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Clôture de Wall Street : timide progression, la Fed "surveille" le Covid-19

Clôture de Wall Street : timide progression, la Fed "surveille" le Covid-19
Clôture de Wall Street : timide progression, la Fed 'surveille' le Covid-19
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a légèrement progressé mardi pour la 2e séance consécutive, les investisseurs digérant les propos de Jerome Powell devant le Congrès et les dernières remarques de l'OMS concernant une possible stabilisation du coronavirus. Le président de la Fed s'est montré plutôt optimiste pour la croissance américaine, tout en estimant que le coronavirus chinois aura des effets temporaires sur la croissance américaine. Les marchés espèrent cependant que l'épidémie est en train d'atteindre son pic et apprécient le fait que les entreprises commencent à redémarrer leur production en Chine, après deux semaines de paralysie.

A la clôture, le Nasdaq et le S&P 500 ont inscrit de nouveaux records historiques, mais ont réduit leurs gain après les propos de Jerome Powell. Le Dow Jones a fini parfaitement stable à 29.276 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,17% à 3.357 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 0,11% à 9.638 pts.

Les marchés de changes, de taux et de matières premières ont retrouvé le calme mardi, dans l'espoir d'une stabilisation de l'épidémie de virus, que l'OMS a désormais rebaptisé 'Covid-19'. Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) marque le pas après sa récente ascension (-0,08% à 98,75$ points), tandis que l'euro a regagné 0,08% à 1,0917$. Les obligations ont corrigé, faisant remonter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans a repris 3 points de base, à 1,60%, mais reste très en-deçà de son niveau de début janvier, à plus de 1,9% avant la crise du coronavirus.

Le pétrole a tenté un rebond, après une chute supérieure à 20% depuis ses pics de début janvier. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a regagné 0,8% à 49,94$ (contrat à terme de mars coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord a rebondi de 1,4% à 54,01$ (contrat à terme d'avril).

L'OMS voit une "chance réaliste de stopper" la propagation du Covid-19

Les marchés semblent un peu rassurés depuis deux jours par la stabilisation du nombre de cas journaliers en Chine (qui augmentent d'environ 2.000 par jour), même si cela ne veut pas dire que la fin de l'épidémie est proche, selon les experts. Le Covid-19 a désormais tué au moins 1.018 personnes (dont 2 hors de Chine) et en a infecté plus de 43.000, dont l'immense majorité en Chine.

Les experts s'inquiètent cependant des cas de transmission à l'étranger entre personnes ne s'étant pas rendues en Chine... Mardi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi qualifié le Covid-2019 de "menace très grave" pour le monde. Toutefois, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé lors d'une conférence de presse qu'il y a une "chance réaliste de stopper" sa propagation si les pays font preuve de "solidarité" en partageant les données dont ils disposent.

Les ministres européens de la Santé se réuniront en urgence jeudi à Bruxelles pour discuter de mesures coordonnées contre l'épidémie.

La Fed "surveille étroitement" l'épidémie

Les retombées économiques de l'épidémie de coronavirus étaient aussi au coeur d'une audition du président de la Fed Jerome Powell, ce mardi, devant la commission des Services Financiers de la chambre des représentants à Washington. Le banquier central a affiché un optimisme prudent, tout en reconnaissant que l'épidémie aura des effets sur la croissance mondiale et américaine.

Pour Jerome Powell, les risques liés aux tensions commerciales ont diminué et la croissance mondiale se stabilise, ce qui ne donne pas de raison à la Fed de modifier ses taux d'intérêt, à condition que de nouveaux éléments ne conduisent pas à "une réévaluation importante" des perspectives.

Il a cependant ajouté cependant que"nous surveillons étroitement l'émergence du coronavirus, qui pourrait conduire à des perturbations en Chine se répercutant au reste de l'économie mondiale", a-t-il admis. Répondant à une question posée par la Chambre des représentants, il a ajouté que "nous savons qu'il y aura des effets sur la Chine, ses voisins et sans doute ses principaux partenaires commerciaux, en Europe notamment. Il y aura quelques effets aux Etats-Unis aussi, mais il est trop tôt pour les mesurer. Il faut résister à la tentation de spéculer", a ajouté Jerome Powell.

Powell a aussi cité des défis nationaux pour les Etats-Unis, s'inquiétant de gains de productivité "inférieurs à la normale tout au long de cette expansion économique". La recherche de moyens permettant d'augmenter le taux de participation de la population active et la productivité "doit rester une priorité nationale" aux Etats-Unis, a ajouté le patron de la Fed, qui s'exprimera une nouvelle fois mercredi, cette fois devant le Sénat.

Le Département américain au Travail a publié mardi les statistiques de ouvertures de postes en décembre. Elles sont ressorties moins nombreuses que prévu à 6,423 millions, contre un consensus de 6,77 millions et un niveau révisé - en baisse - à 6,787 millions en novembre. Parmi les indicateurs US importants à venir cette semaine figurent les prix à la consommation (jeudi) et les ventes au détail (vendredi).

Coup d'arrêt à la croissance chinoise et forte inflation en janvier

En Chine, les entreprises sont désormais encouragées à reprendre leur production par les autorités. Selon l'agence Bloomberg, le président chinois Xi Jinping aurait averti les responsables chinois que les mesures pour combattre de virus (restrictions de circulation, mises en quarantaine) étaient allées trop loin et menaçaient désormais l'économie du pays.

Xi Jinping est apparu lundi à la télévision chinoise, et s'est voulu rassurant, affirmant que l'impact du virus serait "de courte durée". Il a aussi appelé à "faire très attention à la question du chômage" et à "éviter des licenciements à grande échelle".

Le cabinet d'études 'Bloomberg Economics' estime que si Pékin parvient à maîtriser l'épidémie, son impact sur l'économie chinoise sera brutale mais de courte durée. La progression du PIB pourrait tomber à seulement 4,5% au 1er trimestre (contre 6% au 4e trimestre 2019) avant de rebondir et de se stabiliser au second semestre.

Parmi les difficultés économiques provoquées par le virus, figurent les problèmes des salariés à regagner leurs lieux de travail après les congés du Nouvel An lunaire ainsi qu'un bond de l'inflation en janvier. Les prix à la consommation ont ainsi grimpé de 5,4% le mois dernier en Chine, et les prix alimentaires se sont même envolés de 20,6% par rapport à janvier 2019. Aux blocages routiers imposés face à l'épidémie de Covid-19 se sont ajoutés les conséquences d'une autre épidémie, celle de peste porcine qui ravage les cheptels chinois depuis 2018.

VALEURS A SUIVRE

Sprint (+77,5%!) s'est littéralement enflammé ce mardi. Il faut dire que sa fusion majeure avec T-Mobile US (+11,8%) - pour 26 milliards de dollars en actions au moment de l'annonce - a obtenu le feu vert d'un juge fédéral. Le juge a approuvé ainsi la fusion des deux opérateurs télécoms mobiles américains. Les deux compagnies s'étaient pour mémoire accordées sur ce projet de rapprochement en avril 2018, mais les autorités s'inquiétaient alors des conséquences d'un tel mariage en matière de concurrence et de prix. T-Mobile, également porté par la nouvelle, gagne 12% à Wall Street ce jour.

Goodyear Tire & Rubber (-12,3%) a décroché suite à la publication de comptes 2019 inférieurs aux attentes de marché. Pour le quatrième trimestre, le groupe basé à Akron a déploré une perte nette de 392 millions de dollars soit 1,68$ par titre, contre un bénéfice de 110 millions de dollars soit 47 cents par action un an plus tôt. Hors éléments, le bénéfice trimestriel par action a représenté 19 cents, bien moins que les 52 cents de consensus FactSet. Les revenus du quatrième trimestre ont corrigé de 4% à 3,7 milliards de dollars, contre 3,9 milliards de consensus. Richard Kramer, directeur général du fabricant de pneumatiques, évoque des conditions globales difficiles et des tendances déprimées de demande sur de nombreux marchés internationaux. L'épidémie de coronavirus constitue un autre facteur de risque pour la compagnie. Le site de Goodyear-Pulandia a fermé neuf jours durant et vient juste de rouvrir partiellement.

Hasbro (+0,78%) a publié des profits supérieurs aux attentes de marché, soutenus par les ventes liées aux produits 'Star Wars' et 'Frozen 2'. Ainsi, le géant américain du jouet a dévoilé pour son quatrième trimestre un bénéfice net de 267 millions de dollars soit 2,01$ par titre, contre 9 millions de dollars à peine un an auparavant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a représenté quant à lui 1,24$, alors que le consensus FactSet n'était que de 90 cents. Les revenus trimestriels du groupe se sont appréciés de 3% en glissement annuel pour atteindre 1,43 milliard de dollars, proches des attentes d'analystes.

Omnicom (+0,36%), le géant publicitaire américain, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal 2019 un bénéfice dilué net par action en croissance de 7% à 1,89$. Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 415 millions de dollars, en augmentation de 4%. Les revenus trimestriels mondiaux se sont appréciés de 1,3% à 4,14 milliards de dollars, avec une croissance organique tout de même significative de 3,5% en glissement annuel. Le bénéfice opérationnel trimestriel a grimpé de 3,1% à 646 millions de dollars, tandis que la marge opérationnelle a atteint 15,6%, contre 15,3% un an avant, à la même époque. Le consensus sur le trimestre clos se situait à 1,85$ de bénéfice par action pour 4,07 milliards de dollars de revenus.

Under Armour (-18,8%) a dévissé, l'équipementier sportif américain ayant indiqué anticiper une baisse de son chiffre d'affaires du fait de l'épidémie de coronavirus en Chine, qui plombe en effet ses ventes sur ce marché. Pour le quatrième trimestre, le groupe a publié des ventes en hausse de 4% à 1,44 Md$. Le coronavirus devrait avoir au premier trimestre de l'exercice entamé un impact de 50-60 M$ sur les revenus. Les revenus annuels sont anticipés en retrait, précise le groupe, alors que les analystes tablaient plutôt sur une croissance de plus de 4% en 2020.

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