Cotation du 20/09/2019 à 18h05 CAC 40 +0,56% 5 690,78
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Clôture Paris : le CAC 40 retombe, Trump et l'Allemagne pèsent

Clôture Paris : le CAC 40 retombe, Trump et l'Allemagne pèsent
Clôture Paris : le CAC 40 retombe, Trump et l'Allemagne pèsent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un puissant rebond de 1,70% hier mercredi, la place parisienne est retombée finalement ce jeudi de 0,87% en clôture à 5.388 pts. Le CAC 40 et les marchés européens ont creusé leurs pertes en fin de journée avec les nouvelles provenant d'Allemagne. La Bundesbank ne verrait en effet pas pour l'heure la nécessité de mettre en place des mesures de relance budgétaire - même si elle s'attend à une nouvelle contraction de l'économie au troisième trimestre. Citant des personnes proches de la Banque centrale allemande, Bloomberg ajoute que la Bundesbank anticipe un nouveau repli de 0,1% du PIB local sur les trois mois clos fin septembre. Les traditionnels tweets de Trump ont également plombé l'ambiance en fin de séance à Paris, le président américain martelant son éternel discours afin d'obtenir encore plus de souplesse de la Fed.

La tendance est désormais négative à Wall Street ce jeudi, après une belle hausse hier alimentée en particulier par les comptes solides des détaillants Lowe's ou Target. Les opérateurs restent prudents, après des indices PMI européens et américains assez contrastés, des minutes sans surprise de la BCE et de la Fed, et à la veille de l'intervention de Jerome Powell à l'occasion du symposium de Jackson Hole... Le DJIA perd actuellement 0,1%, le Nasdaq 0,7% et le S&P500 0,3%. Les nouveaux tweets de Trump, qui n'a une fois de plus pas fait dans la finesse, pèsent.

Sur le marché des changes, l'euro se traite à 1,109$, alors que l'indice dollar pointe à 98,2, pratiquement stable face à un panier de devises de référence. Sur le Nymex, le baril de brut WTI reperd 1% à 55,2$, alors que le Brent de la mer du Nord abandonne 0,9% sous les 60$ le baril.

Le compte Twitter du président américain Donald Trump ne reste jamais très longtemps inactif. Ainsi, le leader de la Maison blanche vient de s'épancher encore sur le réseau social, au sujet de l'Allemagne, des taux et de la Fed. "L'Allemagne vend des obligations à 30 ans offrant des rendements négatifs. L'Allemagne est en concurrence avec les Etats-Unis. Notre Réserve Fédérale ne nous permet pas de faire ce que nous devons. Ils nous ont désavantagés par rapport à nos concurrents. Dollar fort, pas d'inflation! Ils bougent comme des sables mouvants. Combattez ou rentrez chez vous!" Trump s'indigne encore : "L'Économie va très bien. La Réserve Fédérale peut facilement en faire un Record! La question qui se pose est la suivante: pourquoi payons-nous beaucoup plus d'intérêts que l'Allemagne et que certains autres pays? Soyez en avance (pour changer), pas en retard. Laissez l'Amérique gagner gros, plutôt que de simplement gagner!"

Hier sur Twitter, Trump s'en est pris par ailleurs de manière assez agressive aux patrons des grandes entreprises automobiles, qui entendraient s'aligner sur les normes californiennes assez exigeantes en matière de CO2 plutôt que de suivre celles de l'agence américaine de protection environnementale, que l'administration en place prévoit d'assouplir.

D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 17 août sont ressorties au nombre de 209.000, contre 216.000 de consensus de place et 221.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure.

Les indicateurs PMI américains du mois d'août sont ressortis sans relief. Ainsi, l'indice composite s'est établi à 50,9, contre un consensus de place de 51,9 et un niveau de 51,6 sur le mois antérieur. L'indicateur manufacturier est même passé sous la barre fatidique des 50, signalant donc une légère contraction, à 49,9 contre un consensus de 50,2. L'indice des services a lui aussi raté le consensus, à 50,9, contre 52,3 pour les attentes de marché.

L'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board pour le mois de juillet 2019, qui vient également d'être révélé ce jour, s'est établi en revanche en progression de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus et -0,3% pour le mois précédent.

Le grand rendez-vous économique de la semaine est néanmoins programmé pour demain, 16h, avec l'intervention du président de la Fed Jerome Powell pour la réunion de Jackson Hole, Wyoming, qui rassemble les grands argentiers mondiaux. Les opérateurs tenteront d'en savoir plus sur les intentions de la Fed, alors que les Minutes de la dernière réunion monétaire - celle des 30 et 31 juillet - publiées hier soir n'ont quant à elles pas révélé de surprise. La Réserve Fédérale, tant critiquée par Donald Trump, avait alors réduit finalement d'un quart de point ses taux, les ramenant dans une fourchette de 2-2,25%, certains membres ayant tout de même discuté de la possibilité d'une baisse plus importante.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, il est extrêmement probable (à 96% pour être précis) que la Fed procède à une nouvelle baisse des taux d'un quart de point, réduisant ainsi la fourchette à 1,75-2%. Évidemment, cela restera sans doute insuffisant pour Trump, qui taclait hier encore la Fed et son patron Jerome Powell, "un golfeur sans toucher", incapable de faire un putt...

Notons que le compte rendu de la dernière réunion de la BCE vient lui aussi d'être publié. Globalement, les responsables de la Banque centrale européenne se sont accordés sur l'idée d'une politique accommodante durable, les nouvelles actions possibles incluant baisse des taux et rachats d'actifs. Dans ses minutes, la BCE évoque "une combinaison d'instruments avec d'importantes complémentarités et synergies". La Banque centrale européenne pourrait apporter un soutien plus fort au secteur bancaire par un amortissement des effets d'un taux de dépôt négatif...

La dernière phase de rebond de la cote américaine a également été alimentée par les espoirs de relance fiscale outre-Atlantique, mais Trump a nuancé le propos en indiquant notamment qu'il ne prévoyait pas de réduction de l'imposition des revenus. De potentielles réductions de cotisations sociales ou d'impôts (notamment sur les plus-values) avaient précédemment été évoquées, soutenant alors les marchés.

Un léger mieux est constaté par ailleurs ce jour pour la zone euro. Selon les données préliminaires d'IHS Markit, l'indice PMI Flash Composite de l'activité globale dans la région a atteint 51,8 en août, contre 51,5 en juillet, et 51,2 de consensus. L'enquête continue par ailleurs d'indiquer un écart de performance important entre le secteur manufacturier et celui des services, malgré un léger resserrement par rapport à juillet. L'Indice PMI Flash de l'activité de services se redresse ainsi à 53,4 (53,2 en juillet et 53 de consensus) tandis que l'Indice PMI Flash de l'industrie manufacturière ressort à 47 (46,5 en juillet et 46,3 de consensus)... Bien que le taux d'expansion de l'activité globale se soit légèrement redressé au cours de la dernière période d'enquête, les dernières données PMI préfigurent une hausse du PIB de l'ordre de seulement 0,1 à 0,2% au troisième trimestre 2019.

Concernant le Brexit, le Premier ministre britannique Boris Johnson, à Paris ce jeudi après avoir rendu visite à la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, a fait part d'un certain optimisme concernant un éventuel accord d'ici au 31 octobre, Emmanuel Macron s'est montré beaucoup plus circonspect. "Permettez-moi d'être très clair, nous ne trouverons pas un nouvel accord de retrait dans les 30 jours qui sera très différent de l'accord existant", a déclaré le président français. "Nous devons respecter ce qui a été négocié". L'accord conclu après 19 mois de négociations entre Theresa May et l'UE a déjà été rejeté trois fois par le Parlement britannique. Johnson exige notamment que l'UE supprime ce que l'on appelle le backstop, mécanisme conçu pour garder la frontière irlandaise exempte de contrôles. "Nous avons suffisamment de temps pour trouver une solution pour la frontière", a assuré le Premier ministre britannique. Emmanuel Macron a de son côté indiqué qu'il ne s'agissait pas seulement d'un mécanisme technique, mais d'un garant de la stabilité en Irlande et dans la province d'Irlande du Nord.

Valeurs en hausse

Renault prolonge sa hausse de la veille et prend 1,2%. Selon le quotidien 'Il Sole 24 Ore', les discussions entre le président du constructeur au losange, Jean-Dominique Senard, et le directeur général de Nissan, Hiroko Saikawa, se sont intensifiées ces dernières semaines, ce qui pourrait relancer les négociations avortées en vue d'une fusion entre les groupes automobile français et italien.

A l'image de ses concurrentes européennes mais également de la Société Générale, BNP Paribas (+0,8%) va tailler dans ses effectifs. Selon les informations du 'Monde', la banque va supprimer environ 500 postes dans sa filiale de conservation de titres en France (BNP Paribas Securities Services), soit environ 20% des équipes de l'entité. "Le programme envisage une réduction du nombre de postes en France à horizon trois ans", souligne pour sa part la BNP, sans chiffrer l'ampleur de cette réduction, tout en précisant qu'il n'y aura aucun départ contraint. Dans un message adressé aux salariés et repris par le quotidien, la direction estime que "cette évolution des effectifs en France est rendue nécessaire par la forte pression sur notre coefficient d'exploitation et le durcissement des conditions de marché". Du côté des syndicats, l'heure est à l'inquiétude : "Nous ne voyons pas comment la direction peut faire partir près d'un quart de son staff sans un plan de départs volontaires. La mobilité interne a ses limites", explique ainsi au journal un représentant syndical de BP2S.

Société Générale (+2,1%) se serait offert pour sa part les services de Bain & Co afin de l'aider à réduire les coûts de son siège parisien. Le cabinet international de conseil en stratégie aidera la banque à trouver des moyens de réduire ses dépenses d'environ 20% dans divers services tels que les technologies de l'information, les ressources humaines ou le département finances, selon une source proche de la banque citée par Bloomberg. La division informatique de la SocGen est trop fragmentée et a besoin d'être rationalisée, a notamment souligné la source.

Bloomberg a révélé également que la banque étudiait diverses options pour sa filiale de gestion d'actifs, Lyxor. Selon les sources de l'agence, Société Générale travaillerait sur plusieurs options, y compris une vente ou une fusion, dans un contexte de forte concurrence dans l'industrie de la gestion d'actifs. Aucune décision définitive n'aurait été prise... Lyxor, l'un des plus grands fournisseurs d'ETF (Exchange Traded Fund ou fonds négocié en bourse) en Europe, gérait environ 151 milliards d'euros d'actifs à fin juillet, dont près de la moitié via des ETF.

Société Générale affiche ainsi la plus forte progression du CAC 40 ce soir, devant Publicis (+1,2%), Renault et TechnipFMC.

CBo Territoria (+1,7%) affiche pour le premier semestre 2019 un chiffre d'affaires de 48,4 millions d'euros, en hausse de 21,3%. Sur la période, l'activité de Foncière (activité phare du groupe) poursuit sa croissance avec des revenus locatifs bruts de 10,7 ME, en hausse de 8,5%. Pour l'activité de Foncière, CBo Territoria relève de 1 point, à 5%, son objectif de croissance annuelle des loyers bruts à 21,4 ME.

TechnipFMC prend finalement 1,1%, alors que le groupe vient d'annoncer la signature d'un beau contrat EPCI pour le projet Shell PowerNap dans le Golfe du Mexique. Le contrat est décrit comme "important", ce qui signifie pour TechnipFMC un deal allant de 75 millions à 250 millions de dollars. Le fournisseur de services dans le domaine de l'énergie a donc remporté ce contrat intégré de conception, fourniture, construction et installation (iEPCI) auprès du groupe anglo-néerlandais Shell pour le projet PowerNap, situé dans le golfe du Mexique. TechnipFMC concevra, fabriquera et installera du matériel sous-marin, y compris des systèmes d'arbres sous-marins, des contrôles de distribution sous-marins, des contrôles de surface, des câbles et des connecteurs pour trois puits, en plus de la fourniture de 20 miles d'ombilicaux et de conduites de production.

Ailleurs sur le marché, Elior bondit de 2,4%, Eramet de 2,3% et CGG de 2,2%.

Valeurs en baisse

Vivendi (-0,6%). Mediaset a déposé une plainte auprès du régulateur boursier transalpin, reprochant au groupe français d'avoir divulgué des informations en vue de saboter ses projets de restructuration. Mediaset avait annoncé en juin son intention de placer ses filiales italiennes et espagnoles sous une société holding de droit néerlandais afin de poursuivre une stratégie de croissance paneuropéenne. Vivendi, qui détient près de 29% du capital de Mediaset, avait critiqué ce projet de holding dans la mesure où il risque de nuire aux actionnaires minoritaires. Le groupe fondé par Silvio Berlusconi a demandé à la Consob, le régulateur boursier italien, d'exiger de Vivendi qu'il clarifie sa position sur ce projet en prévision de l'assemblée générale des actionnaires prévue 4 septembre.

Airbus (-2,8%). Sur fond de conflit entre Jakarta et l'Union européenne concernant l'utilisation de l'huile de palme dans les biocarburants, le premier producteur mondial de cette huile principalement utilisée dans l'alimentation pousse ses compagnies aériennes à cesser l'achat d'Airbus. Selon des propos repris par 'Bloomberg', le ministre indonésien du Commerce, Enggartiasto Lukita, demande également aux transporteurs, dont Lion Air, de troquer leurs commandes d'Airbus contre des Boeing...

Ces déclarations du gouvernement indonésien interviennent après que Bruxelles eut adopté il y a quelques semaines une loi visant à éliminer progressivement l'huile de palme des carburants renouvelables d'ici 2030 pour des raisons environnementales.

Elis cède 1,3%. JPMorgan a entamé le suivi avec une recommandation neutre et un objectif de cours de 17 euros.

Parmi les plus fortes baisses du CAC 40, Dassault Systèmes abandonne 3,6% et Capgemini 2,3%. Fidelity Investments est pourtant repassé au-dessus du seuil de 5% du capital de Capgemini en date du 21 août. Le gestionnaire de fonds d'investissement a déclaré à l'AMF détenir à cette date 5,03% du capital de CapGemini à comparer à 4,999% du capital le 16 août. Ce franchissement de seuils résulte d'une acquisition d'actions sur le marché.

Atos perd 2% dans ce climat sectoriel défavorable.

Kering et LVMH reculent de respectivement 1,9% et 2,2% ce soir. LVMH avait cependant repris près de 4% hier. Cette variation du poids lourd du CAC 40 qui est largement la première pondération de l'indice de la bourse de Paris devant L'Oréal (-0,9%), amplifie donc la tendance.

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