Cotation du 10/07/2020 à 23h09 Dow Jones Industrial +1,44% 26 075,30
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Clôture de Wall Street : vent d'optimisme sur la reprise économique

Clôture de Wall Street : vent d'optimisme sur la reprise économique
Clôture de Wall Street : vent d'optimisme sur la reprise économique
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a rouvert en nette hausse, mardi, après un week-end de trois jours, les investisseurs s'enthousiasmant pour les signes d'un redémarrage de l'économie mondiale face à la pandémie de coronavirus, qui s'essouffle désormais dans de nombreux pays. Les espoirs de trouver un vaccin qui mettrait définitivement fin à cette crise soutiennent aussi le goût du risque. Le regain de tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et la Chine demeure pour l'instant en arrière-plan dans les esprits des opérateurs.

A la clôture, l'indice Dow Jones a bondi de 2,17% à 24.995 points, grâce au rebond de titres qui avaient été massacrés ces dernières semaines, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,23% à 2.991 pts. A noter que le DJIA n'est pas parvenu à clôturer au-dessus des 25.000 pts, ni le S&P 500 au-dessus des 3.000 points, des seuils pourtant franchis longuement en séance.

Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné plus modestement 0,17% à 9.340 pts après avoir surperformé les autres indices ces dernières semaines. La semaine dernière, les trois indices américains avaient progressé de 3,3% pour le DJIA, de 3,2% pour le S&P 500 et de 3,4% pour le Nasdaq. Les marchés US étaient fermé lundi pour Memorial Day.

Neuf des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert mardi, dont les financières (+5%), les industrielles (+4,2%), et l'énergie (+3%), tandis qu'en bas de l'échelle, les valeurs de la santé (-0,2%) et les technologiques (-0,1%) ont consolidé après leur récent "rally".

Les économies mondiales poursuivent leur déconfinement

Plus tôt dans la journée, les marchés asiatiques et européens ont eux aussi fini en forte hausse : +2,5% pour le Nikkei après l'annonce d'un nouveau plan de relance de 930 milliards de dollars au Japon, +1,88% pour le Hang Seng, +1% pour le Shanghai composite, +0,94% pour l'EuroStoxx 50 et +1,46% pour le CAC 40.

L'optimisme ambiant repose sur la réouverture progressive des économies mondiales, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe et en Chine, alors que la vague de Covid-19 semble désormais se dégonfler, malgré la persistance de foyers épidémiques locaux.

Le président américain Donald Trump s'est chaudement félicité via Twitter de la hausse de la Bourse. "La Bourse en FORTE hausse, le DOW franchit les 25.000. Le S&P 500 sur les 3.000. Les États devraient ouvrir dès que possible. La Transition vers la Grandeur a commencé, plus tôt que prévu. Il y aura des hauts et des bas, mais l'année prochaine sera l'une des meilleures de tous les temps!", a-t-il commenté.

De son côté, le patron de la Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard, a estimé mardi que le taux de chômage pourrait retomber sous le seuil des 10% aux Etats-Unis dès la fin de l'année 2020, après avoir atteint un pic lié aux mesures de confinement prises pour juguler la pandémie de coronavirus.

Dans un entretien mardi avec la chaîne 'Fox Business Network', Bullard a souligné que les économistes attendaient une chute historique de 40% du PIB en rythme annuel au 2e trimestre aux Etats-Unis. Mais il a estimé qu'"après le pire trimestre de l'histoire, le 3e trimestre sera très probablement le meilleur trimestre de tous les temps du point de vue de la croissance".

Banques centrales et gouvernements toujours en soutien

Alors que les Etats américains réduisent progressivement leurs mesures de restriction, de nombreux autres pays redémarrent leurs économies après des semaines de paralysie. L'état d'urgence a été levé au Japon, donnant le coup d'envoi du redémarrage économique. Les bars et restaurants devraient rouvrir en France le 2 juin, et les commerces non essentiels pourront rouvrir au Royaume-Uni à compter du 15 juin. Selon les médias allemands, Berlin compte pour sa part assouplir les mesures de distanciation plus tôt que prévu et désire lever dès mi-juin les restrictions de déplacement visant 31 pays en Europe.

Les banques centrales et les gouvernements continuent par ailleurs de soutenir les économies à travers le monde. Au Japon, le Premier ministre Shinzo Abe a présenté mardi un nouveau plan de soutien de 100.000 Mds de yens (environ 930 Mds$), qui intègre notamment la distribution de 100.000 yens (925$) à chaque Japonais, afin de relancer la consommation. En Chine, la banque centrale a de son côté promis d'augmenter son soutien et de mener des efforts accrus pour abaisser les taux d'intérêts.

La crainte d'une nouvelle "guerre froide" entre Washington et Pékin

Pour l'instant, les espoirs d'une reprise économique et d'un reflux de la pandémie de Covid-19 l'ont emporté sur les risques d'une nouvelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, qui tomberait au plus mauvais moment pour l'économie mondiale très affaiblie par l'épidémie.

Dimanche, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, Robert O'Brien, a déclaré que la nouvelle législation de sécurité nationale imposée par la Chine à Hong Kong pourrait conduire à des sanctions américaines et menacer le statut de centre financier de ce territoire autonome. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a répliqué lundi que la Chine prendrait des contre-mesures si les Etats-Unis persistaient à porter atteinte à ses intérêts à Hong Kong. Selon lui, les Etats-Unis tentent de nuire à la sécurité nationale de la Chine.

La Chine et les Etats-Unis sont "au bord d'une nouvelle Guerre froide", a même averti dimanche le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, déplorant le regain de tensions avec Washington autour de l'épidémie de Covid-19.

La recherche accélère sur les vaccins anti-Covid-19

Sur le plan sanitaire, les marchés financiers ont apprécié les dernières annonces de groupes pharmaceutiques travaillant sur des vaccins et des traitements du coronavirus. La biotech américaine Novavax (+4,4%) a lancé un essai clinique de Phase 1 sur un vaccin contre la Covid-19, qui pourrait produire des résultats dès juillet. Moderna (-16,3%) avait annoncé la semaine dernière avoir de son côté achevé la Phase 1 et entamer la Phase 2, en vue de commencer la Phase 3 en juillet. Plus de 100 sociétés travaillent dans le monde à la recherche d'un vaccin, qui pourrait dans le meilleur des cas être commercialisé fin 2020 ou début 2021.

Le géant pharmaceutique américain Merck & Co (+1,17%) s'active également dans la Covid-19, en annonçant l'achat du spécialiste autrichien de vaccins Themis Bioscience pour un montant non dévoilé. Merck va aussi collaborer avec l'IAVI sur un autre vaccin potentiel contre le coronavirus, et dévoile un partenariat avec Ridgeback Biotherapeutics pour le développement d'un traitement oral antiviral expérimental contre le coronavirus.

Le pire pourrait être passé pour l'économie américaine

Les derniers indicateurs macro-économiques publiés mardi semblent conformer que l'économie aurait atteint le fond en avril avant un redémarrage prudent en mai. Le moral des ménages américains est ainsi remonté en mai, même s'il est inférieur aux attentes du marché. L'indice de confiance mesuré par le Conference Board, est ainsi ressorti à 86,6, contre un consensus de marché de 88,3 et après 85,7 en avril. L'indice manufacturier régional de la Fed de Dallas pour le mois de mai est ressorti moins dramatique que prévu, à -49,2 contre un consensus de -57 (pour l'indice d'activité générale).

Le marché immobilier, bien que ralenti par la pandémie, semble avoir bien résisté en mars et avril. Les ventes de logements neufs ont ainsi atteint 623.000 en avril, bien au dessus du consensus de 495.000 et après 619.000 en mars.

Du côté des prix, l'indice S&P Corelogic Case-Shiller "20-City" a augmenté de 0,5% en mars en données ajusté des variations saisonnières, et en comparaison du mois antérieur. Hors ajustements saisonniers, cet indicateur a grimpé de 1,1% par rapport au mois précédent et de 3,5% en glissement annuel. L'indice de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) américaine, qui mesure également les prix de l'immobilier, a pour sa part augmenté de 0,1% en mars sur un mois (contre +0,6% attendu), et de 5,9% en glissement annuel.

Enfin, l'indice d'activité nationale américaine de la Fed de Chicago pour le mois d'avril a quant à lui chuté à un plus bas historique, ressortant négatif de 16,74, contre une lecture révisée de -4,97 en mars.

Le pétrole poursuit sa remontée, l'or corrige sur les 1.700$

Face aux espoirs de reprise économique, le pétrole repart à la hausse ce mardi. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a gagné 3,3% à 34,35$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a pris 1,8% à 36,17$.

De son côté, l'or a pâti du retour de l'appétit du risque sur les marchés financiers. Le contrat à terme de juin a perdu 1,7% à 1.705,00$ l'once à la clôture du Comex, préservant de justesse le seuil des 1.700$ l'once. Le métal jaune progresse encore de plus de 11% depuis le début de l'année, faisant office de valeur-refuge face à la multiplication des risques sanitaires et géopolitiques et aux politiques ultra-accommodantes des banques centrales.

VALEURS A SUIVRE

Les cours des compagnies aériennes, massacrées ces deux derniers mois, ont rebondi après l'annonce d'une hausse du nombre de voyageurs. Le fonds coté (ETF) sectoriel U.S. Global Jets a bondi de 11,75%, soutenu notamment par Southwest Airlines (+12,6%), American Airlines (+14,8%), Delta Air Lines (+13%) et United Airlines Holdings (+16,3%). L'action du constructeur aéronautique Boeing a repris 5,2%. L'administration américaine des transports (TSA) a fait état de 262.734 voyageurs par avion aux Etats-Unis pour la semaine achevée le 23 mai, le chiffre le plus élevé depuis la semaine achevée le 28 mars.

Novavax a fini en hausse de 4,4%, après avoir flambé de plus de 11% en séance. Le groupe biotechnologique américain a lancé la phase 1 d'un essai clinique de vaccin contre la Covid-19, qui pourrait produire des résultats dès juillet. La phase 1 sera conduite aux USA et, en cas de succès, étendue à d'autres pays après la sortie des résultats préliminaires en juillet. Le groupe du Maryland espère ainsi parvenir à trouver le vaccin tant espéré contre le nouveau coronavirus.

Merck & Co a gagné 1,17%. Le géant pharmaceutique américain s'active également dans le Covid-19 avec l'acquisition du concepteur autrichien de vaccins Themis Bioscience pour un montant non dévoilé. Merck va aussi collaborer avec l'IAVI sur un autre vaccin potentiel contre le coronavirus, et dévoile un partenariat avec Ridgeback Biotherapeutics pour le développement d'un traitement oral antiviral expérimental contre le virus.

Regeneron a fléchi de 4,3%. Le Français Sanofi (-1,3%) vient en effet d'annoncer son intention de céder sa participation dans Regeneron. Si les deux laboratoires continueront à collaborer, l'opération devrait permettre au groupe français de récupérer près de 13 milliards de dollars. "Sanofi s'engage à poursuivre sa collaboration avec Regeneron qui s'inscrit toujours pleinement dans notre stratégie globale. Cette décision a été prise en parfait alignement avec Regeneron", a déclaré Paul Hudson, directeur général de Sanofi.

Co-Diagnostics a perdu 2,8% sur le Nasdaq. Le groupe a annoncé pour sa part que son test de dépistage du Covid-19 permettait de détecter la présence du nouveau coronavirus dans les tissus cancéreux des patients, avant même l'apparition des symptômes.

AutoZone a fini stable. Le détaillant en pièces automobiles a battu le consensus sur le trimestre écoulé. Il a réalisé pour le troisième trimestre fiscal clos début mai un bénéfice net de 343 millions de dollars et 14,39$ par titre, contre 406 millions de dollars un an plus tôt. Le consensus FactSet était de 13,75$. Les revenus ont reculé très légèrement à 2,78 milliards de dollars, alors que le consensus était de 2,69 milliards. Le groupe n'a donc pas démérité, mais n'est pas en mesure de fournir de guidance annuelle dans le contexte actuel.

Hertz Global Holdings s'est effondré de 80%. Le loueur américain de véhicules, s'est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites, la pandémie de Covid-19 ayant provoqué un effondrement de ses revenus avec la chute du secteur aérien. Le groupe a évoqué un impact "dévastateur" de la crise sanitaire, dans les documents transmis à la cour du Delaware. Les demandes de liquidités ont été telles que le groupe a donc été contraint à cette faillite. Sur le seul mois d'avril, les revenus se sont écroulés de 73%.

Uber (-0,78%), victime de la crise du nouveau coronavirus, supprime 600 postes en Inde, soit environ 25% de ses effectifs locaux. Le groupe a confirmé les coupes ce mardi, alors qu'il entend réduire ses dépenses face à une demande cruellement affaiblie par la pandémie.

Tesla a gagné 0,24%. Le groupe automobile californien entend obtenir l'approbation du gouvernement chinois pour fabriquer des berlines Model 3 équipées de batteries moins chères, selon un document publié sur le site Web du ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information.

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