Cotation du 20/05/2022 à 23h03 Dow Jones Industrial +0,03% 31 261,90
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : vif rebond technique, le Nasdaq reprend 3,8%

Clôture de Wall Street : vif rebond technique, le Nasdaq reprend 3,8%
Clôture de Wall Street : vif rebond technique, le Nasdaq reprend 3,8%
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé une nouvelle semaine très volatile par un vif rebond technique, vendredi, même si les investisseurs restent nerveux face à la perspective d'une politique monétaire bien plus restrictive de la part de la Réserve fédérale américaine, qui lutte pour ramener l'inflation (au-dessus des 8% aux Etats-Unis), vers son objectif de moyen terme de 2%. Le pétrole est reparti en nette hausse dans l'anticipation de la mise en oeuvre d'un embargo européen sur le pétrole russe, et alors que les prix de l'essence battent des records aux Etats-Unis.

A la clôture, le Dow Jones a repris 1,47% à 32.196 points, tandis que l'indice large S&P 500 a regagné 2,39% à 4.023 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, est remonté de 3,82% à 11.805 pts. Le Nasdaq abandonne cependant encore 26,5% par rapport à son record de novembre 2021, à 16.057 pts.

Plus tôt dans la journée, les marchés européens ont aussi fini dans le vert, l'indice Euro Stoxx 50 grimpant de 2,5%, le DAX 30 gagnant 2,1% à Francfort, tandis qu'à Paris, le CAC 40 a repris un peu plus de 2,5%. En Asie, le Nikkei a bondi de 2,6% à Tokyo, et le Shanghai composite a fini en hausse de 0,96%.

Les inquiétudes persistent concernant le ralentissement économique, la période prolongée de hausse de l'inflation et l'impact du resserrement des conditions financières restant des vents contraires. Le conflit en cours en Ukraine et les confinements en Chine du fait du Covid renforcent également le sentiment selon lequel les perturbations de la chaîne d'approvisionnement prendront du temps à s'atténuer.

Vers des hausses de taux de la Fed de 50 points de base en juin et juillet

Les marchés semblaient un peu rassurés par les derniers propos de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, qui s'est pourtant montré jeudi soir moins confiant que précédemment sur la capacité de la Fed à éviter une récession en relevant ses taux pour juguler l'envolée de l'inflation. Cependant, le patron de la Fed a indiqué que la Fed ne privilégiait pas des hausses très fortes, de 75 points de base, mais plutôt de 50 points de base, lors de deux prochaines réunions, en juin et juillet.

"Si l'économie évolue à peu près comme prévu, il serait approprié qu'il y ait des hausses supplémentaires de 50 points de base (un demi-point) lors des deux prochaines réunions", a-t-il ajouté, précisant que "si les choses se passent mieux que prévu, nous sommes prêts à faire moins. Si c'est pire que prévu, nous sommes prêts à faire plus". "Notre objectif, bien sûr, est de ramener l'inflation à 2% sans que l'économie n'entre en récession, ou en conservant un marché du travail assez solide", a indiqué le patron de la Fed. Mais les choses pourraient s'avérer plus compliquées qu'initialement anticipé : "la question de savoir si nous pouvons exécuter un atterrissage en douceur ou non, cela peut en réalité dépendre de facteurs que nous ne contrôlons pas", a-t-il reconnu...

Les commentaires de M. Powell ont été repris par d'autres responsables de la Fed. Mary Daly, la patronne de la Fed de San Francisco (non votante au FOMC), a soutenu des hausses de taux de 50 points de base et a affirmé que les conditions financières devaient se resserrer davantage pour rééquilibrer l'offre et la demande. James Bullard (votant), de la Fed de St. Louis, a déclaré à Yahoo Finance que des hausses de taux de 50 points de base lors d'au moins deux prochaines réunions constituaient une bonne référence. Il s'est dit sensible aux perturbations des marchés financiers, mais a également minimisé le risque de récession compte tenu de la vigueur du marché du travail. Il a estimé que l'inflation était "plus persistante" qu'anticipé.

Loretta Mester, présidente de la Fed de Cleveland (votante), a elle aussi validé vendredi deux hausses de 50 pb en juin et juillet, et a ajouté que si d'ici à la réunion de septembre, "l'inflation baisse, alors le rythme de relèvement des taux pourrait ralentir, mais si l'inflation ne s'est pas modérée, alors un rythme plus rapide d'augmentation des taux pourrait être nécessaire".

Rechute du moral des Américains début mai

Les derniers indicateurs macro-économiques, publiés vendredi, sont ressortis en demi-teinte. L'indice des prix à l'import pour le mois d'avril 2022 est ressorti stable en comparaison du mois antérieur, contre +0,5% de consensus FactSet. L'indice des prix à l'export a lui progressé de 0,6% par rapport au mois de mars, ce qui ressort proche des attentes du consensus. Sur un an, les prix à l'import affichent un bond de 12% et les prix à l'export une envolée de 18%.

Par ailleurs, le moral des Américains est retombé proche de ses plus bas depuis 11 ans. L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs mesuré par l'Université du Michigan pour le mois de mai 2022 est ainsi ressorti à 59,1, loin du consensus qui se situait à 64 environ, après une lecture finale de 65,2 en avril.

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts sont repartis en hausse vendredi après plusieurs séances de repli. Le rendement du T-Bond à 10 ans a repris 7 points de base à 2,93% et le taux du T-Bond à 2 ans est remonté à 2,60% (+3 pb). Lundi, le "10 ans" avait dépassé les 3,10% et le "2 ans" les 2,7%, au plus haut depuis novembre 2018, avant de subir une correction.

Les cryptos pansent leurs plaies après le krach de Terra

L'or semble décidément avoir perdu son attrait, abandonnant encore 0,9% pour tomber près des 1.800$ l'once, à 1.808,20$ vendredi soir, pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Le métal jaune a abandonné près de 4% cette semaine, retombant au plus bas depuis trois mois et demi.

Les cours des cryptomonnaies ont regagné du terrain vendredi après une semaine terrible, marquée par le krach du stablecoin UST et de la cryptomonnaie Luna, gérés tous deux par la blockchain Terra. Ils ont perdu la quasi-totalité de leur valeur en quelques jours, ébranlant fortement la confiance des investisseurs dans les crypto-actifs.

Le bitcoin, qui avait plongé vers 26.000$ jeudi matin, évoluait autour de 30.000$ vendredi soir, en hausse de 5% sur 24h, bien que toujours loin de son record de novembre 2021 à près de 69.000$.

Le pétrole retrouve les 110$ le baril

Enfin, les cours du pétrole ont regagné du terrain vendredi, dans la crainte de perturbations de l'offre russe sur fond de guerre en Ukraine et alors que les prix des carburants flambent aux Etats-Unis. Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin), qui était tombé sous les 100$ mardi, a gagné 4,1% à 110,49$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord a avancé de 3,8% à 111,55$. Sur la semaine, le WTI a gagné 0,6% et le Brent a fléchi de 0,7%.

Aux Etats-Unis, les contrats à terme sur l'essence ont atteint un nouveau record, ainsi que les prix à la pompe, qui ont atteint 4,43$ le gallon d'essence et 5,56$ pour le diesel, selon l'association d'automobilistes AAA.

Les cours du brut sont tiraillés entre deux forces opposées, d'une part un ralentissement de la demande en raison d'une économie moins dynamique, notamment en Chine, et d'autre part, la crainte d'une baisse de l'offre liée à un embargo européen sur le pétrole russe, actuellement en discussion au sein de l'UE.

Ce projet d'embargo, qui a besoin d'une unanimité des 27 Etats membres pour être adopté, est toujours bloqué par la Hongrie, très dépendante du pétrole et du gaz russes. En outre, cette semaine pour la première fois, les exportations russes d'énergie ont été perturbées, avec l'arrêt des flux de gaz dans deux gazoducs acheminant le gaz russe vers l'Europe, dont l'un traverse l'est de l'Ukraine contrôlé par les troupes russe et l'autre traverse la Pologne.

VALEURS A SUIVRE

Twitter a perdu 9,6% à 40,72$ à Wall Street, alors que l'homme le plus riche de la planète, Elon Musk, qui promettait d'acquérir le réseau social média pour 54,2$ par titre, 44 milliards de dollars au total, vient de suspendre son offre ! "L'accord Twitter est temporairement suspendu dans l'attente de détails soutenant le calcul selon lequel les spams/faux comptes représentent effectivement moins de 5% des utilisateurs", vient ainsi de tweeter l'homme d'affaires, patron de Tesla (+5,7%) et SpaceX, avec un lien sur un article Reuters relatif à ces estimations de "faux", article datant du 2 mai. Cet article de l'agence de presse évoquait l'estimation de Twitter selon laquelle les faux comptes et spams représentaient moins de 5% du total des utilisateurs actifs quotidiens monétisables sur le premier trimestre. Sur la période, le réseau social disposait de 229 millions d'utilisateurs à qui il était proposé des publicités.

Musk, qui avait proposé en avril le rachat de la plateforme pour 44 milliards de dollars, avait par ailleurs estimé qu'une des priorités était de supprimer les 'spam bots' du réseau. Musk avait révélé le 4 avril avoir acquis plus de 9% des parts de Twitter, une semaine plus tard que la réglementation ne le permet et en utilisant un dépôt généralement réservé aux investisseurs passifs. Il avait ensuite rectifié sa déclaration, et s'est depuis lancé dans une offre d'achat plus concrète.

Fin avril, le milliardaire disait avoir sécurisé le financement de son éventuelle OPA sur Twitter. Depuis, Musk négociait encore avec des investisseurs potentiels. Le fondateur d'Oracle, Larry Ellison, devait lui aussi prendre part au deal, tout comme l'entreprise Binance spécialisée dans les cryptomonnaies. L'Arabie saoudite devait conserver une participation. Musk avait aussi vendu pour plusieurs milliards de dollars de titres Tesla afin d'assurer sa part du financement.

Rappelons qu'Elon Musk devrait payer 1 milliard de dollars à Twitter s'il n'adhère finalement pas à l'accord précédemment scellé entre les deux parties. Néanmoins, notons que dans un autre tweet à l'instant, Musk ajoute qu'il est "toujours engagé dans l'acquisition". Le marché n'y croit pas un instant, puisque le cours de bourse est inférieur de près de 30% au prix de son offre, selon la tendance de pré-séance.

Motorola Solutions (+6,8%), firme américaine née d'une scission de Motorola il y a dix ans, et active dans les équipements vidéo et télécoms, ainsi que les logiciels, systèmes et services, a publié hier soir pour son premier trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,70$, à comparer à un consensus de 1,58$ et un niveau de 1,87$ un an plus tôt. Les revenus du groupe ont été de 1,89 milliard de dollars sur ce trimestre clos en mars, contre 1,77 milliard de dollars un an auparavant. Le groupe dépasse donc de 3% le consensus de revenus sur la période close.

Robinhood (+24,8%). L'envolée de l'application de courtage en ligne est liée à Sam Bankman-Fried, directeur général de la plateforme de négociation de crypto-actifs FTX, qui a révélé après la clôture des marchés hier avoir acquis une participation de 7,6% dans le capital de Robinhood. Selon un document déposé auprès de la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, la société Emergent Fidelity Technologies, dont Sam Bankman-Fried est le patron et le principal actionnaire, a acquis cette participation de 7,6% pour un montant de 648 millions de dollars. Fondée en mai 2019, et basée à Nassau, au Bahamas, FTX n'est pas présente commercialement actuellement aux Etats-Unis, mais est l'une des plus importantes plateformes mondiales de négociation de cryptomonnaies, rivale de Coinbase et de Binance.

Son patron et co-fondateur Sam Bankman-Fried aura profité de la chute du titre Robinhood, qui évolue ces derniers jours sur ses plus bas historiques. Dans le document boursier, Emergent Fidelity Technologies a indiqué avoir acquis ces titres en pensant qu'ils "représentent un investissement attractif" et a précisé avoir l'intention de gérer cette participation en tant qu'investissement financier, et "ne pas avoir l'intention à ce stade d'agir pour changer ou influencer le contrôle" de Robinhood. L'acquéreur se réserve cependant la possibilité d'"engager de temps en temps des discussions avec la direction" et a ajouté qu'il pourrait à l'avenir acheter d'autres titres, ainsi qu'étudier "des options pour augmenter la valeur pour les actionnaires, à travers entre autres, des stratégies alternatives ou des initiatives opérationnelles ou concernant la gouvernance" du courtier en ligne.

Parmi les autres géants de la cote à Wall Street, Apple a repris 3,2%, après avoir été détrôné par Saudi Aramco hier au rang de première capitalisation boursière mondiale. Tesla s'est redressé de 5,7%, constatant le moindre intérêt de Musk pour Twitter. Amazon a bondi de 5,7%, Microsoft de 2,2% et Alphabet a grimpé de 2,8%.

©2022

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Actualités Dow Jones Industrial

Aucune actualité disponible.
Plus d'actualités