Cotation du 18/09/2019 à 14h22 CAC 40 +0,14% 5 623,64
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Clôture Paris : le CAC 40 flambe encore !

Clôture Paris : le CAC 40 flambe encore !
Clôture Paris : le CAC 40 flambe encore !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le rebond technique déjà observé vendredi sur le marché parisien (+1,22%) s'est prolongé ce lundi avec une vive progression de 1,34% sur le CAC 40 à 5.371 pts en clôture. Les investisseurs ont saisi le moindre prétexte pour procéder à des achats jugés à bon compte, négligeant le risque pourtant toujours importants d'un dérapage économique.

Wall Street tente également ce lundi de poursuivre son rallye de fin de semaine dernière. Le Dow Jones prend désormais 1%, contre un gain de 1,4% pour le Nasdaq et une progression de 1,2% sur le S&P500.

Sur le marché des changes, l'indice dollar grappille 0,1% à 98 face à un panier de devises de référence. L'euro se traite quant à lui à 1,11$ (+0,1%). Le baril de brut WTI gagne 1,2% à 55,4$ sur le Nymex, alors que le baril de Brent de la mer du Nord avance de 1% à 59,2$.

Le ralentissement de l'inflation dans la zone euro s'est confirmé en juillet. Le taux d'inflation annuel s'est établi à 1,1% le mois dernier contre 1,3% en juin, selon Eurostat. Sur un mois, les prix à la consommation reculent de 0,5% contre une hausse de 0,2% au mois précédent et un consensus de -0,4%. L'inflation annuelle ajustée ralentit également, à +0,9% après +1,1% le mois précédent.

Appétit pour le risque

Malgré les incertitudes persistantes concernant l'économie ou la géopolitique, les opérateurs conservent leur sang-froid. Il faut dire que certains, alarmés par l'inversion de la courbe des taux à deux et dix ans la semaine dernière outre-Atlantique, avaient sans doute joué un peu trop vite le scénario d'une récession. Dans le même temps, les nouvelles concernant le conflit commercial sino-américain sont un peu plus positives. Enfin, le retour au calme sur le marché obligataire, temporaire ou pas, rassure.

Hier, Donald Trump a balayé d'un revers de main l'hypothèse d'une récession. "Je ne pense pas que nous aurons une récession", a tranché le président américain, estimant que les USA iraient "incroyablement bien", avec de riches consommateurs "aux poches pleines" grâce aux mesures fiscales.

JP Morgan assure de son côté que les marchés actions peuvent atteindre de nouveaux sommets, inversion de la courbe ou pas. Mislav Matejka, stratège de la banque, cité par Bloomberg, pense que les actions vont se reprendre dès début septembre. Il rappelle en effet que l'inversion de la courbe des taux n'est pas le signe d'une récession immédiate. Une telle inversion a en fait plutôt précédé les retournements économiques de 17 mois en moyenne et les pics boursiers de 11 mois... Il serait donc un peu tôt pour prendre ses jambes à son cou. Au contraire, constate JP Morgan, le retour sur 'equities' est ressorti en moyenne à 10% dans les 12 mois ayant suivi cette inversion. La banque américaine anticipe un nouveau sommet historique sur les marchés au premier semestre de l'année prochaine, et un possible pic durant l'été 2020...

Espoirs commerciaux

Le président américain Donald Trump, très actif sur Twitter durant le week-end, a confirmé une fois encore que les discussions se passaient très bien avec la Chine. Le leader de la Maison blanche réaffirme que les discussions se poursuivent donc avec Pékin, mais ajoute qu'il n'est toujours "pas prêt" quant à lui pour conclure un accord avant d'observer notamment une résolution du conflit à Hong Kong.

Les dernières nouvelles sont réconfortantes sur le front sino-américain, même si l'administration américaine a averti la Chine qu'elle ne devait pas réagir violemment face aux manifestations massives de Hong Kong... Les États-Unis ont prolongé comme attendu les exemptions accordées au controversé colosse télécom chinois Huawei, l'autorisant ainsi pour trois mois supplémentaires à commercer avec des entreprises américaines. C'est ce qu'a confirmé ce jour le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, sur Fox Business. En revanche, une cinquantaine de filiales du groupe chinois ont été placées sur une 'liste d'entités', ce qui les obligera à demander une exemption pour pouvoir à leur tour faire des affaires avec les entreprises américaines. En mai, l'administration Trump avait déjà accordé un sursis à Huawei en levant des restrictions.

Après avoir reporté déjà il y a quelques jours les droits de douane sur certaines importations de marchandises provenant de Chine (téléphones mobiles, ordinateurs portables et consoles de jeu vidéo notamment), Trump semble donc assouplir un peu plus sa position en accordant ce délai à Huawei. Dans les deux cas, ce sont les intérêts des Etats-Unis qui sont avancés, afin de ne pas plomber la consommation durant la période des fêtes de fin d'année (concernant les tarifs douaniers), et de ne pas handicaper les entreprises commerçant avec le géant chinois des équipements télécoms. L'autorisation d'Huawei avait déjà été prolongée jusqu'au 19 août.

Pour finir, Trump a indiqué à l'occasion d'une rencontre avec Tim Cook, patron d'Apple, que le groupe à la pomme allait investir massivement aux Etats-Unis. Le groupe de Cupertino a confirmé ces intentions, se disant en bonne voie pour contribuer à hauteur de 350 milliards de dollars à l'économie américaine d'ici 2023... Les deux hommes se sont entretenus au sujet notamment des droits de douane ou de la concurrence de Samsung. Le président américain a reconnu que les arguments de Cook étaient très convaincants.

Les prochains droits de douane de 10% supplémentaires imposés par Washington à Pékin, portant sur 300 milliards de dollars d'importations additionnelles venant de Chine, doivent s'appliquer en deux temps. Certains produits d'Apple concernés par ce nouveau volet ne seraient pas surtaxés avant le 15 décembre - le MacBook en particulier. Apple Watch, HomePod ou AirPod d'Apple seront néanmoins frappés par les tarifs douaniers dès septembre. Trump avait précédemment assuré qu'Apple ne bénéficierait pas d'exemption sur les droits de douane...

Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, a expliqué enfin que de nouvelles négociations allaient avoir lieu d'ici une dizaine de jours et qu'une délégation chinoise pourrait bien se rendre aux Etats-Unis.

Quelques catalyseurs notables

En Chine, la Banque populaire a présenté une réforme du mécanisme de fixation de son taux de crédit de référence afin de faire baisser les coûts de financement des sociétés.

En Europe, c'est toujours l'espoir d'un plan de relance en Allemagne qui soutient la tendance. Suite à la publication vendredi par Der Spiegel d'un article faisant état d'un potentiel plan de soutien en cas de récession, le ministre allemand aux Finances, Olaf Scholz, a précisé que Berlin avait effectivement les moyens d'agir en cas de crise, comme lors de la crise financière de 2008 pour laquelle le pays avait mobilisé 50 milliards d'euros.

Boris Johnson a lui demandé à l'Allemagne et à la France de s'ouvrir à un compromis au sujet du Brexit. Johnson assure que le Royaume-Uni est quoi qu'il en soit prêt à éventuellement quitter l'Union européenne sans accord le 31 octobre. Le chef du gouvernement britannique, attendu à Berlin après-demain puis à Paris jeudi, constate que ses partenaires sont quelque peu réticents à changer d'attitude, mais se dit convaincu qu'ils feront des compromis. "Ils ont vu que le Parlement britannique avait rejeté trois fois l'accord de retrait, que le backstop ne fonctionne pas, que ce n'est pas démocratique. J'espère qu'ils jugeront bon de faire des compromis", indique Johnson, cité notamment par Reuters. "Je veux un accord. Nous sommes prêts à travailler avec nos amis et partenaires pour y parvenir, mais pour obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni, il faut simultanément se préparer à partir sans", a philosophé le dirigeant.

Jackson Hole attendu de pied ferme

Les investisseurs suivront par ailleurs avec la plus grande attention vendredi le discours du président de la Fed, Jerome Powell, lors du symposium économique de Jackson Hole, réunion des grands argentiers mondiaux dans le Wyoming. Powell précisera à cette occasion sa perception de l'économie actuelle et donnera peut-être des indications nouvelles sur les futures actions de politique monétaire après la baisse des taux d'un quart de point validée en juillet - la première depuis 2008. Les opérateurs anticipent encore un geste d'un quart de point en septembre, alors que Powell a pourtant bien affirmé que la décision de juillet ne marquait pas le début d'un cycle d'assouplissement.

Valeurs en hausse

LVMH (+2,4%), Kering (+1,3%), Hermès (+1,2%) ou L'Oréal (+1,8%) ont profité de la bonne tendance sectorielle, accentuée par des comptes solides de l'Américain Estée Lauder à Wall Street. Le groupe a publié des comptes trimestriels meilleurs que prévu et une guidance solide. Le géant des cosmétiques a dévoilé pour le quatrième trimestre fiscal un bénéfice net de 157 millions de dollars et 43 cents par action, contre 186 millions de dollars soit 49 cents par titre un an avant. Hors éléments non récurrents, le bénéfice par action s'est établi à 64 cents, contre 61 cents un an avant et 53 cents de consensus. Les revenus se sont appréciés de 9% à 3,59 milliards de dollars, contre 3,53 milliards de consensus.

Parmi les plus fortes hausses du CAC 40, TechnipFMC s'accorde 4,3% de plus avec les cours du brut, STMicroelectronics rebondit de 3% avec les bonnes nouvelles concernant Huawei, et Sodexo, Total, Vinci ou Atos s'adjugent 2% et plus.

Airbus progresse de 1,4% et continue à profiter des déboires de son grand concurrent américain Boeing dont les livraisons de 737 MAX sont à l'arrêt.

Capgemini gagne 1,1%. Le rapprochement entre Capgemini et Altran peut-il être remis en cause ? Des actionnaires minoritaires d'Altran ont en tous cas mandaté Colette Neuville, présidente de l'ADAM, pour défendre leurs intérêts. Selon 'Les Echos', cette dernière a envoyé un courrier à l'AMF au sujet d'"anomalies par rapport à la procédure normale des offres publiques", contestant notamment que le conseil d'administration du spécialiste du conseil en ingénierie et R&D ait recommandé aux actionnaires d'apporter leurs titres avant le rapport de l'expert indépendant (le Cabinet Finexsi) et que les actionnaires aient été privés de la possibilité d'adresser leurs observations sur le projet d'offre à ce même expert indépendant.

Publicis prend 0,9%. La Deutsche Bank a réitéré son opinion 'conserver' en visant un cours de 41,50 euros.

Dassault Systèmes (+0,6%). Les actionnaires de Medidata Solutions ont approuvé en assemblée générale le projet d'acquisition de la société américaine sur la base d'une valeur d'entreprise d'environ 5,8 milliards de dollars.

Alstom grappille 0,3%. Credit Suisse a entamé son suivi de la valeur avec une opinion neutre et un objectif de cours de 37 euros.

Valeurs en baisse

Valeo cède 1,2%. L'équipementier automobile fait les frais d'une note de Goldman Sachs qui a dégradé la valeur de 'neutre' à 'vendre' tout en réduisant son cours cible de 22 à 21 euros.

MND décroche de plus de 43% ce lundi pour sa reprise de cotation, à 0,43 euro environ. Le groupe a annoncé la semaine dernière "la résolution de ses difficultés financières", grâce à un renforcement attendu des fonds propres et un réaménagement de la dette. MND et ses conseils travaillaient depuis plusieurs mois au réaménagement et à l'allongement de la maturité de la dette financière du groupe ainsi qu'au renforcement de ses fonds propres, afin d'aligner ses ressources financières à ses besoins et résoudre ainsi les difficultés financières qui avaient été annoncées le 31 juillet.

Le groupe prévoit la réalisation, en septembre prochain, de deux augmentations de capital avec suppression du droit préférentiel de souscription au profit de personnes dénommées d'un montant global de 35 ME souscrites par Cheydemont pour un montant de 20 ME - au plus tard le 18 septembre 2019 -, et M&V pour un montant de 15 ME - au plus tard le 27 septembre 2019. Les opérations seront réalisées par émission de, respectivement, 48.780.488 et 36.585.366 actions nouvelles à 0,41 euro.

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