Cotation du 16/07/2018 à 22h37 Dow Jones Industrial +0,18% 25 064,36
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Clôture de Wall Street : retour au calme, malgré les craintes commerciales

Clôture de Wall Street : retour au calme, malgré les craintes commerciales

Clôture de Wall Street : retour au calme, malgré les craintes commerciales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les indices boursiers américains se sont légèrement redressés, mardi, au lendemain d'une forte baisse liée à de nouvelles menaces de Donald Trump, qui entend limiter les investissements chinois dans la technologie américaine. Les analystes financiers ont commencé à évaluer les effets négatifs de la guerre commerciale sur les bénéfices des entreprises américaines. Le titre de General Electric s'est distingué en flambant de 7,7%, après des annonces de cessions d'actifs par le géant industriel. Le pétrole a bondi de plus de 3% sur des craintes de réduction de l'offre iranienne.

A la clôture, l'indice Dow Jones a repris mardi 0,12% à 24.283 points, après une chute de 1,3% lundi. L'indice large S&P 500 a regagné 0,22% à 2.723 pts (après -1,37%) et le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a rebondi de 0,39% à 7.561 pts, après un plongeon de 2,1% lundi soir.

Sur le marché des changes, le dollar a mis fin à une série de 3 séances baissières. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a repris 0,46% à 94,71 points. L'euro a reculé de 0,49% à 1,1647$. Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts se sont stabilisés, le rendement du T-Bond américain à 10 ans finissant à 2,88%.

Remontée du pétrole après des menaces américaines sur le pétrole iranien

Les prix du pétrole sont repartis en nette hausse après un avertissement adressé par les Etats-Unis à tous les pays important du brut iranien, une menace qui pourrait entraîner une réduction de l'offre d'or noir sur le marché mondial. Le baril de brut léger américain (WTI) a flambé de 3,6% pour terminer à 70,53$ pour le contrat à terme d'août, tandis que le Brent a repris 2,1% à 76,31$ pour le contrat à terme d'août.

Les valeurs pétrolières ont réagi à la hausse à Wall Street mardi soir : +1,1% pour ExxonMobil, 1,2% pour Chevron, +1,9% pour Transocean, +1,6% pour Devon Energy, +0,2% pour Halliburton et +2,1% pour Marathon Oil.

Un responsable du département d'Etat américain a mis le feu aux poudres en indiquant que tous les pays achetant du brut à Téhéran devaient stopper complètement leurs importations d'ici au 4 novembre, s'ils voulaient éviter les sanctions américaines rétablies après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien. Les Etats-Unis semblent ainsi faire monter la pression en s'adressant aussi aux pays asiatiques comme la Chine et l'Inde, qui avaient obtenu des exemptions de sanctions par le passé.

Même si l'Opep et ses alliés, dont la Russie, ont décidé le 22 juin de relever leur production d'un million de barils par jour, le marché pourrait connaître des tensions cet été sous l'effet de la baisse de l'offre iranienne, mais aussi vénézuélienne et libyenne.

Harley-Davidson dans le collimateur de Donald Trump

Sur le front commercial, Donald Trump a continué de s'agiter, fustigeant Harley-Davidson (-0,6%), qui projette de délocaliser une partie de sa production afin de ne pas avoir à payer les nouvelles taxes d'importation sur le marché européen. Le président américain a multiplié les tweets pour critiquer Harley-Davidson.

"Plus tôt cette année, Harley-Davidson avait annoncé qu'il allait déplacer la majeure partie de ses opérations de production de Kansas City vers la Thaïlande. C'était bien avant que les Tarifs douaniers ne soient annoncés. Ainsi, ils utilisent juste les Tarifs / la Guerre Commerciale comme une excuse. Cela montre à quel point le commerce est déséquilibré et injuste, mais nous résoudrons cela...", a promis Trump.

Par ailleurs, les craintes sur le secteur technologique se sont un peu apaisées mardi. Peter Navarro, conseiller commercial du président Donald Trump, a indiqué que les restrictions redoutées sur les investissements chinois et internationaux dans le secteur technologique aux Etats-Unis n'étaient pas imminentes.

Le 'Wall Street Journal' avait révélé lundi que les firmes dont plus de 25% du capital serait détenu par des intérêts chinois ne pourraient pas acquérir d'entreprises américaines aux technologies "industriellement significatives". Une menace qui fait craindre une riposte chinoise sur les sociétés américaines présentes en Chine et souhaitant s'y développer...

Mardi, les cours de nombreuses grandes valeurs technologiques ont rebondi : +3,8% pour Netflix, +1,2% pour Apple, +1,7% pour Amazon, +1,3% pour Facebook, +0,7% pour Microsoft, mais Intel a encore chuté de 2% et Alphabet a cédé 0,6%.

Les bénéfices du S&P 500 seront rabotés par les tensions commerciales

Face à la montée des risques de guerre commerciale à grande échelle, les analystes financiers ont commencé à calculer les effets prévisibles des barrières douanières sur les bénéfices des entreprises américaines. En sachant que les compagnies du S&P 500 tirent en moyenne un tiers de leurs ventes de leurs marchés à l'étranger, Bank of America a calculé qu'une hausse de 10% des coûts lié aux barrières douanières réduirait de 3 à 4% le bénéfice par action des membres du S&P 500. Goldman Sachs a de son côté estimé l'impact des taxes d'importation à 2 à 3% sur le bnpa de l'indice boursier américain.

Sur le front macro-économique aux Etats-Unis ce mardi, on notera la baisse de l'indice de confiance des consommateurs mesuré par le Conference Board. Il est tombé en juin à 126,4, contre 128,1 de consensus de place et 128 un mois plus tôt. Par ailleurs, l'indice global de confiance des investisseurs institutionnels mesuré par State Street a lui aussi reculé en juin à 101,7, contre un niveau de 103,8 en mai.

L'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix de l'immobilier a quelque peu déçu en avril. L'indice '20-city' ajusté des variations saisonnières a progressé de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,5% de consensus et +0,4% pour la lecture révisée du mois de mars.
Enfin, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond est ressorti meilleur que prévu en juin, à 20, contre un consensus de 16 et après 16, également, en mai.

VALEURS A SUIVRE

Le titre de General Electric a bondi de 7,7%, alors même que la valeur a quitté ce mardi l'indice Dow Jones. Le colosse industriel américain a annoncé mardi des avancées majeures en vue de son recentrage. GE va aiansi procéder à la scission de sa division santé et sortir de sa filiale de services pétroliers Baker Hughes, afin de se recentrer sur l'aéronautique, l'électricité et les énergies renouvelables. La branche santé (GE Healthcare), qui comprend notamment des systèmes d'imagerie diagnostique et des systèmes cliniques, deviendra une entreprise autonome. GE prévoit de céder 20% du capital et de distribuer les 80% restants aux actionnaires. Quant aux 62,5% détenus dans Baker Hughes, la société entend sortir totalement cette participation de son périmètre d'ici deux à trois ans. Le conglomérat avait bouclé le rachat de Baker Hughes en juillet 2017 et lui avait apporté ses propres activités de services et d'équipements gaziers et pétroliers.

Lundi, GE avait déjà annoncé la cession de sa branche turbines à gaz industrielles au fonds de capital investissement Advent pour 3,2 Mds$. Avec ces cessions, General Electric entend réduire sa dette nette industrielle de quelque 25 milliards de dollars d'ici 2020, permettant de faire revenir le ratio dette nette sur Ebitda à moins de 2,5 fois. Enfin, GE a un peu rassuré ses actionnaires en indiquant qu'il maintiendrait son dividende au niveau actuel pendant le processus de scission de la branche santé.

Harley-Davidson a encore reculé de 0,6%, portant sa chute à 18% depuis le début de l'année, après les critiques de Donald Trump, et ses nouvelles prévisions pessimistes liées aux taxes européennes de 25% entrées en vigueur depuis le 22 juin. Le fabricant de motos a indiqué que ces nouveaux prélèvements devraient lui coûter entre 30 et 45 millions de dollars sur le reste de l'année 2018. Sur une base annuelle, le coût irait de 90 à 100 millions de dollars. La compagnie prévoit de réagir en transférant la production destinée à l'Europe des USA vers des sites internationaux. Ainsi, le constructeur évitera finalement l'essentiel de ce nouveau fardeau fiscal, quitte à essuyer le foudres du président américain...

Lennar (+4,8%) a publié ses comptes trimestriels ce jour à Wall Street. Le titre bondit avant bourse, alors que les profits trimestriels sont ressortis en vive progression avec la demande immobilière. Le bénéfice s'est envolé de 45% et les commandes du second trimestre ont flambé de 62%. Le prix moyen de vente a augmenté de 10,4%. Le groupe de Miami a dégagé un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 310 M$ et 94 cents par titre sur cette période close fin mai, contre 214 M$ un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 1,58$, alors que les revenus ont grimpé de 67% à 5,46 Mds$.

Boeing (stable). Bamboo Airways s'est engagé à acquérir 20 787-9 Dreamliners auprès de Boeing. La compagnie vietnamienne, dont les opérations devraient commencer l'an prochain à partir de Hanoi, compte, à long terme, relier le Vietnam à des marchés clés en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Les premières livraisons sont attendues en avril 2020. La commande est évaluée à 5,6 milliards de dollars au prix catalogue.

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