Cotation du 19/08/2019 à 18h05 CAC 40 +1,34% 5 371,56
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Clôture Paris : le CAC 40 déprimé par les risques économiques

Clôture Paris : le CAC 40 déprimé par les risques économiques
Clôture Paris : le CAC 40 déprimé par les risques économiques
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote parisienne termine la journée en retrait, le CAC 40 abandonnant finalement 0,33% à 5.310 pts en clôture, après avoir brièvement tenté un sursaut technique en tout début de séance, sans grand catalyseur. Après la correction de vendredi soir (-1,11%), c'est donc la prudence la plus extrême qui prévaut sur le marché parisien, du fait des incertitudes assez nombreuses, concernant le commerce, l'économie, la situation politique italienne ou encore les tensions à l'international.

La cote américaine fléchit également ce lundi à mi-parcours, les craintes portant sur la guerre commerciale, le ralentissement économique global ou l'agitation à Hong Kong. Le S&P500 est orienté en repli de 0,9%, alors que le Nasdaq perd 0,8%. Le DJIA cède 1,1%. Sur le marché des changes, l'indice dollar demeure assez stable à 97,2 (-0,1%). L'euro se traite à 1,122$ (+0,2%). Le baril de brut WTI se tasse de 0,2% à 54,4$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord pointe à 58,4$ (-0,2%).

Les craintes de ralentissement économique se confirment. Goldman Sachs a d'ailleurs abaissé son estimation de de croissance concernant les Etats-Unis. La firme new-yorkaise estime qu'il n'y aura probablement pas d'accord commercial entre les USA et la Chine avant l'élection présidentielle de 2020. L'institut allemand Ifo se montre également prudent, évoquant la dégradation des perspectives mondiales dans sa toute dernière enquête.

Les Etats-Unis espèrent une sortie réussie du Royaume-Uni de l'Union européenne et entendent soutenir cette sortie par un accord de libre-échange bilatéral, a affirmé aujourd'hui John Bolton, conseiller national à la sécurité du président Donald Trump, cité notamment par Reuters à l'occasion d'une visite à Londres. L'accord commercial espéré serait en cours de négociations entre le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et Mary Elizabeth Truss, Secrétaire d'État britannique chargée du commerce international. "Donald Trump veut assister à une sortie fructueuse du Royaume-Uni de l'Union européenne", assure un responsable du gouvernement américain, également cité par Reuters. Trump souhaitait déjà travailler sur un tel accord avec l'ex-Première ministre britannique, Theresa May, mais cette dernière n'avait pas donné suite. En revanche, Boris Johnson serait tout à fait partant...

Un tel accord constituerait une rare bonne nouvelle sur le front commercial, alors que dans le même temps, la situation s'enlise entre USA et Chine. Le président américain a affirmé en fin de semaine dernière que les États-Unis n'étaient "pas prêts" à un accord commercial pour l'heure avec la Chine, alors que Pékin désirerait pour sa part avancer. Devant la presse, le leader de la Maison blanche s'est montré intraitable, affirmant que les discussions se poursuivraient avec la Chine sur le commerce et que tout se passerait "très bien", mais qu'aucun accord ne serait en vue actuellement. Ces derniers commentaires de Trump confirment donc l'extrême fragilité des négociations, le président américain n'excluant d'ailleurs pas un échec des pourparlers.

Trump soulignait vendredi que les USA allaient cesser de faire des affaires avec le groupe chinois Huawei, à moins d'un improbable accord global entre les deux pays... Sur ce dossier sino-américain, la tension était pourtant retombée quelque peu en milieu de semaine dernière avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits... Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, avait affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales.

Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

Trump s'est aussi permis vendredi de réclamer à la Fed une baisse des taux... d'un point entier, jugeant les USA défavorisés par la politique monétaire supposée trop dure de la banque centrale. Devant la presse à la Maison blanche, le président américain a ajouté qu'un dollar fort nuisait à l'économie et à l'industrie américaine. Il faudrait donc selon lui que la Réserve Fédérale assouplisse fortement sa politique, alors même que la Fed vient de procéder fin juillet à sa première baisse des taux depuis la crise financière de 2008. Les marchés n'envisagent pour l'heure aucunement de geste aussi fort de la Fed, d'autant que son patron Jerome Powell a insisté sur le fait que la récente réduction des taux ne constituait pas le début d'un cycle d'assouplissement. Le 31 juillet, la Banque avait abaissé ses taux d'un quart de point à 2-2,25%.

Valeurs en hausse

Amundi (+0,4%). Goldman Sachs est passé à l''achat' sur le gestionnaire d'actifs en visant 65 euros. Le géant de la banque d'affaires était précédemment neutre avec un objectif de 61 euros.

Eurazeo (+1,5%) profite aussi d'une note de Goldman Sachs. La banque américaine a rehaussé de 'neutre' à 'acheter' sa recommandation sur la holding tout en ajustant son objectif de cours de 74,29 à 75 euros. Les analystes sont quasiment unanimes sur le dossier puisque selon le consensus Bloomberg, 7 sont à l''achat' et 2 à 'conserver'. L'objectif moyen à douze mois est fixé à 73,54 euros.

Capgemini (stable) et Altran Technologies (+0,2%) ont signé un accord de rapprochement (Tender Offer Agreement) qui énonce les termes et conditions du projet d'acquisition d'Altran par Capgemini dans le cadre d'une offre publique d'achat amicale au prix de 14 euros par action. Cette étape fait suite à la signature de l'accord de négociations exclusives le 24 juin 2019, et à la finalisation des procédures d'information-consultation des instances représentatives du personnel requises au sein de Capgemini et d'Altran.

Réuni le 9 août 2019, le conseil d'administration d'Altran a considéré à l'unanimité des membres présents ou représentés que l'offre est dans l'intérêt de la société, de ses actionnaires, de ses salariés ainsi que des autres parties prenantes, a approuvé les termes de l'offre. L'offre sera soumise à la condition de l'obtention par Capgemini d'un nombre d'actions représentant au moins 50,10% du capital social et des droits de vote d'Altran sur une base entièrement diluée. Comme annoncé précédemment, la finalisation de ce rapprochement est envisagée d'ici la fin de l'exercice 2019.

Airbus grappille 0,1%. AirAsia a pris livraison de son premier A330neo, qui sera exploité par sa filiale long-courrier AirAsia X Thaïlande. L'avion a été livré par l'intermédiaire du loueur Avolon et est le premier de deux A330neos qui devraient rejoindre la flotte de la compagnie d'ici la fin de l'année.

* Danone (+0,2%). Jefferies a revalorisé le dossier de 67 à 72,5 tout en reconduisant son opinion à 'conserver'.

Valeurs en baisse

Société Générale (-2,2%), Crédit Agricole (-1,8%) et BNP Paribas (-1,3%) pâtissent de la tendance sectorielle décidément toujours adverse, accentuée notamment par la situation en Italie.

Seule baisse vraiment significative sur le CAC 40 hors valeurs bancaires, LVMH recule de 2,1%, pénalisé par les tensions entre la Chine et Hong Kong. Kering perd aussi 1,3%. La situation à Hong Kong commence sérieusement à inquiéter les investisseurs puisque les autorités locales ont décidé de fermer l'aéroport pour le reste de la journée alors que les manifestants antigouvernementaux manifestaient pacifiquement à l'intérieur de la plateforme pour la quatrième journée.

Le baril de pétrole redescend d'un cran avec le retour des tensions commerciales et entraîne CGG et Vallourec en baisse de 3,8% et 3,1%, alors que TechnipFMC rend 1,7%.

TF1 (-1,3%) et M6 (-0,1%) ne profitent pas de leur actualité. Les groupes TF1, M6 et France Télévisions annoncent pourtant que l'entreprise commune Salto va pouvoir démarrer son activité, suite à l'avis favorable du CSA et à l'autorisation rendue aujourd'hui par l'Autorité de la concurrence. Le lancement de l'offre commerciale de Salto est prévu au premier trimestre 2020. Le projet sera développé dans le respect des engagements pris auprès de l'Autorité de concurrence, précisent les partenaires.

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