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Clôture de Wall Street : rebond avorté malgré les pétrolières

Clôture de Wall Street : rebond avorté malgré les pétrolières
Clôture de Wall Street : rebond avorté malgré les pétrolières
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un début de séance en nette hausse, le pessimisme l'a finalement emporté, mercredi à Wall Street, où le climat est resté plombé par les incertitudes concernant l'évolution des querelles commerciales déclenchées par Donald Trump. Le président américain a certes renoncé à cibler directement la Chine en matière d'investissements, mais il compte nettement durcir la loi actuelle sur les investissements étrangers aux Etats-Unis, notamment dans les technologies. Le pétrole WTI a bondi au plus haut depuis la fin 2014 après l'annonce d'un net recul des stocks pétroliers aux Etats-Unis la semaine dernière. Les valeurs pétrolières ont grimpé, mais les technologiques ont cédé du terrain.

L'indice Dow Jones, qui avait gagné jusqu'à 1,1% en début de séance, a cédé en clôture 0,68% à 24.117 points, terminant sous sa moyenne mobile à 200 jours pour la 3ème séance d'affilée, ce qui signale souvent une correction boursière selon les statistiques historiques... L'indice phare de Wall Street a perdu plus de 9% par rapport à son dernier record historique de la fin janvier, à 26.616 pts.

L'indice large S&P 500 a reculé de 0,86% à 2.699 pts, tandis que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a abandonné 1,54% à 7.445 pts.

Le yuan chinois a perdu 6% face au dollar depuis le début des querelles commerciales

Sur le marché des changes, le dollar s'est nettement renforcé mercredi. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a gagné 0,70% à 95,32 points. L'euro a reculé de 0,76% à 1,1559$.

A noter que le yuan, dont le cours est piloté par la banque centrale chinoise, a reculé mercredi de 0,38% à 6,6105 Yuans/$, portant sa baisse 6% depuis la fin mars, date du début des tensions commerciales entre Washington et Pékin... Certains analystes voient dans cet affaiblissement de la monnaie chinoise un des éléments de la riposte de Pékin aux mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis.

Le marché obligataire, comme le dollar, a servi mercredi de valeur refuge, entraînant une forte détente des taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des prix des obligations). Le rendement du T-Bond américain à 10 ans a chuté de 5 points de base à 2,83%.

Washington va durcir la législation sur les investissements étrangers aux Etats-Unis

Sur le front du commerce, l'administration Trump a un peu rassuré les marchés en renonçant à imposer des restrictions d'investissement spécifiques visant la Chine. La Maison Blanche a plutôt opté pour un renforcement de la législation existante sur l'ensemble des investissements étrangers. Mais le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a jeté un froid en cours de journée, en estimant sur la TV 'Fox Business Network' que la décision de Donald Trump ne signifiait pas pour autant qu'il adoptait une approche plus souple vis-à-vis de la Chine...

Un projet de loi actuellement en discussion renforcera ainsi les pouvoirs du Comité des investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), et les élargira pour s'assurer que les opérations ne menacent pas la sécurité nationale. Donald Trump, qui souhaite protéger les secteurs technologiques clés, a indiqué dans un communiqué que "je suis arrivé à la conclusion qu'une telle législation apportera de nouveaux outils pour combattre les pratiques d'investissement prédatrices qui menacent notre leadership crucial dans la technologie, notre sécurité nationale et notre future prospérité économique".

En outre, Washington prévoit toujours l'entrée en vigueur le 6 juillet de droits de douane sur 34 milliards de dollars de produits chinois (première tranche d'un lot de 50 Mds$ de biens chinois à taxer). En outre, la semaine dernière, le président Donald Trump a demandé à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois supplémentaires susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%.

Pékin dispose d'autres moyens que les taxes pour riposter

Pékin a fait savoir qu'il répliquerait aussi par des barrières douanières, mais selon les analystes, le pays pourrait aussi utiliser d'autres méthodes pour limiter les investissements américains sur son sol, ce qui serait particulièrement préjudiciable pour de nombreux groupes, notamment technologiques. Un simple appel au boycott, dans un pays où les consignes officielles sont suivies à la lettre, pourrait ainsi porter préjudice aux produits américains...

Le président chinois Xi Jinping aurait d'ores et déjà prévenu son cabinet de se préparer à "une guerre commerciale à grande échelle", selon une note de recherche de la firme SGH Macro Advisors. Xi aurait fait ce commentaire lors d'une réunion du corps exécutif chinois sur la question des relations commerciales avec les Etats-Unis.

Le pétrole WTI au plus haut depuis la fin 2014

La séance de mercredi a aussi été marquée par une nouvelle flambée des cours du pétrole après l'annonce d'une forte chute des stocks américains de brut. Cette annonce, qui intervient alors que de nombreuses perturbations affectent l'offre mondiale, ont renvoyé le cours du brut léger américain WTI au plus haut depuis plus de 3 ans et demi, à l'automne 2014, à près de 73$ le baril.

Le cours du baril WTI a ainsi flambé de 3,16%, à 72,76$ pour le contrat à terme d'août sur le Nymex, tandis que le Brent a pris 1,72% à 77,62$ le baril (contrat à terme d'août), approchant à nouveau des 80$ qu'il avait brièvement atteint en mai.

Les stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis ont chuté de 9,9 millions de barils lors de la semaine close au 22 juin, à 416,6 millions de barils, alors que le consensus tablait sur une baisse de 2,5 mb. Il s'agit de la plus forte baisse hebdomadaire de ces stocks depuis septembre 2016.

Les prix du pétrole avaient déjà bondi mardi après un avertissement adressé par les Etats-Unis à tous les pays important du brut iranien, une menace qui pourrait entraîner une réduction de l'offre d'or noir sur le marché mondial. Washington a ainsi demandé à tous les pays d'arrêter leurs achats auprès de Téhéran d'ici au 4 novembre s'ils voulaient éviter les sanctions américaines et a signalé que l'administration n'accorderait pas d'exemption à ces sanctions.

Même si l'Opep et ses alliés, dont la Russie, ont décidé le 22 juin de relever leur production à partir de juillet, le marché pétrolier mondial pourrait connaître des tensions ces prochains mois sous l'effet de nombreuses perturbations de l'offre, en Iran, mais aussi au Venezuela, en Libye et au Canada, où l'arrêt de la production sur un site de l'Alberta a privé le marché américain de 350.000 barils par jour, et ce au moins jusqu'à la fin juillet, selon les experts.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs pétrolières ont logiquement réagi à la hausse, ce qui n'a pas suffi à compenser le recul des autres secteurs : +1,48% pour Chevron (plus forte hausse du DJIA), +1,33% pour ExxonMobil, +6,5% pour Transocean, +2% pour Devon Energy, +1,1% pour Halliburton et +2,3% pour Marathon Oil.

Les cours de nombreuses grandes valeurs technologiques sont reparties à la baisse : -2,2% pour Netflix, -1,8% pour Amazon, -1,6% pour Facebook, -1,5% pour Microsoft, -1,8% pour Intel et -1,4% pour Alphabet.

Apple (-0,15%) a limité les dégâts après l'annonce que la firme à la pomme et Samsung Electronics ont soldé un litige pour violation de brevets qui les oppose depuis des années. Les termes de l'accord ne sont pas divulgués dans ces documents judiciaires publiés par 'Reuters'.

General Mills (-0,7%), groupe alimentaire américain, a annoncé pour le trimestre clos fin mai 2018 des comptes supérieurs aux attentes de marché. Le groupe aux céréales Cheerios et aux crèmes glacées Häagen-Dazs a profité de ses efforts de réduction des dépenses et d'amélioration du réseau. Le bénéfice net part du groupe s'est établi à 354 M$ soit 59 cents par titre, contre 409 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 79 cents, contre 72 cents de consensus. Les revenus ont progressé de 2% à 3,9 milliards de dollars. La marge brute trimestrielle se monte à plus de 36%, alors qu'elle était inférieure à 35% un au auparavant, sur le quatrième trimestre fiscal 2017.

Conagra Brands (-7,2%), groupe agroalimentaire US connu notamment pour ses marques Hunt et Marie Callender, a annoncé ce mercredi son intention d'acquérir son rival Pinnacle Foods (-4,3%) dans le cadre d'une opération en cash et actions d'un montant de 8,1 milliards de dollars. En tenant compte de la dette assumée, l'opération représente un montant de pratiquement 11 milliards de dollars. Conagra précise que les conditions financières correspondent à un prix par action Pinnacle de 68$. La proposition ne présente donc quasiment aucune prime sur les cours de clôture de Pinnacle affichés hier à Wall Street.
Les actionnaires de Pinnacle Foods, qui possède les marques Duncan Hines et Vlasic, recevraient 43,11$ en numéraire et 0,6494 action du nouvel ensemble, pour chaque titre actuellement détenu.

Paychex (-3%). Pour son quatrième trimestre fiscal 2018, clos fin mai, le groupe a réalisé des revenus totaux en croissance de 9% à 871 M$. Les revenus de l'exercice ont atteint 3,4 Mds$, en augmentation de 7%. Le bénéfice net trimestriel et le bpa dilué ont grimpé de 17% en glissement annuel, à respectivement 229 M$ et 63 cents par titre. Sur l'ensemble de l'exercice, le bénéfice s'est amélioré de 14% à 934 M$, alors que le bpa dilué a grimpé de 15% à 2,58$.

Bed Bath & Beyond (+0,7%), Rite Aid (+1%) et Pier 1 Imports (+1%) annonçaient tous trois leurs derniers résultats trimestriels après la clôture.

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