Cotation du 29/09/2020 à 18h05 CAC 40 -0,23% 4 832,07
  • PX1 - FR0003500008

Clôture Paris : le CAC flambe, dopé par le vaccin russe

Clôture Paris : le CAC flambe, dopé par le vaccin russe
Clôture Paris : le CAC flambe, dopé par le vaccin russe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les places européennes grimpent ce mardi, les opérateurs misant toujours sur un accord entre républicains et démocrates sur un nouveau plan de soutien à l'économie américaine, face à la crise du coronavirus. En outre, l'annonce surprise faite par Vladimir Poutine au sujet d'un tout premier vaccin contre le nouveau coronavirus stimule également les marchés actions. Pourtant, certaines voix critiques s'élèvent face à ce développement expéditif de Moscou... Le CAC 40 refuse toutefois de tergiverser et s'envole de 2,41% à 5.028 pts.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI avance de 0,8% à 42,3$. Le Brent de la mer du Nord s'adjuge 0,5% à 45,2$. L'once d'or trébuche de 3,8% à 1.954$.

Les indices ZEW allemands sont ressortis contrastés en juillet. Si l'indice principal ressort à 71,5 points après 59,3 en juillet, et contre 58 de consensus, l'indice relatif à la situation actuelle s'enfonce davantage en territoire négatif, à -81,3, contre -80,9 le mois précédent et -68,8 de consensus.

Hier, les marchés européens avaient terminé en timide hausse après de bons indicateurs chinois, et suite à la signature par Donald Trump de décrets destinés à fournir une aide financière rapide aux millions d'Américains que l'épidémie a mis au chômage.

Les marchés estiment que ces actions de Trump devraient fournir des arguments en vue d'une reprise des négociations à Washington. D'ailleurs, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin n'a pas caché sa volonté de compromis sur des questions sur lesquelles républicains et démocrates sont dès maintenant capables de s'accorder. Mnuchin n'a pas précisé de date de reprise des négociations. Nancy Pelosi, démocrate et présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, a aussi exprimé son désir d'un accord.

La cote américaine, qui avait terminé sur une note plutôt positive hier soir (vive hausse de 1,3% du DJIA et légère consolidation du Nasdaq), est orientée assez fermement ce mardi. Le DJIA gagne 1% et le S&P500 0,4%. Le Nasdaq cède en revanche 0,2%.

Donald Trump a décidé samedi de contourner le Congrès en signant un plan de relance par décrets. Les mesures permettraient un gel des cotisations salariales et le versement d'une indemnité hebdomadaire de 400 dollars à des dizaines de millions de chômeurs américains. Jusqu'à la fin du mois dernier, ces chômeurs bénéficiaient d'une indemnité de 600 dollars. Ce plan peut toutefois être contesté par les démocrates.

Nancy Pelosi et Steven Mnuchin ont indiqué avant-hier leur volonté de reprendre les négociations en vue du nouveau plan tant attendu de soutien à l'économie américaine, qui doit compenser l'impact de la crise du covid-19. Rappelons que le président américain Donald Trump, en l'absence de progrès dans ces discussions, avait signé samedi des décrets apportant une aide supplémentaire aux millions d'Américains au chômage suite à la crise récente. Les mesures ont néanmoins été jugées globalement insuffisantes par le clan démocrate.

Trump a estimé avant-hier que la suspension des cotisations sociales annoncée la veille pourrait bien devenir permanente. La mesure n'aura pas d'impact sur la sécurité sociale. A propos de la reprise éventuelle des pourparlers à Washington, Trump a ajouté que la Maison blanche était prête à échanger si cela n'était pas une perte de temps.

Pelosi et Mnuchin paraissent désormais prêts quant à eux à un accord prolongeant des aides jusqu'à la fin de l'année, avant un nouvel état des lieux en début d'année prochaine - après l'élection de novembre. Mnuchin a engagé les négociateurs à adopter ainsi "une loi sur des choses pour lesquelles nous pouvons nous entendre" (...) "Nous n'avons pas besoin de tout régler d'un coup", a ajouté le responsable sur Fox News. Pelosi a qualifié d'inconstitutionnels les décrets de Trump, qui ne permettraient d'ailleurs pas selon elle d'aider rapidement et directement les Américains. Elle juge donc nécessaire de parvenir à un accord. Dans ce but, les démocrates pourraient revoir la durée des mesures pour en réduire le coût et faire un pas vers l'administration Trump.

Sur le front sanitaire, le nombre de morts dus au nouveau coronavirus a reculé la semaine dernière aux Etats-Unis après quatre semaines de hausse, constate Reuters, qui évoque une baisse des contaminations dans plusieurs états dont l'Arizona, la Floride et la Californie. Au niveau mondial, plus de 20 millions de cas ont été recensés selon l'Université Johns Hopkins, dont 5,1 millions aux USA, 3,06 millions au Brésil, 2,27 millions en Inde et 895.691 en Russie. Le nombre de morts dans le monde se chiffre à 737.285, dont 163.533 aux Etats-Unis et 101.752 au Brésil. Plus de 53.000 décès sont recensés au Mexique et 46.611 au Royaume-Uni.

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part annoncé la validation par les autorités locales de santé d'un tout premier vaccin contre le nouveau coronavirus. Évidemment, l'espoir se mêle au scepticisme devant cette annonce, compte tenu de la rapidité de ce développement du Gamaleya Institute de Moscou. Poutine estime que le vaccin a subi toutes les vérifications nécessaires. Le président russe a même déclaré qu'une de ses filles avait pris le vaccin.

Des responsables russes ont déclaré à CNN précédemment que des essais cruciaux de phase III auraient lieu... après l'enregistrement par l'État du vaccin ! La Russie n'a publié aucune donnée scientifique sur ses tests de vaccins, ce qui limite donc fort logiquement la capacité à vérifier son innocuité ou son efficacité. CNN note que le Kremlin a toujours tenu à présenter la Russie comme une force scientifique mondiale, ce qui explique une certaine pression pour parvenir rapidement à un vaccin, au détriment peut-être de certaines précautions.

Quoi qu'il en soit, le ministère russe de la Santé a donc accordé une autorisation réglementaire pour ce premier vaccin anti-covid-19 développé par l'Institut Gamaleya. Le dirigeant du fonds souverain russe, Kirill Dmitriev, a indiqué que ce vaccin serait commercialisé sous le nom de Spoutnik V sur les marchés internationaux, le nom faisant référence au premier satellite artificiel lancé par l'Union soviétique en 1957. L'autorisation intervient après moins de deux mois d'essais chez l'homme. Elle va permettre une utilisation à grande échelle du vaccin en Russie.

Cependant, les dernières phases d'essais cliniques se poursuivent pour déterminer l'innocuité et l'efficacité du vaccin. Ces essais doivent débuter mercredi, selon Kirill Dmitriev. Vladimir Poutine, lors d'une réunion ministérielle retransmise par la télévision d'Etat, a ajouté : "Je sais qu'il est très efficace, qu'il permet de développer une forte immunité et, je le répète, il a passé tous les tests nécessaires". Poutine espère une production de masse sous peu.

L'Organisation mondiale de la Santé discute quant à elle avec les autorités russes de la procédure en vue d'une éventuelle "préqualification" du vaccin. "Nous sommes en contact étroit avec les autorités russes et des discussions sont en cours au sujet d'une éventuelle préqualification du vaccin", a précisé un porte-parole de l'organisation, cité par Reuters, ajoutant tout de même que cette préqualification inclut un examen et une évaluation rigoureux de l'ensemble des données d'innocuité et d'efficacité...

La situation liée à l'épidémie en France évoluerait dans le mauvais sens, selon le Premier ministre Jean Castex, qui évoquait ce jour de nouvelles mesures visant à éviter une seconde vague et un reconfinement économiquement douloureux. "Depuis deux semaines environ, la situation épidémiologique, que nous surveillons de très près, évolue en effet dans le mauvais sens", a indiqué Jean Castex à l'occasion d'une visite au CHU de Montpellier. Près de 5.000 nouveaux cas ont été enregistrés entre vendredi et lundi. "Si nous ne réagissons pas collectivement, nous nous exposons à un risque élevé de reprise épidémique qui sera difficile à contrôler", a ajouté le chef du gouvernement. "Elle mettra à nouveau sous tension l'ensemble de la chaîne de santé, de la médecine de ville aux services hospitaliers. Elle mettra aussi sous tension notre économie, notre système éducatif, notre vie collective et culturelle", a estimé Jean Castex.

Le gouvernement a donc demandé aux préfets et élus locaux d'étendre le plus possible l'obligation du port du masque dans les espaces publics. "Nous allons également intensifier nos actions dans la vingtaine des plus grandes métropoles nationales, où se concentrent des populations nombreuses et des grands rassemblements", détaille le Premier ministre. Le gouvernement va prolonger jusqu'au 30 octobre l'interdiction des événements de plus de 5.000 personnes. Il entend aussi renforcer la politique de dépistage et de test, ainsi que les mesures visant à assurer l'effectivité de la quatorzaine. "Eviter par dessus tout un retour en arrière, un reconfinement important", est donc l'objectif du gouvernement.

Valeurs en hausse

Thales (+7,1%). Le titre du groupe d'électronique spécialisé dans l'aérospatiale, la défense et la sécurité est dopé par une note de JP Morgan, qui a rehaussé à 'surpondérer' sa recommandation sur le dossier tout en ajustant son objectif de cours de 87 à 88. Le marché est largement positif sur la valeur puisque, selon le consensus 'Bloomberg', 10 analystes sont à l''achat', 7 à 'conserver' et aucun à la 'vente'.

Accor (+6,7%). La Commission Royale pour Al-Ula (la RCU) annonce la conclusion d'un partenariat avec le groupe Accor, dans le cadre de sa stratégie visant à développer le site d'Al-Ula afin d'en faire une destination touristique "naturelle, culturelle et patrimoniale". Cette collaboration permettra à Accor d'étendre le complexe d'Ashar et d'en assurer l'exploitation sous l'enseigne Banyan Tree. 47 nouvelles unités porteront ainsi à 82 le nombre de villas haut de gamme, accompagnées d'un spa et de plusieurs restaurants gastronomiques.

Imerys (+1,7%) a conclu un accord en vue de l'acquisition d'une participation majoritaire de 60%, avec des options d'achat du reste du capital, du groupe Haznedar, fabricant turc de réfractaires monolithiques et de briques réfractaires de haute qualité, servant les industries sidérurgique, cimentière et pétrochimique. Le montant de l'opération n'est pas divulgué. Cette activité a généré 64 M$ de chiffre d'affaires (dont 40 % à l'export) et 17 M$ d'EBITDA en 2019.

Touax (+29,6%). Touax Rail Ltd a signé une augmentation de capital de 81,9 millions d'euros pour accélérer le développement de son activité de wagons de fret en Europe et en Asie. Touax SCA restera l'actionnaire majoritaire, avec 51 % du capital et 49 % sera détenu par son nouveau partenaire DIF Capital Partners, via son véhicule DIF Core Infrastructure Fund II.

Innate Pharma (+2,8%) a obtenu un financement de 6,8 ME dans le cadre de l'appel à projet PSCP-COVID (Projets de recherche et développement structurants pour la compétitivité), afin de soutenir les activités de recherche et de développement de la société dans la COVID?19. Cet appel à projets est opéré pour le compte de l'Etat par Bpifrance dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir (PIA), piloté par le Secrétariat général pour l'investissement (SGPI).

Safe Orthopaedics (+13%) a obtenu l'homologation de la Food and Drug Administration (FDA) pour la commercialisation de SteriSpine PS 2ème génération sur le territoire américain. SteriSpine PS est la première technologie à l'échelle mondiale de vis pédiculaires associées à une instrumentation prête-à-l'emploi, à usage unique et stérile.

Voltalia (+3,5%) a finalisé l'installation d'un parc solaire de 3,9 mégawatts. Situées dans la commune de Jonquières en Provence Alpes-Côte d'Azur (Région Sud), ces ombrières solaires protègeront du soleil et des intempéries un marché et son parking. Lauréate d'un Appel d'Offres de la CRE en août 2018, cette nouvelle centrale bénéficie d'un contrat de vente d'électricité d'une durée de 20 ans et sera pleinement opérationnelle à la fin du mois.

Lagardère (+2,9%). Amber Capital et Vivendi enterrent la hache de guerre sur le dossier Lagardère. Malgré leurs divergences, les deux parties ont signé un pacte à la suite des très mauvais résultats annoncés par Lagardère il y a quelques jours. Vivendi et Amber Capital, qui sont respectivement les premier et deuxième actionnaire de Lagardère avec 23,5% et 20% du capital, vont dans ce cadre entamer auprès de Lagardère des démarches afin d'avoir, chacun, au conseil de surveillance une représentation minoritaire, de trois membres pour Amber Capital et un membre pour Vivendi. Ils ont également souhaité stabiliser son actionnariat en se consentant pour cinq ans, aux termes d'un accord conclu ce jour, un droit de première offre et un droit de préemption réciproques.

Valeurs en baisse

Bien peu de baisses sont à déplorer ce soir. Worldline fléchit de 0,5%, Gecina perd 1,6%, Covivio 1,1% et Eramet 0,9%. Iliad consolide de 0,7% et Spie de 0,6%.

©2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !