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Clôture de Wall Street : retour des inquiétudes sur la 2e vague de Covid-19

Clôture de Wall Street : retour des inquiétudes sur la 2e vague de Covid-19
Clôture de Wall Street : retour des inquiétudes sur la 2e vague de Covid-19
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a consolidé jeudi, les investisseurs retrouvant la prudence face à la forte progression du nombre de cas de coronavirus aux Etats-Unis, où les infections et les hospitalisations dépassent désormais les seuils de la première vague du printemps dernier. Malgré l'enthousiasme suscité par l'annonce d'un vaccin efficace à 90% par Pfizer et BioNTech, lundi, le retour à une vie normale pourrait prendre un certain temps, mettent en garde de nombreux observateurs. Jeudi, les prises de bénéfices se sont poursuivies sur les valeurs cycliques, tandis que les valeurs dites "stay at home" ("restez à la maison"), qui ont profité des mesures anti-Covid-19, ont mieux résisté.

A la clôture, l'indice Dow Jones a reculé de 1,08% à 29.080 points, après un rebond de plus de 10% en quelques jours, qui l'avait porté mardi près de son dernier record historique de février (29.551 pts). L'indice large S&P 500 a cédé 1% à 3.537 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,65% à 11.709 pts.

Le pétrole a fini en ordre dispersé, après l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis, tandis que l'or est reparti en hausse de 0,6%. L'indice du dollar a cédé 0,08% à 92,97 points, face à un panier de devises de référence. Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans a rechuté de 8 points de base à 0,90% face au retour des craintes sur la reprise économique.

La 2e vague de coronavirus continue de grossir aux Etats-Unis

Certains investisseurs estiment que les marchés ont un peu surréagi ces derniers jours aux anticipations de vaccin anti-Covid et de reprise économique. L'élection présidentielle aux Etats-Unis et les annonces de Pfizer et BioNTech sur l'efficacité élevée de leur candidat vaccin ont ainsi quelque peu occulté la très forte progression du nombre de cas de Covid-19 outre-Atlantique.

Selon les données du 'New York Times', le nombre de nouveaux cas de Covid-19 s'est établi à 142.755 mercredi, et au moins 1.431 malades sont décédés. Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas quotidiens a atteint en moyenne 128.081, en hausse de 69% sur deux semaines.

La pandémie a désormais affecté plus de 10 millions de personnes aux Etats-Unis, où le nombre de morts a dépassé les 242.000 morts. Le nombre d'hospitalisations a désormais surpassé le pic du printemps dernier, et les hôpitaux américains sont sous tension dans au moins 17 des 50 Etats.

New York sous couvre-feu, mesures prolongées en France et en Allemagne

Face à la dégradation de la situation, le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé mercredi l'instauration dès vendredi d'un couvre-feu à partir de 22h pour les bars, restaurants et salles de sport de l'Etat, et a limité les réunions dans des lieux privés à 10 personnes au maximum.

En Europe, le Premier ministre français Jean Castex a annoncé jeudi soir la prolongation pour au moins deux semaines des mesures de reconfinement en place depuis deux semaines en France. En Allemagne, le ministre de la Santé, Jens Spahn, a indiqué que les mesures de restriction ne seront probablement pas levées avant la fin de l'hiver.

Face aux craintes sur la croissance liées à la dégradation de la situation sanitaire, les attentes des marchés financiers se tournent une nouvelle fois vers la Réserve fédérale américaine, et vers les autorités politiques, alors que l'absence de "vague bleue" démocrate au Congrès américain a réduit les chances de parvenir à un nouveau plan de relance de grande ampleur.

Malgré la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle du 3 novembre, et le maintien de la majorité démocrate à la chambre des représentants, les Républicains devraient conserver de justesse le contrôle du Sénat, limitant la capacité d'action de la future administration Biden.

Les patrons de la BCE et la Fed restent prudents, malgré la perspective d'un vaccin

Du côté des banque centrales, les dirigeants de la Fed et de la BCE se sont tous deux montrés prudents jeudi. Dans le cadre du forum de la BCE sur le thème des "banques centrales dans un monde mouvant", Jerome Powell et Christine Lagarde ont salué l'arrivée prochaine d'un vaccin efficace contre le coronavirus, tout restant prudents sur les perspectives économiques qui restent incertaines, même si un vaccin est administré progressivement aux populations mondiales courant 2021.

"Plongés dans une rivière d'incertitudes, nous voyons désormais l'autre rive" a ainsi jugé la patronne de la BCE, en commentant les annonces faites lundi par Pfizer et BioNTech sur l'efficacité à 90% de leur candidat vaccin. "Mais je ne veux pas me montrer exubérante sur la vaccination, en raison de l'incertitude qui demeure" au sujet de la production et de la distribution du futur vaccin, a ajouté Mme Lagarde.

Jerome Powell, le président de la Fed américaine, lui a fait écho, en affirmant que les annonces de vaccin sont "des nouvelles bonnes et bienvenues", mais qu'il est encore "trop tôt pour en déterminer avec certitude les implication à court terme". Les deux banquiers centraux ont déjà laissé entendre qu'ils étaient prêts à accroître le soutien monétaires aux économies américaines et européenne face à la rechute de l'activité, qui se profile notamment en Europe, où les mesures de reconfinement font craindre une nouvelle récession au 4e trimestre.

La reprise se poursuit aux Etats-Unis à un rythme ralenti

L'économie américaine a mieux résisté que l'Europe depuis la fin de l'été, mais la situation pourrait se dégrader si la 2e vague continue de gonfler outre-Atlantique. Sur le front de l'emploi, un peu plus de la moitié des 22 millions d'emplois détruits aux Etats-Unis en mars-avril ont été recréés, mais le rythme des créations d'emploi a ralenti depuis deux mois. Ce jeudi, le Département américain au Travail a annoncé un nouveau recul des inscriptions au chômage la semaine passée, mais elles restent à un niveau très élevé par rapport à l'avant-crise du Covid.

Pour la semaine close au 5 novembre, des inscriptions au chômage ont atteint 709.000, en retrait de 48.000 par rapport à la semaine antérieure, alors que le consensus était positionné à 731.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 755.250, en repli de 33.250. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 31 octobre atteint 6,786 millions, en baisse de 436.000 sur sept jours (6,825 millions de consensus).

Par ailleurs, l'indice des prix à la consommation est ressorti stable en octobre sur un mois aux Etats-Unis, contre un consensus de marché de +0,2%. Le CPI hors alimentaire et énergie est également inchangé en comparaison du mois précédent. Sur un an, par rapport à octobre 2019, le CPI progresse de 1,2% (+1,6% hors alimentaire et énergie). La balance budgétaire américaine d'octobre est attendue à 20 heures (consensus -270 milliards de dollars).

Le pétrole et le dollar consolident, l'or rebondit

Les cours du pétrole ont fini en ordre dispersé après l'annonce d'un bond inattendu des stocks de brut la semaine passée aux Etats-Unis (+4,3 millions de barils). Le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a cédé 0,8% à 41,12$ sur le Nymex, et le contrat sur le Brent pour livraison en janvier a gagné 0,6% à 44,05$. Les deux variétés de pétrole ont toutefois bondi de plus de 10% depuis le début de la semaine, et de près de 20% depuis la fin octobre dans l'espoir d'une poursuite de la reprise économique en 2021 et d'une prolongation de l'accord de maîtrise de la production par le groupe Opep+.

L'or est reparti de l'avant jeudi, après avoir subi des dégagements depuis le début de la semaine (-5% lundi notamment...) victime du retour de l'appétit du risque. Cependant, les investisseurs ont profité du récent repli pour se replacer sur cette valeur-refuge. L'once d'or a ainsi regagné jeudi 0,6% à 1.873,30$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex.

Sur le marché des emprunts d'Etat américains, les obligations rebondissent jeudi, faisant baisser les rendements. Le taux du T-Bond à 10 ans a ainsi rechuté de 8 points de base à 0,90%. Ce taux avait frôlé mardi le seuil symbolique de 1%, soutenu par les espoirs d'un vaccin contre le Covid qui ferait accélérer la reprise économique.

Le dollar a cédé un peu de terrain jeudi soir, à 92,97 points (-0,08%), selon l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, livre sterling, yen, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise).

VALEURS A SUIVRE

Dans l'actualité des entreprises ce jeudi à Wall Street, Walt Disney (-1,6%) et Cisco Systems (-1,7%) publient leurs trimestriels après la clôture.

Moderna (+6,5%) a grimpé après que le groupe a annoncé avoir assez de données pour une analyse intérimaire de son étude avancée (phase III) sur un vaccin expérimental du Covid-19. Rappelons que les marchés mettent beaucoup d'espoir dans ce vaccin, qui est basé sur une technologie similaire à celle de celui de Pfizer et BioNTech. Le très écouté Dr. Fauci a d'ailleurs estimé que ce vaccin de Moderna pourrait aussi apporter des résultats positifs.

CureVac (+12,5%), le laboratoire allemand, espère une approbation de son vaccin expérimental contre le Covid au troisième trimestre 2021. Le groupe est actuellement en discussions avec de grandes firmes pharmaceutiques en vue du développement de l'éventuel vaccin.

Nike (-0,8%) a baissé malgré une note de la firme RBC, qui initie sa recommandation à 'surperformance' sur le géant des équipements et accessoires de sport, le groupe étant supposé être le mieux positionné pour surmonter les changements liés à la pandémie.

Apollo Global Management (-0,12%), firme de capital-investissement, devrait laisser la voie libre à l'opérateur de casinos Caesars Entertainment (+3%) en vue d'une acquisition du bookmaker britannique William Hill.

Pinduoduo (+20,4%), acteur chinois du e-commerce, bondit à Wall Street après l'annonce de résultats financiers en forte amélioration. Ainsi, dopés par le rebond du marché chinois, le groupe a réalisé des revenus trimestriels supérieurs aux attentes.

Boeing (-2,9%), le constructeur aéronautique de Chicago, a revu en hausse sa prévision de demande d'avions en Chine pour les 20 prochaines années. L'avionneur évoque la croissance locale, un mois après avoir abaissé ses prévisions concernant la demande mondiale.

Southwest Airlines (-3%), le transporteur aérien américain low cost, a indiqué qu'il constatait un ralentissement du redressement de son chiffre d'affaires ces dernières semaines, alors que les cas de covid ne cessent d'augmenter aux États-Unis.

Alphabet (-0,25%). Un groupe de 165 entreprises et organisations a adressé un courrier à l'autorité européenne de concurrence pour lui demander de se montrer plus ferme avec le moteur de recherche Internet Google, accusé de favoriser ses propres services.

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