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Clôture Wall Street : léger repli sur fond de tensions sino-américaines

Clôture Wall Street : léger repli sur fond de tensions sino-américaines
Clôture Wall Street : léger repli sur fond de tensions sino-américaines
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un démarrage positif, la Bourse de New York a réduit ses gains mardi soir, pour finir en très léger recul. Après 6 séances de hausse consécutives pour le Dow Jones, les investisseurs ont opté pour la prudence, en attendant de savoir si la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping aura bien lieu fin juin au sommet du G20 d'Osaka. Le président américain a menacé d'imposer des taxes supplémentaires à la Chine si son homologue chinois se dérobe à ce rendez-vous... Pour les marchés, l'enjeu d'un accord avec la Chine est bien plus élevé qu'avec le Mexique, avec lequel un compromis a été trouvé ce week-end. Par ailleurs, les critiques répétées de Donald Trump contre la Fed compliquent la tâche de la banque centrale, qui doit se réunir la semaine prochaine pour statuer sur ses taux directeurs.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,05% à 26.048 pts, tandis que le S&P 500 a lâché 0,04% à 2.885 pts, et que le Nasdaq Composite a fini quasi-stable (-0,01%) à 7.822 pts. Les indices progressaient de 0,3% à 0,4% en début de séance, avant de céder à la tentation des prises de bénéfices. Ils ont ainsi mis fin à une série de 6 hausses d'affilée pour le DJIA, de 5 pour le S&P 500 et de 4 pour le Nasdaq.

Sur le marché des changes, le dollar s'est stabilisé mardi après des critiques de Donald Trump, jugeant l'euro et d'autres devises sous-évaluées face au billet vert. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, cédait mardi soir 0,06% à 96,70 points.

L'euro regagnait 0,15% à 1,1328$, proche de son plus haut niveau depuis le mois de mars. Mardi, Donald Trump a tweeté que "l'Euro et d'autres monnaies sont dévaluées contre le dollar, causant un gros désavantage pour les Etats-Unis", une affirmation que de nombreux experts ne partagent pas.

La Fed va-t-elle céder aux pressions de Donald Trump ?

Sur le marché obligataire, les taux se sont eux aussi stabilisés, en attendant la réunion de la Fed de mardi et mercredi prochain. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a cédé 1 point de base à 2,14%, mais il reste proche de ses plus bas depuis la fin 2016.

Les craintes pour la croissance, notamment après des chiffres de l'emploi décevants en mai (seulement 75.000 créations d'emplois) avaient fait plonger les taux d'intérêts aux Etats-Unis la semaine dernière et fait s'envoler les attentes de baisses de taux de la Fed pour cette année. Selon l'outil FedWatch de CME Group, basé sur les contrat à terme sur les "fed funds", les marchés tablent désormais sur 2 à 3 baisses d'un quart de point du taux des "fed funds", actuellement fixé à 2,25%-2,50%.

Donald Trump a lancé depuis lundi une nouvelle série de critiques contre la Fed, pesant de tout son poids pour obtenir une baisse des taux. Mardi, l'outil FedWatch indiquait une probabilité de stabilité des taux pour la réunion de juin (à 82,5%), mais en revanche, une baisse est attendue le 31 juillet à 64,5%.

Dans un entretien à la chaîne 'CNBC' et une nouvelle série de tweets rageurs, le président américain s'est plaint du niveau élevé des taux de la Fed, et a regretté d'être désavantagé par rapport à son homologue chinois, qui dicte sa volonté à sa banque centrale... Enfonçant le clou, Trump a ensuite tweeté mardi, en commentant les derniers chiffres de l'inflation, que "les Etats-Unis ont UNE INFLATION TRÈS BASSE, une belle chose!". Et d'ajouter que "le taux d'intérêt de la Fed est bien trop élevé, ce qui s'ajoute à un resserrement quantitatif ridicule".

Pékin "ne craint pas une guerre commerciale"

Sur le front de la guerre commerciale, le dossier chinois est revenu au premier plan après le soulagement d'un accord trouvé avec le Mexique. Donald Trump a maintenu la pression sur Pékin en affirmant lundi lors dune interview à 'CNBC' qu'il était prêt à instaurer des droits de douane sur la totalité des importations chinoises si son homologue Xi Jinping refusait de le rencontrer lors du sommet du G20 d'Osaka, les 28 et 29 juin prochain... Cette rencontre n'a pas encore été confirmée du côté chinois alors que des propos acerbes continuent de fuser entre les deux grandes puissances économiques mondiales.

Mardi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, n'a pas confirmé de rencontre entre Xi et Trump. Il a d'ailleurs plutôt expliqué que la Chine, qui demeure "ouverte" à des échanges sur une base équitable, ne craint pas la guerre commerciale... "La Chine ne veut pas d'une guerre commerciale, mais ne craint pas une guerre commerciale", a-t-il déclaré. "Si les Etats-Unis ne veulent qu'une escalade des tensions commerciales, nous répondrons avec détermination et nous nous battrons jusqu'au bout", a ajouté le responsable chinois.

Pétrole et or en légère hausse

Rappelons que début mai, les Etats-Unis ont porté à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits importés de Chine. L'administration Trump menace d'étendre ces sanctions à 300 milliards de dollars d'importations chinoises additionnelles. La Chine a pour sa part rehaussé les taxes douanières sur 60 milliards de dollars de produits américains importés...

Le pétrole a fini à l'équilibre mardi, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI gagnant 0,02% à 53,27$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août était stable à 62,29$ à Londres au moment de la clôture du Nymex. Le 5 juin, le WTI était entré dans un marché baissier, perdant plus de 20% par rapport à ses sommets. Les cours ont toutefois vivement rebondi en fin de semaine dernière, après des déclarations saoudiennes affirmant que l'OPEP+ prolongera son accord de baisse de la production au second semestre.

L'or a regagné 0,10% à 1.330,60$ l'once (contrat à terme d'août sur le Comex), après un recul de 1% lundi et une hausse de plus de 5% ces dernières semaines. Le métal jaune retrouvé son statut de valeur-refuge face aux craintes de ralentissement de la croissance mondiale liées à la guerre commerciale.

VALEURS A SUIVRE

Beyond Meat (-25%) a fait l'objet de prises de bénéfices après sa formidable ascension, dont un gain de 60% sur les deux dernières séances ! Le titre du spécialiste du burger végétarien, introduit à 25$ le 1er mai, vaut désormais 126$, soit 5 fois plus... A la suite de cette envolée, JP Morgan Chase a dégradé mardi la valeur à 'neutre', avec un objectif de cours de 120$. La banque américaine, qui croit toujours au potentiel de la société et trouve le consensus encore trop conservateur, estime tout de même la valorisation actuelle trop élevée, alors que la capitalisation flirte désormais avec les 10 Mds$.

Facebook (+1,8%). MoffettNathanson a rehaussé sa recommandation sur la valeur du réseau social de Menlo Park à l'achat, faisant abstraction des récentes craintes sur la croissance. Facebook doit lancer par ailleurs à l'automne de nouvelles versions de ses écrans connectés Portal.

Amazon (+0,16%), désormais 'marque la plus puissante au monde' selon le palmarès établi par le cabinet Kantar (devant Google et Apple), serait sur le point de fermer son activité de livraisons de repas commandés en ligne (Amazon Restaurants) aux Etats-Unis, indique le 'Wall Street Journal'.

Raytheon (-5,1%) / United Technologies (-3,9%). Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNBC, Donald Trump a déclaré que la fusion nuirait à la concurrence et compliquerait la tâche du gouvernement américain dans la négociation de contrats de défense. "Je veux m'assurer que nous ne faisons pas de mal à la concurrence", a-t-il ajouté, en se disant "un peu inquiet"... Le nouvel ensemble, Raytheon Technologies Corporation, afficherait des revenus globaux estimés à 74 Mds$, ce qui le placera derrière Boeing (81 Mds$), au coude à coude avec Airbus (63,7 MdsE, soit 72 Mds$ de CA 2018), mais devant Lockheed Martin (-47 Mds$).

Merck & Co (+0,6%). Son blockbuster Keytruda a obtenu le feu vert de la FDA pour une prescription dans le traitement du carcinome squameux de la tête et du cou.

Walmart (+0,39%). Le géant américain de la grande distribution a été victime d'un ajustement de l'agence de notation financière Standard & Poor's. S&P a abaissé ainsi de 'stable' à 'négative' sa perspective concernant la note 'AA' du groupe de l'Arkansas.

Tesla (+1,9%), le leader californien de l'automobile électrique, tient ce jour son assemblée générale, alors que le titre vient de copieusement rebondir ces derniers jours, accentuant la tendance de marché. Après avoir touché début juin un plancher de trois ans, le titre vient de reprendre près de 20% en ligne droite.

Barnes & Noble (+1,9%). Selon le 'Wall Street Journal', le distributeur de livres Readerlink travaillerait sur une offre supérieure à celle d'Elliott Management pour le rachat de Barnes. Elliott a proposé 476 millions de dollars pour racheter le libraire américain.

Broadcom (+1,17%) a signé un accord de deux ans avec Apple (+1,16%) pour la fourniture de modules et composants destinés à divers produits du groupe à la pomme. Toujours dans les semi-conducteurs, AMD (-2,4%) n'a en revanche pas bénéficié des annonces de Microsoft (-0,4%) dont la Xbox de nouvelle génération utilisera les 'puces' d'AMD.

H&R Block (+3,1%) progresse après sa publication. Le groupe a annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes de marché, un dividende rehaussé et une acquisition de 405 millions de dollars. Le bénéfice sur le trimestre clos fin avril a représenté 878 M$ soit 4,29$ par titre, contre 1,1 Md$ un an avant. Le consensus était de 4,13$. Le dividende trimestriel est porté à 26 cents.

HD Supply (-5,8%) a décroché après les comptes. Les profits et ventes du trimestre clos ont dépassé les attentes de marché, mais la guidance du groupe a quant à elle été revue en baisse, ce qui explique la chute boursière.

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