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Clôture Wall Street : 3e séance hésitante, mais le Nasdaq signe un record

Clôture Wall Street : 3e séance hésitante, mais le Nasdaq signe un record
Clôture Wall Street : 3e séance hésitante, mais le Nasdaq signe un record
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La valse-hésitation s'est poursuivie à Wall Street pour la 3e séance consécutive, jeudi, dans l'attente d'avancées concrètes du plan de soutien de Joe Biden, en négociation au Congrès américain. Par ailleurs, Joe Biden a parlé pour la première fois à son homologue chinois Xi Jinping au téléphone, un entretien qui ne semble pas avoir apaisé les tensions entre les deux puissances mondiales. Par ailleurs, le marché de l'emploi américain continue de se redresser modestement, mais le président de la Fed, Jerome Powell, a prévenu qu'il faudra sans doute "des années" pour retrouver le plein emploi.

A l'issue d'une séance fluctuante, les actions ont fini en légère hausse, et le Nasdaq comme le S&P 500 ont signé des nouveaux records. Le Dow Jones a cédé un petit 0,02% à 31.430 points, au lendemain d'un record absolu, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,17% à 3.916 pts, un nouveau record, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a avancé de 0,38% à 14.025 pts, là aussi un nouveau sommet.

Parmi les valeurs en vue, le secteur du cannabis a corrigé de plus de 20% après sa récente envolée, tandis que le site de rencontre Bumble s'est envolé de 63,5% pour sa première cotation. Le Bitcoin aussi est sur un nuage à plus de 48.000$ (+30% en 24h) alors que Bank of New York Mellon (+0,9%) prévoit de détenir, transférer et émettre des bitcoins pour le compte de ses clients. Une information qui suit l'annonce lundi par Tesla de l'achat de bitcoin pour 1,5 milliard de dollars.

Quatre des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont progressé jeudi, à commencer par les technologiques (+1%), la santé (+0,16%) et les matériaux de base (+0,14%), tandis que l'énergie a perdu 1,5% dans le sillage d'un reflux des cours du pétrole après 8 séances de hausse. Les autres places boursières mondiales ont terminé jeudi en ordre dispersé, en l'absence de cotations sur les grands marchés asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud) pour cause de Nouvel an lunaire. En Europe, l'EuroStoxx 50 a gagné 0,6%, et à Paris, le CAC 40 a fini quasi-stable (-0,02%).

Regain des tensions sino-américaines en vue ?

Les marchés se sont un peu inquiétés en entendant les dernières déclarations de Joe Biden au sujet de la Chine, après son premier entretien, mercredi soir, avec son homologue chinois Xi Jinping. Le président américain a lancé un avertissement selon lequel "si l'on ne s'active pas, ils vont manger notre repas". Biden, qui recevait dans la journée à la Maison blanche un groupe bipartite de sénateurs américains pour une réunion sur les infrastructures, leur a déclaré que les Etats-Unis devaient élever le niveau pour faire face au défi représenté par la Chine. "Ils investissent des milliards de dollars pour s'occuper d'un éventail de questions liées aux transports, à l'environnement et plein d'autres choses. Nous devons nous mettre au niveau", a déclaré le président américain.

Il a aussi annoncé la création d'un groupe de travail au Pentagone chargé d'élaborer une stratégie militaire face à Pékin. Lors de son entretien avec Xi Jinping, Joe Biden a notamment exprimé son inquiétude sur la situation à Hong Kong et le sort réservé à la minorité musulmane ouïghoure. Selon les médias d'Etat chinois, Xi a invité son homologue américain à se tenir à l'écart de questions qui relèvent de "la souveraineté de la Chine et de son intégrité territoriale".

Concernant les relations commerciales, un haut responsable de l'administration, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a par ailleurs réaffirmé mercredi que les taxes douanières sur les produits chinois mises en place sous la présidence Trump restaient pour l'heure en place, dans l'attente d'un réexamen global de la stratégie commerciale américaine.

Le marché de l'emploi s'améliore... lentement aux Etats-Unis

Sur le plan macro-économique, les investisseurs ont accueilli de façon mitigée les derniers chiffres de l'emploi hebdomadaire aux Etats-Unis. Pour la semaine close au 6 février, les inscriptions au chômage reculé à 793.000 (-19.000), mais moins que prévu (760.000 demandes attendues)... Par ailleurs, les chiffres d'il y a deux semaines ont été révisés défavorablement, avec 812.000 inscriptions au chômage contre 779.000 initialement annoncées, témoignant de difficultés de collecter correctement les données pendant la crise sanitaire.

La moyenne à quatre semaines s'établit à 823.000 demandeurs d'emploi, en recul de 33.500. Mais on reste très loin de quelque 200.000 demandes par semaine observées avant la crise du Covid...

Mercredi, le président de la Fed, Jerome Powell, a consacré un discours à la situation de l'emploi, estimant que le marché de l'emploi est "très loin" d'être solide, ajoutant que l'expérience des récessions passées montre que cela pourrait prendre "des années" avant de retrouver le plein emploi.

Le président de la Fed a assuré que la banque centrale américaine allait maintenir durablement une politique monétaire accommodante pour soutenir l'économie et l'emploi. Powell a aussi précisé qu'il était trop tôt pour réfléchir à une inflexion de politique monétaire et a appelé le gouvernement à se mobiliser pleinement pour soutenir l'activité à court terme avec le plan Biden de 1.900 milliards de dollars, et à long terme via un programme d'investissement.

Il a également tempéré les craintes relatives à une potentielle poussée inflationniste, écartant le risque d'un flambée durable des prix. La Fed a déjà indiqué qu'elle accepterait un passage temporaire de l'inflation au-dessus de son objectif de 2% dans le cadre du processus de reprise post-Covid.

Fin de la série haussière pour le pétrole

Les cours du pétrole ont mis fin jeudi à une longue série haussière de 8 séances pour le WTI et 9 séances positives pour le Brent, qui ont fait remonter les cours au plus haut depuis janvier 2020. Jeudi, le contrat à terme de mars sur le baril de pétrole brut WTI a cédé 0,80% à 58,24$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance avril a lâché 0,5% à 61,14$. Les cours gagnent encore environ 18% pour le Brent et 19% pour le WTI depuis le début de l'année, soutenus par la perspective d'une reprise de la demande courant 2021.

L'or a rechuté jeudi de 0,9% à 1.826,80$ l'once pour le contrat à terme d'échéance avril sur le Comex, tandis que l'argent d'échéance mars a reculé de 0,1% à 27,04$.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar était stable jeudi soir à 90,41 points (+0,04%) face à un panier de devises, tandis que l'euro gagnait 0,14% à 1,2133$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond a 10 ans a bondi de 4 points de base à 1,16%, après les commentaires de Jerome Powell écartant le risque d'une poussée inflationniste aux Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Zynga (+7,3%) a progressé au lendemain de sa publication financière. Le groupe envisage une solide activité en 2021, avec notamment son jeu 'Harry Potter' et le nouveau 'FarmVille'. Il table ainsi, pour l'exercice en cours, sur un net bookings voisin de 2,8 milliards de dollars, à comparer à un consensus de 2,75 milliards. D'ici la fin de l'année, le groupe pourrait aussi lancer un jeu 'Star Wars'. Sur le quatrième trimestre, le net bookings s'est élevé à 699 millions de dollars, contre 677 millions de consensus et 433 millions sur la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action a été de 4 cents, stable en glissement annuel. Le niveau de rentabilité est donc quelque peu décevant en fin d'exercice, mais les marchés saluent le niveau de ventes et commandes record.

AstraZeneca (+0,2%) a publié ses comptes 2020, marqués par un bénéfice plus que doublé. Le groupe s'attend par ailleurs à une accélération de sa croissance en 2021, y compris sans son vaccin conçu avec Oxford contre le nouveau coronavirus. Pour le quatrième trimestre 2020, les ventes de médicaments ont battu le consensus. Le laboratoire anglo-suédois anticipe cette année une croissance du chiffre d'affaires de 10 à 14% et un bénéfice ajusté par action amélioré de 18 à 24%, entre 4,75 et 5$. La guidance de croissance ne tient pas compte de l'impact du vaccin covid. Un nouveau point sera effectué sur ce sujet précis en marge de la publication du premier trimestre. Le groupe indique qu'il entend accélérer ses efforts pour adapter le vaccin aux variants nouveaux.

Pour le quatrième trimestre, le groupe a affiché des ventes supérieures aux attentes et un bpa 'en ligne' à 1,07$. Pour l'ensemble de l'exercice 2020, les revenus ont grimpé de 9% à 26,6 milliards et les ventes de produits ont totalisé 25,8 milliards, alors que le bénéfice net pdg est ressorti à 3,2 milliards de dollars. Sur le seul quatrième trimestre, les ventes de produits ont augmenté de 12% à 7 milliards et les revenus ont totalisé 7,4 milliards.

Uber (-3,9%). Les résultats trimestriels, publiés mercredi soir, ont été marqués par une belle performance d'Uber Eats, mais une activité VTC sans relief. Ainsi, la demande en livraisons de repas n'a pas compensé la faiblesse de l'activité principale. Les revenus trimestriels ont décliné de 16% en glissement annuel à 3,17 milliards de dollars, ce qui ressort inférieur au consensus. Le groupe de San Francisco a quelque peu réduit sa perte trimestrielle, qui reste néanmoins particulièrement conséquente. La perte ajustée se monte à 454 millions de dollars, un peu moins lourde que prévu. Le point positif de la publication est donc la vigueur des livraisons dans un contexte de crise sanitaire, avec une croissance de 130% sur le quatrième trimestre pour plus de 10 milliards de dollars de commandes.

Sur le trimestre clos, la perte ajustée par action ressort à 54 cents, contre 53 cents de consensus et 64 cents un an avant. En 2020, Uber a réduit de près de 30% ses effectifs. Sur le dernier trimestre de l'exercice, les revenus 'de mobilité', activité essentielle, ont corrigé de 52% à 1,47 milliard de dollars. En comparaison du trimestre antérieur, ils augmentent tout de même de 8% malgré les nouvelles mesures restrictives aux USA et en Europe. Le groupe n'est pas en mesure pour l'heure de prédire quand l'activité de transport retrouvera ses niveaux antérieurs à la pandémie.

BorgWarner (-1,9%) a annoncé une augmentation de ses ventes au quatrième trimestre, en glissement annuel, ainsi qu'un niveau de cash opérationnel des activités de 416 millions de dollars. Les revenus trimestriels sont ressortis en augmentation de... 53% à 3,93 milliards, pour un bénéfice net de 358 millions de dollars et 1,52$ par titre et un profit opérationnel de 214 millions de dollars. L'activité annuelle est ainsi stable à 10,16 milliards, pour un bénéfice net de 500 millions.

Molson Coors (-9,1%) publie pour le quatrième trimestre des revenus en baisse de 8% et une perte nette GAAP de 1,4 milliard de dollars, 6,32$ par titre, avec une lourde charge de dépréciation du goodwill de 1,5 milliard en Europe. Le bénéfice ajusté trimestriel aurait été positif de 40 cents, en recul de 61% en glissement annuel. L'Ebitda ajusté trimestriel a été de 375 millions de dollars, en retrait de 34%. La perte nette annuelle se situe à 949 millions de dollars.

Duke Energy (-2,5%) a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice par action en ligne avec le consensus de marché à 1,03$, pour des revenus en revanche décevants à 5,8 milliards de dollars, à comparer à un consensus de marché de 6,7 milliards. Le groupe énergétique américain affirme sa guidance pour l'exercice fiscal 2021 et dit viser, sur la période, un bénéfice par action allant de 5 à 5,3$.

Kraft Heinz (+4,8%) a annoncé des ventes du quatrième trimestre en augmentation de 6,2%, avec une expansion organique de 6%. Le bénéfice opérationnel trimestriel a plus que doublé, alors que le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires a plus que quintuplé, comme le bénéfice par action. L'Ebitda ajusté a grimpé de 14% et le bpa ajusté a augmenté de 11%. Les ventes trimestrielles totalisent donc 6,94 milliards, pour un profit opérationnel de 1,55 milliard et un bpa dilué ajusté de 80 cents.

Kellogg (-1,9%), le géant des céréales et snacks, a annoncé des profits et ventes inférieurs aux attentes pour le trimestre clos. Sur la période close début janvier, le bénéfice net est ressorti à 385 millions de dollars et 59 cents par titre, contre 360 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 86 cents, contre 91 cents un an avant et 89 cents de consensus. Les revenus ont augmenté de 7,5% à 3,46 milliards, contre 3,51 milliards attendus. Pour 2021, le groupe table sur un bpa ajusté en augmentation de 1%.

PepsiCo (-1,9%) a dépassé les attentes. Sur son quatrième trimestre, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 1,47$, contre un consensus de 1,45$ et un niveau de 1,45$ un an avant. Les revenus du géant américain des soft drinks ont totalisé 22,46 milliards de dollars, dépassant de 2% le consensus de marché, contre 20,6 milliards de dollars sur la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice net a augmenté à 1,85 milliard de dollars et 1,33$ par action, contre 1,77 milliard un an avant. Comme Coca-Cola, PepsiCo envisage une année de croissance en 2021. Le groupe juge que les styles de vie pré-pandémiques devraient progressivement reprendre avec la réouverture des économies et les vaccins.

Novavax (stable). L'Union européenne devrait signer un accord avec le laboratoire cette semaine ou la suivante pour la livraison de son candidat vaccin contre le Covid-19, ont déclaré à Reuters deux sources proches des pourparlers.

Tyson Foods (-5,6%), le groupe alimentaire américain, a battu le consensus de profits sur le trimestre écoulé. Le leader américain de la transformation de viande a publié par ailleurs un chiffre d'affaires trimestriel légèrement inférieur aux attentes, du fait de problèmes de production et des restrictions sanitaires sur l'activité des restaurants et des hôtels. Sur le trimestre clos, le bénéfice net est ressorti à 467 millions de dollars soit 1,28$ par titre, contre 509 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,94$, contre un consensus FactSet de 1,49$. Les ventes se sont repliées en revanche à 10,46 milliards, contre 10,81 milliards un an avant.

MGM Resorts (-3,2%), exploitant américain de casinos, a annoncé une perte trimestrielle plus importante que prévu, pénalisé par les restrictions de voyage. La perte ajustée trimestrielle par action est ressortie à 90 cents, contre 96 cents de consensus. Les revenus se sont établis à 1,49 milliard de dollars, supérieurs quant à eux de 1% au consensus de marché, contre un niveau de 3,19 milliards un an avant.

Bank of New York Mellon (+0,9%) serait-il contaminé par l'effet Tesla ? L'établissement bancaire new-yorkais prévoit de détenir, transférer et émettre des bitcoins et d'autres cryptomonnaies pour le compte de ses clients gestionnaires d'actifs.

Pinterest a grimpé de 7,3%, alors que le colosse software Microsoft aurait évalué selon le Financial Times une éventuelle acquisition du réseau social de partage de photographies. Le FT croit ainsi savoir que Microsoft aurait mené des discussions avec Pinterest en vue d'une potentielle acquisition. Il n'y a toutefois plus actuellement de négociations actives entre les deux groupes, expliquent les sources familières de la question du Financial Times. Pinterest pèse actuellement 53 milliards de dollars à Wall Street. L'approche de Microsoft aurait eu lieu il y a quelques mois.

Walt Disney (+0,6%) doit annoncer ses comptes après la clôture. Ils devraient avoir bénéficié de l'impact du lancement du service de streaming vidéo Disney+.

Après plusieurs séances d'euphorie, alimentées par des messages sur le forum Wallstreetbets ("WSB") du réseau social Reddit, les valeurs cannabis replongent jeudi en séance à Wall Street. L'action Canopy Growth, qui avait bondi de 19% en deux séances, a plongé de 22%. Aphria et Tilray, qui sont en cours de rapprochement, se sont effondrés respectivement de 35,8% et de 49,7% après des gains respectifs 10,7% et de 51% mercredi. Cronos Group a perdu 21,8% et Aurora Cannabis a abandonné 23,5% et Sundial Growers a lâché 19,3%. Le fonds coté ETFMG Alternative Harvest ETF a chuté de 24,6% et Cannabis ETF a perdu 22,9%, après des gains supérieurs à 50% depuis début février pour ces deux ETF !

Bumble, le rival de Tinder, a bondi de 63,5% à 70,31$ pour sa première cotation. Le cours d'introduction avait été fixé à 43$ par titre pour 50 millions d'actions de catégorie A, ce qui représente une belle levée de fonds de 2,2 milliards de dollars. L'option de surallocation porte sur 7,5 millions d'actions. L'application de rencontre où seules les femmes peuvent faire le premier pas, s'est introduite au-dessus du haut d'une fourchette indicative déjà relevée à 37-39$.

Vendredi, la journée sera plus calme, avec tout de même les résultats de Moody's, Dominion Energy, American Axle et Newell Brands.

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