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Clôture de Wall Street : rechute, la 2e vague de Covid-19 inquiète

Clôture de Wall Street : rechute, la 2e vague de Covid-19 inquiète
Clôture de Wall Street : rechute, la 2e vague de Covid-19 inquiète
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir tenté de prolonger son timide rebond de la veille, Wall Street est reparti en nette baisse mercredi en clôture, dans la crainte que les tensions politiques aux Etats-Unis ne freinent l'adoption d'un nouveau plan de relance très attendu par une économie fragilisée par la crise du coronavirus. Le président de la Fed, Jerome Powell, a une nouvelle fois souligné que le chemin sera long avant une reprise durable. Le dollar continue de se renforcer, faisant office de valeur refuge, tandis que l'or est paradoxalement en baisse.

A la clôture, l'indice Dow Jones a chuté de 1,92% à 26.763 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 2,37% à 3.236 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a rechuté de 3,02% à 10.632 pts, retombant en zone de correction (-12% sur son record du 2 septembre à 12.056 pts).

Les "technos" rechutent brutalement, Nike bondit

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le rouge, à commencer par l'énergie (-4,5%), les technologiques (-3,2%), l'immobilier (-2,9%) et les matériaux de base (-2,9%).

Parmi les rares hausses notables de la séance, Nike s'est distingué avec un bond de 8,7% après avoir publié des comptes très supérieurs aux attentes, notamment grâce à une envolée de ses ventes en ligne en ces temps de pandémie.

Les grandes technos ont piqué du nez, à l'instar de Microsoft (-3,3%), Apple (-4,2%), Salesforce (-4,7%), Amazon (-4,1%), Facebook (-2,2%), Alphabet (-3,5%), Nvidia (-4%) ou encore Netflix (-4,2%). Tesla a plongé de 10,3% après des annonces jugées décevantes de son patron Elon Musk sur sa stratégie de production de batteries de véhicules électriques.

Alors que la pandémie de coronavirus a désormais fait plus de 200.000 morts aux Etats-Unis et plus de 973.000 dans le monde, les investisseurs commencent à douter de la poursuite du rebond vigoureux de l'économie observé depuis l'été. Face à la résurgence de cas de coronavirus, de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni et la France ce mercredi, ont annoncé récemment de nouvelles mesures de restrictions dans leurs grandes villes, ce qui menace de freiner la reprise économique.

Le nouveau plan de relance américain se fait cruellement attendre

Depuis leur dernière réunion des 15 et 16 septembre, les responsables de la Réserve fédérale mettent en garde sur une reprise sans doute plus progressive qu'espérée. Le président de la Fed, Jerome Powell, qui est auditionné non moins de trois fois cette semaine au Congrès, a répété mercredi que le chemin sera long avant de retrouver un niveau de croissance précédant la crise, ce qui nécessitera de nouvelles mesures de soutien monétaire et budgétaire.

Plusieurs autres membres de la Fed, dont le vice-président de la Fed Richard Clarida, se sont exprimés ce mercredi et ont tous souligné l'importance de la politique budgétaire pour sortir de la crise actuelle. Le président de la Fed de Boston Eric Rosengren s'est montré particulièrement pessimiste sur la capacité de l'économie à rebondir rapidement si un nouveau "package" de mesures n'est pas adopté par le Congrès...

Depuis des semaines, la Maison Blanche et le Congrès ne parviennent pas s'accorder sur un nouveau plan de relance, sur fond de campagne électorale très dure entre Donald Trump et son adversaire démocrate Joe Biden. Le bras de fer entre démocrates et républicains s'est encore tendu le week-end dernier, à la suite du décès de la juge de la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg '("RBG")...

Or, le temps presse, le précédent plan budgétaire massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, étant désormais arrivé à son terme, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin. Les aides financières accordées aux employés au chômage technique sont notamment en passe de s'achever...

Le dollar rebondit de 1,5% en trois séances, l'or perd plus de 5%

Dans un contexte d'aversion au risque, le dollar fait office de valeur refuge, et s'est nettement renforcé ces derniers jours après son repli observé pendant l'été. Mercredi soir, l'indice du dollar a encore pris 0,43% à 94,40 points mardi, ce qui porte son gain à plus de 1,5% en trois séances. L'euro a cédé 0,4% à 1,1658$. Du côté des taux souverains, le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans est resté stable à 0,68% mercredi soir.

Le pétrole a légèrement progressé malgré les inquiétudes sur la croissance mondiale. Le contrat à terme de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a gagné 03% à 39,93$ sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en novembre a avancé de 0,1% à 41,77$.

L'or en revanche est resté très déprimé, mercredi, victime de dégagements d'investisseurs en mal de cash pour couvrir des positions sur d'autres marchés (appels de marge). L'once de métal jaune a encore perdu encore 2,1% à 1.868,40$, pour le contrat à terme de décembre sur le Comex, ce qui porte sa correction à plus de 5% depuis le début de la semaine et renvoie le métal jaune au plus basd depuis deux mois.

Sur le front économique aux USA ce mercredi, l'indice de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) concernant les ventes de logements pour le mois de juillet est ressorti en hausse de 1% (consensus +0,6% en comparaison du mois antérieur).

L'indice PMI composite américain du mois de septembre 2020 est ressorti à 54,4, contre 54,5 de consensus et 54,7 pour sa lecture antérieure. Il signale donc une nette expansion de l'activité aux USA. L'indice manufacturier s'est établi à 53,5, contre 53,2 de consensus. L'indicateur des services est ressorti à 54,6, contre 54,7 de consensus

VALEURS A SUIVRE

Tesla a plongé de 10,3%, en réaction à la "Battery Day" de mardi soir, qui a déçu les investisseurs. Le CEO du groupe californien de véhicules électriques, Elon Musk, a certes dévoilé une nouvelle batterie, qui va permettre de faire baisser les coûts de production, mais est resté vague sur les chiffres, et s'est placé à un horizon de plus de trois ans... Les marchés espéraient l'annonce du développement d'une batterie d'une durée de vie de 10 ans ou plus, ainsi qu'un objectif concret de réduction des coûts permettant de réduire le prix des véhicules électriques à un niveau inférieur à celui des voitures à essence.

Or, Musk n'a pas fourni de telles informations, s'engageant en revanche à réduire de moitié les coûts des batteries d'ici plusieurs années grâce à une nouvelle technologie et à fournir ainsi une voiture électrique à un prix abordable. "D'ici trois ans, nous pourrons produire une voiture à 25.000 dollars qui sera fondamentalement comparable, ou peut-être même un peu meilleure, qu'une voiture à essence similaire", a tout de même indiqué le leader de Tesla. Le groupe n'a pas encore finalisé la conception de la nouvelle batterie.

Nike (+8,7%) a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des résultats trimestriels qui ont surpris par leur vigueur, malgré la crise sanitaire. Les ventes en Chine, où la pandémie de coronavirus est désormais sous contrôle, ont rebondi de 6% au premier trimestre fiscal (achevé fin août), tandis que le chiffre d'affaires en Amérique du Nord a reculé de 2%. Les ventes en ligne ont explosé de 82% sur un an !

Au premier trimestre fiscal, le bénéfice net du géant américain des chaussures et accessoires de sport a ainsi atteint 1,52 milliard de dollars, soit 95 cents par action, en hausse de 11% par rapport au 1,37 Md$ (86 cents par action) affiché lors du même trimestre 2019. Malgré les perturbations liées au virus, les ventes mondiales de Nike ont été presque stables (-0,6% sur un an), pour s'inscrire à 10,59 Mds$, contre 10,66 Mds$ un an plus tôt, notamment grâce au rebond de la demande chinoise. Les ventes comme les bénéfices du groupe sont très supérieurs aux attentes.

Johnson & Johnson (+0,16%). Le groupe pharmaceutique lance la dernière étape d'un essai clinique sur un vaccin, qui va mobiliser 60.000 personnes sur trois continents. Ce vaccin expérimental présente l'intérêt de ne nécessiter qu'une seule injection, contre deux pour les vaccins expérimentaux de Moderna, Pfizer et AstraZeneca, qui sont eux aussi dans la phase 3 (la phase finale) de leurs essais cliniques.

JP Morgan Chase (-1,6%) va transférer environ 200 milliards d'euros (230 milliards de dollars) d'actifs du Royaume-Uni vers Francfort à la suite de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Selon les sources de 'Bloomberg', la migration des actifs devrait être finalisée d'ici la fin de l'année. À moins de quatre mois de l'expiration de la période de transition, les banques internationales continuent de renforcer leurs opérations dans l'Union européenne afin de s'assurer qu'elles pourront continuer à servir leurs clients une fois le Brexit effectif.

Oracle (-2,7%) / Walmart (-1,3%). La Chine n'aurait aucune raison d'approuver l'accord "sale et injuste" qu'Oracle et Walmart disent avoir conclu avec ByteDance concernant TikTok, selon le China Daily ce mercredi, qui évoque de la part des USA des pratiques dignes d'un gangster. Les Américains Oracle et Walmart et le Chinois ByteDance avaient précédemment effectué des annonces contradictoires concernant les termes de l'accord relatif à l'application de partage de vidéos TikTok, destiné à lui permettre de poursuivre ses opérations aux Etats-Unis.

ByteDance a indiqué qu'il allait établir une filiale US, TikTok Global, détenue à 80%. Oracle et Walmart ont précisé quant à eux que le contrôle de TikTok Global reviendrait à des investisseurs américains. Le China Daily, qui reflète généralement la position de Pékin, estime que ByteDance risque de perdre non seulement le contrôle de TikTok, mais aussi sa technologie clé. "La Chine n'a aucune raison de donner son feu vert à un tel deal", ajoute le journal. Le Global Times avait précédemment indiqué lui aussi que la Chine ne devrait pas approuver l'accord. Le Global Times qualifie le deal d'"extorsion" et affirme que la Chine ne cèdera pas au "chantage".

Trump a haussé le ton, menaçant d'interdire les services de TikTok aux Etats-Unis à partir de dimanche prochain si la société n'était pas contrôlée par des groupes américains. Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total, alors nous n'approuverons pas l'accord", a ainsi déclaré dimanche soir le président américain sur 'Fox News'.

General Mills (-0,5%), le groupe alimentaire américain connu pour sa marque Cheerios, a dépassé le consensus sur le trimestre clos et rehaussé son dividende. Pour le premier trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 639 millions de dollars, 1,03$ par titre, contre 521 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1$ (+28%), contre 87 cents de consensus. Les revenus trimestriels sont ressortis à 4,36 milliards de dollars, contre 4 milliards un an plus tôt et 4,22 milliards de consensus FactSet. Le groupe a déclaré par ailleurs un dividende trimestriel de 51 cents, en hausse de 4% et payable le 2 novembre. Le groupe ne fournit pas d'estimations 2021 du fait de la pandémie.

Costco Wholesale (stable), distributeur d'Issaquah, publie également demain ses résultats financiers du trimestre clos. Le groupe a bénéficié des achats de précaution des consommateurs.

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