablent aussi sur l'adoption d'un nouveau plan d'aide budgétaire, malgré les tiraillements entre Républicains et Démocrates qui ont mené les discussions dans l'impasse ces dernières semaines au Congrès américain. Les tensions politiques à l'approche de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre constituent un facteur d'incertitude que les marchés ont pour l'instant largement ignoré.

Mercredi, la Réserve fédérale s'est inquiétée, dans son dernier Livre Beige sur la conjoncture, d'un essoufflement de la reprise économique en août. La Fed a notamment relevé que le marché de l'emploi a ralenti, alors que des postes en chômage partiel depuis le printemps ont été définitivement supprimés en août en raison de la faiblesse de la demande. Parmi les secteurs ayant licencié en août figurent des compagnies aériennes, des hôtels, mais aussi des écoles.

Les chiffres de l'emploi US en août très attendus vendredi

Sur le front économique ce jeudi aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont atteint 881.000 pour la semaine close au 29 août, en repli de 130.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 1,011 million. Elles ressortent plus faibles qu'attendu, puisque le consensus était positionné à 950.000. Par ailleurs, l'étude Challenger a fait état d'une baisse des destructions d'emplois en août avec 115.762 licenciements, contre 262.649 en juillet.

Le rapport complet sur l'emploi en août est attendu vendredi à 14h30 heure française, les économistes tablant en moyenne sur 1,4 million de créations de postes non-agricoles et sur un taux de chômage en légère baisse à 9,8% contre 10,2% en juillet. Mercredi, le rapport d'ADP sur l'emploi dans le seul secteur privé a déçu avec "seulement" 428.000 créations de postes contre 900.000 de consensus.

Les chiffres révisés de la productivité non-agricole américaine du second trimestre ont agréablement surpris, avec une croissance de 10,1% contre 7,4% de consensus (7,3% d'estimation antérieure). Les coûts unitaires du travail ont augmenté sur un rythme de 9%, contre 12,1% de consensus (12,2% pour la précédente évaluation).

L'activité dans le services a continué de se redresser en août aux Etats-Unis, selonl'indice PMI final, qui est monté à 55, contre un consensus logé à 54,8 et une lecture flash qui était également de 54,8. L'indice PMI composite final américain du mois d'août est quant à lui remonté à 54,6. L'autre indice des services, l'ISM, est ressorti à 56,9 en août après 58,1 en juillet, mais reste en nette expansion (au-dessus de la barre des 50).

La reprise économique marque le pas dans la zone euro

A l'étranger, les indicateurs PMI des services sont ressortis assez solides en Chine (54 après 54,1 en juillet) et au Royaume-Uni (58,8), mais ont marqué le pas en Europe. L'indice PMI composite de la zone euro, qui rassemble les services et l'industrie manufacturière, considéré comme un bon baromètre de l'évolution de l'activité globale, est retombé à 51,9 en août après 54,9 en juillet. Le PMI des services de la zone euro a reculé à 50,5 après 54,7 en juillet.

Les ventes au détail dans la zone euro ont aussi marqué le pas en juillet, avec un recul de 1,3% après un bond de 5,3% en juin, et alors que le consensus était positionné à +1%.

Ces statistiques ont maintenu la pression sur l'euro, qui avait brièvement franchi mardi le seuil de 1,20$, au plus haut depuis deux ans, avant d'entamer une correction. Jeudi soir, l'euro a fini stable à 1,1856$ (après -0,7% mercredi). L'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de six devises, a fini en baisse de 0,1% à 92,75 points.

Mercredi, la banque centrale européenne a signalé aux marchés son inquiétude face à la récente appréciation de l'euro (+10% en 5 mois), qui pénalise la compétitivité des entreprises de la zone euro. L'économiste en chef de la BCE, Philip Lane, a ainsi affirmé que "le taux de change euro-dollar compte" aux yeux de la BCE. Cette petite phrase a suffi à relancer les spéculations de nouvelles mesures d'assouplissement de la BCE, qui tiendra jeudi prochain sa réunion monétaire de rentrée.

Les cours du pétrole ont chuté jeudi dans la crainte d'un ralentissement de la reprise économique mondiale dans un contexte sanitaire qui reste préoccupant. Le contrat à terme d'octobre sur le baril de brut léger américain (WTI) a perdu 0,3% à 41,37$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance novembre a reculé de 0,8% à 44,07$ le baril. Mercredi, les deux variétés de pétrole avaient déjà perdu plus de 2,5%.

VALEURS A SUIVRE

Alors que les valeurs technologiques ont subi une brutale correction, les organisateurs de croisières ont pris leur revanche, grâce à la perspective d'un redémarrage de leurs activités, qui sont au point mort depuis le printemps pour cause de pandémie de coronavirus. Le géant américain Carnival (+5,3%) a donné le ton du rebond, en confirmant jeudi que sa filiale Costa Croisières allait reprendre ses croisières à partir de l'Italie ce dimanche 6 septembre. Sa filiale allemande AIDA Cruises reprendra aussi ses activités à partir des îles Canaries le 1er novembre prochain, a précisé Carnival.

La hausse de Carnival a entraîné dans son sillage les titres de Norwegian Cruise Line Holdings (+3,8%) et de Royal Caribbean (+2,7%).

PVH (+3,2%), connu pour ses marques Calvin Klein, Van Heusen ou Tommy Hilfiger, a annoncé pour son second trimestre clos début août des revenus de 1,58 milliard de dollars, contre 1,25 milliard de consensus. Le groupe a bénéficié de la forte progression de 87% des ventes en ligne. La perte net attribuable est ressortie à 51 millions de dollars et 72 cents par action, contre un profit positif de 194 millions de dollars et 2,58$ par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti dans le vert à 13 cents, contre un consensus de marché de -2,43$.
Le groupe voit par ailleurs des tendances encourageantes en Europe et en Asie pour les mois à venir. Les revenus totaux du second semestre sont attendus en retrait de 25%, après un déclin de 33% au second trimestre.

Twitter (-4,6%). Un compte Twitter du Premier ministre indien Narendra Modi a été piraté. Une série de messages a été publiée pour demander aux followers du compte des dons à un fonds de secours à l'aide de cryptomonnaie. En forte progression de 6,1% hier soir à Wall Street, le titre Twitter corrige quelque peu avant bourse ce jeudi.

Campbell Soup (-7,4%) a chuté malgré l'annonce de profits et de ventes trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe alimentaire américain a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 86 M$ et 28 cents par titre, contre une perte de 8 M$, soit 3 cents par action, sur la période correspondante de 2019. Les revenus trimestriels ont totalisé 2,11 Mds$ sur ce quatrième trimestre clos début août, contre 1,78 Md$ un an plus tôt et 2,08 Mds$ de consensus. Sur le trimestre entamé, les ventes sont attendues en progression de 5 à 7%, pour un bpa ajusté allant de 88 à 92 cents.

Altice USA (-5,7%) a effectué une offre de 7,8 milliards de dollars pour le rachat du Canadien Cogeco. Altice a accepté par ailleurs la cession à Rogers Communications des actifs canadiens de Cogeco pour 3,7 Mds$. Cogeco fournit ses services sous le nom de Cogeco Connexion au Québec et en Ontario, et d'Atlantic Broadband aux USA. A la finalisation de l'opération, Altice USA possansaction dans les six à neuf mois consécutifs à la signature d'accords définitifs. Cogeco a néanmoins rejeté la proposition non sollicitée de la filiale américèderait donc Atlantic Broadband, neuvième opérateur du câble aux Etats-Unis. Altice USA entend finaliser la traine d'Altice.

Amazon (-4,6%) se prépare à embaucher 7.000 personnes en CDI au Royaume-Uni cette année, ce qui va porter ses effectifs à plus de 40.000 dans le pays. L'objectif est de faire face à une augmentation des achats en ligne, les consommateurs ayant modifié leurs habitudes depuis le début de la crise sanitaire. Le géant américain du e-commerce a déjà créé 3.000 emplois outre-Manche dans ses centres de distribution, ses centres de tri et ses postes de livraison. Les emplois supplémentaires se situeront au siège et dans deux nouveaux centres de distribution qui ouvriront dans le nord-est et les Midlands à l'automne.

Amazon et Verizon (+0,13%) pourraient investir plus de 4 milliards de dollars dans le groupe indien de télécoms Vodafone Idea, croit savoir le journal Mint. Vodafone Idea, opérateur en difficulté, est une joint venture entre le Britannique Vodafone et l'Indien Idea Cellular. Le groupe, troisième opérateur télécom local par le nombre d'abonnés, doit encore la modique somme de 6,8 milliards de dollars au gouvernement indien.

Vodafone Idea pourrait aussi céder son activité fibre optique afin de soulager son fardeau financier, le Canadien Brookfield Asset Management Inc et la firme de private equity KKR s'intéressant au dossier selon CNBC. Enfin, selon Bloomberg, la JV indienne envisagerait une levée de fonds de 1,5 milliard de dollars et travaillerait avec des conseillers.

Apple (-8%). Face à la réticence des éditeurs d'applications mobiles, Apple a reporté de septembre 2020 à début 2021 la fonction d'iOS14 qui permettra aux utilisateurs d'interdire aux applications le pistage publicitaire. De nombreux éditeurs et groupes internet, à commencer par Facebook, craignent une forte baisse du marché publicitaire si cette fonction est mise en place.

Facebook (-3,7%). A l'approche de l'élection présidentielle américaine, le 3 novembre prochain, le réseau social a annoncé qu'il interdirait la diffusion de nouvelles publicités politiques dans la semaine précédant le scrutin. Facebook autorisera toujours les publicités politiques 'vérifiées' plus d'une semaine avant l'élection. Facebook a déclaré qu'il étiquetterait tout message d'un candidat tentant de déclarer sa victoire avant la publication des résultats finaux avec un lien vers les résultats officiels de Reuters et du National Election Pool.

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