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Clôture de Wall Street : record du S&P 500 malgré la 2e vague de Covid-19

Clôture de Wall Street : record du S&P 500 malgré la 2e vague de Covid-19
Clôture de Wall Street : record du S&P 500 malgré la 2e vague de Covid-19
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé la semaine en nette hausse, vendredi, malgré une envolée des cas de coronavirus aux Etats-Unis, qui a entraîné de nouvelles mesures de restriction dans plusieurs Etats, dont New York et la Californie. Les investisseurs restent toutefois optimistes sur la mise au point d'un vaccin, qui permettrait une accélération de la reprise économique en 2021. Ils ont aussi salué vendredi les résultats meilleurs qu'attendus de Cisco Systems (+7%) et de Walt Disney (+2,1%). Toutefois, les dirigeants de la Fed et de la BCE ont mis en garde jeudi sur les incertitudes persistantes à court terme. Jerome Powell a même estimé que "les prochains mois pourraient être difficiles" pour l'économie américaine.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 1,37% à 29.479 points, frôlant son dernier record historique de février (29.551 pts). L'indice large S&P 500 a de son côté gagné 1,36% pour terminer sur un nouveau sommet historique à 3.585 pts. Quant au Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, il a grimpé de 1,02% à 11.829 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA a flambé de 4%, le S&P 500 a gagné 2,1% tandis que le Nasdaq a marqué le pas, cédant 0,5% en 5 séances, sous le poids de la rotation sectorielle, qui a favorisé les valeurs cycliques plutôt que les "technos" et internet.

Rotation sectorielle vers les cycliques dans l'espoir d'un vaccin

Le pétrole WTI a corrigé de 2,4% vendredi, mais a bondi de 12% depuis la fin octobre. L'or a gagné 0,7%, mais il a chuté de 3,4% en 5 séances, souffrant du regain d'appétit pour les actifs risqués. L'indice du dollar a cédé vendredi 0,25% à 92,73 points, face à un panier de devises de référence. Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est stabilisé à 0,90% (+1 point de base) après avoir frôlé le seuil de 1% en début de semaine après les annonces positives de Pfizer (+2,8%) et BioNTech (+4,3%) concernant leur futur vaccin.

L'espoir d'un vaccin efficace et disponible à partir de début 2021 a entraîné cette semaine un rebond spectaculaire des valeurs cycliques sur les Bourses mondiales. Ces titres sous-valorisés, qui avaient le plus souffert de la crise du coronavirus (financières, transports, hôtellerie, industrie, énergie...) ont connu des rattrapages à deux chiffres, alors que les valeurs technologiques, qui ont fortement progressé cette année, ont fait l'objet de prises de bénéfices.

Les investisseurs sont encore partagés sur la question de savoir si cette rotation sectorielle va se poursuivre, ou si elle arrive un peu tôt, compte-tenu de la 2e vague de coronavirus aux Etats-Unis et en Europe, qui menace de freiner la reprise économique, avant que le futur vaccin ne parvienne à contrôler définitivement la pandémie.

Des prochains mois "difficiles", avertit Jerome Powell

Jeudi, les dirigeants de la Fed et de la BCE se sont ainsi tous deux montrés prudents. Dans le cadre du forum de la BCE sur le thème des "banques centrales dans un monde mouvant", Jerome Powell et Christine Lagarde ont salué l'arrivée prochaine d'un vaccin contre le coronavirus, tout en s'inquiétant pour les perspectives économiques à court terme.

"Plongés dans une rivière d'incertitudes, nous voyons désormais l'autre rive" a ainsi jugé la patronne de la BCE, en commentant les annonces faites lundi par Pfizer et BioNTech sur l'efficacité à 90% de leur candidat vaccin. "Mais je ne veux pas me montrer exubérante sur la vaccination, en raison de l'incertitude qui demeure" au sujet de la production et de la distribution du futur vaccin, a ajouté Mme Lagarde.

Jerome Powell, le président de la Fed américaine, lui a fait écho, en affirmant que les annonces de vaccin sont "des nouvelles bonnes et bienvenues" à moyen terme, mais qu'il est encore "trop tôt pour en déterminer avec certitude les implications pour l'évolution de l'économie, particulièrement sur le court terme", a-t-il ajouté. "Les prochains mois pourraient être difficiles", a poursuivi le patron de la Fed.

La 2e vague de coronavirus s'amplifie aux Etats-Unis

Les deux banquiers centraux ont déjà laissé entendre qu'ils étaient prêts à accroître le soutien monétaires aux économies américaines et européenne face à la rechute de l'activité, qui se profile notamment en Europe, où les mesures de reconfinement font craindre une nouvelle récession au 4e trimestre. Les marchés financiers attendent donc davantage des banques centrales, d'autant qu'ils doutent désormais d'un nouveau plan de soutien budgétaire d'ampleur de la part de Washington, compte tenu de la transition difficile entre Donald Trump et Joe Biden, et d'un futur Congrès sans doute divisé.

Aux Etats-Unis, l'épidémie de coronavirus continue de prendre de l'ampleur, et les experts s'inquiètent à l'approche des fêtes de Thanksgiving, le dernier jeudi de novembre, qui pourraient favoriser les rassemblements familiaux et la diffusion du coronavirus. Jeudi, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a atteint 163.405 selon les données du 'New York Times' et au moins 1.171 malades sont décédés. Le nombre de cas quotidiens s'est élevé en moyenne à 134.078 sur les 7 derniers jours, en hausse de 72% sur deux semaines. La pandémie a désormais touché 10,67 millions de personnes aux Etats-Unis, où le nombre de morts dépasse les 243.000, selon l'université Johns Hopkins.

Des mesures de restriction de retour dans plusieurs Etats

Les hôpitaux du pays sont désormais plus chargés que lors de la première vague de Covid, avec 67.096 personnes alitées jeudi, en hausse de 2.000 par rapport à la veille, et +91% sur un mois. Le système hospitalier est désormais sous tension dans au moins 18 des 50 Etats, notamment dans les Etats du Midwest, notamment les Dakota du Nord et du Sud.

A l'approche de Thanksgiving, les gouverneurs de trois Etats de la côte ouest des Etats-Unis, la Californie, l'Oregon et Washington, ont déconseillé vendredi à leurs administrés de voyager hors de leurs Etats pendant cette période, tandis que l'Etat de New York a mis en place un couvre-feu à 22h pour les bars et restaurants à partir de vendredi.

De son côté, la ville de Chicago a demandé jeudi à ses 2,7 millions d'habitants de rester à la maison, sauf pour se rendre au travail, à l'école ou pour quelques activités essentielles, sans que cette mesure soit coercitive.

Le moral des consommateurs américains fléchit en novembre

Alors que le président élu Joe Biden a fait de la lutte contre le coronavirus sa priorité, les experts conseille d'adopter de nouvelles mesures de confinement. Ainsi, l'épidémiologiste Michael Osterholm, un des membre de la nouvelle "task force" sanitaire mise en place dès son élection par Joe Biden, a indiqué au 'Washington Post" qu'il faudrait un confinement national de 4 à 6 semaines aux Etats-Unis pour contrôler la progression du virus, tout en ajoutant qu'il lui semblait improbable que ce confinement national soit envisageable, en raison de l'organisation fédérale des Etats-Unis.

Sur le front macro-économique ce jour, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains, mesuré par l'Université du Michigan, a reculé en novembre, ressortant à 77 contre un consensus de place de 82, et après 81,8 en octobre. Par ailleurs, l'indice des prix à la production a augmenté en octobre de 0,3% sur un mois, contre +0,2% de consensus. Il ne grimpe que de 0,5% sur un an. Hors alimentaire et énergie cette fois, le PPI progresse de 0,1% sur un mois (+0,2% de consensus) et de 1,1% en glissement annuel.

Vendredi matin en Europe, le PIB européen flash du troisième trimestre a un peu déçu, avec une croissance au rythme de 12,6% contre un consensus de 12,7%. Les chiffres de l'emploi et du déficit commercial européen ont en revanche positivement surpris.

VALEURS A SUIVRE

Walt Disney (+2,1%) a publié sa première perte annuelle depuis 40 ans, en raison de la crise du coronavirus, qui a vidé ses parcs à thème, bloqué sa filiale de croisières, et perturbé sa production cinématographique. Sur l'ensemble de l'exercice fiscal 2019-2020, le groupe a enregistré une perte nette de 2,83 milliards de dollars, sa première perte depuis 1980. Toutefois, les chiffres sont ressortis moins mauvais que ce que craignaient les analystes, notamment grâce à des réductions de coûts et au succès du service de vidéo en streaming Disney+, qui compte désormais 73,7 millions d'abonnés, un an seulement après son lancement, et a profité des confinements liés à la pandémie.

Pour le seul 4e trimestre fiscal, Disney a subi une perte nette de 710 millions de dollars (39 cents par action), son 2e trimestre consécutif de pertes en données publiées. Après ajustements, notamment pour charges de restructuration, la perte nette par action ressort à 20 cents, contre un bénéfice de 1,07$ au 4e trimestre 2018-2019. Les revenus du groupe ont chuté de 23% à 14,71 Mds$ contre 19,1 Mds$ un an plus tôt. Ces chiffres sont toutefois supérieurs aux attentes du consensus, qui tablait sur une perte ajustée de 71 cents et sur des ventes de 14,15 Mds$. La pandémie a amputé le résultat opérationnel de Disney de 7,4 Mds$ sur l'exercice, dont l'essentiel (6,9 Mds$) dans la branche parcs à thème et autres expériences. Pour faire face à la crise, le groupe a annoncé en septembre dernier la suppression de non moins de 28.000 postes, dont la plupart dans cette branche...

Un an exactement après le lancement de Disney+, le service comptait 73,7 millions d'abonnés payants à la fin septembre, bien au-dessus des prévisions du groupe. Au 4e trimestre, 16,2 millions d'abonnés supplémentaires ont été acquis, une hausse de 28% par rapport à la fin du troisième trimestre. En comptant les abonnés à la chaîne sportive ESPN+ (10,3 millions contre 8,5 au T3) et au service de streaming Hulu (36,6 millions contre 35,5 millions), Disney totalise désormais plus de 120 millions d'abonnés à ses services de vidéo en streaming.

Cisco Systems (+7%). Le leader californien des équipements de réseaux a publié des résultats et une guidance supérieurs aux attentes. Pour le premier trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 2,17 milliards de dollars soit 51 cents par action, contre 2,93 milliards et 68 cents par titre un an avant. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a représenté quant à lui 76 cents, contre un consensus de marché de 70 cents et un niveau de 84 cents un an auparavant. Les revenus ont reculé à 11,93 milliards de dollars, contre 13,16 milliards sur la période comparable de l'exercice antérieur. Le consensus FactSet était de 11,85 milliards. Le groupe envisageait sur la période un bpa ajusté allant de 69 à 71 cents, ainsi que des revenus allant de 11,71 à 11,97 milliards.

Le groupe envisage pour le second trimestre fiscal un bénéfice par action allant de 74 à 76 cents, pour des revenus allant de 11,36 à 12,01 milliards de dollars. Le consensus était de 73 cents de bpa et 11,6 milliards de revenus.

Tesla (-0,79%). Elon Musk a indiqué sur Twitter qu'il avait passé quatre tests de dépistage au coronavirus le même jour, dont deux sont ressortis positifs et les deux autres négatifs. "Il se passe quelque chose d'extrêmement trompeur. J'ai été testé quatre fois aujourd'hui pour le covid. Deux tests sont revenus négatifs, deux autres sont revenus positifs. La même machine, le même test, la même infirmière. Test rapide d'antigène de BD", a tweeté Musk. Il s'agit sans doute de tests rapides d'antigène de Becton Dickinson (+1%).

Le CEO de Tesla précise par ailleurs qu'il subit des tests d'amplification en chaîne par polymérase (ou PCR) dans des laboratoires séparés. Les résultats de ces autres tests sont attendus dans les 24 heures. Enfin, Musk, interrogé à propos d'éventuels symptômes, dit avoir ceux d'un rhume classique.

Gilead Sciences (+1%). Le président de la Société européenne de médecine de soins intensifs (ESICM) a mis en garde, dans un entretien accordé à Reuters, contre l'utilisation du remdesivir comme traitement de routine chez les malades atteints du Covid-19 en état critique.

Farfetch (+5,7%), le groupe de vente en ligne de produits de mode, a positivement surpris à Wall Street. Il a publié en effet des revenus trimestriels en très forte croissance de 71%, profitant des mesures restrictives poussant les consommateurs vers les achats sur Internet. Le groupe a ainsi réduit ses pertes sur le troisième trimestre fiscal.

Palantir Technologies (+8,3%). Les premiers résultats financiers trimestriels publiés par le spécialiste de l'analyse de données depuis son entrée en bourse à Wall Street ont dépassé les attentes de marché. Mieux encore, Palantir a révisé en hausse sa guidance annuelle de chiffre d'affaires.

Manchester United (+1,8%), le club de football anglais coté à Wall Street, a annoncé une chute de 20% de ses revenus pour le trimestre clos, dans un contexte de crise sanitaire. Sur le trimestre clos fin septembre 2020, le club a affiché une perte de 30,3 millions de livres, environ 39,7 millions de dollars, pour des revenus de 109 M£.

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