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Clôture de Wall Street : triple record, la Chine réduit ses droit de douane

Clôture de Wall Street : triple record, la Chine réduit ses droit de douane
Clôture de Wall Street : triple record, la Chine réduit ses droit de douane
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a progressé jeudi pour la 4e séance consécutive, les trois principaux indices terminant sur des niveaux records malgré la poursuite de la propagation du coronavirus qui paralyse l'économie de la Chine. Toutefois, l'annonce jeudi par Pékin d'une réduction des droits de douane sur des produits américains importés a stimulé les marchés d'actions. Le dollar a progressé face aux principales devises mondiales, tandis que le pétrole a marqué le pas, la Russie étant réticente à réduire encore la production de l'Opep+ pour soutenir les cours.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,30% à 29.379 points, son premier record depuis le 17 janvier, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,33% à 3.345 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 0,67% à 9.572 pts. Du côté des valeurs, Twitter s'est distingué par un bond de 15%, le réseau social ayant publié des revenus trimestriels supérieurs aux attentes.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) a grimpé de 0,17% à 98,47 points, profitant de nouvelles statistiques américaines solides. L'euro a perdu 0,15% à 1,0980$. Le marché obligataires s'est stabilisé jeudi, le rendement du T-Bond à 10 ans finissant à 1,64% (-1 point de bas) après trois jours de rebond.

La Chine va réduire les droits de douane sur des produits US

Le gouvernement chinois a rassuré les marchés en annonçant jeudi son intention de réduire de moitié ses droits de douane punitifs sur des produits américains représentant 75 milliards de dollars d'importations. La mesure entrera en vigueur le 14 février, et portera sur des surtaxes douanières appliquées depuis le 1er septembre dernier.

Des droits de 10% et 5% appliqués à 1.600 produits seront ainsi réduits de moitié, notamment sur des produits de la mer, la volaille, le soja et certains types d'avions ou encore des lampes au tungstène utilisées dans la recherche médicale. Cette baisse vise à "promouvoir un développement sain et stable des relations économiques et commerciales sino-américaines", a indiqué Pékin.

Les engagements de la Chine retardés par le virus ?

Moins d'un mois après la signature, le 15 janvier, d'un accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine, cette dernière fait donc preuve de bonne volonté, alors que certains craignaient que l'épidémie de coronavirus pourrait retarder la mise en oeuvre de l'accord.

Aux termes de l'accord signé avec Washington, Pékin s'est engagé à acheter au cours des deux prochaines années pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires, notamment agricoles et manufacturiers. Mais le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a déclaré mardi que l'épidémie au coronavirus qui sévit en Chine et paralyse l'économie du pays allait retarder ces achats de produits américains.

Cependant, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a estimé au contraire que la Chine allait respecter ses engagements d'achats de produits américains en dépit du coronavirus. Sur 'Fox Business', M. Mnuchin s'est dit jeudi "pas inquiet à ce sujet".

Pas d'impact majeur du virus sur l'économie américaine

"Nous surveillons étroitement (le développement) du virus, nous aurons une bien meilleure idée (de l'évolution de l'épidémie) au cours des deux prochaines semaines", a-t-il ajouté. "Je ne m'attends pas à ce que cela soit un problème et que cela ne les empêche de respecter leurs engagements", a-t-il également commenté.

Steven Mnuchin a reconnu que le virus "pourrait avoir un impact sur l'économie mondiale et sur l'économie américaine". Mais à ce stade, il n'y a "pas d'impact majeur", a-t-il estimé.

Sur le plan sanitaire, le bilan de l'épidémie continue de gonfler, avec désormais plus de 560 décès en Chine et plus de 28.000 cas de contamination. Mais les marchés font le pari que les mesures de mise en quarantaine prises par la Chine porteront leurs fruits et parviendront à enrayer la progression de l'épidémie.

En attendant les chiffres de l'emploi en janvier

A Wall Street, les investisseurs ont aussi salué jeudi les statistiques macro-économiques du jour, notamment sur le front de l'emploi, dont les chiffres de janvier seront publiés vendredi. Les marchés s'attendent à 158.000 créations de postes non-agricoles en janvier et à un taux de chômage stable à 3,5%.

En attendant le rapport mensuel, les dernières données hebdomadaires sont ressorties meilleures que prévu. Pour la semaine close au 1er février, les inscriptions au chômage sont descendues à 202.000, contre 215.000 de consensus et 217.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure.

Par ailleurs, la dernière étude de la firme Challenger concernant les destructions de postes a fait ressortir 67.735 annonces de licenciements en janvier 2020, contre 32.843 sur la période antérieure.

Mercredi, le cabinet ADP avait fait état de créations de postes très supérieures aux attentes en janvier dans le secteur privé à 291.000, après 199.000 en décembre et un consensus de "seulement" 156.000.
Petit bémol aux bonne nouvelles : la productivité non-agricole a ralenti au 4e trimestre 2019 sur un rythme de 1,4%, contre +1,5% de consensus.

La Russie met un coup d'arrêt au rebond du pétrole

Le rebond du pétrole entamé depuis deux séances s'est quelque peu enrayé jeudi, après une réunion de l'Opep et de ses alliés, au cours de laquelle la Russie aurait refusé de réduire davantage sa production pour enrayer la chute des cours du brut observée depuis la crise du coronavirus chinois.

Jeudi soir, le cours du baril de brut léger américain (WTI) a réduit son avance à 0,40% à 50,95$, après être monté jusqu'à 52,19$ en début de journée et après un bond de 2,3% mercredi (contrat à terme de mars coté sur le Nymex). Le Brent de la mer du Nord a cédé 0,63% à 54,93$ (contrat à terme de mars) après un rebond de 2,5% mercredi.

Les cours du pétrole ont plongé d'environ 20% depuis leurs pics de début janvier, les investisseurs craignant une forte baisse de la demande chinoise liée au coronavirus, alors que l'offre était déjà surabondante avant cette crise. Selon des sources citées lundi par l'agence 'Blomberg', la demande chinoise aurait plongé en janvier de 3 millions de barils par jour, ce qui correspond a environ 3% de la demande mondiale, un choc sans précédent depuis la crise de 2008-2009. L'avenir dira si ce passage à vide est temporaire et dans quelle mesure il affectera la demande mondiale sur l'ensemble de 2020.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné a estimé jeudi que l'épidémie de coronavirus aura un impact "significatif", sans donner de détails chiffrés sur la demande mondiale. "Il va y avoir un impact potentiel (sur les marchés pétroliers) dans les deux mois qui viennent qui pourrait être significatif", a-t-il dit, ajoutant que "la Chine va réduire sa consommation".

VALEURS A SUIVRE

Twitter (+15% !) a flambé, le réseau social média ayant publié des revenus trimestriels pour la première fois supérieurs au milliard de dollars. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 119 millions de dollars et 15 cents par titre, contre 255 millions de dollars un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 25 cents, contre 31 cents un an plus tôt et 29 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 1,01 milliard de dollars, contre 992 millions de dollars de consensus et 909 millions un an avant. Le groupe a récupéré 7 millions "d'utilisateurs actifs mensuels monétisables" sur une base séquentielle, en comparaison du trimestre antérieur, soit un total de 152 millions. Les nouveaux clients dépassent donc le consensus FactSet, qui n'était que de 2 millions. Pour son premier trimestre fiscal, le groupe californien prévoit des revenus allant de 825 à 885 millions de dollars, contre 873 millions de consensus.

Estee Lauder (+5%). Le groupe new-yorkais de cosmétiques vient pourtant de réduire ses prévisions de profits pour l'exercice 2020 du fait notamment de la récente épidémie de coronavirus en Chine. Il s'agit en effet d'un marché clé pour le groupe, qui table désormais sur un bénéfice ajusté par action allant de 5,60 à 5,70$, contre une fourchette antérieure allant de 5,85 à 5,93$. Le consensus était de 5,94$ sur la période.

Pour le second trimestre fiscal 2020, clos fin décembre, le bénéfice net du groupe est ressorti à 557 millions de dollars et 1,52$ par titre, contre 573 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 2,11$, contre 1,9$ de consensus. Les revenus ont totalisé 4,62 milliards de dollars, contre 4 milliards de dollars un an plus tôt et 4,35 milliards de consensus de marché. Le bénéfice a été dopé par l'acquisition des parts restantes de Have & Be Co. Ltd. Les ventes du troisième trimestre sont attendues stables ou en croissance de 1%, alors que le bpa ajusté devrait s'établir entre 1,82 et 1,91$.

Tapestry (+2,1%), la maison-mère des marques de mode Coach, Stuart Weitzman et Kate Spade, a battu le consensus de profit sur le trimestre clos, mais prévient par ailleurs d'un impact de l'épidémie de coronavirus sur sa guidance. Pour le second trimestre fiscal, le bénéfice net du groupe a représenté 299 millions de dollars soit 1,08$ par titre, contre 255 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 1,10$, contre 99 cents de consensus. Les revenus sont ressortis à 1,82 milliard de dollars, contre 1,80 milliard un an avant et 1,81 milliard de consensus. Selon le management, la propagation du coronavirus "impacte désormais significativement l'activité en Chine", avec la fermeture de la majeure partie des magasins sur le territoire. Le groupe table désormais sur des ventes de 5,9 milliards de dollars et un bpa allant de 2,15 à 2,25$.

Bristol-Myers Squibb (+2,3%) a dévoilé pour son quatrième trimestre des comptes soutenus par le rapprochement avec Celgene, acquis pour 74 Mds$ fin novembre. Le bénéfice opérationnel par action est ressorti à 1,22$, pour des revenus de 7,95 milliards de dollars. Ces résultats intègrent les revenus de Celgene depuis le 20 novembre. La perte nette trimestrielle a représenté 1,06 milliard de dollars et 55 cents par titre, avec des éléments non récurrents - dont un ajustement comptable et des amortissements. Le groupe table désormais sur un bpa 2020 allant de 6 à 6,20$, alors que les revenus sont anticipés entre 40,5 et 42,5 milliards de dollars. Le consensus était de 6,16$ de bpa pour 42,2 milliards de revenus.

Cigna (+2,6%). L'assureur-santé américain a multiplié ses bénéfices sur le trimestre clos, aidé notamment par l'acquisition pour 52 Mds$ d'Express Scripts. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires sur le trimestre clos a représenté 977 millions de dollars et 2,60$ par action, contre 144 millions de dollars un an avant. Les revenus ont grimpé à 38,3 milliards de dollars sur ce quatrième trimestre clos fin décembre 2019, contre 14,3 milliards de dollars un an auparavant.

Qualcomm (-0,3%) a estimé que la demande globale en smartphones faisait face à des incertitudes substantielles du fait de l'épidémie de coronavirus. Ainsi, le groupe se montre prudent, après avoir pourtant livré pour son premier trimestre fiscal des résultats meilleurs que prévu. Pour le trimestre écoulé, le bpa est ressorti à 99 cents et les revenus ont atteint 5,07 milliards de dollars. Le groupe envisage pour le trimestre entamé un bpa allant de 80 à 85 cents, pour des revenus allant de 4,9 à 5,7 milliards de dollars. Ces estimations sont supérieures aux attentes, mais le groupe souligne bien qu'il existe une incertitude significative du fait de l'impact du virus chinois sur la demande sectorielle et la chaîne d'approvisionnement. Qualcomm a ainsi élargi et abaissé ses prétentions.

Fiat Chrysler Automobiles (+0,4%). Pour son quatrième trimestre, FCA a dégagé un bénéfice opérationnel conforme aux attentes de marché. L'Ebit du dernier trimestre de l'exercice 2019 a ainsi grimpé de 7% en glissement annuel pour s'établir à 2,12 milliards d'euros. Sur l'exercice 2019, le profit net des opérations continues a représenté 2,7 milliards d'euros, alors que le profit ajusté s'est établi à 4,3 milliards d'euros. L'Ebit ajusté annuel a atteint 6,7 milliards d'euros, soit une marge de 6,2%, avec des résultats record en Amérique du Nord. Le free cash flow industriel a atteint 2,1 milliards d'euros. FCA s'attend à réaliser un nouvel exercice solide en 2020 et confirme viser un EBIT ajusté supérieur à 7,0 MdsE, un bpa ajusté supérieur à 2,80 euros et un flux de trésorerie disponible industriel de plus de 2 MdsE. La firme a également confirmé s'attendre à ce que la fusion avec PSA soit bouclée d'ici la fin de l'année ou début 2021.

Kellogg's (-8,5%) a décroché suite à une trop faible guidance financière. Le groupe alimentaire américain a réalisé un bénéfice de 145 M$ et 42 cents par titre sur le trimestre clos, contre une perte de 84 M$ un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 91 cents contre un consensus de 86 cents. Les revenus trimestriels ont totalisé 3,22 milliards de dollars, contre 3,32 milliards un an plus tôt et 3,18 Mds$ de consensus. Le groupe anticipe pour 2020 un bpa ajusté à changes constants en retrait de 3-4%.

Yum! Brands (-2,8%). La maison-mère de Taco Bell, KFC et Pizza Hut a annoncé pour son quatrième trimestre un profit de 488 M$ soit 1,58$ par titre, contre 334 M$ un an plus tôt. Le bpa ajusté s'est élevé à 1$, contre 40 cents un an auparavant et 99 cents de consensus. Les revenus ont augmenté de 9% à 1,69 milliard de dollars, contre 1,81 Md$ de consensus. La croissance à comparable est restée conforme aux attentes, à 2%.

Tyson Foods (-5%) corrige à Wall Street, le groupe alimentaire américain ayant publié des ventes inférieures aux attentes. Le producteur de viande de l'Arkansas a réalisé sur le trimestre clos un bénéfice de 557 M$ et 1,52$ par titre, contre 551 M$ un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 1,66$, contre 1,63$ de consensus. Les ventes ont représenté 10,82 Mds$, contre 10,19 Mds$ un an plus tôt et 11,06 Mds$ de consensus.

Philip Morris (+2,6%) a réalisé des profits et revenus supérieurs aux attentes, mais sa guidance demeure limitée. Le bénéfice net du trimestre clos a représenté 1,62 Md$ soit 1,04$ par titre, contre 1,91 Md$ un an avant. Le bpa ajusté a atteint 1,22$, contre 1,21$ de consensus. Les revenus se sont appréciés de 3% à 7,71 Mds$. Le groupe d'Andre Calantzopoulos table maintenant sur un bpa ajusté annuel de 5,50$, contre 5,60$ de consensus FactSet.

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