Cotation du 19/08/2019 à 18h05 CAC 40 +1,34% 5 371,56
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Clôture Paris : le CAC 40 retombe, miné par Trump

Clôture Paris : le CAC 40 retombe, miné par Trump
Clôture Paris : le CAC 40 retombe, miné par Trump
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après deux séances de franc rebond (+0,61% mercredi et +2,31% hier jeudi), le marché parisien est retombé ce vendredi, plombé surtout par les derniers commentaires de Trump concernant la Chine, mais aussi par la crise politique italienne ou les inquiétudes relatives au Brexit. Le CAC 40 termine la journée à 5.328 pts, en retrait de 1,11% en clôture... Sur le marché des changes, l'euro se traite à 1,1202$ (+0,2%), alors que l'indice dollar perd 0,1% à 97,5. Les prix du pétrole confirment leur sursaut de la veille, le brut WTI s'adjugeant 3,4% à 54,3$ le baril et le Brent de la mer du Nord remontant de 2% vers les 59$.

Wall Street en berne

La cote américaine creuse ses pertes ce vendredi à la mi-séance, corrigeant après son copieux rebond de la veille (+1,43% sur le DJIA et +2,24% sur le Nasdaq). Les derniers commentaires de Trump concernant la Chine annihilent en effet les derniers espoirs d'accord commercial à court terme. Le DJIA abandonne désormais 1%, le S&P500 1,2% et le Nasdaq 1,5%.

Les Etats-Unis "pas prêts" à un accord commercial

Le président américain vient d'affirmer que les États-Unis ne seraient pas prêts à un accord commercial pour l'heure avec la Chine, alors que Pékin désirerait pour sa part avancer. Devant la presse ce jour, le leader de la Maison blanche s'est donc montré intraitable, affirmant que les discussions se poursuivraient avec la Chine sur le commerce et que tout se passerait "très bien", mais qu'aucun accord ne serait en vue actuellement. Il assure par ailleurs que les USA couperont les ponts avec le colosse chinois des télécommunications Huawei. Trump en profite également pour souligner l'effet "incroyable" des tarifs douaniers sur la Chine.

Ces derniers commentaires de Trump confirment donc l'extrême fragilité des négociations, le président américain n'excluant d'ailleurs pas un échec des pourparlers.

Huawei, dossier brûlant

Bloomberg avait déjà affirmé un peu plus tôt que la Maison blanche ralentissait le processus de décision sur l'octroi de licences à des firmes américaines les autorisant à commercer avec le controversé géant télécom chinois Huawei, en réaction à la décision de Pékin de suspendre l'achat de produits agricoles américains.

Trump précise aujourd'hui que les USA ne feront plus affaire avec le groupe chinois, à moins d'un accord global entre les deux pays - qui semble improbable à court terme étant donné ces dernières déclarations. Le président américain juge plus globalement que les Etats-Unis ont toutes les cartes en main dans ces négociations commerciales...

Sur ce dossier sino-américain, la tension était retombée quelque peu en milieu de semaine avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits... Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, avait affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales.

Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

Trump veut... une baisse des taux d'un point !

Trump s'est aussi permis ce vendredi de réclamer à la Fed une baisse des taux... d'un point entier, jugeant les USA défavorisés par la politique monétaire supposée trop dure de la banque centrale. Devant la presse à la Maison blanche, le président américain a ajouté qu'un dollar fort nuisait à l'économie et à l'industrie américaine. Il faudrait donc selon lui que la Réserve Fédérale assouplisse fortement sa politique, alors même que la Fed vient de procéder fin juillet à sa première baisse des taux depuis la crise financière de 2008. Les marchés n'envisagent pour l'heure aucunement de geste aussi fort de la Fed, d'autant que son patron Jerome Powell a insisté sur le fait que la récente réduction des taux ne constituait pas le début d'un cycle d'assouplissement. Le 31 juillet, la Banque avait abaissé ses taux d'un quart de point à 2-2,25%.

Faiblesse des prix US et chinois à la production

L'indice global des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de juillet 2019 est ressorti en ligne avec le consensus, en croissance de 0,2% en comparaison du mois antérieur et de 1,7% en glissement annuel. En revanche, l'indice des prix à la production hors alimentaire et énergie a reculé de manière inattendue, en baisse de 0,1% par rapport au mois de juin contre un consensus de +0,2%. En glissement annuel, il progresse de 2,1% contre un consensus de +2,4%.

Ce vendredi, les investisseurs avaient déjà pris connaissance du premier repli des prix à la production en Chine en trois ans. Une telle déflation pourrait contraindre Pékin à de plus amples mesures de relance. Dans un contexte de ralentissement de la demande, l'indice chinois des prix à la production a donc baissé de 0,3% au mois de juillet, en rythme annuel, alors que les économistes tablaient sur un retrait beaucoup plus limité de 0,1%.

Reprise des prix du pétrole

Les prix du pétrole étaient remontés hier, récupérant après leur plongeon de la veille sur un plancher de sept mois. Ils poursuivent sur cette tendance ce jour. L'Arabie saoudite désirerait en effet relancer les cours, et aurait contacté d'autres grands producteurs afin d'y parvenir. Selon Bloomberg, des membres de l'OPEP auraient été contactés afin d'étudier toutes les options. Il serait par ailleurs désormais possible que la Chine limite ses importations de pétrole brut américain afin de riposter contre les USA, indiquent certains spécialistes.

Incertitude en Europe, recul du PIB britannique

En Europe, les importations en Allemagne ont progressé plus que prévu en juin, tandis que les exportations ont régressé comme attendu. L'économie britannique a affiché une contraction au deuxième trimestre, pour la première fois depuis 2012, avec l'accumulation des stocks au début de l'année en prévision du Brexit. Le PIB britannique a reculé de 0,2% sur la période d'avril à juin, selon l'Office national de la statistique. Les spécialistes anticipaient plutôt une stabilité... En France, la production industrielle est retombée de 2,3% en juin après avoir progressé de 2% le mois précédent. Le consensus tablait sur un repli limité à 1,2%. Il s'agissait de la plus forte baisse sur un mois depuis janvier 2018. La production reculait également nettement dans l'industrie manufacturière (-2,2% après +1,6%).

La crise italienne se durcit quant à elle, Matteo Salvini ayant annoncé hier la fin de la coalition formée avec le Mouvement 5 Etoiles et demandé des législatives anticipées. Le ministre de l'Intérieur et chef de file de la Ligue d'extrême droite juge en effet que la coalition au pouvoir à Rome, mise en place il y a un peu plus d'un an, ne fonctionne plus. Son parti a par ailleurs déposé une motion de censure au Sénat contre le gouvernement.

Valeurs en hausse

Bourbon (+5,1%) prolonge son rebond de jeudi. A sa demande, et suite aux appels en garantie de la société chinoise ICBC Leasing représentant un montant de plus de 800 millions de dollars, le groupe parapétrolier a obtenu l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire visant Bourbon Corporation et Bourbon Maritime.

SIPH (+1,9%) a fait état d'un chiffre d'affaires caoutchouc de 131,8 millions d'euros au premier semestre, en hausse de +9,6%. Les tonnages vendus représentent un total de 117.009 tonnes (+18,1%) sur un prix unitaire de 1,13 euros le kg, en baisse de 7,2%. Sur le seul deuxième trimestre, le chiffre d'affaires caoutchouc progresse de 15% à 65,1 ME.

Publicis (+0,3%) profite quelque peu, par effet sectoriel, des derniers chiffres de WPP. Le revenu net à données constantes de WPP a reculé de 1,4% en organique sur le 2ème trimestre, soit une amélioration par rapport à la baisse de 2,8% enregistrée au 1er trimestre, traduisant selon les observateurs la capacité à préserver sa base de clientèle et à conquérir de nouveaux marchés. Le consensus misait sur un recul de 3%. WPP a confirmé son objectif annuel d'un revenu net à données constantes en baisse de 1,5% à 2%. Le groupe a par ailleurs maintenu sa prévision d'un repli d'environ 1 point de pourcentage de sa marge opérationnelle à taux de change constants par rapport à 2018.

Valeurs en baisse

Evolis (-6%). Faute de visibilité, la société n'a pas réitéré ses objectifs 2019 et 2021 qui étaient, respectivement, d'afficher une croissance de 7% à taux constant et d'atteindre les 100 ME de revenus. A 'achat spéculatif' sur le dossier, GreenSome Finance revoit ses estimations de résultats à la baisse après ces annonces alors que son objectif de cours passe de 41,2 à 37,4 euros. Compte tenu du projet d'OPA en cours, le broker note que les 30 euros sont garantis...

Artprice (-1,4%). Le chiffre d'affaires trimestriel est ressorti en progression de 11% à 1,497 ME, "en dépit d'un contexte économique dégradé". A titre indicatif, pour le T3 2019, le mois de juillet 2019, qui est le mois de référence de l'exercice annuel suivant pour le Marché de l'Art, est le mois record en chiffre d'affaires dans l'histoire d'Artprice à périmètre constant hors Chine, Hong Kong et Taïwan, précise le groupe.

Airbus (-1,6%). Le géant de l'aéronautique a fait état de 246 commandes brutes entre janvier à juillet, ainsi que de 79 commandes nettes sur la même période. Sur les sept premiers mois de l'année, l'avionneur a livré 458 appareils.

Société Générale (-2,2%) corrige, pénalisé par le contexte boursier mais aussi par un nouvel ajustement d'analyste. Jefferies a réduit son objectif de cours de 26,8 à 24,6 euros sur le dossier, tout en réitérant sa recommandation à 'conserver'. Le broker note des progrès de l'établissement sur sa solvabilité, mais estime que les investisseurs devraient rester prudents sur la banque française en attendant une confirmation de cette tendance. Jefferies en profite pour rogner ses estimations de bénéfices de façon à prendre en compte l'environnement défavorable...

BNP Paribas (-1,3%) et Crédit Agricole (-1,5%) perdent aussi du terrain, pénalisés par le repli des banques italiennes.

STMicroelectronics (stable) ne profite pas du conseil de Goldman Sachs, qui a rehaussé pourtant de 'neutre' à 'achat' sa recommandation tout en ajustant son objectif de cours de 17 à 17,5 euros. Le broker note que le titre a sous-performé le secteur technologique européen de 6% depuis les résultats trimestriels et de 7% depuis le début de l'année. Alors que la demande est encore faible dans plusieurs secteurs clés, les conditions dans l'industrie ont commencé à s'améliorer. Les commentaires des pairs suggèrent une amélioration des niveaux de stocks, des revenus qui rebondissent et une stabilisation des commandes.

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