Cotation du 12/12/2018 à 22h50 Dow Jones Industrial +0,64% 24 527,27
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Clôture de Wall Street : rebond avorté par le plongeon du pétrole

Clôture de Wall Street : rebond avorté par le plongeon du pétrole
Clôture de Wall Street : rebond avorté par le plongeon du pétrole
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Malgré une tentative de rebond technique en début de séance, Wall Street a fini en légère baisse mardi, les investisseurs ayant été douchés par un plongeon de plus de 7% des cours du pétrole, dans la crainte d'un ralentissement de la croissance économique mondiale en 2019. Les majors pétrolières Chevron (-1,7%) et ExxonMobil (-2,2%) ont pesé sur le Dow Jones, tandis qu'Apple (-1%) n'est pas parvenu à rebondir après sa chute de 5% lundi...

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu mardi 0,4% à 25.286 points (après -2,32% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,15% à 2.722 pts (après -1,97% lundi) et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques a fini stable à 7.200 pts (après -2,78% lundi).

Toujours pas d'embellie en vue dans la querelle commerciale USA-Chine

La séance avait portant commencé sur une note d'espoir au sujet des discussions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Selon le 'Wall Street Journal', le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, s'est entretenu sur le sujet du commerce vendredi par téléphone avec le vice-Premier ministre chinois Liu He. Le quotidien a néanmoins précisé que cette discussion n'a permis aucune avancée dans les négociations.... Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping doivent s'entretenir à la fin du mois en marge du G20 en Argentine pour tenter de trouver une issue au conflit commercial entre les deux puissances. Les marchés ont cependant apprécié le fait que le dialogue se poursuive, d'autant que le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué mardi sur la chaîne 'CNBC' que les Etats-UNis et la Chine discutaient "à tous les niveaux" du gouvernement.

Cette querelle commerciale commence à inquiéter sérieusement les investisseurs, car en cas d'échec, une guerre commerciale de grande envergure entre les deux grandes puissances aurait des répercussions négatives sur la croissance des deux pays et par contagion sur le reste du monde. Washington a déjà taxé environ la moitié des marchandises chinoises importées aux Etats-Unis, et menace d'en taxer la totalité (soit plus de 500 milliards de dollars), si aucun accord ne peut être trouvé avec Pékin.

Le pétrole en chute libre de l'ordre 7%

La crainte pour la croissance mondiale a contribué à faire plonger mardi les cours du pétrole de l'ordre de 7%. Le signal de la baisse avait été donné dès lundi soir par un tweet de Donald Trump, qui a appelé l'Arabie saoudite à ne pas réduire sa production. Le Royaume a indiqué lundi qu'il baisserait de 500.000 barils par jours sa production dès décembre pour tenter d'enrayer le plongeon des cours, et a indiqué que l'Opep et ses alliés étaient d'accord sur le principe d'une baisse totale de 1 million de barils par jour.

Le contrat à terme de décembre sur le WTI a plongé mardi soir de 7,07% à 55,69$ sur le Nyse. Il affiche désormais une perte de 26% depuis le 3 octobre dernier et évolue au plus bas depuis décembre 2017. Au moment de la clôture du Nyse, l'échéance janvier sur le Brent de la Mer du Nord cédait elle environ 6,63% à 65,47$, et a désormais reculé de 23,5% par rapport à son pic du 3 octobre. Le baril de brut léger américain WTI a désormais enchaîné 12 séances négatives, signant sa plus longue série baissière depuis au moins 1984. L'accélération de la baisse était aussi liée mardi à des dénouements forcés de prises de positions spéculatives à la hausse, selon les opérateurs.

La chute des cours du brut s'est répercutée sur les valeurs pétrolières, dont ExxonMobil (-2,3%), Chevron (-1,7%), ConocoPhillips (-2,2%), Transocean (-3,3%), Schlumberger (-4,2%) ou encore Devon Energy (-2%).

Un projet d'accord sur le Brexit examiné mercredi à Londres

Sur le marché des changes, la livre sterling (et dans une moindre mesure, l'euro) a profité de l'annonce par Londres d'un projet d'accord sur le Brexit, y compris sur l'épineuse question de la frontière irlandaise. La livre, qui avait perdu 0,9% lundi, a rebondi de 0,87% mardi soir, à 1,2967$, après cette annonce. Le gouvernement britannique a indiqué que le projet d'accord devait être examiné mercredi en conseil des ministres "pour décider des prochaines étapes". S'il est approuvé, le Parlement britannique devra à son tour se prononcer sur le texte avant la fin de l'année.

De son côté, l'euro a regagné 0,5% à 1,1275$, après avoir chuté lundi de 1%, tombant à 1,1220$. La monnaie unique européenne reste toutefois à ses plus bas niveaux depuis 16 mois, en juin 2017. Sa progression était en outre limitée par le dossier italien : Rome a refusé de céder aux demandes de Bruxelles et maintient en l'état son projet de budget qui prévoit un déficit public de 2,4% du PIB en 2019.

Déficit budgétaire supérieur aux attentes en octobre

De son côté, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, yen, dollar canadien et couronne suédoise) cédait mardi soir 0,33% à 97,22$, mais restait proche de son plus haut niveau depuis un an et demi, dans la perspective de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale.

Les marchés obligataires américains ont servi de valeurs refuge mardi, ce qui a fait reculer les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des prix des obligations). Le rendement du T-Bond à 10 a ainsi reculé de 4 points de base à 3,14% mardi soir.

Sur le plan macro-économique, le Trésor américain a indiqué mardi que l'exercice budgétaire américain a commencé son année fiscale avec un déficit en octobre plus important qu'attendu. Les comptes du budget fédéral des Etats-Unis ont accusé en octobre, premier mois de l'exercice qui s'achève en septembre, un déficit de 100 milliards de dollars, en hausse de 59% par rapport à celui d'octobre 2017. Les analystes s'attendaient à un déficit de 98 milliards de dollars.

VALEURS A SUIVRE

Apple a tenté un rebond en début de séance, avant de finir sur un nouveau recul de 1%, à 192,23$ par action. Le titre de la firme à la pomme a désormais perdu 17% depuis son récent record historique inscrit début octobre à plus de 232$. Mardi, il a pâti d'une révision à la baisse par Goldman Sachs de son objectif de cours, ainsi que d'un nouveau profit warning d'un de ses fournisseurs, Qorvo Inc (-0,2%). Lundi, deux autres fournisseurs (Lumentum et Japan Display) avaient averti sur leurs résultats, entraînant une chute de 5% du titre Apple lundi.
Goldman Sachs a réduit son objectif de cours pour Apple à 209$ contre 240$ jusqu'ici, ainsi que son objectif de bénéfice par action pour 2019, à 13$ par action contre 13,44$, de même que ses prévisions de ventes, désormais fixées à 269,9 Mds$ contre 279,7 Mds$ auparavant. Les ventes d'iPhones sont revues en baisse à 202,9 millions contre 214,8 millions d'unités. GS a confirmé sa recommandation "neutre" sur le titre du géant de Cupertino.

Qorvo (-0,2%) a revu ses prévision de ventes pour le trimestre en cours ainsi que son bénéfice par action en citant une baisse de la demande de smartphones. La compagnie n'a pas cité Apple, mais selon son dernier rapport annuel, le fabricant de l'iPhone était son premier client, représentant 36% des ventes de Qorvo.

General Electric a rebondi de 7,6% après que le groupe a annoncé son intention de vendre une partie de ses actions Baker Hughes (+0,7%), dont il possède pour l'instant 62,2%, dans le cadre des cessions d'actifs visant à réduire son endettement. La veille, le titre avait plongé de 7% (et il a perdu la moitié de sa valeur depuis le début de l'année) après une interview du nouveau patron de GE, Larry Culp, à la chaîne 'CNBC'. Le dirigeant avait admis l'urgence pour le groupe de réduire rapidement sa dette en procédant à des cessions d'actifs. GE a précisé qu'il conserverait une participation de plus de 50% dans le capital du groupe paraéptrolier après la transaction. De son côté, Baker Hugues va racheter une partie de cette participation.

Home Depot (-0,23%) annonce ses comptes du troisième trimestre. Les bénéfices grimpent de 32,4% à 2,87 Mds$. Le bénéfice par action ressort à 2,51$, contre 1,84$ un an plus tôt. Les ventes progressent de 5,1% à 26,3 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,26$, pour des ventes de 26,3 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise des ventes en hausse de 7,2% pour un bpa en croissance de 33,8% par rapport à 2017 (9,75$).

Tyson Foods (-5,6%) annonce ses résultats du quatrième trimestre fiscal 2018. Les bénéfices sont de 537 M$ (1,47$ par action), contre 394 M$ (1,07$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,58$. Les revenus s'élèvent à 9,99 Mds$, contre 10,1 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,33$, pour des revenus de 10,3 Mds$. Sur le nouvel exercice, le groupe vise un bpa compris entre 5,74 et 6,10$ (contre 6,21$ de consensus et 6,16$ en 2018).

Goldman Sachs (-0,5%) a encore souffert de sa possible implication dans l'affaire du fonds malaisien 1MBD, qui l'avait fait plonger de 7,5% en clôture lundi soir. Le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad accuse la banque d'affaires américaine d'avoir floué son pays dans le cadre de transactions avec le fonds souverain 1MDB, explique 'Reuters'. Les autorités américaines auraient promis d'aider Kuala Lumpur à récupérer les commissions engrangées par la banque new-yorkaise grâce à 1MDB, qui fait l'objet d'investigations pour corruption et blanchiment. Le ministre malaisien des Finances, Lim Guan Eng, a indiqué que son pays allait chercher à obtenir un remboursement intégral des 600 millions de dollars de commissions perçues par Goldman lors de transactions de levées de fonds représentant 6,5 milliards. GS a nié toute infraction.

Amazon (-0,3%) a confirmé que ses nouveaux sièges allaient être basés en Virginie du Nord (Arlington - à National Landing plus précisément) et à New York (Long Island City - Queens). Les nouveaux sièges sociaux du géant américain du e-commerce s'établiront donc sur ces deux nouveaux sites, a dévoilé le groupe de Seattle. Un nouveau centre d'opérations "d'excellence" sera par ailleurs construit à Nashville, Tennessee, générant ainsi plus de 5.000 emplois locaux.

Advance Auto Parts (+10,5%) publie ses résultats du troisième trimestre. Les bénéfices sont de 115,8 M$ (1,56$ par action), contre 95,9 M$ (1,30$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,89$. Les ventes grimpent de 4,3% à 2,27 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,76$, pour des revenus de 2,2 Mds$. A magasins comparables, les ventes sont en croissance de 4,6%, contre 2,5% de consensus. Sur l'exercice, le groupe vise désormais des revenus compris entre 9,55 et 9,6 Mds$, contre une précédente fourchette allant de 9,3 et 9,5 Mds$.

Tesla (+2,2%). Phil Rothenberg, jusqu'alors vice-président de Tesla pour les affaires légales, prend les fonctions de conseiller général de Sonder, une start-up du domaine de l'hôtellerie, explique Dana Hull de 'Bloomberg'. Rothenberg a confirmé cette information à Bloomberg News. Ainsi, ce juriste senior de Tesla quitte donc le groupe, un peu plus d'un mois après l'annonce d'un accord de Tesla et Elon Musk avec la SEC (Securities & Exchange Commission), gendarme américain des marchés financiers. Rothenberg, 48 ans, avait rejoint Tesla en mai 2011 selon Bloomberg.

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