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Clôture de Wall Street : soulagement, les tensions commerciales baissent d'un cran

Clôture de Wall Street : soulagement, les tensions commerciales baissent d'un cran
Clôture de Wall Street : soulagement, les tensions commerciales baissent d'un cran
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Plus haletant que la série Game of Thrones, le feuilleton de la guerre commerciale entre Washington et Pékin n'en finit pas de rebondir... Après le choc subi lundi par les valeurs technologiques, lié au bannissement d'Huawei des Etats-Unis, Wall Street a repris de la hauteur mardi, après que Donald Trump a reporté de 90 jours la mise en place de cette mesure. Les marchés espèrent donc que d'ici là, un accord commercial sera conclu entre les Etats-Unis et la Chine... Accord qui pourrait atténuer, voire lever, les droits de douanes et les restrictions sur le commerce entre le géant chinois des télécoms et les entreprises américaines.

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné mardi 0,77% à 25.877 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,85% à 2.864 pts, et que le Nasdaq composite a rebondi de 1,08% à 7.785 pts (après -1,46% lundi). L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète les semi-conducteurs, a regagné 2,13% après une chute de 4% lundi.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a avancé de 0,11% à 98,04 points, tandis que l'euro a lâché 0,09% à 1,1160$. Du côté des taux, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a progressé d'1 point de base à 2,43%, à la veille de la publication très attendue du compte-rendu (Minutes) de la dernière réunion de la Fed.

Lundi soir, le président de la Fed, Jerome Powell, a évoqué la hausse de l'endettement des entreprises, jugeant qu'elle posait "un risque modéré" à l'économie américaine. Cependant, "à l'heure actuelle, la dette des entreprises ne présente pas le type de risque élevé pour la stabilité du système financier qui pourrait nuire aux ménages et aux entreprises si la situation devait se détériorer", a tempéré le patron de la Fed.

Le pétrole a terminé en ordre dispersé, alors que l'Opep semble peu encline à mettre fin en juin à son accord de réduction de la production, malgré les problèmes au Venezuela, en Iran et en Libye. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a cédé mardi 0,2% à 63,08$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet gagnait 0,29% à 72,18$ au moment de la clôture du Nymex.

Les entreprises américaines ont 90 jours pour couper les ponts avec Huawei

Le rebond de la Bourse est intervenu après que le département américain du Commerce a précisé lundi soir après la clôture des marchés, qu'il autorisait temporairement Huawei, jusqu'au 19 août, à continuer d'acheter des produits fabriqués aux Etats-Unis afin de maintenir les réseaux existants et à fournir des mises à jour logicielles pour les téléphones Huawei existants.

Donald Trump a signé la semaine dernière un décret interdisant aux entreprises américaines d'utiliser du matériel de télécommunication fabriqué par des entreprises présentant un risque pour la sécurité nationale. La Maison Blanche a justifié cette "urgence nationale" par les craintes d'espionnage. "Des adversaires étrangers exploitent de façon croissante des vulnérabilités dans les services et les infrastructures technologiques de l'information et de la communication aux Etats-Unis", a indiqué l'administration Trump.

En plus de ce décret, Huawei et 70 de ses filiales ont été placées sur une liste noire, obligeant le groupe à demander une licence spéciale pour pouvoir acheter des pièces et composants électroniques américains.

Suite à ces annonces, le géant d'internet Google (Alphabet), dont le système Android équipe plus de 80% des smartphones dans le monde, a annoncé lundi qu'il allait devoir couper les ponts avec Huawei en raison de cette décision. De nombreuses fabricants de semi-conducteurs, dont Qualcomm et Intel, ont eux aussi prévu de mettre fin à leurs contrats de fourniture de produits au groupe chinois.

Le patron d'Huawei, Ren Zhengfei, a affirmé mardi à la presse que Washington "sous-estime notre force", ajoutant que "la 5G de Huawei ne sera absolument pas affectée (par tout cela). En matière de technologie 5G, ce n'est pas en deux, trois ans que les autres entreprises pourront rattraper Huawei", a encore promis Ren Zhengfei. De son côté, Abraham Liu, le représentant d'Huawei pour l'Europe, a exhorté l'Union Européenne à réagir après la nouvelle offensive de Donald Trump, estimant que "maintenant, cela arrive à Huawei. Demain, cela peut arriver à n'importe quelle autre compagnie internationale".

Dans une actualité dominée par les tensions commerciales, les investisseurs ont peu réagi à la publication des reventes de logements aux Etats-Unis en avril, qui sont ressorties inférieurs aux attentes. 5,19 millions de logements ont été revendus en avril (-0,4% sur un mois) contre 5,21 millions en mars et un consensus de 5,35 millions. Sur un an, les reventes de logements ont reculé de 4,4% par rapport à avril 2018.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques ont rebondi mardi après le coup de tabac de la veille. L'indice SOX des semi-conducteurs a repris 2,13% à la clôture après un plongeon de 4% lundi, grâce notamment aux rebonds de Qualcomm (+1,47% après -6% lundi), Broadcom (+1% après -6%), Intel (+2% après -2,9%), AMD (+2,5% après -2,9%), Nvidia (+2,2% après -3%), Xilinx (+4,6% après -3,5%), Lumentum (+3,9% après -4%) ou encore Micron Technology (+2,9% après -3,9%).

Alphabet a regagné 0,9% après un recul de 2% la veille, lorsque Google a confirmé avoir suspendu la fourniture de certains logiciels et applications Android à Huawei suite au décret anti-Huawei et à l'inscription du groupe chinois sur une liste noire. Le géant américain d'Internet a été amené à retirer sa licence Android à Huawei Technologies, pourtant numéro deux mondial des smartphones derrière le sud-coréen Samsung et devant l'américain Apple...

Apple a repris 1,9% après une chute de 2,4% lundi... Le titre a notamment pâti de craintes de boycott en Chine, suite aux mesures prises par Washington contre Huawei. En outre, la crainte de l'instauration de taxes d'importation sur les iPhones (fabriqués en Chine) inquiète les analystes. Le cours de Bourse de la firme à la pomme a désormais abandonné 18% depuis son dernier record historique d'octobre 2018, où il avait culminé à près de 230$.

Merck & Co (+0,79%) a annoncé mardi l'acquisition de la biotech non cotée Peloton Therapeutics pour 1,05 milliard de dollars en numéraire afin de mettre la main sur son traitement expérimental du cancer du rein. Un paiement supplémentaire de 1,15 milliard de dollars est prévu si certains objectifs sont atteints.

Home Depot (+0,26%) a annoncé un bénéfice trimestriel meilleur que prévu, atténué toutefois par une croissance inférieure aux attentes de ses ventes à périmètre comparable.

Tesla (-0,14%). Baird a ramené son objectif de cours de 400 à 340 dollars et Morgan Stanley estime que l'action pourrait tomber à 10 dollars dans un "scénario du pire" où la survie du constructeur de voitures électriques serait en jeu à cause de ses difficultés de trésorerie et des interrogations sur la fiabilité de son système Autopilot.

JC Penney (-7%) et Kohl's (-12,3%) ont chuté après l'annonce par les deux groupes chaînes de grands magasins d'une baisse plus forte que prévu de leurs ventes à périmètre comparable sur le trimestre écoulé.

Walmart (-0,39%). Un juge américain a autorisé lundi soir une plainte de consommateurs contre les trois distributeurs, accusés d'avoir vendu sciemment un tissu étiqueté à tort "100% coton égyptien" alors qu'il était produit en Inde.

Nike (+0,95%), Under Armour (+0,55%) et Foot Locker (+1,46%) ont progressé. Les trois fabricants de chaussures et d'équipements sportifs font partie d'un groupe de 173 entreprises du secteur qui ont lancé un appel à Donald Trump pour qu'il renonce à taxer à 25% leurs produits manufacturés en Chine et importés aux Etats-Unis. Un tel niveau de taxation serait "catastrophique" et entraînerait des hausses de prix pour les consommateurs américains, affirment les signataires de cette lettre ouverte adressée lundi soir au président américain.

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