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Clôture de Wall Street : sur les chapeaux de roues, malgré le chômage US

Clôture de Wall Street : sur les chapeaux de roues, malgré le chômage US
Clôture de Wall Street : sur les chapeaux de roues, malgré le chômage US

(Boursier.com) — La Bourse de New York a bondi vendredi, malgré l'annonce d'un taux de chômage de près de 15% en avril aux Etats-Unis, et des mises en garde de plusieurs membres de la Fed sur une reprise économique qui s'annonce lente. Malgré cela, les marchés se projettent déjà vers un avenir économique plus souriant, et apprécient la confirmation de la reprise des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Le pétrole a bondi de 5%, sur fond de réduction de la production et de stabilisation de la demande.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 1,91% à 24.331 points, tandis que l'indice large S&P 500 a grimpé de 1,69% à 2.929 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 1,58% à 9.121 pts, repassant au-dessus du seuil psychologique des 9.000 points.

Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices (qui avaient reculé depuis deux semaines) ont regagné 2,5% pour le DJIA, 3,5% pour le S&P 500, et 6% pour le Nasdaq, qui est désormais repassé dans le vert depuis le début 2020 (+1,66%). Le Nasdaq surperforme ainsi largement le DJIA, qui perd encore 14,7% et le S&P 500, qui lâche encore 9,3% depuis le début de l'année.

Le Nasdaq a été propulsé par de nombreuses entreprises technologiques ou liées à internet, qui ont publié ces dernières semaines des résultats financiers meilleurs que prévu, profitant du changement de comportement des consommateurs face à la pandémie de coronavirus (télétravail, achats en ligne, fitness à domicile...) C'est notamment le cas des "Gafa" (Google-Alphabet, Apple, Facebook, Amazon), de Netflix, Microsoft et Intel, de PayPal et Square ou encore de Peloton, qui vend des vélos d'appartement et des cours de fitness en streaming.

Un taux de chômage inédit de 14,7% en avril aux Etats-Unis

Les statistiques de l'emploi en avril, malgré leur aspect calamiteux, avaient été anticipés par les investisseurs. D'après le Département américain au Travail, les suppressions de postes non-agricoles ont atteint 20,5 millions le mois dernier, du jamais vu depuis la création de la statistique en 1939. Le précédent "record" datait de la dernière crise financière avec 800.000 emplois éliminés en mars 2009. Maigre consolation, le consensus de place tablait sur un nombre encore plus important de destructions de postes, à près de 22 millions.

Le taux de chômage a bondi sur un mois à 14,7%, un niveau sans précédent, contre 4,4% en mars et 3,5% en février... Le marché tablait néanmoins sur un taux encore plus important à 16%. Toutefois, si l'on se réfère à une mesure plus large du chômage, incluant les personnes qui ne cherchent pas de travail et le temps partiel forcé, le taux de chômage atteint un niveau record de 22,8%...

Tous les secteurs ont perdu des emploi le mois dernier, à commencer par les loisirs et l'hôtellerie (-7,6 millions), le commerce de détail (-2,1 millions) et l'éducation et les services de santé (-2,5 millions). Enfin, le salaire horaire moyen a augmenté de 7,9% en glissement annuel et de 4,7% par rapport au mois antérieur. Un signe supplémentaire sur le fait que ce sont principalement les emplois les plus précaires qui sont touchés par ce début de crise.

Reprise des négociations commerciales en vue

Sur le front commercial, les investisseurs ont été soulagés d'apprendre que les principaux négociateurs chinois et américains sur le commerce ont eu vendredi un entretien téléphonique au cours duquel ils sont convenus de collaborer pour faciliter la mise en application de l'accord commercial de "phase 1" signé en janvier entre Washington et Pékin.

Les marchés restent cependant sur leurs gardes face au risque de regain de tensions commerciales, après les nouvelles menaces de droits de douane proférées la semaine dernière par Donald Trump. Le président américain a accusé Pékin d'avoir caché la vérité sur l'ampleur de l'épidémie de coronavirus, lorsqu'elle est apparue à Wuhan. Donald Trump a aussi affirmé détenir des preuves que le virus serait issu d'un laboratoire de virologie situé dans cette ville de Wuhan, ce que Pékin a formellement démenti.

La Fed s'inquiète d'une possible 2e vague de coronavirus

Malgré le vif rebond de la Bourse de New York, plusieurs membres de la Fed ont prévenu cette semaine qu'il fallait s'attendre une reprise lente aux Etats-Unis, après la crise du coronavirus, et ont mis en garde contre le risque d'une seconde vague de Covid-19, après la levée des mesures de confinement prises en ce moment aux Etats-Unis et dans de nombreux pays européens.

Les banquiers centraux américains estiment que la Fed, mais aussi le gouvernement américain, devront prendre de nouvelles mesures d'exception afin d'accompagner le retour de la croissance de la première économie mondiale. Vendredi, Loretta Mester, la présidente de la Fed de Cleveland, s'est inquiétée d'un risque de deuxième vague de Covid-19, estimant qu'un retour en arrière (vers le confinement) après la réouverture de l'économie aurait "des effets dévastateurs" sur l'économie.

Pas de nouveau plan de soutien en vue, selon la Maison Blanche

La veille, le patron de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, avait mis en garde contre le risque de rouvrir trop rapidement l'économie, qui pourrait entraîner une "catastrophe sanitaire" et provoquer une nouvelle "douloureuse contraction du PIB en 2021". Pour autant, la Fed affirme qu'elle n'est pas prête à ramener ses taux directeurs en terrain négatif, comme l'ont fait avant elle la BCE et la Banque du Japon (respectivement -0,5% et -0,1% sur les dépôts des banques).

Le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué vendredi dans un entretien avec 'Bloomberg' que les experts gouvernementaux de la santé planchaient sur un plan d'urgence en cas de seconde vague de coronavirus, sans autre précision. Il a en revanche affirmé à la presse que l'administration Trump ne prévoit pas de négocier en mai un nouveau plan de soutien avec le Congrès américain.

Les démocrates du Congrès faisaient pression ces derniers jours pour l'adoption sans tarder de nouvelles mesures de grande ampleur, mais l'administration entend visiblement oberver l'évolution de la pandémie avant d'agir.

Le pétrole en hausse, le nombre de forages actifs plonge aux Etats-Unis

Le marché pétrolier continue de se normaliser après son effondrement d'avril suivi d'un rebond spectaculaire depuis deux semaines. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a flambé vendredi de 5,1% à 24,74$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a aussi bondi de 5,1% à 30,97$.

Les cours du WTI ont repris 25% cette semaine et ceux du Brent 17%, sur fond d'espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale et d'annonces de baisses de production par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains (Chevron, ConoCoPhillips...), canadiens et européens (dont Total et les producteurs norvégiens). Vendredi, Noble Energy a rejoint la liste des sociétés prévoyant de réduire volontairement leur production pour faire face à la crise actuelle.

Aux Etats-Unis, la chute des cours et les mesures de confinement ont fait plonger le nombre de puits en exploitation, qui est retombé à 292 ce vendredi (-33 en une semaine), selon les statistiques hebdomadaires de la firme parapétrolière Baker Hugues. Le 13 mars dernier (avant que le Covid-19 n'affecte les Etats-Unis), le nombre de forages actifs était encore de 683, et fin 2019, il était de 885 !

De son côté, l'or est reparti en baisse vendredi, mais reste au-dessus de la barre des 1.700$ l'once. Le contrat à terme de juin coté sur le Comex a cédé 0,7% à 1.713,90$ l'once, après un bond de 2% jeudi. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 13% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.

VALEURS A SUIVRE

* Uber Technologies (+6%) a publié jeudi soir une perte nette de 2,94 milliards de dollars (1,7$ par action) au premier trimestre, liée en grande partie à une charge de dépréciation de 2,1 Mds$ suite à ses acquisitions en Asie, dont le chinois Didi et le singapourien Grab. Au 1er trimestre 2019, le groupe de VTC avait subi une perte de 1,01 Md$. Les ventes ont en revanche augmenté de 14%, pour atteindre 3,54 Mds$ pour le trimestre achevé fin mars. Ces résultats sont en-deçà des attentes des analystes : le consensus du cabinet Factset tablait sur une perte nette de 0,84$ par action, et sur un revenu un peu supérieur, de 3,55 Mds$.

Uber a précisé que la crise du coronavirus avait fait plonger les réservations de courses de VTC de 80% en avril, mais "une reprise a été constatée récemment à San Francisco, Los Angeles, Chicago et ailleurs", a indiqué le directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'une conférence téléphonique. Contrairement à l'activité VTC, la branche de livraison de repas, Uber Eats, a connu une forte hausse des réservations de 52% pour atteindre 4,7 Mds$ au 1er trimestre. Le chiffre d'affaires d'Uber Eats a ainsi bondi de 50% pour atteindre 819 M$ sur la période, contre 536 M$ un an plus tôt.

"Bien que notre métier de VTC ait été durement frappé par la pandémie actuelle, nous avons pris des mesures rapides pour préserver la solidité de notre bilan, et avons alloué des ressources supplémentaires à Uber Eats et nous nous préparons à tout type de scénario de reprise", a ajouté le CEO. Mercredi, le groupe avant annoncé la suppression de 3.700 postes, soit 14% de ses effectifs.

* Tesla (+5%) prévoit de rouvrir dès ce vendredi sa principale usine de fabrication de véhicule à Fremont en Californie, rapporte l'agence Bloomberg en évoquant un e-mail adressé au personnel.

* Ford Motor (+7,6%) espère redémarrer ses opérations en Amérique du Nord le 18 mai. Le constructeur automobile a déclaré qu'il reprendrait la production avec des mesures de sécurité renforcées pour les travailleurs.

* Walt Disney (+3,4%) a vendu tous les billets pour la réouverture du parc Disneyland de Shanghai lundi. Le gouvernement chinois avait néanmoins demandé à Disney de plafonner la fréquentation à 30% de la capacité maximale.

* Peloton Interactive (-2,5%). Le titre du spécialiste américain des vélos d'appartement et des cours de fitness en ligne avait flambé de 16% jeudi après la publication de comptes trimestriels en forte hausse. Ces derniers ont été dopés par les mesures de confinement liées au coronavirus qui ont fait exploser la pratique de l'exercice à domicile. Pour le 3e trimestre fiscal (achevé fin mars), le chiffre d'affaires de Peloton a flambé de 66% par rapport à la même période de 2019 pour atteindre 524,6 millions de dollars, alors que les analystes tablaient sur 488,5 M$. En revanche, le résultat net s'est soldé par une perte nette de 55,6 M$ sur le trimestre (20 cent par action) alors que les marchés s'attendaient à -17 cents par action.

* Booking Holdings (-0,9%). L'opérateur de sites de réservation de voyages et d'hébergement a dévoilé des comptes inférieurs aux attentes pour son premier trimestre. Sur la période, la société durement touchée par la pandémie de coronavirus, a essuyé une perte nette de 699 millions de dollars ou 17,01$ par titre contre un profit de 765 M$ ou un bpa de 16,85$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 3,77$ contre 5,61$ de consensus alors que les revenus ont reculé de 19% à 2,29 Md$. Le groupe a vu le nombre de nuits d'hôtels réservées au premier trimestre fondre de 43%, la chute atteignant 85% en avril !

"La pandémie COVID-19 a eu un impact profond sur notre entreprise et sur l'ensemble de l'industrie du voyage. Nous avons pris des mesures immédiates pour stabiliser l'entreprise en réduisant les coûts et en renforçant notre position de liquidité", a déclaré Glenn Fogel, directeur général de Booking. "Pour l'avenir, grâce à la valeur de notre plateforme, à notre structure de coûts très variable et à notre forte liquidité, je suis convaincu que nous sortirons de cette crise dans une position de force qui nous permettra d'étendre notre rôle de leader dans l'industrie".

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