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Clôture de Wall Street : valse-hésitation face aux risques sur la croissance

Clôture de Wall Street : valse-hésitation face aux risques sur la croissance
Clôture de Wall Street : valse-hésitation face aux risques sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés boursiers américains sont restés hésitants, lundi, toujours inquiets des signes croissants de ralentissement de l'activité économique en Europe et, dans une moindre mesure, aux Etats-Unis. Les marchés obligataires ont fait office de refuge, envoyant les taux d'intérêts au tapis, au moment où la banque centrale américaine a adopté une position plus accommodante. L'action Apple a perdu 1,2% alors que le groupe a présenté son service de vidéo en streaming, qui sera lancé cet automne dans 100 pays.

A la clôture, les indices américains ont fini proche de l'équilibre, à l'issue d'une séance volatile. L'indice Dow Jones a avancé de 0,06% à 25.516 points (après -1,77% vendredi), alors que l'indice large S&P 500 a cédé 0,08% à 2.798 pts (-1,90% vendredi) et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,07% à 7.637 pts (-2,5% vendredi). La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 1,3%, 0,77% et 0,6% sur 5 séances.

En Europe, les marchés ont commencé la semaine en baisse (-0,16% pour l'Euro Stoxx 50 et -0,18% pour le CAC 40) malgré la publication d'un indice Ifo allemand en amélioration, alors que la crainte d'un Brexit sans accord tient les investisseurs en haleine, à l'approche de la prochaine date-butoir du 12 avril.

L'inversion de la courbe des taux persiste entre "le 10 ans" et "le 3 mois" US

Le dollar s'est affaibli lundi, tandis que les taux des emprunts d'Etat US ont reculé, à l'inverse des prix des obligations, qui ont été recherchées en tant que valeurs-refuge. Les investisseurs surveillent avec inquiétude le niveau des taux, en particulier la courbe des taux, qui reflète le niveau des taux d'intérêts en fonction de la durée des emprunts d'Etat. Dans un contexte de croissance économique, cette courbe évolue de manière croissante (plus la durée d'emprunt est longue, plus les taux sont élevés), mais vendredi, il s'est produit une inversion sur un segment très surveillé par les économistes : le taux du T-Bond à 10 ans a chuté en séance en-dessous de celui à trois mois, une anomalie qui, si elle se reproduit de façon durable, signale une probabilité élevée de récession dans les trimestres à venir...

Or, ce lundi, cette inversion s'est à nouveau produite, le rendement de T-Bond à 10 ans s'inscrivant à 2,39% (-6 points de base) en séance, tombant sous 2,4% pour la première fois depuis 2017, tandis que le rendement de la note à 3 mois était à 2,44% (-1 pdb). A la clôture, le "10 ans" était à 2,41%, toujours inférieur au "3 mois" (2,46%)...

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, a cédé lundi 0,12% à 96,54 points, tandis que l'euro s'est stabilisé à 1,1313$ (+0,01%) après avoir trébuché de 0,6% vendredi à l'annonce d'une activité manufacturière en berne dans la zone euro, en particulier en Allemagne.

La livre sterling a reculé de 0,25% à 1,3176$, alors que Theresa May a renoncé pour l'instant à un troisième vote sur son accord sur le Brexit, faute de soutien suffisant au parlement. Le risque de "hard Brexit" reste élevé, mais un nouveau report du divorce est aussi envisageable..

Face aux risques, la Fed opte pour un statu quo prolongé sur les taux

Les marchés financiers se montraient assez soulagés par ailleurs, après l'annonce dimanche, des conclusions du procureur spécial Robert Mueller dans son enquête sur l'ingérence russe dans la campagne électorale de Donald Trump en 2016. Le rapport Mueller a ainsi conclu qu'il n'y a pas de preuve d'une collusion entre l'équipe de campagne du président américain et la Russie.

Donald Trump a comme de coutume salué cette victoire politique via le réseau social Twitter. Dans un autre registre, le président américain a aussi annoncé, vendredi par un tweet, son intention de proposer la nomination d'un de ses ex-conseillers, Stephen Moore, pour un siège au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (où deux sièges sont actuellement vacants). Trump met ainsi une pression supplémentaire sur le président de la Fed, Jerome Powell, dont il critique régulièrement la politique monétaire, accusée de pénaliser les entreprises américaines par des hausses de taux trop rapides...

Rappelons que la Fed a pris la semaine dernière un tournant nettement plus accommodant, en faisant savoir qu'elle ne relèverait pas ses taux directeurs cette année, et qu'elle mettrait fin en septembre à la réduction de son bilan, ce qui revient à prendre des mesures de détente monétaire. De nombreux analystes estiment même que la banque centrale sera amenée à procéder à une baisse des taux directeurs d'ici à la fin 2019.

Les cours du pétrole, qui avaient retrouvé la semaine dernière leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois, ont terminé dans le désordre lundi, reflétant l'indécision sur les prévisions de croissance économique. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 0,37%, à 58,82$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent a progressé de 0,27% à 67,21$.

Sur le front commercial, les marchés sont en attente des prochaines négociations prévues plus tard cette semaine entre les Etats-Unis et la Chine. La délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendra à nouveau en Chine, jeudi 28 et vendredi 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers. Ensuite, le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril.

Les discussions ont patiné ces derniers temps en raison de la volonté de Pékin d'obtenir une levée des droits de douane sur ses exportations dès la signature de l'accord, ce que refuse Washington, qui veut s'assurer que la Chine mettra bien en oeuvre les dispositions, notamment concernant le respect de la propriété intellectuelle.

Indicateurs macro-économiques contrastés

Sur le front économique aux Etats-Unis ce lundi, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de février 2019 est ressorti négatif à -0,29, contre +0,1 de consensus et -0,25 pour la lecture révisée du mois antérieur (-0,43 pour la précédente estimation de janvier).

L'indice manufacturier régional de la Fed de Dallas pour le mois de mars 2019 est quant à lui ressorti à 8,3 (indice d'activité générale), contre un consensus de +10 et un niveau de 13,1 un mois avant. L'indicateur traduit donc un ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région, mais il demeure en territoire positif.

VALEURS A SUIVRE

L'action Apple a perdu 1,2% après la présentation, lors de sa très attendue "keynote", de son futur service de vidéo en streaming, baptisé "Apple TV+", destiné à concurrencer Netflix (+1,45%), le leader du secteur, ou Amazon Prime Video (+0,5% pour le titre Amazon).

"Apple TV+" proposera ses propres séries et films, ainsi que des contenus de partenaires, dont les chaînes HBO et Showtime. Les contenus originaux seront notamment élaborés par le réalisateur Steven Spielberg, les actrices Reese Witherspoon et Jennifer Aniston, ou encore Steve Carrell, qui étaient présents sur scène lundi au siège d'Apple à Cupertino, pour faire la promotion du service.

L'application TV+ sera aussi fournie sur les téléviseurs connectés des constructeurs partenaires (Samsung, LG, Sony et Vizio) ainsi que sur les boîtiers Roku et Fire TV d'Amazon. En revanche, Netflix a fait savoir la semaine dernière qu'il refusait qu'Apple diffuse ses contenus propres.

Apple TV+ sera disponible à l'automne dans 100 pays, a précisé Apple,mais pour l'instant, le prix de l'abonnement n'a pas été communiqué.

La firme à la pomme a aussi annoncé lundi soir un service d'information payante, "News+", via un abonnement de 9,99$ par mois, ainsi qu'un "Apple Arcade", un service de téléchargement qui permettra d'accéder à une bibliothèque de jeux vidéo moyennant, là aussi, un abonnement. Enfin, le groupe a annoncé le lancement de sa première carte de crédit dédiée, via un partenariat avec Goldman Sachs (-0,24%) et Mastercard (-0,15%). L'Apple Card ne prélèvera pas de frais de gestion, et proposera des ristournes (cash back) jusqu'à 3% pour les achats de produits Apple.

Viacom (+3,8%) a été recherché, le groupe ayant finalement renouvelé son contrat avec AT&T (-0,97%) permettant la diffusion de MTV, Nickelodeon ou Comedy Central chez les utilisateurs de DirecTV.

Boeing (+2,3%) a convié plus de 200 pilotes, ainsi que des régulateurs et dirigeants, à une réunion d'information programmée mercredi pour détailler son projet de remise en service du 737 MAX. Le meeting aura lieu à Renton (Etat de Washington). Il s'agira pour le groupe américain de rétablir un semblant de confiance dans son appareil, impliqué dans deux crashs de Lion Air et d'Ethiopian Airways.

Boeing dit continuer à travailler "en étroite collaboration" avec ses clients et les autorités sur les logiciels et les mises à jour de formation pour le 737 MAX. Les équipes de trois compagnies aériennes américaines possédant des 737 MAX ont participé samedi à une session pour examiner la mise à jour logicielle annoncée par Boeing, explique de son côté l'agence 'Reuters'. La mise à jour logicielle concerne notamment les systèmes de contrôle de vol et les écrans des pilotes. Le groupe y travaille depuis l'accident d'un appareil de la compagnie indonésienne Lion Air, qui avait fait 189 morts en octobre. Les autorités américaines de la FAA attendent les corrections dans les prochaines semaines.

Nike (+0,17%). Le régulateur européen a infligé à Nike une amende de 12,5 millions d'euros pour avoir interdit aux vendeurs de commercialiser des produits dérivés sous licence dans d'autres pays au sein de l'EEE. La Commission reproche précisément à l'équipementier sportif américain d'avoir restreint les ventes transfrontalières des produits dérivés de cinq clubs de football européens et de fédérations de football. Bruxelles estime que les pratiques illégales de Nike, qui ont duré pendant environ 13 ans (du 1er juillet 2004 au 27 octobre 2017), ont eu une incidence variable sur les produits dérivés sous licence aux couleurs de clubs comme le FC Barcelone, Manchester United, la Juventus, l'Inter Milan et l'AS Rome, ainsi que de fédérations nationales comme la Fédération française de football.

Biogen (+1,6%) a regagné un peu de terrain après avoir perdu un tiers de sa valeur la semaine dernière suite à l'abandon des essais du traitement d'Alzheimer Aducanumab. Le géant biotechnologique américain, basé dans le Massachusetts, et son partenaire japonais Eisai, avaient annoncé il y a quelques jours l'arrêt de deux essais cliniques en phase finale de ce traitement. Biogen, tentant sans doute de compenser en partie la chute boursière, a annoncé un nouveau programme de rachat d'actions de 5 Mds$.

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