Cotation du 16/10/2019 à 13h19 CAC 40 +0,05% 5 705,10
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Clôture Paris : le CAC 40 s'en sort à l'arrachée

Clôture Paris : le CAC 40 s'en sort à l'arrachée
Clôture Paris : le CAC 40 s'en sort à l'arrachée
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le marché parisien s'est offert in extremis un très timide sursaut technique, après deux séances de correction brutale (-1,4% mardi et -3,1% hier). Le CAC 40 est ainsi remonté ce soir de 0,3% à 5.439 pts, mais il n'en demeure pas moins que les craintes de récession sont désormais durablement installées. Le CAC reste d'ailleurs très éloigné de son pic de séance de mardi inscrit à 5.705 points. La volatilité a été grande ce jour, le CAC ayant tout de même touché un plus bas de 5.393 pts avant de se ressaisir.

Le rebond était entretenu aujourd'hui par Airbus et les compartiments du luxe et des spiritueux, suite aux dernières annonces des Etats-Unis relatives aux tarifs douaniers que mettra en place Washington à partir de la mi-octobre. De nombreux produits, comme le champagne ou le cognac, seront finalement épargnés par ces nouvelles taxes. La tendance reste malgré tout fragile, alors que les craintes pesant sur la croissance mondiale à l'origine du mouvement de consolidation appuyé observé des derniers jours sont toujours bien présentes dans l'esprit des opérateurs.

Wall Street évolue autour de l'équilibre à la mi-séance ce jour, le DJIA perdant 0,1%, contre un gain de 0,1% sur le S&P500 et une hausse de 0,3% pour le Nasdaq. La cote américaine corrigeait un peu plus tôt suite à un bien faible ISM des services, accréditant la thèse d'un ralentissement économique prononcé outre-Atlantique. Il est à noter que les marchés, qui jusqu'à présent considéraient les mauvaises statistiques comme autant d'arguments en faveur de la souplesse monétaire, prennent désormais les mauvais chiffres conjoncturels pour ce qu'ils sont réellement... L'ISM des services américains est ressorti largement inférieur aux attentes de marché, à 52,6 contre un consensus de 55,5. Il était de 56,4 un mois plus tôt. L'indicateur traduit donc un ralentissement assez prononcé de l'expansion de l'activité dans les services en septembre.

L'indice PMI des services américains du mois de septembre 2019 est ressorti en ligne avec le consensus, à 50,9. L'indice PMI composite américain est également conforme aux attentes à 51.

Les commandes industrielles du mois d'août 2019 sont ressorties en retrait de 0,1% par rapport au mois antérieur, contre -0,5% de consensus et +1,4% un mois plus tôt.

D'après la dernière étude Challenger sur le sujet, les annonces de licenciements des entreprises au mois de septembre 2019 aux Etats-Unis ont concerné 41.557 postes, contre 53.480 un mois auparavant. Les annonces de destructions de postes ressortent ainsi au plus bas depuis le mois d'avril 2019. Il s'agit donc d'un signal plutôt favorable à la veille du rapport du Département au Travail sur la situation de l'emploi aux USA, et au lendemain de faibles chiffres de l'emploi privé publiés par ADP.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis pour la semaine close au 28 septembre ont progressé de 4.000, à 219.000 selon le Département américain au Travail. Le consensus de place était positionné à 215.000.

A la clôture hier, la place US avait un peu cédé à la panique, l'indice Dow Jones ayant abandonné 1,86% à 26.078 points, l'indice large S&P 500 1,79% à 2.887 pts et le Nasdaq 1,56% à 7.785 pts... Hier, l'autorisation donnée par l'OMC pour taxer 7,5 Mds$ de produits européens, dans l'aéronautique et l'agroalimentaire notamment, avait fait frémir les marchés, qui semblaient un peu rassurés ce matin par le détail fourni, excluant notamment champagne, cognac et liqueurs françaises. Trump n'en a pas moins 'marqué le coup' par un petit tweet.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, cède 0,3% ce mercredi à 98,7. L'euro gagne 0,3% à 1,099$.

Les cours du pétrole poursuivent leur correction ce jour, le baril de brut WTI abandonnant 1,6% à 51,8$ et le Brent de la mer du Nord cédant 1,1% à 57$. Hier, les prix avaient déjà flanché après l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Les craintes de récession appuient encore sur les cours ce jeudi... L'Arabie saoudite estime par ailleurs aujourd'hui avoir retrouvé toute sa capacité de production.

Face au coup de tabac boursier, Donald Trump a une nouvelle fois dénoncé la politique menée par la Fed et son président Jerome Powell, alors que de leur côté, la majorité des économistes blâment les effets de la montée des barrières douanières dans la guerre commerciale que le président américain a déclenché contre la Chine, mais aussi l'Europe. "Comme je l'avais prédit, Jay Powell et la Réserve fédérale ont laissé le dollar devenir tellement fort, particulièrement par rapport à TOUTES les autres devises, que nos industriels en subissent des effets négatifs", a écrit mardi le président américain sur Twitter."Les taux de la Fed (sont) trop élevés. Ils sont leurs pires ennemis, ils ne comprennent rien. Pathétique!", a affirmé le leader de la Maison blanche.

De leur côté, les investisseurs anticipent une politique monétaire toujours plus accommodante de la Fed mais aussi de la BCE. Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'une nouvelle baisse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed, le 30 octobre, sont montées à 92,5% (contre 62,5% mardi). Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point le 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet.

Valeurs en hausse

Remy Cointreau bondit de 6,4% et Pernod Ricard s'adjuge 4,2%. Les investisseurs accueillent favorablement les dernières annonces américaines relatives aux nouveaux tarifs douaniers que Washington imposera sur 7,5 milliards de dollars d'importations européennes. L'administration Trump a en effet décidé de taxer une liste importante de produits, parmi lesquels le vin français, les olives en provenance de France, d'Allemagne et d'Espagne, les saucisses de porc produites dans toute l'UE... Mais le champagne, le cognac et autres produits de luxe sont absents de ce listing, contrairement aux informations qui ont circulé dans la presse ces derniers jours.

Airbus grimpe de 4,2%, les investisseurs se montrant plutôt rassurés par les dernières annonces de Washington relatives à l'imposition de nouveaux droits de douane sur les importations européennes. Morgan Stanley estime que ces tarifs douaniers n'auront que peu d'impact sur les résultats du géant européen et souligne qu'il est "peu probable" que les tarifs s'appliquent lorsque le client est un bailleur établi aux États-Unis et que l'exploitant est une compagnie aérienne internationale. Il semble ainsi peu probable qu'Airbus fasse des concessions tarifaires, affirme MS, qui ajoute que l'application de tarifs uniquement sur les avions finis et non sur les pièces détachées est une "bonne nouvelle".

LVMH reprend 0,8% et Kering 0,4%. Le compartiment du luxe bénéfice également des dernières annonces américaines sur les tarifs douaniers.

CAFOM (+13,4%) veut se séparer de sa filiale Habitat. Le Conseil d'administration a engagé un processus de cession avec l'objectif de parvenir à une transaction dans les prochains mois. Le Groupe CAFOM est propriétaire de la marque Habitat qui exploite 36 magasins en propre (27 en France métropolitaine, 1 à Monaco, 5 en Espagne et 3 en Suisse) et 39 en franchise à travers le Monde. Le chiffre d'affaires retraité du pôle Habitat s'est inscrit en progression de près de 2% au 1er semestre 2019, à 56,3 ME, pour un EBITDA de -0,7 ME contre -1,3 ME un an plus tôt.

Ingenico (+2,7%) est dopé par une note de Berenberg. Le broker a débuté le suivi de la valeur avec un conseil 'acheter' et un objectif de 106 euros. Dans un secteur des paiements 'surchargé', le courtier estime que les entreprises qui suivent la bonne tendance surperformeront probablement, comme Square, qui offre une bonne offre pour les petites et moyennes entreprises, et Ingenico, qui s'est diversifié en passant d'un fournisseur de terminaux traditionnels à un fournisseur de services de paiement avec un potentiel de redressement interne.

Bic (+3,5%). Bryan Garnier table sur un rebond des ventes au troisième trimestre ainsi que sur la confirmation des objectifs annuels. La forte baisse du titre depuis le début de l'année facilitent également le rebond du jour, souligne l'analyste, 'neutre' sur le dossier avec une fair value' rehaussée de 85 à 92 euros. Il faudra patienter jusqu'au 23 octobre pour connaître la teneur de l'activité du troisième trimestre du fabricant de briquets et de rasoirs.

Valeurs en baisse

Plus forte baisse du CAC 40, Publicis cède 1,4%. Credit Suisse reste 'neutre' sur la valeur en abaissant la mire de 54 à 52 euros. Dans une étude plus globale sur le secteur, Bank of America Merrill Lynch estime que les résultats du troisième trimestre devraient être mitigés, mais que les valorisations demeurent généralement attrayantes. Le courtier est à l''achat' sur la valeur, qu'il favorise dans une optique de moyen terme compte tenu du potentiel de transformation.

Saint-Gobain recule de 1,9%. Jefferies maintient sa recommandation 'sous-performance' sur le groupe de matériaux e construction, tout en relevant son objectif de 28,6 à 30,1 euros. Dans une étude plus globale sur le secteur, Bank of America Merrill Lynch estime que les résultats du troisième trimestre devraient être mitigés, mais que les valorisations demeurent généralement attrayantes. Le courtier est à l''achat' sur la valeur, qu'il favorise dans une optique de moyen terme compte tenu du potentiel de transformation.

AccorHotels (-1%). Au-delà des inquiétudes sur la conjoncture, le titre du géant hôtelier pâtit d'une note d'analyste. Selon nos informations, Barclays a réduit son objectif de cours de 46 à 45 euros, tout en reconduisant son opinion 'surpondérer'.

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