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Clôture de Wall Street : vif rebond sur fond de négociations commerciales

Clôture de Wall Street : vif rebond sur fond de négociations commerciales
Clôture de Wall Street : vif rebond sur fond de négociations commerciales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La confrontation commerciale entre la Chine et les Etats-Unis souffle le chaud et le froid sur les marchés financiers mondiaux. Lundi, Wall Street est reparti à la hausse sur fond de rumeurs sur un possible accord évitant une guerre commerciale entre la première et la deuxième économie mondiale. Les poids-lourds "technos", notamment, ont fortement rebondi, à l'instar de Microsoft (+7,5%), Intel (+6,3%) ou encore Apple (+4,7%). Facebook (+0,4%) est parvenu à se stabiliser après son plongeon de l'ordre de 14% en quelques séances avec l'affaire Cambridge Analytica.

A la clôture, le Dow Jones a rebondi de 2,84% à 24.202 points (après -1,77% vendredi), tandis que l'indice large S&P 500 a repris 2,72% à 2.658 pts (-2,2% vendredi), et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a flambé de 3,26% à 7.220 pts (après -2,43% vendredi).

La semaine dernière, les marchés américains avaient vécu leur pire semaine depuis environ deux ans. Le Dow Jones avait plongé de 5,6% en 5 séances, le S&P 500 avait abandonné 5,9% et le Nasdaq avait chuté de 6,5% !

Sur le marché des changes, les cambistes sont restés prudents vis-à-vis du dollar, dans l'attente du résultat des négociations commerciales. L'indice du dollar, qui mesure sa variation face à un panier de six devises, a cédé lundi soir 0,43% à 89,05. De son côté, l'euro a fortement progressé, de 0,78%, à 1,2453$, au plus haut depuis près de 6 semaines, après des déclarations de Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, évoquant la fin prochaine des mesures exceptionnelles de la BCE.

Les cours des obligations américaines ont reculé, faisant remonter les taux d'intérêts : le rendement du T-Bond à 10 a ainsi progressé de 3 points de base pour remonter à 2,85%. L'or a continué de s'apprécier, finissant en hausse de 0,2% à 1.359$ l'once (contrat à terme de juin sur le Comex). En revanche, le pétrole a subi des prises de bénéfices après un "rally" de l'ordre de 6% la semaine dernière. Le prix du baril WTI a fini lundi en recul de 0,50%, à 65,55$ pour le contrat à terme de mai.

Négociations secrètes entre Pékin et Washington pour éviter la guerre commerciale

Sur le front de la guerre commerciale, la Bourse avait dans un premier temps très mal réagi suivant les annonces, jeudi dernier, de taxes d'importation sur 50 à 60 milliards de dollars de produits chinois par le président américain Donald Trump. Cependant, pendant le week-end, le ton a baissé d'un cran, et Pékin comme Washington ont entamé des négociations secrètes qui pourraient déboucher sur un assouplissement des mesures envisagées.

Selon le 'Wall Street Journal', les Etats-Unis ont envoyé une lettre à leurs homologues chinois pour négocier davantage d'accès à leur marché. Washington auraient ainsi demandé à la Chine d'abaisser ses droits de douane sur les voitures américaines, d'acheter davantage de semi-conducteurs américains et de faciliter l'accès de leurs entreprises à son secteur financier. En cas d'accord sur ces questions, les Etats-Unis appliqueraient avec moins de rigueur les barrières douanières envisagées. L'objectif affiché étant de réduire le déficit commercial colossal des Etats-Unis face à la Chine, qui a progressé de 10% en 2017, pour atteindre 375 milliards de dollars.

Selon le 'WSJ', les négociations sont menées par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le représentant au commerce Robert Lighthizer côté américain et par Liu He, le "tsar" de l'économie en Chine. Steven Mnuchin s'est déclaré dimanche "prudemment optimiste sur la possibilité d'un accord", sur la chaîne TV américaine 'Fox News'.

Séoul exempté de taxes sur l'acier, l'UE réclame une exemption "permanente"

Comme il l'avait fait pour l'acier et l'aluminium, Donald Trump a d'abord frappé fortement du poing sur la table avant d'engager des négociations point par point pour faire plier ses adversaires. C'est ainsi que la plupart des pays ont finalement été exemptés, au moins temporairement, des taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium que Trump avait annoncées le 1er mars dernier. A ce sujet, la Corée du Sud a été exemptée lundi de taxes sur l'acier après avoir accepté de réduire de 30% ses exportations d'acier vers les Etats-Unis. Séoul va aussi davantage ouvrir son marché automobile aux constructeurs américains, et a accepté de prolonger de 20 ans, jusqu'à 2041, les taxes américaines de 25% sur les pick-ups sud-coréens.

Du côté de l'Union européenne, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission a réclamé que l'UE soit exemptée de façon permanente des droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium, alors que les exemptions temporaires expireront le 1er mai prochain.

VALEURS A SUIVRE

Le titre de Microsoft a flambé de 7,5% après une note de Morgan Stanley prévoyant que le géant de l'informatique deviendrait le premier groupe à franchir la barre des 1.000 Mds$ de capitalisation boursière. Morgan Stanley a ainsi relevé son objectif de cours sur Microsoft de 110$ à 130$, ce qui a fait sensation, dans la mesure où cela représente un bond potentiel de 40% par rapport au cours actuel...

Pour justifier cet objectif, Morgan Stanley mise sur une adoption accrue du 'cloud' et une amélioration des marges du géant de Redmond. Pour le broker, le positionnement du groupe lui permettra de profiter de l'essor du cloud public (marché qui devrait plus que doubler à plus de 250 Mds$ d'après le spécialiste). Morgan Stanley cite aussi l'importance des canaux de distribution et de la base installée de clientèle de Microsoft. Ces éléments, ainsi que l'amélioration des marges, devraient permettre au groupe de dégager 50 Mds$ d'EBIT et d'atteindre les 1.000 Mds$ de capitalisation, si l'on en croit l'analyste Keith Weiss.

Facebook (+0,4%) est parvenu à finir dans le vert malgré une chute de plus de 6% en séance après l'annonce de l'ouverture d'une enquête par la FTC, la Commission fédérale américaine du commerce sur les failles dans la protection des données des utilisateurs de Facebook. De son côté, Elon Musk, le charismatique patron de Tesla a annoncé qu'il fermait les comptes de Tesla et de SpaceX du réseau social Facebook.

L'action Apple a gagné 4,7%. Alors que certains spécialistes craignent donc des ventes d'iPhones quelque peu décevantes du groupe à la pomme, Apple pourrait bien préparer une surprise sur un autre front. Ainsi, le colosse technologique californien tient un événement à Chicago, qui pourrait bien constituer l'occasion de présenter une tablette iPad moins chère à destination des enseignants. Par ailleurs, Tim Cook, le CEO du groupe, a promptement réagi au scandale Facebook / Cambridge Analytica, affirmant sa différence après les déboires du groupe de Mark Zuckerberg. Il a assuré qu'Apple tenait compte de l'importance de la sécurité et de la protection des données privées.

Intel (+6,3%) a lui aussi pris de la hauteur. Le leader mondial des microprocesseurs profite lui aussi d'une recommandation de broker. La firme Raymond James a rehaussé son conseil à 'performance de marché' sur la valeur.

USG a bondi de 19,4%, alors que Berkshire Hathaway (+3,6%), la firme d'investissement de Warren Buffett, devrait céder sa participation pour 42$ par titre à la firme allemande Gebr Knauf Verwaltungsgesellschaft. L'Allemand, qui possède déjà un peu plus de 10% des parts, veut racheter 100% de l'Américain USG pour environ 6 Mds$. Knauf a soumis une proposition le 15 mars pour la reprise d'USG, acteur du marché des matériaux de construction. Berkshire détient 31% du capital, ce qui en fait le principal actionnaire.

Finish Line (+31%) a annoncé un accord de fusion avec JD Sports Fashion Plc, le spécialiste de la basket et du 'Sport Fashion' en Angleterre. Ce dernier va ainsi acquérir 100% des actions de l'Américain pour 13,50$ l'unité en numéraire, ce qui valorise l'entreprise à environ 558 M$. L'opération offre une prime de 28% par rapport au cours de clôture de Finish Line du 23 mars dernier (10,55$ sur le Nasdaq). La transaction devrait être finalisée vers le mois de juin 2018.

Paychex (-0,8%) a publié ses comptes du troisième trimestre fiscal. Les revenus montent de 9% en glissement annuel, à 866,5 M$. Les bénéfices ressort à 260,4 M$, en hausse de 29%, faisant ressortir un bénéfice par action de 0,72$. En base ajustée, le bpa progresse de 15% à 0,63$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,63$, pour des revenus de 854 M$.

Spotify, qui prépare son introduction en Bourse pour le 3 avril, a annoncé lundi une révision à la baisse de ses objectifs de croissance... Le groupe de musique en streaming a prévenu d'un ralentissement du taux de croissance cette année, entre 20 et 30%, après une expansion de près de 40% en 2017. Le groupe avait précédemment avancé l'hypothèse d'un rythme de croissance de 25-35% à long terme... Néanmoins, cette faiblesse très relative résulterait essentiellement de l'impact des effets de change. Le chiffre d'affaires 2018 est attendu proche de 4,9 MdsE, alors que le premier trimestre devrait se situer entre 1,1 et 1,15 MdE.

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