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Clôture de Wall Street : timide rebond avant un week-end de trois jours

Clôture de Wall Street : timide rebond avant un week-end de trois jours
Clôture de Wall Street : timide rebond avant un week-end de trois jours
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après deux séances de repli, Wall Street s'est repris légèrement vendredi, à la veille d'un week-end de trois jours aux Etats-Unis, où les marchés financiers seront fermés lundi pour Memorial Day. Les esprits restent préoccupés par un ralentissement de l'économie, consécutif à l'aggravation de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Les dernières statistiques publiées aux Etats-Unis montrent que les investissements et l'activité des entreprises ont ralenti en avril et mai, avant même la dernière salve des hostilités entre Washington et Pékin.

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné vendredi 0,37% à 25.585 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,14% à 2.826 pts, et que le Nasdaq composite a repris 0,11% à 7.637 pts.

Malgré la hausse du jour, les indices ont inscrit la 5ème semaine de baisse d'affilée pour le Dow Jones, la 4ème pour le Nasdaq, et la 3ème baisse pour le S&P 500. Sur les 5 dernières séances, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont lâché respectivement 0,7%, 1,1% et 2,3%.

Depuis 4 semaines (26 avril), le Dow Jones a perdu 3,6%, le S&P 500 a cédé 3,8% et le Nasdaq a chuté de 6%, à mesure que l'aversion du risque augmentait, en lien avec l'escalade des tensions commerciales qui fait craindre pour la croissance économique.

L'indice SOX des semi-conducteurs a été particulièrement secoué (-6,4% sur la semaine et -15,2% sur un mois), ce secteur des "puces" étant le plus vulnérable à l'interdiction faite au groupe chinois Huawei d'acheter des composants américains. La société américaine Lumentum, notamment, réalise 18% de son chiffre d'affaires avec le géant chinois des télécoms...

Le marché des taux reflète l'inquiétude croissante des investisseurs

Le marché des changes reflète toujours l'aversion croissante au risque, avec une fuite vers les devises refuge que sont le yen et le franc suisse. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a reculé de 0,27% à 97,59 points, alors que l'euro a gagné 0,23% à 1,1206$. Le yen gagnait 0,2% face au dollar et 0,02% face à l'euro, tandis que le franc suisse était lui aussi recherché (+0,2% face au dollar et stable face à l'euro). La livre sterling a progressé de 0,4% à 1,2711$, après l'annonce de la prochaine démission de la Première ministre Theresa May suite à son échec à faire approuver l'accord sur le Brexit.

Les obligations étaient encore recherchées comme refuge, ce qui a maintenu les taux à leur plus bas niveau depuis plusieurs années. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a fini la semaine à 2,32%, au plus bas depuis septembre 2017, alors qu'il avait dépassé les 3,1% en octobre dernier. Le rendement du Bund à 10 ans allemand a fini stable à -0,12%, proche de son plus bas niveau depuis septembre 2016.

Le baromètre FedWatch du CME Group estime que la probabilité d'une baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale est actuellement de 75,9%, compte-tenu des risques que fait peser la guerre commerciale sur l'économie américaine.

Le cours du pétrole a rebondi vendredi, après son plongeon de l'ordre de 8% à 9% sur les deux précédentes séances. En soirée, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a repris 1,24% à 58,63$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet avançait de 1,37% à 68,69$ au moment de la clôture du Nymex.

Donald Trump prêt à intégrer le cas Huawei dans les négociations avec Pékin

Sur le front commercial, les marchés continuent de décortiquer les déclarations de Donald Trump, à la recherche d'un espoir de parvenir à un accord commercial avec la Chine. Le président américain semble décidé à utiliser le dossier Huawei (qu'il a placé sur liste noire depuis le 16 mai) comme un levier dans les négociations qui sont, rappelons-le, dans l'impasse depuis le 10 mai, date de l'échec du dernier round de discussions entre Washington et Pékin.

Jeudi soir, Trump a lié pour la première fois le cas du géant des télécoms avec les négociations. S'exprimant devant des journalistes et des agriculteurs, il a affirmé que "Huawei est quelque chose de très dangereux. Vous regardez ce qu'ils ont fait d'un point de vue sécurité, d'un point de vue militaire, c'est très dangereux". Il a cependant ajouté que "c'est possible que Huawei soit inclus dans une sorte de deal commercial. Si on a un accord, je vois bien Huawei inclus d'une manière ou d'une autre", a-t-il ajouté, en se disant convaincu qu'un accord sera conclu, bien qu'aucune nouvelle rencontre de haut niveau n'ait été programmée.

Huawei, numéro un mondial des équipements de réseaux et numéro deux mondial des smartphones pourrait ainsi devenir un moyen de pression utilisé par Washington pour faire plier la Chine dans les négociations. Cette semaine, Pékin est monté au créneau pour défendre son fleuron industriel, en adressant à Washington une "protestation solennelle". Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a dénoncé un "harcèlement économique" destiné à "entraver le processus de développement" de son pays.

La conjoncture américaine montre des signes de faiblesse en avril et mai

Alors qu'aucune nouvelle réunion n'est prévue entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, le ciel semble s'assombrir pour l'économie américaine, qui avait jusqu'ici plutôt bien résisté au ralentissement conjoncturel mondial et à la montée des droits de douane.

Les commandes de biens durables, publiées vendredi, ont ainsi reculé de 2,1% en avril par rapport à mars, plombées notamment par l'effondrement des commandes de Boeing (affecté par les déboires de son B-737 MAX), ainsi que par les commandes de voitures et de poids-lourds. De plus, la hausse des commandes de 2,6% initialement publiée pour mars a été revue en baisse à seulement 1,7%.

En outre, les investissements du secteur privé, mesurés par les commandes de biens d'équipement (hors aéronautique et défense) ont baissé de 0,9% en avril, leur premier recul depuis 4 mois. En glissement annuel, la croissance de ces investissements a ralenti à 1,3% par rapport à avril 2018, contre 3,8% en mars, tombant au plus bas depuis janvier 2017.

Jeudi, la publication de chiffres d'activité économique ont eux aussi déçu. L'indice "flash" PMI composite calculé par le cabinet IHS-Markit a chuté à 50,9 contre 53 en avril. L'indice manufacturier est même tombé à 50,6 (après 52,6 en avril), au plus bas niveau depuis plus de 9 ans, en septembre 2009, et se rapproche de la barre des 50, qui marque la frontière entre l'expansion et la contraction de l'activité... L'indice des services s'est lui aussi nettement détérioré, tombant à 50,9 en mai, après 53 en avril.

Les économistes craignent que les indicateurs macro-économiques continuent de se détériorer tant que la Chine et les Etats-Unis n'auront pas trouvé un terrain d'entente dans leur guerre commerciale. Les commandes de biens durables d'avril, tout comme les enquêtes PMI "flash" de mai, reflètent en effet une situation antérieure à la nette dégradation des relations entre Washington et Pékin.

VALEURS A SUIVRE

Facebook (+0,11%). Plus de 3 milliards de faux comptes ont été supprimés en 6 mois, avant qu'il ne deviennent actifs... C'est le bilan du grand ménage opéré par Facebook, qui publie comme chaque semestre un rapport de "transparence", pour mettre en avant ses efforts en la matière. La grande majorité de ces faux comptes sont supprimés quelques minutes après avoir été créés, précise le groupe, qui pointe du doigt des "spammeurs" tenant de mettre à mal la réputation du premier réseau social mondial - mais sans en dire davantage sur leur profil... Facebook a également partagé des chiffres inédits concernant la promotion ou la participation à des activités liées à la drogue et à la vente d'armes à feu. Le groupe a retiré plus de 1,5 million de messages de ces catégories au cours des trois premiers mois de cette année, et souhaiterait éventuellement élargir son rapport pour inclure d'autres types d'activités illégales.

Parmi les technologiques, Apple (-0,38%) ne parvient pas à maintenir ses gains de début de séance, contrairement à d'autres grands noms du secteur comme Amazon (+0,43%), Micron (+0,53%) ou Intel (+0,09%). Qualcomm a plongé de 3%, tandis que Broadcom a perdu 1,6% et Cisco Systems a avancé de 0,3%.

Snap (+3,9%). Selon le 'Wall Street Journal', la maison mère de Snapchat serait en pourparlers avec certaines maisons de disques et éditeurs afin de multiplier les possibilités pour inclure de la musique dans leurs messages.

Boeing a gagné 1,2%, alors que des représentants de l'Agence américaine de l'aviation civile estiment que le 737 MAX, immobilisé depuis deux mois, pourrait recevoir fin juin l'autorisation de redécoller... Le titre a cependant réduit ses gains après des informations de 'Bloomberg' évoquant l'ouverture d'une enquête de la SEC sur la communication de l'avionneur au sujet des déboires du B-737 MAX.

HP Inc s'est adjugé 4,3% après l'annonce d'un bénéfice trimestriel meilleur que prévu et d'un chiffre d'affaires pratiquement stable mais également au-dessus du consensus.

Intuit (+6,7%). Le groupe a annoncé un bénéfice par action meilleur que prévu pour son troisième trimestre clos fin avril, avec un chiffre d'affaires en hausse de 12%, et a relevé ses prévisions de résultats pour l'ensemble de l'exercice.

Foot Locker a décroché de 16% après avoir fait état de ventes à magasins comparables très inférieures aux attentes au premier trimestre.

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