Cotation du 19/12/2018 à 17h35 Dow Jones Industrial +0,69% 23 839,98
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Clôture de Wall Street : rouge vif avec le commerce et les taux !

Clôture de Wall Street : rouge vif avec le commerce et les taux !
Clôture de Wall Street : rouge vif avec le commerce et les taux !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le soulagement a été de courte durée à la Bourse de New York. Alors que la trêve commerciale conclue ce week-end entre les Etats-Unis et la Chine avait été saluée, lundi, les principaux indices ont replongé dès mardi de plus de 3%. Les doutes sur la croissance mondiale sont revenus en force sur les marchés d'actions et ont aussi agité les marchés obligataires, qui ont pourtant servi de refuge. La plupart des secteurs ont été laminés, dont les technologiques (-4,4% pour Apple), les industrielles (-6,9% pour Caterpillar) et les banques (-3,8% pour Goldman Sachs).

A la clôture, l'indice Dow Jones a plongé de 3,1% (-799 points!) pour finir au seuil des 25.000 points, à 25.007 points (après +1,13% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a dégringolé de 3,24% pour s'accrocher à 2.700 pts (+1,09% lundi). L'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a plongé de 3,80% à 7.158 pts.

A noter que les marchés américains (actions et obligations) seront fermés mercredi, en hommage à l'ex-président George H.W. Bush récemment décédé, ce qui explique en partie une fin de séance agitée, les traders ne souhaitant pas conserver de positions ouvertes avant ce jour de congé.

Pas d'avancées concrètes dans la querelle Etats-Unis-Chine

Samedi soir, lors d'un dîner au sommet du G20 à Buenos Aires, Donald Trump et Xi Jinping ont décidé d'une trêve sur les taxes d'importation, et se sont donné trois mois pour négocier un accord commercial en bonne et due forme.

Pékin s'est engagé à importer davantage de produits américains et à ouvrir son marché aux entreprises américaines. De son côté, Washington a accepté de reporter les taxes de 25% prévues le 1er janvier sur 200 milliards de dollars de produits chinois. Ces produits ont déjà taxés à 10% depuis septembre dernier, avec une option pour relever le taux à 25% au 1er janvier 2019. Par ailleurs, Donald Trump n'évoque plus pour le moment ses menaces de taxer le solde des importations chinoises, soit quelque 267 Mds$.

Pourtant, il est vite apparu que rien de concret n'avait été décidé ce week-end. Alors que Donald Trump avait tweeté que la Chine avait promis de supprimer les taxes de 40% sur les importations automobiles américaines, cette information a été mise en doute mardi par son conseiller économique Larry Kudlow qui a prévenu qu'il n'y avait "pour l'instant aucun accord précis" à ce sujet...

En outre, Donald Trump s'est vite remis à menacer la Chine de relever les barrières douanières en cas d'échec des négociations."La Chine est censée commencer à acheter des produits agricoles (américains) et plus immédiatement. Le président Xi et moi-même souhaitons que cet accord soit conclu, et ce sera probablement le cas. Mais sinon, souvenez-vous que je suis un Homme de Tarif. Lorsque des personnes ou des pays viennent piller la grande richesse de notre nation, je veux qu'ils paient pour le privilège de le faire. Ce sera toujours le meilleur moyen de maximiser notre pouvoir économique. Nous prenons actuellement des milliards de dollars en tarifs douaniers. RENDONS L'AMERIQUE DE NOUVEAU RICHE", a ainsi lancé le Président américain dans son style inimitable.

La courbe des taux menace de s'inverser, mauvais signe pour l'économie

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a commencé en recul mardi, avant de finir presque stable à 96,97 points (-0,08%), tandis que l'euro cédait 0,1% à 1,1340$, et que la livre sterling reculait de 0,1% à 1,2712$.

Les yeux des investisseurs étaient rivés mardi sur le marché obligataire américain, où les cours ont monté (sous l'effet d'achats de sécurité, les obligations faisant office de valeurs refuge), mais où les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours, ont reculé. Ce recul a surtout affecté les échéances de long terme, entraînant les taux longs dangereusement près des taux à court terme, un signe considéré comme avant-coureur d'une récession par les économistes.

Ainsi, le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 5 ans (2,78%) est tombé en dessous de celui à 2 ans (2,79%) et celui à 3 ans (2,80%), ce qui constitue une anomalie de marché. En outre, le "spread" entre le T-Bond à 2 ans et le 10 ans s'est réduit en séance à seulement 0,12 point de pourcentage, tout proche de l'inversion... Mardi soir, le T-Bond à 10 ans rapportait ainsi 2,91%, en nette baisse de 7 points de base par rapport à vendredi, alors qu'il avait culminé début octobre à 3,24%.

Les économistes ont constaté qu'une inversion durable de la courbe des taux (c'est à dire si les obligations à long terme rapportent moins que celles à court terme), est souvent un indicateur de récession, qui intervient généralement dans un délai de deux trimestres après le début du phénomène.

La Fed émet des signaux contradictoires dans un marché fragilisé

Dans un marché normal, les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter à long terme qu'à court terme. La situation inverse traduit un manque de confiance dans l'avenir de l'économie à court terme...

Dans cet environnement très incertain, un responsable de la Fed a ajouté à l'anxiété générale, mardi, en se montrant plutôt "faucon" sur la future politique monétaire de la Fed. John Williams, le président de la Fed de New York, a ainsi indiqué qu'il "continuait d'anticiper des hausses de taux progressives pour accompagner l'expansion économique" des Etats-Unis.

Ces propos semblent diverger de ceux du président de la Fed, Jerome Powell, qui avait estimé le 28 novembre que les taux des "fed funds" étaient désormais proches d'un niveau "neutre" (ni stimulant ni pénalisant pour l'économie). Les marchés avaient interprété son discours comme le signe d'une probable pause dans la hausse des taux en 2019 (après toutefois une nouvelle hausse en décembre 2018, déjà anticipée).

VALEURS A SUIVRE

Parmi les technologiques, Apple a replongé de 4,4%, Alphabet de 4,8%, Facebook a cédé 2,2%, Amazon a chuté de 5,8%, Netflix a perdu 5,1% et Microsoft a lâché 3,1%.

Les cours des valeurs financières ont plongé, après le net recul des taux d'intérêts. Goldman Sachs a cédé 3,8%, JP Morgan Chase a perdu 4,4%, Morgan Stanley a abandonné 5%, Bank of America 5,4%, Wells Fargo a chuté de 4,5% et Bank of New York Mellon a lâché 3,8%. Les banques tirent leurs profits de l'écart entre les taux courts (auxquels elles empruntent) et les taux longs (auxquels elles prêtent). L'aplatissement, voire l'inversion de la courbe des taux, auquel on assiste ces derniers jours, est donc une mauvaise nouvelle pour leurs comptes.

Square a plongé de 11,7% à 63,51$, après des notes d'analystes des courtiers Stifel Nicolaus et Instinet, qui ont tous deux abaissé leurs objectifs de cours, respectivement à 95$ par action (contre 100$) et à 107 (contre 125$).

Hewlett Packard Enterprise (-2,9%) devait dévoiler ses résultats du quatrième trimestre fiscal après la clôture. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,43$, pour des revenus de 7,84 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 0,31$ et des revenus de 7,66 Mds$. Lors de la publication des comptes du T3 fiscal, HPE avait annoncé viser, sur l'exercice, un bpa compris entre 1,50 et 1,55$.

Dollar General (-6,8%) a publié ses résultats du troisième trimestre. Les bénéfices sont de 334,1 M$ (1,26$ par action), contre 252,5 M$ (0,93$ par action) un an avant. Les ventes montent de 8,7% à 6,42 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,27$, pour des ventes de 6,4 Mds$. A magasins comparables, les ventes US sont en croissance de 2,8%. Sur 2018, le groupe vise désormais des ventes en hausse de 9% (contre une précédente fourchette de 9/9,3%), pour un bpa entre 5,85 et 6,05$ (contre une précédente fourchette de 5,95/6,15$).

Toll Brothers (-1,6%), le promoteur immobilier américain, fléchit à Wall Street ce mardi, le groupe ayant annoncé une première baisse en plus de quatre ans de ses commandes trimestrielles, affecté par la hausse des taux et des prix. Pour le quatrième trimestre, le groupe a affiché des revenus en augmentation de 21% à 2,46 Mds$, ainsi qu'un bpa de 2,08$ à comparer à un consensus de 1,83$. Le bénéfice net est ressorti à 311 M$, en progression de plus de 60%. Sur l'année 2019, Toll espère des livraisons unitaires allant de 1.350 à 1.550 logements, à un prix moyen de 850.000-880.000$.

Thomson Reuters (+2,3%) a annoncé la suppression de 3.200 postes, 12% de ses effectifs, d'ici 2020, dans le cadre d'un plan de rationalisation des activités et de renforcement de l'efficacité. Le fournisseur d'informations et de données destinées aux professionnels de la finance, du juridique ou des médias, vise une croissance des ventes annuelles de 3,5% à 4,5% d'ici 2020, hors impact des acquisitions.

Marvell Technology (-5,3%) publiera ses résultats du troisième trimestre ce soir. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,32$, pour des revenus de 844 M$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 0,34$ et des revenus de 616 M$. Lors de la publication des comptes du T2, Marvell avait annoncé viser, sur le T3, des revenus compris entre 825 et 865 M$, pour un bpa logé entre 0,30 et 0,34$.

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