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Clôture de Wall Street : un plongeon en guise de cadeau de Noël !

Clôture de Wall Street : un plongeon en guise de cadeau de Noël !
Clôture de Wall Street : un plongeon en guise de cadeau de Noël !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir vécu leur pire semaine depuis 2008, les marchés américains ont continué dans le rouge vif, lundi, lors d'une séance écourtée pour le Réveillon de Noël. Les principaux indices ont perdu 2% à 3%, le Nasdaq composite confirmant son passage dans un "bear market", tandis que le Dow Jones et le S&P 500 frôlent désormais ce seuil de perte de 20% par rapport à leurs derniers sommets. Les investisseurs observent avec une grande inquiétude l'accumulation de facteurs de risques économiques, monétaires et politiques. Alors qu'une partie des administrations américaines est fermée depuis vendredi minuit pour cause de bras de fer entre Donald Trump et le Congrès, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a montré que l'exécutif s'inquiétait de la chute des cours de Bourse, et était en contact avec les dirigeants des grandes banques américaines. Ces informations n'ont fait qu'aggraver la nervosité des marchés, même si les patrons des 6 plus grandes banques ont assuré disposer d'amples liquidités pour faire face aux turbulences actuelles.

A la clôture des marchés, intervenue à 13h00 locales (19h00 heure française) en raison de Noël, l'indice Dow Jones a plongé de 2,91% à 21.792 points, au plus bas depuis août 2017, il y a 16 mois environ. L'indice large S&P 500 a reculé de 2,71% à 2.351 pts, son plus bas depuis avril 2017, et l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a chuté de 2,21% à 6.192 pts, au plus bas depuis juillet 2017.

Après le Nasdaq, le DJIA et le S&P 500 au bord d'un "bear" market"

La semaine dernière, les trois indices avaient déjà plongé respectivement de 6,8%, 7% et 8,3% en 5 séances. Si aucune amélioration n'intervient d'ici à la semaine prochaine, décembre pourrait être le pire mois de décembre qu'ait connu la Bourse américaine depuis... la Grande Dépression en 1931.

Le Nasdaq a confirmé son entrée en zone baissière, caractérisée par une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets. L'indice a désormais abandonné 23,6% depuis son dernier record historique de la fin août à 8.109 pts. Le S&P 500 et le Dow Jones sont désormais à leur tour au bord du "bear market", avec un recul de 19,7% pour le premier, et de 18,7% pour le second par rapport à leurs pics de cet automne.

Pas un seul secteur n'a échappé lundi à la correction, qui s'est en outre déroulée dans des volumes importants, ce qui est très inhabituel pour une séance écourtée de veille de Noël, d'ordinaire très calme... Les pires pertes ont été subies par les indices sectoriels du S&P 500 suivants : Services collectifs ("utilities", -4,2%), Energie (-3,9%), Immobilier (3,6%) et Industries (-3,1%). L'indice S&P des Technologies de l'information a cédé 2,7% et celui des Services de communication a reculé de 2%.

En outre, les cours du pétrole ont dégringolé : le contrat à terme de février sur le brut léger américain WTI a plongé de 6,4% à 42,48$ le baril, tandis que le cours du Brent de même échéance a perdu 6,3% à 50,43$ le baril. Le WTI a perdu 29% cette année, et 44% par rapport à ses plus hauts annuels, début octobre, à plus de 76$. Cette chute vertigineuse s'est produite sur fond de craintes d'un excès d'offre de pétrole l'an prochain, craintes qui ont été accentuées ces dernières semaines par des signes de ralentissement de l'économie mondiale, notamment en Chine et dans la zone euro.

Le secrétaire au Trésor tente de rassurer, mais obtient l'effet inverse

Sur le marchés des changes, le dollar perdu du terrain lundi. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a lâché 0,5% à 96,51 points. De son côté, l'euro a progressé de 0,40% à 1,1415$. Les obligations ont été recherchées dans un contexte d'aversion aux risque, faisant reculer les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours des obligations). Le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a cédé 3 points de base à 2,76%.
L'indice VIX de la volatilité, aussi surnommé "l'indice de la peur", a bondi de 15% à 34,67 pts, au plus haut depuis début février, lorsque les marchés d'actions avaient aussi connu une période de correction.

Les marchés ont été déconcertés par un communiqué du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui a semé le doute dans les esprits sur la gravité de la situation actuelle sur les marchés. M. Mnuchin a indiqué s'être entretenu dimanche avec les patrons des six premières banques américaines afin de tenter de calmer la nervosité des marchés financiers. Les banques ont d'ailleurs "confirmé avoir d'amples liquidités disponibles pour les prêts aux consommateurs, pour les opérations de marchés et pour toutes les autres opérations".

Les patrons des banques ont également assuré "que les marchés continuaient de fonctionner normalement" malgré les turbulences de marchés et le "shutdown" des administrations américaines depuis vendredi soir à minuit, lié au refus du Congrès de financer le mur transfrontalier que Donald Trump veut ériger avec le Mexique.

Jusqu'ici, les marchés ne s'étaient pas posés cette question de la liquidité, mais le fait de voir le ministre des Finances s'en préoccuper autant, un dimanche précédant Noël, les a rendus très nerveux, au lieu de les rassurer...

Le Trésor a par ailleurs indiqué que Steven Mnuchin organisait lundi une réunion téléphonique avec un groupe de travail sur les marchés financiers, qui comprend les responsables de la Fed, de la SEC et des responsables des marchés des matières premières ainsi que d'autres régulateurs financiers. Or, ce groupe de travail ne s'était pas réuni depuis la grande crise financière des subprimes en 2008...

Jerome Powell sur un siège éjectable ?

Pour ne rien arranger, le week-end a aussi été marqué par des informations de presse affirmant que Donald Trump avait évoqué en privé la possibilité de limoger le président de la Fed, Jerome Powell. Le président américain est furieux que la banque centrale américaine ait une nouvelle fois relevé ses taux la semaine dernière et qu'elle envisage encore deux tours de vis en 2019.

Pour Donald Trump, cette politique monétaire est trop restrictive et provoque un ralentissement conjoncturel. Le programme du président américain étant de nature à alourdir la dette américaine, Donald Trump voir d'un mauvais oeil la hausse des taux, qui renchérit le coût du crédit lors des émissions de bons du Trésor...

Steven Mnuchin a toutefois affirmé via Twitter que Donald Trump lui avait indiqué qu'il n'avait jamais évoqué la possibilité de limoger M. Powell. Le président a dit qu'il était "en complet désaccord avec la politique de la Fed", a concédé Mnuchin. Citant Trump, le secrétaire au Trésor a ajouté : "je pense que l'augmentation des taux d'intérêt et la réduction du portefeuille de la Fed sont des choses absolument terribles dans cette période, particulièrement en regard des mes négociations commerciales majeures en cours. Mais je n'ai jamais suggéré de limoger le Président Jay Powell, et je ne crois pas avoir le droit de le faire".

Programme économique et financier réduit

Seul indicateur macro-économique notable publié lundi, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de novembre 2018 est ressorti supérieur aux attentes de marché, à 0,22 contre un consensus de place de 0,19. L'indice révisé du mois antérieur ressort néanmoins quasiment nul ('neutre' dans le jargon de l'antenne de Chicago), alors qu'il avait auparavant été évalué à 0,24.

Aucune publication trimestrielle notable d'entreprise cotée sur la place américaine n'était au programme.

VALEURS A SUIVRE

Tesla (-7,6%) aurait réduit les prix de son Model 3 en Chine, croit savoir l'agence Reuters, qui constate que d'après le site Web chinois du groupe californien, les prix de certains véhicules Model 3 auraient été abaissés jusqu'à 7,6%. Le prix de départ pour une telle voiture en Chine se situerait désormais à 499.000 yuans, soit environ 72.000$. Reuters estime qu'il s'agit de la troisième vague de baisse des prix pour Tesla en Chine, durant les deux derniers mois.

L'agence Reuters rappelle que le groupe d'Elon Musk avait déjà minoré les prix de ses Model X et S commercialisés en Chine de 12% à... 26% au mois de novembre. Tesla avait alors expliqué qu'il absorbait une part significative des nouveaux tarifs douaniers afin de rendre ses voitures plus abordables pour la clientèle chinoise. Le groupe avait encore réduit les prix des Model S et X plus tôt ce mois, lorsque le ministère chinois aux Finances avait annoncé la suspension des 'tarifs' additionnels sur les voitures et équipements importés des USA, pour trois mois à partir de janvier.

Amazon (-2,4%), géant américain du commerce en ligne, résiste à Wall Street ce lundi, alors que selon le 'Wall Street Journal', le groupe de Jeff Bezos compterait pourtant parmi les compagnies interrogées par la Securities & Exchange Commission - gendarme des marchés financiers américains - à propos de leurs revenus. La SEC s'intéresserait en particulier aux revenus d'Amazon Prime. "Les régulateurs poussent Amazon.com Inc. et d'autres compagnies à révéler plus de détails à propos de la répartition de leurs revenus", affirme donc le WSJ, selon lequel certaines compagnies repoussent ces demandes.

En particulier, la SEC désirerait qu'Amazon informe les investisseurs du niveau des revenus réalisés auprès des clients du service Amazon Prime. Le 'Wall Street Journal' cite à ce propos des courriers échangés par la SEC et Amazon. Le leader du e-commerce affirme pour sa part que cette information n'est pas significative. Dans une lettre adressée à Amazon, la SEC constate que le groupe de Bezos a annoncé publiquement avoir franchi le cap des 100 millions de membres payants Prime et les 5 milliards de produits Prime livrés l'an dernier. Pour le gendarme de marché, il serait donc logique qu'Amazon communique également les revenus associés.

Alibaba (stable). Ant Financial Services, filiale de paiements en ligne du géant chinois du e-commerce, poursuivrait des négociations à un stade avancé en vue de l'acquisition de WorldFirst, start-up britannique spécialiste des changes, pour plus de 500 millions de livres selon 'Sky News'.

JD.com (-6,3%). Le DG et fondateur du numéro deux chinois du commerce en ligne, Richard Liu, ne devrait pas faire l'objet de poursuites après les accusations de viol d'une étudiante de l'Université du Minnesota. C'est ce qu'a fait savoir vendredi le responsable juridique du comté concerné, explique l'agence Reuters.

Mindbody (+65% !), spécialiste californien des logiciels de gestion d'entreprise, qui fournit notamment ses services aux studios de fitness et de yoga, a annoncé ce jour qu'il allait être racheté par la société d'investissement de San Francisco Vista Equity Partners pour un montant de 1,9 milliard de dollars. Le 'deal' présente une prime de 68% sur les derniers cours cotés, à 36,5$ par titre en cash.

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