Cotation du 15/11/2019 à 15h54 CAC 40 +0,50% 5 930,84
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Clôture Paris : le CAC 40 victime de la flambée du pétrole

Clôture Paris : le CAC 40 victime de la flambée du pétrole
Clôture Paris : le CAC 40 victime de la flambée du pétrole
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La place parisienne a connu une journée assez délicate, suite aux événements survenus en Arabie saoudite et à la flambée des prix de l'or noir. Ainsi, le CAC 40 a mis un terme à une belle série de quatre séances dans le vert pour retomber ce soir de 0,94% à 5.602 pts. Les marchés ont souffert, seul le secteur pétrolier venant réellement se distinguer en territoire positif.

La cote américaine corrige logiquement ce lundi, également plombée par cette envolée des cours du brut, à deux jours du verdict de la Fed qui tient demain et mercredi sa réunion de politique monétaire. Le S&P500 est orienté en retrait de 0,3% à mi-parcours, alors que le DJIA perd 0,5% et le Nasdaq 0,3%. Sur le marché des changes, l'euro évolue ce soir à 1,10$ (-0,6%), alors que l'indice dollar prend encore 0,4% à 98,7 face à un panier de devises de référence. Les cours du pétrole s'envolent quant à eux de plus de 11% à l'heure actuelle ! L'attaque du week-end aurait été menée avec des armes iraniennes et n'aurait pas été lancée du Yémen, d'après les éléments initiaux de l'enquête de la coalition sous commandement saoudien.

Donald Trump s'en est pris à l'Iran dans un tweet du jour consécutif aux événements du week-end en Arabie saoudite. "Rappelez-vous lorsque l'Iran avait abattu un drone, affirmant avec assurance qu'il était dans leur 'espace aérien' alors qu'en fait, il n'était nulle part dans cette zone. Ils se sont fermement raccrochés à cette version tout en sachant qu'il s'agissait d'un très gros mensonge. Maintenant, ils disent qu'ils n'ont rien à voir avec l'attaque contre l'Arabie saoudite. Nous verrons?"

"Parce que nous avons fait si bien durant les quelques dernières années en matière d'Energie (merci, Monsieur le Président!), nous sommes devenus un Exportateur net d'Energie, & maintenant le Premier Producteur Mondial d'Energie. Nous n'avons pas besoin du Pétrole & du Gaz du Moyen-Orient, & nous n'avons en fait que très peu de pétroliers là-bas, mais nous aiderons nos Alliés!", avait lancé le leader américain plus tôt ce jour.

L'envolée des prix du brut se confirme ce lundi, le baril WTI s'adjugeant actuellement plus de 11% à 61$ sur le Nymex, contre un bond de 12% à 67,5$ sur le Brent de la mer du Nord, après les attaques de drones ce week-end contre des installations pétrolières en Arabie saoudite qui ont réduit de moitié la production de pétrole du royaume.

Goldman Sachs estime que si la situation se prolongeait plus de six semaines en Arabie, les prix du Brent pourraient rapidement franchir les 75$ le baril... L'Organisation des pays exportateurs de pétrole dit pour sa part évaluer l'impact sur le marché de ces attaques contre des installations saoudiennes et estime prématuré de prendre une décision. C'est ce qu'ont déclaré ce lundi le ministre de l'Energie des Emirats arabes unis et d'autres sources citées par Reuters.

Rappelons que l'Arabie saoudite est le plus gros exportateur mondial de pétrole. Les attaques contre deux installations stratégiques de la compagnie Aramco ont amputé la production de 5,7 millions de barils par jour, soit près de la moitié de la production saoudienne. Aramco a promis samedi un état des lieux dans les 48 heures (ce qui voudrait dire aujourd'hui !).

Donald Trump a promptement réagi et autorisé les USA à puiser dans leurs réserves. Les Etats-Unis croient savoir qui est derrière les attaques qui ont visé des installations pétrolières saoudiennes et sont "prêts à agir", a précisé sur Twitter le leader américain, après qu'un haut responsable de son administration a imputé la responsabilité des attaques à l'Iran. "Nous avons des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes prêts à agir en fonction des vérifications, mais nous attendons du Royaume qu'il nous dise qui, selon eux, est à l'origine de cette attaque et de quelle manière nous allons procéder!".

Le président américain a donc autorisé le recours aux réserves pétrolières stratégiques domestiques après ces attaques, revendiquées par les Houthis, alliés de l'Iran, contre lesquels l'Arabie saoudite et ses alliés arabes sunnites interviennent militairement depuis 2015. Le mouvement yéménite houthi a renouvelé ce jour ses menaces contre Aramco, réclamant la fin de l'intervention saoudienne au Yémen.

"Du fait des attaques sur l'Arabie saoudite, qui pourraient avoir un impact sur les prix du pétrole, j'ai autorisé l'utilisation de pétrole provenant de la Réserve Stratégique, si besoin était, dans une proportion restant à définir, suffisante pour garder des marchés bien approvisionnés. J'ai également informé toutes les agences concernées de la nécessité d'expédier les approbations de pipelines pétroliers actuellement dans un processus d'accès aux permis au Texas et dans différents aux Etats", avait tweeté Trump hier. "PLEIN DE PETROLE!", a par ailleurs lancé le leader de la Maison blanche.

Certains éléments limitent (heureusement ?) la flambée des cours du pétrole ce jour. Ainsi, les mauvaises statistiques chinoises et le risque de développement d'un nouveau front commercial entre USA et Europe, pèsent sur les marchés. La production industrielle chinoise a vu son expansion retomber à 4,4% sur un an en août, au plus bas depuis février 2002, contre un consensus de +5,2%. Les ventes de détail sont ressorties en hausse de 7,5% sur un an et l'investissement en actifs fixes en croissance de 5,5% sur huit mois, soit des niveaux ici encore inférieurs au consensus... Les rumeurs évoquant la volonté de l'administration Trump d'imposer des droits de douane "punitifs" à l'Union européenne en s'appuyant sur une décision de l'OMC sanctionnant des aides publiques à Airbus, pèsent également.

Trump a une fois encore taclé la Fed ce lundi sur Twitter, à deux jours de la décision monétaire de la Banque centrale américaine. "Les prix à la production en Chine ont reculé de la manière la plus importante en trois ans du fait de la grande dévaluation de la monnaie chinoise, accompagnée d'un stimulus monétaire. La Réserve Fédérale ne regarde pas? Est-ce que la Fed va un jour entrer dans le jeu? Le Dollar est plus fort que JAMAIS! Vraiment mauvais pour les exportations. Pas d'inflation... Les Taux d'Intérêt les plus Élevés. Les Etats-Unis, à cause de la Réserve Fédérale, payent un Taux d'Intérêt BIEN PLUS élevé que les autres pays concurrents. Ils ne peuvent pas savoir à quel point ils sont chanceux que Jay Powell & la Fed n'y comprennent rien. Et maintenant, en plus de tout cela, le coup du Pétrole. Grosse Chute des Taux d'Intérêt. Stimulus!", réclame donc Trump.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point le 18 septembre, à l'issue de la réunion monétaire de la Fed, se situe actuellement à 65,8% (taux réduit dans une fourchette de 1,75-2%), alors que la probabilité d'un statu quo ressort à 34,2%. L'hypothèse du statu quo monte d'ailleurs en puissance ces dernières heures, malgré les pressions de Trump.

L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois de septembre 2019 est ressorti à 2 points seulement, contre +4,9 de consensus et +4,8 pour le mois antérieur. Le rapport du jour signale donc un ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région.

Sur le front du Brexit, Boris Johnson a confirmé ce jour qu'il n'allait pas demander de nouveau report du Brexit et que le Royaume-Uni allait sortir de l'Union européenne le 31 octobre, comme prévu. Londres et Bruxelles vont par ailleurs intensifier les discussions, ont affirmé les équipes du Premier ministre britannique suite à son entretien avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission.

Valeurs en hausse

Amplitude Surgical (+16,5%) s'est envolé sans actualité notable pourtant. Le groupe doit publier le 23 octobre 2019 ses résultats annuels 2018-2019, après la clôture du marché. Fin juillet, il avait dévoilé un chiffre d'affaires annuel 2018-19 de 102,6 ME en croissance de 3% à taux constants. En France, la croissance du chiffre d'affaires annuel était de +3% à 65,5 ME. A l'international, la croissance du chiffre d'affaires annuel se montait à 3,1% à taux constants à 37 ME.

Bénéficiant pleinement du vif rebond des prix du pétrole, Maurel & Prom et Bourbon se sont accordés respectivement 7,5% et... 16,6%. Recylex s'est enflammé de 12,4%.

TechnipFMC s'est distingué avec les cours du brut, clôturant sur un bond de 4,6%, devançant le dossier Total (+2,5%). Ailleurs sur le CAC, Veolia a pris 1,1%.

EssilorLuxottica (+0,2%) en garderait sous le pied. Telle est en synthèse la conclusion des analystes d'UBS dans une étude publiée ce matin. La banque en profite pour relever son opinion sur le groupe d'optique de 'neutre' à 'achat' et son objectif de 110 à 145 euros. Pour UBS, la croissance à long terme du groupe franco-italien ainsi que les synergies de revenus issues de la fusion sont sous-estimés par les investisseurs actuellement.

Genfit a pris 4,2% sur quelques achats spéculatifs. GTT s'est adjugé 2,5% et DBV 1,6%.

Vivendi (+0,1%). Canal+ et le géant américain Netflix ont annoncé un partenariat qui prévoit d'associer le service Netflix aux offres Canal+. A partir du 15 octobre, les abonnés Canal+ qui souscriront au pack CINE/SERIES auront ainsi accès dans un même abonnement à la chaine premium Canal+ et au service Netflix. Ce pack exclusif comprendra l'offre Netflix Standard (deux écrans, HD) et sera proposé au lancement à 15 euros/mois, en plus de l'abonnement à Canal+. Il comprendra également plus de 20 chaînes cinéma et séries déjà présentes dans le pack CINE/SERIES.

Valeurs en baisse

Airbus (-3,4%) rechute lourdement en ce début de semaine, alors que la bataille commerciale entre l'Union européenne et les Etats-Unis dans le feuilleton des aides publiques accordées au secteur aéronautique pourrait connaître une nouvelle étape. Selon deux sources de l'agence Reuters, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a approuvé une demande américaine visant à imposer de nouveaux droits de douane à des produits européens dans ce dossier, ce qui pourrait conduire à des représailles de l'UE... La portée de la décision devrait être connue à la fin du mois.

Air France-KLM (-3,2%) subit de plein fouet l'envolée des cours du brut. L'actualité autour de la compagnie nationale tourne par ailleurs autour de l'éventuelle reprise d'Aigle Azur. Le tribunal de commerce doit examiner ce jour les projets de reprise du deuxième transporteur français. Selon le secrétaire d'État chargé des Transports, deux offres sont encore en lice, l'une regroupant Air France et le groupe Dubreuil (propriétaire d'Air Caraïbes) et l'une d'un transporteur étranger, sans doute easyJet. "ll y a deux offres en discussion: une offre combinée de transporteurs aériens français, et une offre d'un transporteur étranger", a déclaré Jean-Baptiste Djebbari à 'CNews' ce week-end.

Coface (-5,2%) corrige suite à une note défavorable de JP Morgan, qui est passé de 'surpondérer' à 'neutre' tout en réduisant son objectif de 11,50 à 10,80 euros. Les assureurs vont être confrontés à d'importants vents contraires en raison de la faiblesse des taux d'intérêt, explique la banque américaine, qui a également dégradé Hannover Re, Swiss Life, et Mapfre après leurs résultats du premier semestre. JP Morgan voit toujours de bonnes opportunités dans l'industrie et affirme que la nature défensive et obligataire du profil de rendement du capital du secteur fera en sorte qu'il ne sera jamais complètement délaissé.

Fermentalg (-6,3%) retombe après les résultats financiers. La perte opérationnelle courante ressort à 4,34 ME à fin juin 2019 contre 2,53 ME un an plus tôt. Après prise en compte de la valorisation des rémunérations versées en actions et des frais financiers, le résultat net semestriel est une perte de 5,35 ME. Au 30 juin 2019, la trésorerie brute ressortait à 9,7 ME contre 9,5 ME à la fin du premier trimestre 2019 et 12,5 ME à fin 2018.

Groupe Open (-7%). Le titre du spécialiste de la transformation industrielle et numérique des entreprises abandonne encore du terrain. Le flux vendeur sur le dossier est très fort depuis la publication semestrielle décevante de la société. Une annonce marquée par un repli des revenus et un résultat net négatif... Suite à cette publication, Oddo BHF avait dégradé le dossier à 'neutre' tout en réduisant son objectif de 21 à 16 euros.

Sanofi (-0,6%) perd du terrain. Le Français et l'Américain Abbott ont pourtant annoncé une collaboration pour intégrer les technologies de mesure de la glycémie et d'administration d'insuline afin de simplifier davantage la manière dont les patients atteints de diabète prennent en charge leur maladie. Les deux entreprises vont mobiliser leurs capacités d'innovation en matière de soins connectés pour développer des outils combinant la technologie révolutionnaire FreeStyle Libre aux données sur le dosage de l'insuline dans de futurs stylos intelligents et applications de dosage de l'insuline, ainsi que dans un logiciel cloud...

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