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Clôture Wall Street : en berne, alerte rouge sur la consommation aux Etats-Unis

Clôture Wall Street : en berne, alerte rouge sur la consommation aux Etats-Unis
Clôture Wall Street : en berne, alerte rouge sur la consommation aux Etats-Unis
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le rebond aura été de courte durée à Wall Street, où les indices ont lourdement rechuté mercredi, après la publication des comptes de Target (-25%) et de Walmart (-6,8%), plombés par l'inflation des coûts qui rabote les bénéfices du secteur de la distribution. Les marchés digèrent en outre les derniers propos de Jerome Powell, qui a fermement indiqué mardi que la Fed relèverait ses taux jusqu'à ce que l'inflation reflue clairement.

A la clôture, le Dow Jones a abandonné 3,57% à 31.490 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 4% à 3.923 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a replongé de 4,7% à 11.418 pts.

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en berne, à commencer par ceux de la consommation discrétionnaire (-6,6%), des biens de consommation de base (-6,4%), et des technologiques (-4,7%) !

Dans le "retail", Macy's a plongé de 10,6%, Kohl's de 11%, Nordstrom de 9,3% et Gap Inc de 9,8%. Amazon a lâché 7,1%, tandis que parmi les autres "Gafam", Alphabet (-3,9%), Apple (-5,6%), Meta Platforms (-5,1%) et Microsoft (-4,5%) ont tous fini en forte baisse.

Les obligations retrouvent leur statut de valeur-refuge, le bitcoin rechute

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts sont repartis en nette baisse mercredi, les investisseurs se réfugiant vers les actifs moins risqués, dont les obligations, faisant reculer les rendements. Le taux du T-Bond à 10 ans rechutait ainsi en soirée de 10 points de base à 2,88%, et le taux du T-Bond à 2 ans perdait 5 pb à 2,66%.

Le dollar a aussi profité de l'aversion au risque pour rebondir. L'indice du dollar regagnait en fin de soirée 0,54% à 103,92 points face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro rechutait 0,79% à 1,0464$.

Le bitcoin, qui avait plongé vers 26.000$ jeudi dernier, ne parvient pas à retrouver le seuil des 30.000$, à 29.084$ en fin de soirée, en baisse de 3,3% sur 24h, très loin de son record de novembre 2021 à près de 69.000$. L'or a cédé 0,2% à 1.815,90$, pour le contrat à terme de juin sur le Comex.

Les derniers indicateurs "macro" publiés mercredi aux Etats-Unis ont montré que le marché immobilier commence à ralentir, sur fond de hausse des taux des crédits hypothécaires. Les mises en chantier de logements sont ressorties à 1,724 million en avril, contre un consensus FactSet de 1,76 million d'unités et après 1,728 million en mars. Les permis de construire, quant à eux, se sont établis sur un rythme de 1,819 million, conformes au consensus, mais en recul par rapport à mars (1,87 million).

Le pétrole corrige, craintes sur la demande

Les cours du brut ont reculé dans la crainte d'un ralentissement de la demande mondiale, malgré l'annonce d'une baisse surprise des réserves de pétrole aux Etats-Unis la semaine passée. Les stocks de brut (hors réserve stratégique), ont ainsi reculé de 3,4 millions de barils pour revenir à 420,8 mb, alors que le consensus tablait sur une hausse de 1,4 mb.

Mercredi soir, le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin), a cédé 2,5% à 109,59$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a aussi rendu 2,5% à 109,11$. Les cours avaient déjà corrigé mardi après l'annonce par Washington d'un allègement des sanctions infligées au Venezuela, ouvrant la voie à la reprise des achats de pétrole à ce pays d'Amérique du Sud.

Les investisseurs ont aussi réagi aux propos de Jerome Powell, qui a affirmé mardi que la banque centrale américaine continuerait de durcir les conditions monétaires jusqu'à ce que l'inflation montre des signes clairs de ralentissement, tout en estimant qu'il restait possible de faire atterrir l'économie américaine "presque en douceur", plutôt que de causer une récession.

Patrick Harker, patron de la Fed de Philadelphie, lui a fait écho mercredi en affirmant lui aussi que la Fed continuera de relever ses taux directeurs jusqu'à ce qu'elle soit "confiante" que l'inflation recule durablement.

Powell déterminé à relever les taux autant qu'il faudra pour juguler l'inflation

M. Powell a affirmé mardi lors d'une conférence organisée par le 'Wall Street Journal', que le plan de la Fed était de relever ses taux directeurs par étapes d'un demi-point lors de ses prochaines réunions. Il n'a cependant pas exclu de procéder à des hausses plus importantes, de 0,75 pt si nécessaire.

La Réserve fédérale aura "besoin de constater des preuves claires et convaincantes" que l'inflation s'apaise avant de ralentir le rythme des hausses de taux. "Si nous ne le constatons pas, nous aurons à envisager d'agir de manière plus agressive" pour durcir les conditions de financement, a ajouté Jerome Powell. "Si cela implique de relever les taux au-dessus de ce qui est généralement considéré comme neutre, nous n'hésiterons pas à le faire", a-t-il encore affirmé. Le niveau "neutre" du taux des "fed funds" pour l'économie fait l'objet de débats, mais il est généralement considéré comme étant d'environ 2,5%.

Interrogé sur les risques de provoquer une récession, M. Powell a estimé qu'"il y a un certain nombre de voies possibles vers un atterrissage... presque en douceur", comparant cette voie à "une descente en avion un peu turbulente". Il a cependant reconnu que cela pourrait "être un peu douloureux" pour les Américains, mais a insisté sur la nécessité de ramener l'inflation vers l'objectif de moyen terme de 2% que s'est fixé la Fed.

VALEURS A SUIVRE

Target, le détaillant discount américain, a décroché de 25%, en réaction à la publication de ses comptes du premier trimestre fiscal. Plombé par les contraintes de supply chain, le groupe a manqué le consensus de profit. Le bénéfice ajusté par action a été de 2,19$, contre un consensus FactSet de 3,07$. Il s'agit donc d'une nouvelle déception dans le secteur, après des résultats également sans relief publiés plus tôt cette semaine par le géant Walmart. Target envisage des coûts additionnels liés à l'inflation d'un milliard de dollars cette année, notamment dans le transport. "Nous n'avions jamais attendu le genre d'augmentation des coûts dans le fret et le transport que nous observons actuellement", s'est ému le PDG du groupe, Brian Cornell. Pour l'exercice 2022, le groupe anticipe toujours une expansion des ventes de 1 à 5%, mais abaisse donc sa guidance de profits du fait de la flambée des dépenses. Sur le trimestre clos, les ventes ont dépassé les attentes à 25,17 milliards de dollars, contre 24,5 milliards attendus.

Lowe's (-5,2%), le challenger américain de Home Depot (-5,2%) dans la distribution de produits destinés à la maison, a annoncé pour son premier trimestre 2022 un déclin de 4% des ventes à comparable et une baisse de 3,8% sur le marché US. Le bénéfice trimestriel par action a été de 3,51$. Le bénéfice net a atteint 2,3 milliards de dollars sur ce trimestre clos fin avril. Les ventes totales ont été de 23,7 milliards de dollars, contre 24,4 milliards au premier trimestre 2021. Le consensus était de 3,22$ de bpa ajusté pour 23,76 milliards de revenus. Le groupe indique qu'il réaffirme ses prévisions financières annuelles 2022, tablant ainsi sur des revenus allant de 97 à 99 milliards, pour un bpa allant de 13,1 à 13,6$.

TJX (+5,1%), le groupe américain de distribution, a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2023 une marge ajustée avant imposition de 9,4%. Pour l'exercice, la guidance de marge ajustée est révisée en hausse entre 9,6 et 9,8%. Sur le trimestre clos, Marmaxx a affiché une croissance à comparable de 3%, tirée par le trafic client. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a été de 68 cents. Sur ce trimestre clos fin avril, les ventes ont totalisé 11,4 milliards de dollars, en augmentation de 13% en glissement annuel. Alors que les ventes sont légèrement inférieures à la guidance du groupe, les marges sont préservées, ce dont le management ne manque pas de se réjouir aujourd'hui.

Tesla (-6,8%). Le fabricant de véhicules électriques le plus célèbre au monde a perdu sa place dans l'indice ESG (social et éthique) de l'indice S&P 500 à New York ! Le score de Tesla en matière de normes environnementales, sociales et de gouvernance est resté "assez stable" au cours de l'année écoulée, mais il a perdu du terrain face à ses concurrents mondiaux.

Le S&P Dow Jones Indices, l'un des principaux fournisseurs d'indices du marché, a également évoqué des préoccupations liées aux conditions de travail, et la manière dont l'entreprise coopère dans l'enquête pour décès et blessures liés à ses systèmes de conduite autonome. Le manque de stratégie "bas carbone" et de codes de conduite dans les affaires font également partie des points faibles du groupe dirigé par Elon Musk.

Analog Devices (-2,3%), le concepteur de semi-conducteurs du Massachusetts, a annoncé pour son deuxième trimestre fiscal, clos fin avril 2022, un bénéfice net de 783,3 millions de dollars soit 1,49$ par titre, contre 422,9 millions de dollars sur la période comparable de l'an dernier. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a été de 2,4$, contre un consensus FactSet de 2,11$. Les revenus se sont envolés quant à eux de 79% à 2,97 milliards de dollars. Le bénéfice opérationnel ajusté a plus que doublé à 1,49 milliard de dollars. ADI a ainsi livré son cinquième trimestre consécutif de revenus record, illustrant la demande sans précédent pour ses technologies. Pour le trimestre entamé, le groupe envisage un bpa ajusté de 2,42$ et des revenus de 3,05 milliards de dollars.

Alphabet (-3,9%). La filiale russe de Google envisagerait selon Reuters de déposer le bilan, alors que les autorités ont saisi son compte bancaire, rendant impossible la poursuite de ses activités. Google est sous pression en Russie depuis des mois pour ne pas avoir supprimé des contenus jugés illégaux par Moscou et pour avoir restreint l'accès à certains médias russes sur YouTube.

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