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Clôture de Wall Street : violent coup de tabac pour le DJIA (-3%) et le Nasdaq (-4%)

Clôture de Wall Street : violent coup de tabac pour le DJIA (-3%) et le Nasdaq (-4%)
Clôture de Wall Street : violent coup de tabac pour le DJIA (-3%) et le Nasdaq (-4%)
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a dégringolé mercredi soir dans la dernière heure avant la clôture, sur fond de craintes des investisseurs sur la croissance et la hausse des taux. Alors que les principaux indices reculaient déjà de l'ordre de 1,5% à 2% en début de séance, ils ont fini dans le rouge vif. L'indice Dow Jones a abandonné 3,15% à 25.598 points, perdant plus de 800 points par rapport à la veille, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 3,29% à 2.785 pts. L'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a plongé 4,08% à 7.422 pts. Le Nasdaq a désormais chuté de 7,5% en 5 séances...

Le luxe et les technos en première ligne

Aucun secteur n'a été épargné par le mouvement baissier, mais les valeurs de croissance ont été les plus attaquées, à commencer par le luxe et les valeurs technologiques, deux secteurs fortement valorisés, et sensibles en cas de guerre commerciale. A Wall Street, le titre du joaillier Tiffany a chuté de 10,2%, tandis que le groupe de prêt-à-porter Michael Kors a perdu 7,1%. Les grands magasins Sears Holdings ont plongé de 17%, pâtissant d'informations du "Wall Street Journal' évoquant une mise en faillite du groupe, peut-être dès ce vendredi.

Plus tôt dans la journée, à Paris, LVMH avait plongé de 7,1% malgré l'annonce de ventes conformes aux attentes du marché au 3ème trimestre, marquées par une hausse de 10% de la croissance organique. Kering a abandonné 9,6% et Hermès International a lâché 5%. A Londres, Burberry a chuté de 8%.
Le secteur du luxe a souffert d'une note de la banque Morgan Stanley, qui a dégradé le secteur de 'neutre' à 'sous-pondérer' ainsi que de la confirmation par les autorités chinoise, qu'elles scruteraient la valeur des biens ramenés par les touristes chinois dans leur pays. Le montant des biens rapportés en franchise de taxes est limité, mais jusqu'ici, cette réglementation était appliquée de façon accommodante par les douanes chinoises.

Du côté des "technos", les semi-conducteurs ont connu une journée difficile. L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète l'évolution de ce secteur , a plongé de 4,2%, plombé notamment par Intel (-3,7%,) Advanced Micro Devices (AMD, -8,2%) et Nvidia (-7,5%). Les valeurs internet ont aussi souffert, notamment Apple (-4,6%) Microsoft (-5,4%), Facebook (-4,1%), Alphabet (-4,6%) ou encore Amazon (-6,1%).

Les tensions commerciales menacent la croissance mondiale

Alors que les marchés d'actions américains évoluent ces derniers temps à des niveaux records, les investisseurs ont brusquement pris conscience, mercredi, des risques croissants pesant sur l'économie mondiale, à commencer par le risque de guerre commerciale avec la Chine. Le climat entre les deux pays s'est encore tendu après de nouvelles déclarations de Donald Trump faites mardi soir.

En outre, le FMI a revu mardi en baisse ses prévisions de croissance mondiale en citant les effets négatifs des tensions commerciales. Enfin, la récente flambée des taux d'intérêts, avec un rendement américain à 10 ans désormais au plus haut depuis 7 ans, à 3,24% mercredi en séance, fait craindre à certains que le dynamisme économique américain pourrait s'étioler dans les prochains mois...

Le président américain a estimé mardi que Pékin n'était toujours pas prêt à conclure un accord. S'exprimant à la Maison Blanche, devant les journalistes, Donald Trump a réitéré sa menace de taxer la quasi-totalité des importations chinoises. Le leader américain envisage donc des taxes douanières additionnelles portant sur 267 milliards de dollars d'importations chinoises ! "La Chine veut conclure un accord, mais je dis qu'ils ne sont pas encore prêts", a lancé Trump, qui dit avoir annulé plusieurs rencontres.

Accalmie sur les taux, les obligations recherchées comme valeurs-refuge

Sur le marchés des changes, le dollar a fléchi mercredi, notamment face aux craintes sur la croissance. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de références (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) a reculé de 0,16% pour revenir à 95,52 points.

Sur les marchés obligataires, la chute de la Bourse a mis un frein à la hausse des taux. En fin de journée, les investisseurs se sont réfugiés vers les obligations, jugées moins risquées que les actions (les taux évoluent en sens inverse des cours des obligations). Le rendement du T-Bond à 10 ans est ainsi monté à 3,24% en début de journée (+ 3 points de base) avant de finir à 3,19% (-2 pdb). Il reste néanmoins à ses plus hauts niveaux depuis la mi-2011, soutenu par des anticipations de hausses des taux directeurs de la Fed.

Sur le plan macro-économique, plusieurs indicateurs d'inflation sont ressortis mercredi conformes aux attentes ou moins élevés que prévu. Ainsi, l'indice américain des prix à la production pour le mois de septembre 2018 est ressorti en augmentation de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,2% et une lecture de -0,1% un mois avant. Le 'PPI' s'est apprécié également de 0,2% hors alimentaire et énergie, conformément aux attentes de marché. Les prix producteurs progressent de 2,6% en glissement annuel et de 2,5% hors alimentaire et énergie, en comparaison du mois de septembre 2017.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'octobre 2018 s'est de son coté établi à +2,3% selon le rapport du jour, contre +2,2% pour sa lecture du mois antérieur. L'indicateur mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des firmes.

VALEURS A SUIVRE

Fastenal (-7,1%) a publié ses comptes du troisième trimestre. Les bénéfices sont de 197,6 M$ (0,69$ par action), contre 143,1 M$ (0,50$ par action) un an avant. Les ventes montent de 13% à 1,28 Md$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,67$, pour des revenus de 1,27 Md$.

Tesla (-2,2%) est retombé, après avoir pris 5% mardi en réaction à une note favorable de Macquarie. Le broker avait initié son suivi de la valeur du fabricant de véhicules électriques à 'surperformance', fixant un objectif de cours de 430$ représentant un potentiel de hausse voisin de 70%.

Mercredi, le site internet du 'Financial Times' a écrit en fin de journée que James Murdoch, le directeur général sur le départ de 21st Century Fox, tiendrait la corde pour remplacer Elon Musk au poste de président de Tesla. James Murdoch, qui est déjà administrateur de Tesla sans responsabilités exécutives, a laissé entendre qu'il était intéressé par le poste de président du groupe, selon le 'FT'.

De son côté, NIO (+4,87%), le constructeur chinois de voitures électriques, tout récemment introduit à Wall Street a progressé. Le second actionnaire institutionnel de Tesla, Baillie Gifford & Co, vient en effet de prendre une participation au capital de NIO chiffrée à plus de 11% des parts.

Alibaba (-5,89%) a souffert : Morgan Stanley et Raymond James viennent de réduire leurs estimations de profits sur le dossier du géant chinois eu e-commerce. Les deux firmes de recherche évoquent une dégradation de l'environnement économique chinois.

Apple (-4,6%) et Amazon (-6,1%), les deux premières capitalisations de Wall Street, ont largement contribué à la chute des indices. Le leader républicain du Comité pour le commerce du Sénat américain a demandé aux deux groupes, ainsi qu'au Chinois Super Micro Computer, de participer à des réunions afin d'éclaircir l'affaire du présumé piratage chinois révélé par 'Bloomberg BusinessWeek' il y a quelques jours. 'Bloomberg' avait rapporté que des 'puces' miniatures avaient permis d'espionner les géants technologiques américains.

PPG (+1%) a gagné du terrain, la firme Trian Fund de Nelson Peltz ayant dévoilé une participation au capital du groupe chimique, dont le cours de bourse s'était effondré hier de 10% après un avertissement sur les ventes.

Citigroup (-2,7%) publiera vendredi ses résultats du troisième trimestre 2018. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 1,69$, pour des revenus de 18,5 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe bancaire américain avait enregistré un bénéfice par action de 1,42$ et des revenus de 18,17 Mds$.

JP Morgan Chase (-2,6%) dévoilera également vendredi ses résultats du troisième trimestre. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 2,26$, pour des revenus de 27,5 Mds$. Un an avant, sur la même période, le géant bancaire américain avait enregistré un bénéfice par action de 1,76$, pour des revenus de 26,2 Mds$.

Wells Fargo (-2%) publiera le même jour ses résultats du troisième trimestre 2018. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 1,17$, pour des revenus de 21,9 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe bancaire américain avait enregistré un bénéfice par action de 0,84$ et des revenus de 21,92 Mds$.

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