Cotation du 17/07/2019 à 09h33 CAC 40 -0,09% 5 609,09
  • PX1 - FR0003500008

Clôture Paris : le CAC40 monte encore, Natixis chute !

Clôture Paris : le CAC40 monte encore, Natixis chute !
Clôture Paris : le CAC40 monte encore, Natixis chute !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — LA TENDANCE

Le CAC40 a terminé en hausse de 0,31% ce jeudi à 5.535 pts, plus très loin de ses récents sommets du mois d'avril à 5.601 points. Depuis le début de l'année, la hausse dépasse désormais les 17% dans des marchés qui continuent de se laisser porter par le contexte de grande souplesse monétaire, confirmé hier outre-Atlantique par le discours de Jerome Powell... Le changement de ton du patron de la Fed est notable et, pour de nombreux observateurs, il devra se matérialiser par une baisse de taux dès le mois de juillet. Les baisses de taux pourraient atteindre jusqu'à 50 points de base d'ici la fin de l'année.
Donald Trump n'a pas manqué de triompher sur Twitter : "Depuis l'Élection de 2016, la Bourse est en hausse de pratiquement 50% ! Les actions ont gagné 9.200 Milliards de Dollars de valeur, et plus de 5.000.000 nouveaux emplois ont été ajoutés à l'Economie" (...) "Si notre opposant avait gagné, il y aurait eu un krach boursier, tout simplement!".

ECO ET DEVISES

La Réserve Fédérale américaine a donc maintenu hier mercredi l'objectif du taux des fed funds à 2,25-2,50%, tout en ouvrant la voie à des assouplissements dans les prochains mois. A noter que si 9 membres du Comité de politique monétaire ont voté en faveur de ce statu quo, il y a eu un vote contre, celui de James Bullard. Le patron de la Fed de St-Louis était favorable à une baisse d'un quart de point du taux des fed funds dès hier... La banque centrale a en outre retiré de son communiqué l'expression "patiente", relative à sa future politique monétaire. La Fed est prête à agir de façon "appropriée" face aux "incertitudes croissantes" sur l'économie américaine, ajoutant qu'elle "surveillerait de près" les données macro-économiques à la lumière de ces incertitudes.
Malgré une expansion modérée de l'activité économique, un marché de l'emploi solide et une inflation proche de son objectif de 2%, la Fed indique que "les incertitudes sur les perspectives économiques se sont accrues". A la lumière de ces incertitudes et des faibles pressions inflationnistes, "le Comité va surveiller de près les implications des prochaines données statistiques pour la croissance, et agira de façon appropriée pour soutenir la croissance afin de maintenir un marché de l'emploi solide et une inflation proche de l'objectif de 2%".
Dans ses nouvelles projections économiques, la Fed a cependant laissé planer un certain doute sur le rythme d'évolution des taux. En effet, les projections médianes montrent que la Fed prévoit toujours un taux des fed funds à 2,4% à la fin de l'année (sans changement par rapport à ses dernières projections de mars), ce qui impliquerait non pas une baisse mais une stabilité des taux. Dans le détail, les membres de la Fed apparaissent très partagés : 8 d'entre eux voient les taux baisser d'ici à la fin 2019, dont 7 prévoient deux reculs pour revenir à 1,75-2%. Huit autres prévoient des taux inchangés d'ici à décembre, à 2,25-2,50%, et un seul prévoit une hausse d'un quart de point à 2,50-2,75%.
Pour la fin 2020 en revanche, les prévisions de taux sont bien revues en baisse, à 2,1% au lieu de 2,6% en mars, et pour 2021, elles sont de 2,4% (contre 2,6% précédemment).
La banque centrale américaine a en outre très peu modifié ses prévisions de croissance du PIB des Etats-Unis, attendu en hausse de 2,1% en 2019, de 2% en 2020 et de 1,8% en 2021, contre respectivement 2,1%, 1,9% et 1,8% en mars. Le taux de chômage est revu en très légère baisse de 0,1 point, à 3,6% en 2019, 3,7% en 2020 et 3,8% en 2021, contre respectivement 3,7%, 3,8% et 3,9% en mars. Quant à l'inflation sous-jacente, elle est revue en légère baisse à 1,8%, 1,9% et 2% sur les trois années, contre 2%, 2% et 2% en mars dernier.

Le pétrole grimpe ce jour avec un baril de Brent de la mer du Nord échéance août qui reprend 4% à 64,20 dollars à Londres et un 'light sweet crude' pour livraison juillet qui bondit de 5% à près de 57$ sur le Nymex. L'or noir bénéficie d'un contexte porteur mêlant baisse du dollar, tensions géopolitiques dans le Golfe et recul plus fort qu'anticipé des réserves américaines la semaine passée.
La hausse s'est accélérée dans l'après-midi après un tweet de Trump estimant que l'Iran aurait fait "une énorme erreur" en abattant un drone américain ce matin...

Après avoir atteint un plus haut de près de deux ans, les stocks de pétrole ont chuté de 3,1 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis quand le consensus anticipait un repli de 1,1 million de barils... Après des semaines de désaccord, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont quant à eux décidé de se réunir le 1er juillet, avant une réunion avec leurs alliés non membres du cartel le lendemain. L'OPEP+ discutera de l'opportunité de prolonger l'accord sur la réduction de 1,2 million de barils par jour de la production, qui expire ce mois-ci. Le ministre de l'énergie des Émirats arabes unis a déclaré au journal 'Al-Bayan' qu'une extension était "logique et raisonnable" et que l'élan en faveur d'un accord semblait se renforcer.

Les espoirs commerciaux ont quant à eux dopé les marchés chinois. Le Shanghai Composite a repris 2,4%. Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, qui dirige les discussions avec la Chine sur les questions commerciales, a indiqué qu'il s'attendait à rencontrer, avec le secrétaire au Trésor Stephen Mnuchin, le vice-Premier ministre chinois Liu He. Les discussions au niveau intermédiaire vont donc bien reprendre, avant une rencontre au sommet attendue lors du G20 d'Osaka au Japon entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping... Sur les devises, l'euro est remonté sur les 1,1270/$ entre banques.

VALEURS EN HAUSSE

Vallourec gagne 6,8% avec la remontée du baril de pétrole, suivi de CGG et Esso (+4%) puis de TechnipFMC (+3,5%)

Guerbet : remonte de 4,5% avec Argan (+3,5%) avec Oeneo, Manitou

STMicroelectronics poursuit son rebond de 2,5%. Morgan Stanley avait initié hier la couverture de STMicroelectronics avec une recommandation "surpondérer" et un objectif de cours de 18 euros.

Eramet : +2,5% avec Groupe Gorgé, Europacorp et Savencia

Alten : +1,5% avec Capgemini, AKKA, Schneider, Ubisoft

Lafargeholcim (+1%) a annoncé le résultat de son offre de rachat portant sur l'obligation 7,125%/2036. A l'issue de la période de l'offre, fixée au mercredi 19 juin, le groupe va récupérer 76.912.000$, conformément aux procédures de livraison garantie décrites dans l'offre d'achat, subordonnées au respect des obligations de livraison des porteurs aux termes de ces procédures. La date de règlement de l'offre devrait être le 24 juin.

Kering (+1%) bénéficie de plusieurs notes favorables d'analystes. Citi estime tout d'abord que la récente sous-performance de l'action offre un point d'entrée intéressant, alors que le choix d'investissement est toujours "convaincant" en dépit des préoccupations sur la croissance de sa marque la plus populaire, Gucci.

Vivendi : +1% suivi de LVMH, Spie, Lectra, Valeo et SoiTec

* Safran (+0,5%). A l'occasion du salon du Bourget, CFM International, la coentreprise 50/50 entre Safran Aircraft Engines et GE, a annoncé des commandes totales et engagements pour plus de 1.150 moteurs LEAP, accompagnés d'accords de services de long terme, pour une valeur approximative totale de 50,2 milliards de dollars aux prix catalogue ! Gaël Méheust, président et directeur général de CFM International, se félicite, évoquant "une semaine absolument incroyable", avec des commandes de clients de longue date ainsi que de nouveaux opérateurs LEAP, dont IndiGo pour le LEAP-1A et une lettre d'intention récemment annoncée d'IAG pour 200 appareils 737 MAX de Boeing - pour laquelle CFM entend finaliser la 'portion LEAP-1B' de l'accord.

VALEURS EN BAISSE

Natixis : -11,7%, de retour sur un plancher de trois ans. Un décrochage à relier à la suspension par Morning Star de la notation du Fonds Allegro (2,4 milliards d'euros d'actifs sous gestion, soit 7,5% du total des actifs sous gestion de H2O), à la suite d'un article du 'Financial Times' mettant en avant l'exposition de H2O à certains actifs non liquides.
H2O est l'une des principales 'boutiques' de Natixis avec environ 30 milliards d'euros d'actifs sous gestion, au même titre que DNCA (23,2 milliards d'euros) ou AEM (65 milliards d'euros).
"Cette décision fait suite aux interrogations de l'équipe de recherche quant au caractère approprié et à la liquidité de certaines obligations privées détenues dans l'une des poches du fonds", explique Morning Star. "Au sein de cette poche, 4,2% des actifs sont investis dans des obligations illiquides émises par des sociétés contrôlées le financier allemand Lars Windhorst. Si cette poche est relativement limitée en taille, et si nous ne pensons pas qu'elle pose un risque immédiat pour la performance du fonds, la concentration des placements sur une série de sociétés liées au même individu est une source d'inquiétude. Nous observons en outre que depuis mai 2019, Brunos Crastes, directeur général d'H2O, a été nommé au conseil de surveillance ("Advisory Board") de la société Tennor Holding, le fonds d'investissement de Lars Windhorst, laissant transparaître un risque de conflit d'intérêt".
Jefferies juge malgré tout la réaction du marché exagérée puisque H2O représente globalement 5%-6% du résultat net du groupe. La structure du fonds a toujours été divulguée par H2O, ajoute le broker, à l''achat' sur Natixis.
Alphavalue estime pour sa part la contribution de H2O au résultat net de la banque à environ 2%. Alors qu'il y aura des sorties de fonds chez H2O, il reste à voir si cela affectera d'autres boutiques et, surtout, dans quelle mesure cela affectera le modèle multi-boutique spécifique de Natixis, ajoute le bureau de recherche, également à l''achat' sur la banque.
Dans un bref communiqué, Natixis affirme que le "risque d'un potentiel conflit d'intérêts n'est pas avéré" et que "ces éléments ne remettent aucunement en cause la liquidité et la performance des fonds de H20". H20 communiquera prochainement et en détail pour répondre à l'ensemble des questions soulevées par la publication de ces informations.

Recylex perd 5,8%. Les affaires ne s'arrangent pas pour Recylex et sa filiale allemande. Cette dernière, dont le besoin de refinancement pour 2019 est désormais estimé à 44,4 millions d'euros, a demandé à ses partenaires financiers de reporter au 31 juillet leur droit de résiliation anticipée du financement existant (obtenu en décembre 2016) ainsi que de reporter jusqu'à cette même date les remboursements dus au 31 décembre 2018, au 31 mars 2019 et au 30 juin 2019. Le sous-groupe allemand a également sollicité auprès du consortium bancaire le report au 31 décembre 2019 de la disponibilité d'une tranche du financement existant (à hauteur de 2,4 millions d'euros).

Casino perd 4%, ce qui entraîne sa maison-mère Rallye à la baisse (-20%) après plusieurs séances de forte hausse nourries par des rachats de positions vendeuses.

Air France KLM : recule de 4% suivi de Solocal, Crit et Eutelsat

EDF : -3,5%. Le groupe a pris connaissance de la décision de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) dans son courrier daté du 19 juin relatif aux écarts affectant les soudures des tuyauteries vapeur principales en exclusion de rupture de l'EPR de Flamanville. EDF analyse actuellement les conséquences de cette décision sur le planning et le coût de l'EPR de Flamanville, et fera, dans les prochaines semaines, un point précis sur la suite du projet. EDF avait confirmé mardi soir que la reprise de certaines soudures du réacteur nucléaire EPR de la centrale de Flamanville pourrait se traduire par un retard dans la mise en service...

Crédit Agricole : -2% avec le secteur bancaire déprimé par Natixis. BNP Paribas recule de 2% et la SG de 1,5%.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com