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Clôture de Wall Street : vendredi noir après l'alerte au variant Omicron !

Clôture de Wall Street : vendredi noir après l'alerte au variant Omicron !
Clôture de Wall Street : vendredi noir après l'alerte au variant Omicron !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Patatras  ! Le Black Friday commercial s'est doublé cette année d'un vendredi noir pour les Bourses mondiales, après la révélation d'un nouveau variant du coronavirus, détecté en Afrique du Sud, qui pourrait être résistant aux vaccins actuels, et se propager rapidement. Même si ces informations restent à vérifier, les marchés d'actions ont brutalement corrigé, de même que le pétrole (-13% pour le baril WTI) et les valeurs cycliques, tandis que les "valeurs Covid" comme Moderna (+20,5%), Pfizer (+6,1%) et BioNTech (+14%) se sont envolées.

Au lendemain d'un jour férié, Wall Street a fermé à la mi-journée (19h heure française) dans le cadre des vacances de Thanksgiving. Le Dow Jones a chuté de 2,53% à 34.899 points, tandis que l'indice large S&P 500 a chuté de 2,27% à 4.594 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a abandonné 2,23% à 15.491 pts.

Ailleurs dans le monde, la séance a été difficile en Asie (-2,5% pour le Nikkei, -0,7% pour le CSI 300 chinois) et encore plus chahutée en Europe (déjà affectée par la 5e vague de variant delta), où l'EuroStoxx 50 comme le CAC 40 ont plongé de 4,75% !

Le baril de pétrole WTI retombe sous 70$

La perspective d'un possible coup d'arrêt à l'économie mondiale en cas de redémarrage de la pandémie a provoqué un plongeon de plus de 10% des cours du pétrole. Le cours du baril de brut léger américain WTI a ainsi dégringolé de 13% à 68,17$ (contrat à terme de janvier sur le Nymex) et le Brent de Mer du nord a chuté de 11,5% à 72,72$ (contrat de janvier).

La peur du variant sud-africain a donc eu plus d'effet sur les cours que les annonces de Washington, mardi, sur le déblocage de réserves stratégiques en coopération avec d'autres grands pays consommateurs, dont la Chine et l'Inde. Joe Biden entendait ainsi faire baisser les prix de l'énergie et ralentir l'inflation...

L'envolée des incertitudes sanitaires a eu un impact d'autant plus fort sur les marchés que ces derniers évoluaient ces dernières semaines à des niveaux record, et sur des valorisation élevées, après une très bonne saison de résultats d'entreprises au 3e trimestre. A Wall Street, l'indice VIX de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur" s'est envolé vendredi de 54% à 28,62.

Ruée vers les obligations, les taux rechutent

Les investisseurs en quête de valeurs refuge se sont rués sur les obligations, faisant retomber les taux d'intérêts après une période de tension liée aux craintes de hausses de taux des banques centrales... Ces anticipations seraient bien entendus reportées si le nouveau variant provoquait un ralentissement de l'économie mondiale.

Vendredi soir, le rendement du T-Bond à 2 ans a rechuté de 12 points de base à 0,52% tandis que le taux à 10 ans américain a perdu 13 points de base à 1,51%. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans est retombé de 9 pb à -0,34%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar n'a pas profité de la hausse des taux, abandonnant 0,6% face à un panier de devises à 96,18 points, tandis que l'euro rebondissait de 0,87% à 1,1303$ en séance, après être tombé ces derniers jours au plus bas depuis juin 2020. L'or n'a pas non plus servi de refuge avançant à peine de 0,03% à 1.787,50$ pour le contrat à terme de février sur le Comex. Le bitcoin a aussi perdu de son lustre, abandonnant 7,6% vendredi soir autour de 54.350$ sur le site Coindesk.

Le nouveau variant baptisé Omicron

Pour l'instant, les informations restent parcellaires concernant le nouveau variant sud-africain B.1.1.529. L'OMS (Organisation mondiale de la santé), qui a tenu ce vendredi une réunion d'urgence pour faire le point, a classé ce variant comme "préoccupant" et l'a baptisé "Omicron".

Détecté en Afrique du Sud et au Botswana, le variant semble se propager plus rapidement qu'on ne le pensait à l'origine. L'Afrique du Sud a signalé 2 465 nouveaux cas jeudi, contre moins de 900 deux jours plus tôt, et le nouveau variant représente 75% des génomes testés. Selon le scientifique en chef de l'OMS, le B.1.1.529 présente "plusieurs mutations inquiétantes dans la protéine Spike".

Restrictions de voyage en provenance d'Afrique australe

Des cas de variant Omicron ont aussi été signalés vendredi dans plusieurs pays hors d'Afrique, dont Hong Kong, Israël et la Belgique... Le Royaume-Uni (dès jeudi soir), la Belgique, l'Allemagne, l'Italie et la France ont annoncé tour à tour le gel des vols en provenance d'Afrique du sud et des pays voisins.

Les 27 pays de l'UE, réunis en urgence, ont recommandé en soirée de suspendre les voyages en provenance de sept pays : Botswana, Eswatini, Lesotho, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Zimbabwe.

Dans la soirée, la Maison Blanche a elle aussi annoncé des restrictions de voyage aux Etats-Unis en provenance de huit pays africains : Afrique du Sud, Botswana, Zimbabwe, Namibie, Lesotho, Eswatini, Mozambique et Malawi. Le Canada a emboîté le pas aux Etats-Unis.

15 jours pour tester l'efficacité du vaccin Pfizer sur le nouveau variant

Le laboratoire BioNTech, qui a mis au point l'un des principaux vaccins contre le Covid avec son partenaire Pfizer, a annoncé qu'il avait "immédiatement lancé des études sur le variant B.1.1.529", qui "diffère clairement des variants déjà connus, car il présente des mutations supplémentaires sur la protéine spike", celle qui est justement visée par les vaccins pour stimuler la production d'anticorps. BioNTech et Pfizer s'attendent à des résultats d'ici à "deux semaines" pour savoir si le nouveau variant est capable d'échapper à la protection vaccinale.

Jusqu'ici, les vaccins à ARN messager (Pfizer/BioNTech et Moderna) se sont avérés efficaces contre les variants, notamment le delta qui est devenu dominant depuis cet été.

Pfizer a estimé vendredi que si nécessaire, il serait en mesure de développer en une centaine de jours un nouveau vaccin contre un variant du coronavirus si celui-ci est résistant aux vaccins existants.

Tâche compliquée pour les banques centrales

Goldman Sachs, qui n'avait sans doute pas pris toute la mesure du risque sanitaire, a jugé cette semaine que la Fed pourrait accélérer la levée de son soutien monétaire. GS, dans une note du 25 novembre, voit le FOMC de la Fed approuver l'accélération de la réduction des achats d'actifs lors de sa réunion des 14 et 15 décembre (à 30 milliards de dollars par mois contre 15 milliards de dollars actuels), terminant le processus en mars.

La banque d'affaires prévoit également trois hausses de taux de 25 points de base en 2022 (contre deux auparavant), la première étant toujours prévue en juin. Cette note faisait suite à de nombreux commentaires récents de responsables de la banque centrale (Clarida, Waller, Daly, Bostic ou Bullard) affirmant que la Fed pourrait accélérer la réduction dans un contexte de progression continue du marché du travail et de chiffres d'inflation élevés.

Les minutes du FOMC de novembre ont également fait ressortir les voix du comité plaidant pour un rythme de réduction plus rapide qui mettrait la Fed dans une meilleure position pour répondre aux pressions inflationnistes. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux ont récemment indiqué une probable hausse de taux initiale en juin, deux hausses de 25 pb étant considérées comme le scénario le plus probable d'ici la fin de l'année.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur pharmaceutique a donc été très recherché vendredi à Wall Street, avec de vifs rebond sur les dossiers Pfizer (+6,1%), BioNTech (+14%) et Moderna (+20,5%).

Seul Merck (-3,8%) a raté le rebond, alors que le laboratoire a annoncé que son traitement expérimental par voie orale du covid réduisait le risque d'hospitalisation et de décès de "seulement" 30% d'après les résultats définitifs d'étude.

Les valeurs liées à l'énergie et au tourisme ont bu la tasse, de même que les financières (voyant s'éloigner la hausse des taux...). Parmi les plus fortes baisses figurent Boeing (-5,4%), United Airlines (-9,5%), Southwest Airlines (-4,3%) ou American Airlines (-8,8%). Les croisiéristes Norwegian Cruise (-11,3%) et Royal Caribbean (-13,2%) ont plongé. Le secteur pétrolier a été sanctionné avec la rechute des cours du brut. ExxonMobil (-3,5%), Chevron (-2,3%), ConocoPhillips (-4,5%), Schlumberger (-5,4%) ou Halliburton (-6,7%) ont souffert.

En revanche, les 'technos' qui profiteraient de nouveaux confinements ont grimpé, à l'instar de Zoom (+5,7%), Netflix (+1,1%) ou Peloton Interactive (+5,6%).

KKR (-3%) et CVC mèneraient des discussions exploratoires à propos d'une offre conjointe sur Telecom Italia, croit savoir l'agence Bloomberg, citant des personnes ayant directe connaissance du sujet. CVC étudierait déjà depuis plusieurs mois une éventuelle acquisition de Telecom Italia et se serait entretenu avec KKR pour s'associer à une offre qui permettrait de partager la charge financière. Selon les sources de l'agence, KKR est capable de financer l'offre à lui seul et pourrait également faire appel à certains des commanditaires de son fonds en tant que co-investisseurs, mais il envisage de faire appel à un partenaire. Les sources ajoutent qu'Advent International avait eu des entretiens avec CVC au sujet d'une éventuelle offre conjointe, mais que son intérêt se serait 'refroidi' en raison de la complexité de la transaction et du soutien perçu du gouvernement italien à l'offre de KKR.

Rappelons que KKR a proposé une offre de 12 milliards de dollars pour le rachat de Telecom Italia. L'offre est libellée à 0,505 euro par titre en cash, ce qui représente une prime de 45% sur la clôture de vendredi dernier et matérialise une valeur equity de 10,7 milliards d'euros. L'opérateur affiche un endettement de 22,5 milliards d'euros. L'offre requiert l'approbation du conseil d'administration de l'Italien et est conditionnée à une période de due diligence de quatre semaines, ainsi qu'à l'approbation du gouvernement italien. Vivendi, qui détient 24% des parts, a indiqué en début de semaine qu'il entendait rester un actionnaire de long terme dans l'opérateur télécom italien. Vivendi n'aurait ainsi "aucunement l'intention" de céder sa participation...

Uber (-3,7%) a trébuché sur fond de craintes sanitaires. Pourtant, le directeur financier du groupe a affirmé sa confiance. Le Wall Street Journal cite une interview de Nelson Chai, CFO d'Uber, selon lequel, alors que l'objectif actuel de la compagnie demeure la poursuite de l'amélioration de l'Ebitda ajusté, la finalité à long terme est plutôt de maintenir la croissance des revenus.

Didi (-2,8%). Les autorités chinoises font pression sur les principaux dirigeants du géant chinois des services VTC pour qu'il se retire de la bourse de New York, du fait des enjeux liés à la sécurité des données. C'est ce qu'a appris Reuters de deux sources proches du dossier.

Tesla (-3%) entend investir jusqu'à 1,2 milliard de yuans dans une augmentation des capacités de production de son usine de Shanghai.

Boeing (-5,4%). Le gouvernement canadien a indiqué à Boeing que sa proposition dans le cadre de l'appel d'offres pour la fourniture de 88 avions de chasse n'avait pas été retenue.

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