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Clôture de Wall Street : valse-hésitation avant les négociations Etats-Unis-Chine

Clôture de Wall Street : valse-hésitation avant les négociations Etats-Unis-Chine
Clôture de Wall Street : valse-hésitation avant les négociations Etats-Unis-Chine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a entamé la semaine en dents de scie, les investisseurs s'interrogeant sur les chances de parvenir à un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les pourparlers reprendront ce jeudi à Washington, mais Pékin ne serait pas prêt à signer un accord global. Les marchés continuent en outre de s'interroger sur la santé de l'économie américaine, après des chiffres de l'emploi et des indicateurs d'activité au ralenti en septembre. Dans ce contexte, les spéculations sur une nouvelle baisse des taux de la Fed s'accroissent.

Après avoir hésité toute la journée entre le vert et le rouge, l'indice Dow Jones a fini en recul de 0,36% à 26.478 points à la clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,45% à 2.938 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a lâché 0,33% à 7.956 pts.

La semaine dernière, le Dow Jones avait reculé de 0,9% et le S&P 500 avait fléchi de 0,3%, ces deux indices enchaînant désormais 3 semaines de baisse consécutives. Le Nasdaq a progressé la semaine dernière (+0,5%) après deux semaines de recul.

La Chine ne serait prête qu'à un accord partiel

Lundi, la Maison Blanche a confirmé qu'une délégation chinoise de haut niveau, menée par le vice-Premier ministre Liu He, était attendue jeudi aux Etats-Unis pour de nouvelles négociations sur le commerce entre les deux premières économies du monde, à quelques jours de la date prévue du relèvement des droits de douane sur des milliers de produits chinois importés.

Larry Kudlow, principal conseiller économique de la Maison blanche, a rassuré en déclarant à 'Fox News' que des progrès étaient "possibles" cette semaine. Il a répété que l'exclusion des entreprises chinoises des marchés boursiers américains n'était "pas sur la table", après des informations de presse parues la semaine dernière à ce sujet.

De son côté, la Chine laisse planer un doute sur la possibilité d'un large accord commercial. Selon l'agence 'Bloomberg', Pékin aurait ainsi réduit le nombre des sujets dont elle est disposée à discuter, en excluant notamment toute réforme de sa politique industrielle, ainsi que la question des subventions d'Etat. Or, la semaine dernière, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis n'accepteraient qu'un accord complet et non partiel.

Selon des sources citées par Bloomberg, la Chine considérerait que Donald Trump est affaibli politiquement par la procédure de destitution ouverte contre lui par les démocrates du Congrès. Pékin pourrait donc en profiter pour tenter de décrocher un accord a minima, en considérant qu'un accord, quel qu'il soit, redresserait la cote de confiance du président américain auprès de son opinion publique.

Cette dernière vit dans la crainte d'un tassement de l'économie provoquée par la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Risque de récession en cas d'escalade des droits de douane ?

Si les Etats-Unis mettaient à exécution la prochaine hausse des tarifs douaniers, la quasi-totalité des importations provenant de la Chine seraient alors soumises à des taxes supplémentaires. Selon la banque suisse UBS, cela entraînerait un ralentissement important de la croissance au premier semestre 2020 "avec des risques élevés de récession" aux Etats-Unis...

De son côté, la National Association for Business Economics (NABE), dans une étude dévoilée ce lundi, table pour sa part sur un ralentissement de la croissance américaine à +1,8% l'an prochain, ce qui marquerait la première année de croissance inférieure à 2% sous la présidence Trump.

Dans ce contexte incertain, les investisseurs font le pari que la Réserve fédérale fera le nécessaire pour soutenir l'activité, en abaissant au moins une fois ses taux directeurs d'ici à la fin de l'année. Dans une intervention publique vendredi soir, le président de la Fed Jerome Powell n'a pas apporté de réponse précise à cette question, mais il n'a pas non plus douché les espoirs des marchés.

Lors d'un discours très attendu, M. Powell a affirmé que "dans l'ensemble, l'économie est, comme j'aime le dire, dans une bonne position". Il a ajouté cependant que la croissance fait face à des défis liés à "une croissance faible, une inflation faible et des taux d'intérêts faibles". L'économie "se porte bien", malgré "les risques", et le rôle de la Fed est de "continuer à ce que ce soit le cas le plus longtemps possible", a-t-il estimé.

Une nouvelle baisse des taux attendue le 30 octobre

Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement des taux des fed funds d'un quart de point à l'issue de la réunion des 29 et 30 octobre s'établissaient lundi soir à 71,1%. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point du 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet. Les marchés sont en revanche très partagés sur une 2e baisse d'ici à la fin de l'année. La probabilité est ainsi de seulement 35,7% pour un retour à 1,25%-1,50% lors de la réunion du 11 décembre, et de 49,9% pour un niveau de 1,5%-1,75%.

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) a légèrement rebondi lundi, regagnant 3 points de base à 1,56%, après sept séances de baisse consécutives.

Retour des inquiétudes sur un Brexit dur

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a avancé de 0,18% à 98,98 points, tandis que l'euro a fini stable à 1,0972$ (-0,04%).

La livre sterling a cédé 0,28% à 1,2297$ face aux incertitudes grandissantes sur les conditions du Brexit à l'approche de la date butoir du 31 octobre. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a répété dimanche à Emmanuel Macron qu'il ne demanderait pas de report du Brexit au-delà de cette date, si son plan était rejeté... Lors d'une conversation téléphonique, le président français lui a indiqué qu'un bilan des négociations serait fait "en fin de semaine prochaine afin d'évaluer si un accord est possible" sur le Brexit.

Les cours du pétrole ont fait du yo-yo, après un un recul de 5,5% la semaine dernière face aux craintes sur la croissance mondiale. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI a finalement cédé 0,23% à 52,69$ sur le Nymex (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent a reculé de 0,12% à 58,30$.

L'or a également perdu du terrain lundi, commençant la semaine à 1.497,20$ l'once (-1%), pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

VALEUR A SUIVRE

PayPal (-1,1%) s'est retiré du groupement associé au projet de monnaie numérique Libra du géant des réseaux sociaux Facebook (-1,1%).

General Electric (-0,12%). Le colosse industriel et financier américain a fait état du gel du plan de retraites d'environ 20.000 salariés aux USA dans le cadre de ses projets de désendettement.

General Motors (-0,46%). L'UAW (United Auto Workers) a repoussé les propositions de GM. Les 48.000 membres du syndicat automobile sont en grève depuis près d'un mois, suite à l'échec des pourparlers avec le management sur des questions diverses, allant des rémunérations à la santé.

Uber Technologies (+2,3%), géant des VTC, a bénéficié ce jour en bourse d'un conseil rehaussé à l'achat de Citigroup.

Dish Network (+0,2%). Les clients du groupe de TV par satellite peuvent capter les chaînes de la FOX. Un accord pluriannuel vient d'être scellé entre les deux firmes.

©2019,

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